‹ Le déluge;Chapitre 90 sur 187 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

les rochers en place de la IVorwége. A celte époque déjà je fus saisi d'un vague pressentiment et je me demandai si ces blocs n'auraient point eu leur gisement primitif en Norwége. Depuis lors j'ai eu le bonheur de visiter presque tous les ans, durant mes vacances d'été, les différentes contrées de la partie orientale de la Sélande septentrionale, et surtout les côtes qui eurent toujours pour moi un intérêt irrésistible. La fable Scandinave de Géfion, creusant un sillon pour former la Sélande au milieu des flots , fable qui me semblait indiquer que le Sund avait détaché la Sélande de la Suède; la relation simple et imposante de Moïse sur le déluge, et les blocs venant du nord que je rencontrais toujours dans mes pèlerinages, et qui nécessairement devaient avoir été transportés par une inondation violente de la Norwège ou du moins de la Suède adjacente, tout cela préoccupait mon imagination ; je m'évertuais à chercher la liaison intime de ces différents ordres de faits, sans pouvoir y parvenir.

Plus tard, lorsque des investigations scrupuleuses m'eurent confirmé dans l'idée qu'à une époque peu reculée, le Sund doit effectivement avoir détaché la Sélande de la Suède, j'examinai avec intérêt la plupart des c5tes septentrionales, orientales et méridionales de la Sélande; étudiant en détail chaque colline, chaque vallée qui se trouve le long du rivage depuis Copenhague jusqu'à Hornbœk et Nakkehoved. Quand ensuite, il y a environ douze ans, je lus le mémoires! intéressant du professeur Forchhammer, dont je viens de donner un aperçu , je fus frappé de la justesse de l'idée fondamentale de sa théorie, et je trouvai de nouvelles preuves en sa faveur, il y a environ neuf ans, dans l'ile de Moen , ainsi que dans plusieurs autres petites iles danoises ; je découvris également le long du Sund jusqu'à Ëlseneur des traces plus ou moins distinctes d'un courant venant du^sud-est. Mais, arrivé au nord d' Ëlseneur, l'hypothèse ingénieuse du professeur Forchhammer

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lie pouvait plus mv servir de guido. Tout ici indiquait (|u une invasion des eaux venant du nord et coïncidant avec celle qui venait du sud -est avait établi une communication entre leCatégatet la Baltique, soit par-dessus les îles, soit h travers le Sund et les Belts. On peut citer à lappui de celte hypothèse non- seulement les golfes et bras de mer du Jutland et particulièrement ceux de la Fionic, de la Sélande et d'une plrtie de la Suède (tels que le Odensefjord en Fionie, le Issefjord avec ses bras, le liammefjord, Roeskildejord, HolbeksQord, Skelderwick et la baie de Laholm, en Suède, qui doivent nécessairement leur origine à un courant venant du nord), mais aussi toute la constitution naturelle des côtes.

C'est au nord des Belts que se trouvent en général les collines les plus élevées que la mer ait formées, telles que Veirhoien dans Odsherred, Maglehoien près de Frederiksvork, Odinshoi près de Hellebak en Sélande. Enfin le caractère propre de tout le pays aux environs du Gatégat vient à son tour confirmer ces mêmes données, telles que je les avais déduites il y a plusieurs années de F examen des contrées qui longent la partie méridionale et orientale du Catégat, et notamment de Fcxamcn mhiutieux des bords de TOresund au nord d'Elseneur et de Helsengbourg jusqu'à \akkehoved et Kullen. Quiconque a contemplé d'un œil attentif ia nature de ces contrées aura sans doute observé comment la largeur du Sund va en diminuant du nord au sud jusqu'à Kronbourg, où il est le plus étroit; comment le Sund a élevé depuis Xakkehoved jusqu'à Elseneur, sur le rivage de la Sélande, une chaîne de collines et de monticules formée de terrain erratique, principalement de sable et d'argile qui entrent dans la composition de ce terrain; comment ces collines indiquent la direction du courant; comment elles ont altéré le caractère du paysage près de Hellebak, si charmant par ses bois et ses lacs nombreux; comment est formée la colline

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