SOPHIE, SUZANNE, RAYMOND
SOPHIE
Madame, monsieur de Nanjac.
SUZANNE, retermant tranquillement sou buvard.
C'est bien. Allez Sophie, vous ferez cette commission plus tard, (sopi.ie sort. — A Rayp.;on<i.) Eh bicu , mou ami...
RAYMOND
Je viens de chez deux camarades, deux officiers, pour les prier de me servir de témoins, ils étaient soitis. Je leur ai laissé un mot.
SUZANNE
Voyons, Raymond, ce duel n'aura pas lieu.
RAYMOND
Vous êtes folle, Suzanne ; j'arrange les duels de monsieur de Latour et de monsieur de Maucroix, mais je ne laisse pas arranger les miens. D'ailleurs, monsieur de Jalin a raison, je le hais.
SUZANNE
Renoncez à moi, Raymond Je ne vous ai fait encore que du mai.
RAYMOND
Vous serez ma femme, je vous l'ai juré, je me le suis juié à
AC. II. 1\, SCKM. Xlii. 137
moi-mômc, ce sera. Mais il se |>cut que je sois lue. Sur le terrain iiFi liornnie «n vaut un aulrt' , et monsieur de Jalin est brave, il >e iiif»nilra bien. Je ne \eijx pa.s mourir sans avoir tenu ma |»romess<\ Je vais écrire à mon notaire de venir ici Quand j irai me b.illre, vous serez ma lemme.
(lls'atftied à la tuble el «a [>our ouvrir le biivaH.) S L Z A N .N E , avec un moaTcroent inTolootaire.
Qu'allez-vous faire ?
KAYMOM».
Ecrire à n]«»n nolaire de venir. Vous aurez la bonté de faire porter la lettre.
SrZANNE.
C'est inutile.
RAYMOND
Qu'avez-vous donc? n'est-ce pas convenu?...
SUZANNE
Oui, mais vous avez bien le temps.
RAYMOND
Au contraire, je lai fort peu.
SrZANNE.
Je vais vous donner ce qu'il faut pour écrire.
RAYMOND
Il y a là [(tu ce dont j'ai besoin.
SI Z AN. NE
Non.
KAYMOND.
Nous vous trompez, vous écriviez quand je suii revenu.
Raymond, je v.ius pri<'de ne pas ouvrir ce buvard.
Je ne l'ouvre f>as, pui.sque vous écrivez des cboses que je ne dojs pas voir.
SUZANNE
Un soupç4.n encore?
RAYMOND
Non, ma chère Suzanne, non ; du moment que vous avez des secrets, je les respecte.
SUZANNE
Ouvrez, alors, et lisez.
RAYMOND
Vous permettez.
SUZANNE
Oui.
(Raymond va pour ouvrir, Suzanue l'arrête.) SUZANNE.
Étes-vous assez défiant!
RAYMOND
Moi ! ce n'est pas à vous de m'accuser de cela, ce n'est pas de la défiance, c'est de la curiosité. Vous m'autorisez à regarder, je regarde.
Vous me promettez de ne pas vous moquer de moi.
RAYMOND
Je vous le promets.
SUZANNE
Si vous saviez de quoi il s'agit...
RAYMOND
Nous allons le savoir.
SUZANNE
Vous serez bien avancé quand vous saurez que je commande pour notre voyage...
RAYMOND
Quoi?
SUZANNE
Des chiffons, mon Dieu, des jupes brodées, des robes de soie à corsages froncés, avec des volants en travers. Voilà des détails bien intéressants pour un homme!
RAYMOND
C'est là tout le secret?
SUZANNE
Oui.
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RAYMf>>in.
Ainsi, vous écriviez à votre couturière.
SI Z ANNE
Tout bouucment.
RAYMOND
Pendant que j'allais chercher des témoins pour me l»attre , NOUS c<)rniuandi«'z des robes. Voyons, Suzanne, vous me prenez donc décidément pour un sot?
SUZANNE
Raymond!...
RAYMOND
Je veui savoir à qui vous écriviez.
SUZANNE
c'est ainsi que vous le prenez, vous ne le saurez pas!
(EIIp oovre le buvard el prend la lettre.) RAYMOND.
Prenez garde !
SUZANNE
Des menaces!... el de quel droit? grâce à Dieu, je ne suis pas encore votre femme. Je suis ici, ciioz moi, libre, maîtresse de mes actions comme je vous laisse libre et maître de vousmême. Est-ce que je vousqucstionne? Est-ce que je fouille dans \os papiei-s?