SCÈNE V
Les Mêmes, LA VICOMTESSE, MARCELLE.
LA VICOMTESSE, entrant.
Vous m'excuserez, messieurs.
SUZANNE, à la Vicomtesse.
Eh bien ?
LA VICOMTESSE
Tout est arrangé, merci.
MARCELLE, à Suzanne.
Vous allez bien, madame ?
SUZANNE
Et vous, chère enfant ?
MARCELLE
Moi, je me porte bien, c'est ennuyeux. Quand une femme se porte toujours bien, personne ne fait plus attention à elle.
SUZANNE
Je vous ai entendue tousser quelquefois, quand vous aviez passé la nuit.
Oh ! cela ne compte pas. Depuis que je me connais, je suis enrhumée. J'aurai eu froid en venant au monde.
LA VICOMTESSE, à Ricbond, qu'Olivier lui a présente pendant ce temps-là.
Vous êtes bien aimable, monsieiu", de vous êtes rendu à mon invitation, bien qu'elle fût un peu irrégulière. Madame de Sanlis, dont vous connaissez le mari. ..
HIPPOLYTE
Oui, madame.
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LA VICOMTESSE
Madame de Saiilis désirait vous p;uler d'une allaire prave; elle nVst pas encore inslallte chez elle; elle m'a Tait l'iionneur de croire et de me dire (pie nous viendriez chez moi. Je m'inléresse lK?aucoup à Valentme, et je désire ardemment «jue ce qu'elle souiiaite se réalise.
HIPPOLYTE
Si cela ne dépend que de moi, madame, cela se fera.
MARCELLE
E>t-ce que monsieur de Thonnerins n'est pas venu?
SUZANNE
Il m'a chargée de l'excuser. Il est venu dire qu'il ne viendrait pai. Sa sœur reçoit aujourd'hui.
MARCELLE
J aurais tant voulu le voir !
LA VICOMTESSE
A propos, monsieur de Nanjac, n'avicz-vous pas promis de m'auiener votre sœur?
RAYMOND
Oui, madame, mais son deuil n'est pas fini, et elle est encore un peu soulTrante. Dès qu'elle ira mieux, j'aurai l'honneur de vous la présenter.
OLIVIER^ à Rarmond.
I)i tes donc?
RAYMOND
Ouoi ?
MARCELLE
Monsieur de Nanjac ?
OLIVIER, à Raymoud.
I uut à l'heure, je vous dirai ce que j'ai à vous dire.
RAYMOND
Mademoiselle.
MARCELLE, a Olivier.
.Monsieur Olivier, prêtez-moi monsieur de Nanjac un instant. Je vais vous le rendre, 'a Raymond.) J'ai à causer avec vous ; mais auparavant, ôtez-moi l'épingle de mon chapeau.
ou LE JJl'.Ml-MU.NOE.
HIPPOLYTE^ à Olivier.
Cette jeune clame paraît avoir beaucoup d'esprit. •
OLIVIER
C'est une jeune fille.
IIIPPOLYTE.
On ne le dirait pas. Elle parle de tout comme une femme.
OLIVIER
Tu peux même dire comme un homme.
MARCELLE
Dites donc, monsieur de Nanjac, vous savez qu'il y a une conspiration contre vous?
RAYMOND
Vraiment, mademoiselle?
MARCELLE
Oui^ ou veut que vous m'épousiez.
RAYMOND
Mais...
MARCELLE
Oh! ne faites pas le galant. Vous ne voulez pas plus être mon mari que je ne dois être votre femme. Vous aimez une personne qui vaut bien mieux que moi. Je l'ai deviné; je n'en parlerai pas Maintenant que vous n'avez plus rien à craindre, venez avec moi, ma tante croira que vous me faites la corn- ; cela lui fera plaisir. 11 faut faire quelque chose pour ses parents; mais je suis une bonne personne, et j'ai pris le parti de prévenir les malheureux qui ne savent pas ce qu'on leur ménage. Sur ce, prenez garde d'abîmer mon chapeau ; je n'ai que celui-là, et je crois qu'il n'est pas payé.
(Elle sort avec Raymond.) LA VICOMTESSE, à Suzanne.
Que vous avais-je dit? Tout va bien.
Ce monsieur de Nanjac a l'air d'un homme de cœur.
OLIVIER
C'est un homme charmant, que j'essayerai de sauver, lui aussi, au risque m'en repentir plus tard.
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