SCÈNE PREMIÈRE
OLIVIER, HIPPOLYTE, entre et lui touche l'épaule. HIPPOLYTE.
C'est moi.
OLIVIER, achevant de cacheter une lettre.
Eh bien ?
HIPPOLYTE
Eh bien! j'ai fait toutes tes commissions.
OLIVIER
Tu as vu madame de Lornan?
HIPFOLYTF.
Oui, par ^entremise de sa gouvernante, car le mari est revenu. C'est pour cela que madame de Lornan t'a écrit pour te demander des nouvelles. Elle ne peut pas sortir de chez elle en ce moment... Je lui ai dit que le duel n'aurait pas Heu.
OLIVIER
Mais qu'en tout cas son nom ne serait pas prononcé... C'est à cela qu'elle tient le plus, sans doute?
HIPPOLYTE
Elle y tient bien un peu, mais elle tient surtout à ce qu'il ne t'arrive rien. Tu voulais la sauver, tu as réussi, ce n'est donc pas à toi de lui en vouloir si elle refuse de se compromettre môme pour toi... La leçon a été bonne, elle en profitera... Je l'ai laissée paifaitement rassurée... Ce n'était pas si difficile, puisque j'étais parfaitement rassuré moi-même.
OLIVIER
Comment cela ?
A(. I K \ , se km: I. 147
Le ilik'l n'aura pas lifu.
OLIVIER
Pourquoi ?
niPPOLYTE.
Parce que j'ai vu le niirquis, cl qu'il y a du nouveau.
OLIVIER
Il ne peut rien y avoir de nouveau qui nous empêche, monsieur de iNanjac et moi, de nous battre, au point où nous en M)mmes... A moins qu'il ne me fas^e des excuses, ce qui n'est pas probable.
niPPOLYTE.
11 ne dépend que de loi que cela arrive.
OLIVIER
Eipliquc-toi, alors...
HIPPOLYTE
J'ai vu le marquis.
Il refuse de m 'assister?...
HIPPOLYTE
Oui.
OLIVIER
Je m'en doutais. 11 a peur de se compromettre, lui aussi...
HIPPOLYTE
Il a pour de se compromettre, et il a raison. Ces choses-là ne sont ni de son âge ni de sa position. A cause de s^a fille, son nom ne peut être mèLé à celle adaire... Mais il a vu M. de Nanjac, qui sait tout...
OLIVIER
Tout...