‹ Le Demi-monde;Chapitre 60 sur 70 · SOPHIE, SUZANNE, RAYMOND · texte numérisé non relu

SOPHIE, SUZANNE, RAYMOND

SOPHIE

Madame, monsieur de Nanjac.

SUZANNE, retermant tranquillement sou buvard.

C'est bien. Allez Sophie, vous ferez cette commission plus tard, (sopi.ie sort. — A Rayp.;on<i.) Eh bicu , mou ami...

RAYMOND

Je viens de chez deux camarades, deux officiers, pour les prier de me servir de témoins, ils étaient soitis. Je leur ai laissé un mot.

SUZANNE

Voyons, Raymond, ce duel n'aura pas lieu.

RAYMOND

Vous êtes folle, Suzanne ; j'arrange les duels de monsieur de Latour et de monsieur de Maucroix, mais je ne laisse pas arranger les miens. D'ailleurs, monsieur de Jalin a raison, je le hais.

SUZANNE

Renoncez à moi, Raymond Je ne vous ai fait encore que du mai.

RAYMOND

Vous serez ma femme, je vous l'ai juré, je me le suis juié à

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moi-mômc, ce sera. Mais il se |>cut que je sois lue. Sur le terrain iiFi liornnie «n vaut un aulrt' , et monsieur de Jalin est brave, il >e iiif»nilra bien. Je ne \eijx pa.s mourir sans avoir tenu ma |»romess<\ Je vais écrire à mon notaire de venir ici Quand j irai me b.illre, vous serez ma lemme.

(lls'atftied à la tuble el «a [>our ouvrir le biivaH.) S L Z A N .N E , avec un moaTcroent inTolootaire.

Qu'allez-vous faire ?

KAYMOM».

Ecrire à n]«»n nolaire de venir. Vous aurez la bonté de faire porter la lettre.

SrZANNE.

C'est inutile.

RAYMOND

Qu'avez-vous donc? n'est-ce pas convenu?...

SUZANNE

Oui, mais vous avez bien le temps.

RAYMOND

Au contraire, je lai fort peu.

SrZANNE.

Je vais vous donner ce qu'il faut pour écrire.

RAYMOND

Il y a là [(tu ce dont j'ai besoin.

SI Z AN. NE

Non.

KAYMOND.

Nous vous trompez, vous écriviez quand je suii revenu.

Raymond, je v.ius pri<'de ne pas ouvrir ce buvard.

Je ne l'ouvre f>as, pui.sque vous écrivez des cboses que je ne dojs pas voir.

SUZANNE

Un soupç4.n encore?

RAYMOND

Non, ma chère Suzanne, non ; du moment que vous avez des secrets, je les respecte.

SUZANNE

Ouvrez, alors, et lisez.

RAYMOND

Vous permettez.

SUZANNE

Oui.

(Raymond va pour ouvrir, Suzanue l'arrête.) SUZANNE.

Étes-vous assez défiant!

RAYMOND

Moi ! ce n'est pas à vous de m'accuser de cela, ce n'est pas de la défiance, c'est de la curiosité. Vous m'autorisez à regarder, je regarde.

Vous me promettez de ne pas vous moquer de moi.

RAYMOND

Je vous le promets.

SUZANNE

Si vous saviez de quoi il s'agit...

RAYMOND

Nous allons le savoir.

SUZANNE

Vous serez bien avancé quand vous saurez que je commande pour notre voyage...

RAYMOND

Quoi?

SUZANNE

Des chiffons, mon Dieu, des jupes brodées, des robes de soie à corsages froncés, avec des volants en travers. Voilà des détails bien intéressants pour un homme!

RAYMOND

C'est là tout le secret?

SUZANNE

Oui.

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RAYMf>>in.

Ainsi, vous écriviez à votre couturière.

SI Z ANNE

Tout bouucment.

RAYMOND

Pendant que j'allais chercher des témoins pour me l»attre , NOUS c<)rniuandi«'z des robes. Voyons, Suzanne, vous me prenez donc décidément pour un sot?

SUZANNE

Raymond!...

RAYMOND

Je veui savoir à qui vous écriviez.

SUZANNE

c'est ainsi que vous le prenez, vous ne le saurez pas!

(EIIp oovre le buvard el prend la lettre.) RAYMOND.

Prenez garde !

SUZANNE

Des menaces!... el de quel droit? grâce à Dieu, je ne suis pas encore votre femme. Je suis ici, ciioz moi, libre, maîtresse de mes actions comme je vous laisse libre et maître de vousmême. Est-ce que je vousqucstionne? Est-ce que je fouille dans \os papiei-s?

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