‹ Le déluge;Chapitre 89 sur 187 · CHAPITRE XVI. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. i

rant principal du déluge; 2** que la Baltique, le golfe de Bothnie et celui de Finlande formaient trois lacs : \v lac de Bothnie , versant son trop-plein , à travers le Wcner, dans la mer du IVord , tandis que le lac de Finlande versait son trop-plein dans la Baltique, qui communiquait probablement avec le Galégat ou la mer du Nord au moyen de quelque canal qui aura traversé le Danemark ou la Suède, peut-être par le lac de Vcttern et le fleuve de Motala, si remarquable à cause du reflux périodique de ses eaux. Mais ici se présentent deux objections notables qui empêchent d'admettre que le mouvement des eaux de la Baltique ait été la conséquence de la rupture d'un rempart retenant prisonnières les eaux des golfes de Bothnie et de Finlande. La première de ces objections, c'est que la masse d'eau qu'auraient contenue ces deux lacs ne nio semble pas suffisante pour opérer la révolution prodigieuse qui a séparé l'île de Rygen de celle de Moen , creusé les Belts et donné naissance aux îles et aux baies du Danemark. Je ne disconviens pas qu'une irruption violente de la Baltique par-dessus les terrains peu cohérents qui constituaient la plaine danoise n'ait pu exercer une influence considérable; mais il faut se rappeler que, si même un tremblement de terre avait coïncidé avec cette révolution et brisé la barrière qui retenait les eaux des lacs de Bothnie et de Finlande, on ne peut cependant guère supposer que la masse des eaux contenue dans le lac de Bothnie, (qui doit déjà alors avoir eu une issue naturelle par le lac du Wener), ait été lancée subitement par -dessus le long rempart de granit dont les îles d'Aland nous présentent encore les mines. Faut-il supposer que l'écoulement des eaux s'est opéré graduellement? mais cette circonstance aurait, dès l'origine, considérablcmsnt affaibli la puissance du courant. En traversant le bassin de la Baltique, qui est fort grand en comparaison de celui du golfe de Bothnie, le courant aurait encore perdu de son énergie en venant h

fM LE DELUGE.

plusieurs reprises se briser contre les côtes ; et, après avoir séparé Tile de Bornholm de la Scanie, il aurait été si faible qu*ii n* aurait pas pu se frayer un passage à travers la plaine du Danemark et déposer les énormes blocs qu*on trouve sur les côtes sud-ouest de la Baltique, et dont celui qui se voit au sommet du Klingsberg, colline la plus élevée du Holstein , est un exemple frappant. Ce bloc ne le cède guère, quant à sa circonférence, à celui trouvé à Hesselager, en Fionie; il a, d'après Steffens ', 35 mètres de circonférence, 14 mètres de longueur et 9 mètres de largeur à la surface du sol \ — ^ La seconde objection, qui est peut- <^tre encore plus fondée, découle de la forme des baies et des bras de mer de la côte septentrionale du Danemark. (]es baies et bras de mer sont le résultat d'un courant venu du Catégat dans la direction du nord au sud, à peu près à Tépoque de Tinondation causée par la Baltique, r/est un point sur lequel il ne me reste aucun doute, et je suis convaincu que quiconque aura de ses propres yenx examiné la côte septentrionale de la Fionie et surfout celle de la Sélande septentrionale, ainsi que la côte opposée de la Suède, partagera mon avis. Lorsqu'à l'Age de douze ans je revenais de la Norwége, après y avoir fait un séjour de deux ans, je fus frappé de la grande ressemblance des blocs de rochers dispersés sur les îles du Danemark avec

■ GtogfWiHsik-gêologUchê Au/iatze ^ Haraburg, 1810, pag« 123.

2 Le goavernemeot fait enlever les terres qoi eotoureut le bloc trouvé à Heiaelagcr en Fionie , et il se troove qoe sa circonférence augmente d'une manière si prodigieaie qu'oB serait tenté de croire que c'est une roche en place, hypothèse qoi semble confirmée par la proximité du KuUen. Dans nn de ses coors publics , 1« professear Forchhammer a cherché à expliquer d'une manière aussi iugéuieose que naturelle comment la mer apo déplacer ces énormes masses de rochers , en faisant observer qae les masses d'argile et de sable qui toujours accompagnent les blocs erratiques ont été décomposées dui Ja mer, et que celle-ci aura par conséquent eu à peu près le même poids spécifique que les hlqcs qu'elle a déplacés. Mais, quoique cette explication soit satisfaisante quant à l'acte du déplacement en général , elle n'est pas , ce me semble , applicable aoi blocs erraliqoes dent il est question ici. Steifens suppose , dans le mémoire que Je viens de citer, que c'est n l'irruption de la mer, qui doit avoir recouvert la plaine orientale de l'Europe, qu'est dû le creusement des golfes et des bras de mer du Danemark.

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