‹ Le déluge;Chapitre 91 sur 187 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

d'Odin, fameuse à cause de la belle vue dout on jouit du haut de son sommet; comment la hauteur des collines va en diminuant du côté de Hellebak; comment les blocs erratiques rejetés par la mer sont nombreux sur le promontoire près de la forêt de Hornbak; comment, plus à Touest, la mer qui a versé ses eaux par-dessus la côte a déposé, surtout près du moulin dit Dronningemollen, des masses de sable, tandis qu^elle n'a déposé les parties argileuses qu'au delà d'Ësrom et de Noddebo, et n'a laissé dans ce dernier endroit que quelques bancs d'argile métamorphosés par les soins de l'inspecteur du phare, M. Faber, en un site délicieux. Toute la. côte de la Suède au nord de Helsengbourg, du moins jusqu'à KuUen, porte des traces encore plus frappantes de l'invasion d'une mer venant du nord-ouest. Ce sont des étendues considérables de terrain couvertes de sable et de nombreux blocs erratiques disséminés sur les plaines, qui donnent en général à la contrée un air de tristesse qui contraste singulièrement avec la gaieté des paysages voisins de la Sélande, et que les soins de l'homme n'ont pu chasser que dans les terres seigneuriales. Contemplons enfin le promontoire de Kullen, dont les formes ondulées semblant être l'-effet de la violence des eaux, et demandons-nous si les masses de granit du côté du nord et du nord-est, ainsi que les entailles que la mer semble y avoir faites, n'indiquent pas pour cause de leur état actuel une puissance bien autrement énergique que celle de la mer agitée par la tempête.

L'île de Hoeen, qui se termine en pointe du côté du nord, porte des traces moins frappantes des assauts d'un courant venant du nord, tandis que ces traces sont plus évidentes sur la côte occidentale de la Sélande et sur la côte orientale du Jutland, en Fionie, et dans la plupart des petites ilcs danoises, quoique toutes ces contrées nous présentent aussi des traces bien incontestables d'un courant venant du sud-cs(.

17U LE DELIGK.

Je crois doue qu'oo peut admettre comme démontré f|u'un courant venant du nord a creusé le Sund et les Belts; qu'un autre courant venant de Test a détruit tout le grand plateau de craie orientale, et que tous deux se sont rencontrés à peu près dans remplacement du bassin actuel de la Baltique. Réunis, ces deux courants auront ensuite creusé les golfes et bras de mer de la partie méridionale du Danemark, ainsi que les canaux qui séparent les nombreuses petites îles qui font partie de ce royaume. Mais, comme la masse des eaux qui s'était surtout accrue par le courant venant de la Baltique ne pouiTait être contenue dans ce bassin, elles se seront écoulées en partie par-dessus le Jutland et le Slesvig, mais surtout par-dessus le Mecklenbourg, le Holstein, le Hanovre et la Hollande, à peu près dans la direction indiquée par la traînée de blocs erratiques que mentionne Léonhard. Ces deux courants étaient Tun et l'autre le résultat du déplacement d'axe. Le premier courant principal du déluge, en poussant les eaux de la mer du \ord vers le nord-est et les lançant par-dessus la cote occidentale du Danemark, a dû former les lies à l'ouest du Slesvig et du Jutland, creuser les golfes de la côte occidentale de la péninsule, peut-être aussi la plus grande partie du LûmQord, qui semble avoir été formé par un courant venant de sud-ouest. Après avoir donné à la partie septentrionale du Jutland * sa forme allongée, il s'est ensuite jeté avec une énergie toujours croissante sur la côte occidentale de la Suède, qui présente des traces évidentes d'un courant venant du sud-ouest, et, resserré enfin entre la côte de la Xorwége et celle de la Suède, il a creusé le golfe de Christiania. Mais les eaux ont du commencer à refluer aussitôt que la force qui avait fait déplacer l'axe du globe a cessé d'agir. Celles qui ne

' Je DO prétend! point que des inondationi poitériearei , p«r exemple l'inondation cimbriquc , n'aient pu modiOer considérablement la forme dé la côte occidentale do Da* nemark.

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