‹ Le déluge;Chapitre 97 sur 187 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

IL EST POSSIBLE QUE LE GENRE HUMAIN AIT PU SURVIVRE AUX RÉ- VOLUTIONS DE LA NATURE QUI ONT ACCOMPAGNÉ LE DERNIER DÉPLACEMENT DE L*AXE DU GLOBE. LES WmUtS QUI ONT SUR- VÉCU A CETTE CATASTROPHE ET QUI REGARDAIENT LA TERRE COMME IMMOBILE DANS l' UNIVERS, Om OO CROIRE QUE LE SO- LEIL , LA LUXE ET LES ÉTOILES AVAIENT CHANGÉ DE PLACE DANS LE CIEL DURANT CETTE CATASTROPHE.

Que le globe ait offert les conditions nécessaires à T existence du genre humain à T époque où la grande et der** nière révolution mentionnée ci-dessus est supposée avoir eu lieu, c'est un fait sur lequel les géologues et les naturalistes les plus distingués sont d'accord. II ne me reste donc qu à défendre ma troisième assertion, savoir : qu'on peut regarder comme certain que le genre humain a exis lé avant le déluge, et que les révolutions occasionnées par le déplacement de Taxe du globe ne l'ont pas fait pc'^ rir tout entier; par conséquent, que ce que rapporte FÉ* criture au sujet du déluge doit être considéré dans ses points principaux comme parfaitement conforme à la rerité.

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Qu'il me soit permis, afin de prouver ce que j'avance, d'indiquer succinctement :

1. Comment, malgré les révolutions de la nature qui ont accompagné le déplacement de l'axe, il a été possible qu'une partie des êtres vivants, conséquemment aussi da genre humain, supposé qu'il ait existé à cette époque, ait pu éviter la destruction presque générale ;

2. Comment la supposition qu'une partie du genre hu^ main a été sauvée se trouve confirmée d'une manière remarquable par la plus ancienne histoire, ainsi que par les traditions et Us mythes qui sont parvenus jusqu'à nous, et dont les relations s'accordent entièrement, en ce qu'elles ont d'essentiel, avec ce qui, en effet, doit avoir eu lieu lors d'une telle catastrophe; enGn ,

3. Comment mon assertion se trouve confirmée d'une manière intéressante par plusieurs données géologiques, sur lesquelles certainement on peut élever des doutes, mais que cependant un scepticisme mal entendu a le tort de rejeter trop facilement.

Les naturalistes et les philosophes ont, jusqu'ici, vainement essayé d'expliquer l'origine de la vie organique en général, et celle du genre humain en particulier; de décider si la vie organique dérive d'une individualisation de certaines forces naturelles ( generatio œquivoca ) ; si , par exemple, le premier homme n'a point eu de parents, ou si un développement graduel et progressif a eu lieu ; si, par exemple encore, l'homme, avant de devenir homme, a passé par plusieurs degrés de développements , et si le premier homme, comme le prétendent plusieurs géologues, n'a été qu'un singe perfectionné; si, sous certaines conditions, un type primitif organique peut se transformer en une variété constante, et par conséquent si un individu de la race caucasienne peut devenir un nègre , et ainsi de suite. Tous ces problèmes, et plusieurs autres du plus grand in-

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l<^'rèl, sur lesquels les savants ont exercé leur sajjacilé, sans pourtant jusqu'ici en avoir trouvé la clef, sont hors ^e la sphère de cet ouvrage. Je me bornerai à faire ohserver ici, qu'à Faidc^de Thistoire et de la mythologie on peut suivre les différences des races jusqu'aux temps les plus reculés du genre humain, qu'il est ainsi très-probable juc dès l'origine il a dû exister différentes races.

Quelque opinion que l'on adopte, on peut admettre, je •rois, que non-seulement la race caucasienne, mais aussi os quatre antres races principales ont existé avant le déuge. Voici, selon nous, ce qui confirme cette hypothèse : l'abord on peut prouver que le règne animal, notamment es mammifères terrestres, c'est-à-dire le second et le plus loble résultat de la force organique, atteignit son plus {rand développement dans la période qui précéda imméliatement le déluge; ensuite, il me parait contraire à la oi de perfectionnement progressif d'admettre que la naure ait produit la race caucasienne (race qui, ainsi qu'on e verra, peut être supposée avoir survécu au déluge) Lvant les races humaines dont le développement intellecuel est moins parfait, et qui, par leur organisation, ont >his de rapport avec le règne animal. Il est vrai que ces aces sont proportionnellement très-pauvres en traditions ùstoriques qui fassent allusion au déluge, ce qui scmble- 'ait prouver une origine plus récente; cependant les Amé- 'icains ne manquent pas de traditions sur cette catasrophe'.

Observons encore qu'à l'exception des habitants de la république de Haïti et de quelques autres phénomènes épars, les nègres sont restés,. même dans la patrie libre de

' Quoique je regarde comme très-vraisemblable que l'Amôriqae ait en des babiianls lunt le déluge, ceci n'exclut ni le fait bistoriqoe qu'après le déluge, mais avant l'arrivée leCulomb, cette partie du monde ait reçu des habitants de l'Kurope , ni la possibilité |oe drs peuplades d'Asie s'y soient établies après avoir traversé le détruit de Bering ; )*ol-rirc mi^me qu'il en sera venu , comme le prétend Malie-Krun , de la Polynésie et le l'Afrique.

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leurs pères, TAlrique, pendant !2 à 3 mille ans, à peu près au même degré de développement; d'où il résulte que leur peu de civilisation n'est pas une raison suflîsante pour nier l'antiquité de leur origine. Celle-ci, au contraire, semble confirmée par les fameux dessins d'hiéroglyphes et d'antiquités égyptiennes dont Denon a enrichi le monde savant. Ces dessins , dans lesquels on distingue facilement les traits de la race caucasienne, race des vainqueurs, et ceux de la race éthiopienne , race des vaincus , semblent prouver la lutte opiniâtre que les plus anciens Égyptiens, qui tout au moins 2000 ans avant la naissance de Jésus- Christ s'étaient établis dans la haute Egypte, ont dû soutenir avec les habitants originaires du pays.

Il est donc probable qu'il ne fut plus créé d'hommes après le déluge (à partir duquel il faut supposer que la force organique commença à céder devant rintelligence croissante), à moins que ce ne soient, comme le prétendent plusieurs naturalistes et historiens, les malheureux Papuas, ou le peuple remarquable des Bohémiens, dont l'apparition au milieu d'une période historique reste encore une énigme ^

A l'aide d'un globe terrestre on pourra facilement s'assurer que le dernier déplacement de l'axe permet do supposer que la différence climatérique, condition nécessaire pour l'existence et la conservation des races, existait déjà avant le déluge , ce qui est contraire à l'opinion générale des géologues; de plus, qu'elle est restée presque la même, après le déluge, dans les parties du globe où il faut placer la demeure primitive des différentes races ; enfin , que ces endroits ont évité la destruction presque totale qui a résulté de ce grand cataclysme* Mais, pour rendre celte hypothèse plus évidente, je vais exposer

I M. (ieorge Horrow , daus son intércssaut livre : The Zincali or tJte Gyfsie» oj Spain, Londres, 1841 > a tâche de prouver qae les BohémieDS sont originaires de l'Inde.

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