LI-: DEM1-MU.\UE
OLIVIER, à Suzanne.
Je VOUS croyais à la campagne...
SUZANiNE.
J'en suis revenue ce soir.
OLIVIER
Ah ! qu'est-ce que vous me conterez de neuf?...
Rien absolument.
Alors, c'est moi qui vais vous donner des nouvelles.
SUZANNE
Voyons.
OLIVIER
Monsieur de Nanjac est amoureux de vous.
SUZANNE
Vous plaisantez !...
OLIVIER
Il ne vous en a rien dit?...
SUZANNE-
Non.
OLIVIER
Oh ! que c'est curieux !... U me Ta dit à moi.
SUZANNE
11 a pris le plus long, alors.
OLIVIER
Préparez-vous à entendre une déclaration.
SUZANNE
Vous faites bien de me prévenir
OLIVIER
Pourquoi?...
Parce que je vais me hâter de lui faire comprendre qu^il perdrait son temps.
OLIVIER
Alors, vous n'aimez pas monsieur de Nanjac?
AciK II, se KM-: IV. :>7
Moi? qiiollo itli'v 1...
01 IVIFR.
Pas inènio un peu?
SUZANNE
Pas même beaucoup.
OLIVIER
Ni passionnément, pas du tout, alors?
SUZANNE
I\is (lu tout, comme vous dites.
OLIVIER
Je me suis joliment trompé, mais je suis bien content de ce «jue vous me dites.
SUZANNE
Parce que?...
OLIVIER
Je vous conterai cela quand nous serons seuls.
Dépècbez-vous, vous savez que je pars.
OLIVIER
Vous n'êtes pas encore partie.
SUZANNE
Qui me retiendra?
OLIVIER
Moi!...
SUZANNE
î*renez garde, j'irai demander protection à madame de Lornan.
OLIVIER
Madame de Lornan ne s'occupe pas de moi. Voilà trois fois que je me préscn4e chez elle et «pielle ne me reçoit pas.
SUZANNE
Voulez-vous que j'aille la voir et que je vous réconcilie avec elle?
OLIVIER
Vous?...
SUZANNE
Oui.
58 LE DEMl-MUiNDE.
OLIVIER
Est-ce que vous croyez qu'elle vous recevrait plus que moi ?
Peut-être... On me reçoit quand je veux être reçue... A votre service.
(Elle s'éloigne.) OLIVIER^ à lui même.
Ceci ressemble à une menace. Nous verrons bien.