‹ Le déluge;Chapitre 82 sur 187 · CHAPITRE XV. n · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. n

land, de la Scanie et du Smaaland; dans les landes dr Mooker on trouve de même fréquemment des blocs de silex pyromaque, qui ne peuvent provenir de la Scandinavie; des parties calcaires y sont intimement liées et les blocs sont couverts de pétrifications.

» Ces blocs ne sont pas disposés ou anioucelés dans la direction de certains courants; ils sont dispersés à faveuture, quoique pour l'ordinaire par groupes, et semblent avoir été lancés, comme Teau d'une fontaine^ d'un point central autour duquel ils décrivent un demi-cercle.

» Un phénomène propre à la Scandinavie et surtout à la Suède et à la Finlande, et qui est intimement lié à Texis* tence des blocs erratiques, c'est celui de ces digues nommées Aase ou plutôt Sandaase Ces digues sont composées de débris rocheux, d'amas de sable (d'argile), de gravier, de granit et de blocs de granit ; en Suède elles s'étendent du nord au sud ; en Finlande leur direction est plus variable, et on les voit quelquefois se croiser, lin autre fait non moins remarquable, c'est que la surface des rochers de la Suède, partout où ils sont dénudés, n'est pas seulement usée et polie , mais présente aussi des sillons et des stries nombreuses qui ne peuvent provenir que du passage de blocs transportés par les eaux. Ces sillons ei stries sont en général parallèles et dirigés pour la plupart du nord au sud. Cependant il est plusieurs contrées où elles courent de l'est à l'ouest (ou plus exactement de l'ouest à l'est), et quelquefois elles {^ffectent différentes directions dans une même montagne. Des observations semblables ont été faites en Finlande. Toutes les hauteurs entre les 40 et 43<» de longitude et les 60 et 02'' de latitude y sont arrondies et ne présentent ni arêtes ni angles. Les montagnes et les collines gr£^nitiques ont perdu leur forme particulière ; elles sont arrondies comme les grandes vagues de la mer après une tempête. Lorsqu'elles ont été protégées contre l'influence de l'atmosphère par des

l.-VO LE DKLrCE.

masses de «iravier, on trouve leur surface parfaitemenf polie, do manière h refléter les rayons du soleil. Les sillons et les stries parallèles s'y retrouvent également et suivent une certaine direction , presque toujours du nord-nordouesl au sud-sud-est. "

M. liéonhard, ainsi que plusieurs autres géologues, suppose que ces phénomènes , qui se déploient dans la plaine de la Scandinavie et de TFlurope orientale, proviennent d'invasions violentes de la mer, qui, après avoir inondé la Scandinavie et la Finlande, ont transporté les ruines des montagnes de ces pays au sud à travers la plaine orientale de TEurope. Cette hypothèse a été modiGée parM. Forchhammer, qui suppose que les formes arrondies des montagnes de la Scandinavie sont en grande partie dues au mouvement ordinaire des ondes, à une 'époque où ces montagnes étaient recouvertes par les eaux de la mer, el qu'une grande partie des débris des roches erratiques ont été détachés du fond sur lequel ils reposent, en particulier ceux du Danemark. Parmi les autres théories qu'on a exposées jusqu'ici pour expliquer les phénomènes erratiques, la plus remarquable est la théorie des glaciers de M. Agassiz , qui suppose que les blocs auraient été transportés par des glaciers à la manière des morains ; mais je ne pense pas que celte hypothèse soit applicable au terrain erratique de la Scandinavie. Aussi la plupart des géologues Scandinaves T ont-ils récusée pour le terrain erratique du nord de l'Europe, et tous ceux qui ont vu le phénomène sur les lieux s'accordent à attribuer son origine A de grands courants. On en revient ainsi peu à peu à l'opinion du savant Sefstrom , qu'on peut résumer dans les propositions suivantes :

1. Il y a eu une grande inondation qui a lancé une masse considérable de pierres, de sable, de gravier, d'argile, par-dessus les montagnes de la Scandinavie; les débris Vfioins volumineux ont formé les digues ou tratnées longî-

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