‹ Le déluge;Chapitre 95 sur 187 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

le Danemark, la Finlande et la Scandinavie ont éprouvé ces terribles révolutions dont les traces sont encore visibles de nos jours , pourquoi tout le bassin de la mer du Nord a pu s'affaisser subitement, comme le prouvent les forêts sous-marines sur les côtes du Danemark, de la Hollande, de la France et de T Angleterre, et comment cet affaissement a pu , à une époque où le globe était déjà habité par le genre humain , donner naissance au canal qui sépare T Angleterre de la France *.

On conçoit pourquoi le sol de la France , qui témoigne d'un grand affaissement dans sa partie septentrionale, taudis que sa partie méridionale, et notamment les régions

' Il eit clair qoe les foréU foas-marines de chêDei , de bouleaox et de Mpini • qsi sont mentionnée! dans les oavrages de Lyell et de Léonhard , n'ont pa croître an fond de la mer. De même il est clair qu'elles doirent avoir été submergées subitement avec le toi sur Icqael elles croissaient, car sans cela l'eau de la mer aurait attaqué leurs racines et aurait provoqué leur décomposition. C'est en partie par-dessus ces forêts qu'a été déposée une alluvion fertile nommée u marsch n par les habitants du Holslein et du Slesvig. M. Forchhammer , qui a examiné ce phénomène avec le plus grand soiu , suppose que cette alluvion a été déposée à une époque plus favorable que l'époque actuelle à la formation de ces atterrissemeots , c'est-à-dire avant que ne fût creusé le canal qui sépare l'Angleterre de la France. Or, voici un phénomène géologique remarquable dont M. Forchhammer s'est assuré lui-même et que d'autres témoins ont conBrmé publiquement. Loi-sqn'en 1841 on creusa près de Husum un canal traversant une de ces fon-ts sous-marines recouverte d'allnvion (marsch) , on y trouva on tomulus funéraire qui recouvrait un tombeau bâti en granit de la construction ordinaire en Scandinavie , dans lequel on trouva des armes faites avec do silex. Le sommet de ce tumulus était à plusieurs pieds sous le niveau de la mer. La découverte de ce monument prouve d'une manière incontestable que le Danemark a été habité avant que ce tomulus ue fût élevé , par conséquent avant qn'il ne s'affaissât avec le sol sur lequel il se trouve , avant que l'allu- \ ion ue se dépotât, et partant, selon M. Forchhammer, avant que l'Atlantique ne se fùl frayé an passage entre l'Angleterre et la France , et n'eut par là occasionne l'inondation cimbrique (entre le siiième et le hnitième siècle avant Jésus-Christ). Cette inondation , dont il reste des traces remarquables dans les dépôts erraliqoes que Forchhammer a trouvés dans les contrées occidentales du Holsteîn et du Jutland , jusqu'aux environ» de Skanderbourg , a aussi, selon une tradition remarquable des habitants do Jutland , été provoquée par une reine d'Angleterre qui , pour inonder le Danemark , (tl creuser le canal entre l'Angleterre et la France. Observons que, môme dans les circonstances les plus favorables, la formation de l'alluvion (du marsch) qui a empêche les eaux de détruire le tomulus avec la foret qui l'entoure a exigé plusieurs siècles , et on concevra que ce tumulus doit dater d'une époque très-reculée , et qu'il doit avoir été élevé au moins 1000 ans avant la naissance de Jésus-Obrist , probablement encore bertMCOup plus tôt.

de la Méditerranée , a été soulevée lors du déplacement d'axe; pourquoi, dis-je, le sol de la France est plus aplati qu'il ne devait Fétre d'après les mesures de degrés qui y ont été effectuées; pourquoi FEurope méridionale, notamment les régions de la Méditerranée dont le soulèvement a dû s'effectuer d'une manière irrégulière par suite du dernier déplacement d'axe, nous offre dans certaines localités des soulèvements si extraordinaires ' ; pourquoi, tandis que la partie nord-est de FEurope, y compris la côte orientale de F Angleterre, s'affaissait et que sa partie sudouest s'élevait, il a pu se former une large fissure à tra* vers la Grèce, F Italie, la Suisse, la France, la Grande- Bretagne et FIrlande. C'est cette fissure qui, en Grèce el en Italie, c'est-à-dire là où elle est moins considérable, a donné naissance à des volcans, dont plusieurs sont encore en activité; en Suisse, où elle est très-considérable, elle se lie au soulèvement de la masse principale des Alpes ; en France, nous en voyons la trace dans de nombreux volcans éteints; en Angleterre, on la retrouve dans d'énormes fentes des couches carbonifères du Northumberland , allant du sud-est au sud-ouest; et en Islande, on la reconnaît probablement par la masse remarquable de lave disloquée qu'elle doit avoir vomie à une époque géologique récente ^. On s'explique également par notre hypothèse le

< Le profeisear Hoffmann prétend (Getchichte der Geognoiie , 1838. p. 430) qu'il eat évident qae dans la période acloelle plosiears lieax de la Sicile ont éprouvé on >oalèvemeut de 330 à 400 mètres an-dessos do nivean de la mer, et Charles Lyell exprioip, tant dans l'Introduction au troisième tome qu'à la page 126 de son ouvrage |dcjà mentionné , son étonnement d'avoir troavé dans l'ile d'Ischia, à une hauteur de plus de 70'J mètres au-dessus du niveau de la mer, plus de vingt espèces de moules pétrifiés , dont les espèces analogues , à quelques exceptions près , vivent toutes dans la Méditerranéo , circonstance qoi prouve que ce soulèvement doit s'être opéré dans une période moderne de la formation du globe. C'est dans un fait incontestable que non-seulement des îles entières de la Méditenanée , mais aussi des étendues considérables de terre »ur les bonis de cette mer ont été soulevées dans une période récente.

2 Vue suite d'investigations scropuleoses , faites par M. Steenstrup , savant danois , ont amené le résultat le plus intéressant. Il prétend qu'avant la mise au Joor de celte masse de laie il régnait dans toute l'Islande un climat chaud Cle climat des régions do

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