‹ Le Demi-monde;Chapitre 64 sur 70 · HIP P 01. Y TE · texte numérisé non relu

HIP P 01. Y TE

Tout ce qui conrcrne le marquis. 11 a trouve une Icltiv «jue Suzanne écrivait a M de Tlioiuiciiiis. 11 y a eu une- scène violente entre madame d'Aii^'r et li lyinoixl.Suz.iiuie a été (oivée d'avouer ses relations aNec le inarquis. Itayrnoiid a pardonné, à la condition qu'elle reudraii a M. de ilionut'riii> tout ce <juVlle tenait de hii.

148 LK ])i:.Mi--M()M)K.

OLIVIER

Et eile a tout restitué.

HIPPOLYTE

A ce qu'il parait.

OLIVIER

Cela m'étonne bien; mais en quoi cet incident peut-il empêcher le duel?

niFPOLYTE.

C'est M. de Nanjac lui-même qui a fait cette restitution, et M. de Thonnerins, informé de la provocation qui venait d'avoir lieu, a profité de cette occasion pour dire à M. de Nanjac que ce mariage, comme ce duel, était impossible, que madame d'Ange était indigne de lui, et que ta conduite à toi, dans toutes ces circonstances, avait été celle d'un galant homme et d'un bon ami. Tu sais ce que c^est qu'un homme amoureux, dans une fausse position ; plus on attaque la femme qu'il aime, plus il croit de sa dignité de la défendre. M. de Nanjac a pris tout de suite la chose de très-haut avec son interlocuteur, et lui a dit : Du moment que je vous restitue tout ce que madame d^Ange tient de votre générosité, monsieur, c^est vous dire qu'il me plaît d'oublier tout ce qui, dans la vie de madame d'Ange, a rapport à vous. Quant à M. de Jalin, qui a commencé par me dire qu'il n^était que l'ami de madame d'Ange, et qui, ensuite, ma donné à entendre le contraire, quant à M. de Jalin, que je croyais mon ami, et qui n'a pas cru devoir à l'amitié de nier ou d'alfirmer tout à fait... qu^il me dise en face : Je vous donne mapaiole d'honneur que j^ai été l'amant de cette femme... et c'est ce qu'il doit faire s'il a jamais eu un peu d'atTection pour moi... je lui donne ma parole d'honneur, à mon toui-, de lui faire mes excuses, de lui tendre la mnin comme autrefois, et de ne jamais revoir madame d'Ange. Tu vois bien que ce duel ect impossible.

OLIVIER

Tu as fini?

HIPPOLYTE

Oui.

OLIVIER

Eh bien! mon pauvre Hippolyte, je te remercie de ta bonne intention; mais nous avons perdu là beaucoup de temps pour rien.

Ai.ïK \ , SCK.NK I. i/|0

HIITOl.YTK.

Panoquo?

0 L I V 1 F. Il .

Paivo qno m.uiaiiu' d'Ange est niaiiitonMiithors i\v la<iuc'slion. Je no sais plus et ne peux pins savoir qu'une eliose, c'est qu'il y a eu provocation entie M. de Nanjac et moi, et qu'éviter un duel aussi arrêté «pie celui-l i , m poi tant C(Mitre une ftnnne une actiisaiion niénie vraie, est un acte indi^nie d'un homme de cœur. Monsieur dt» Nanjac est mililaiie... Je suisce<ju'on appelle un hour^'eois... ^.)ue ne dirait-on pas si ce duel n'avait pas lieu? Laissons les choses suivre leur cours. Monsieur de Nanjac est encore plus à plaindre que moi; mais je comprends sa conduite... Je voudrais lui serrer la main, et je vais pi'Ul-ètre le tuer... Telle est la fausse lo^'ique des lois de l'honneur social. Ce n'est pas moi qui les ai faites ; mais je suis forcé de les subir.

HIPPOLYTE

Tu as raison... mais c'est égal, ce n'est pas gai d'avoir tué un homme. Quand je vois ma femme maintenant, et que je pense que j'ai tué un homme pour elle... Enfin, lu sais ce qu'elle a fait, ma femme ?

01 IVIER.

Non.

HIPPOLYTE

Je viens d'apprendre cela tout à l'heure. Elle est partie avec monsieur de Uitour, qui laisse à la Bourse un déficit de quatre cent mille francs. Elle ne pouvait pas finir d'une autre façon, et ce n'est pas (ini. Elle est de ces créatures que rit-n n'arrête : du moment quelles ont commencé à descendre, il faut qu'ellis aillent jusqu'au fond, sans avoir, comme les femmes (ju'elles trouvent au dernier échelon de la société, Texcu-se des mauvais exemples, de la misère xti de l'ignorance.

OI.IVIKR.

Dis donc, il e-t deux heures et demie.

IIII'POI.YTK.

r.'( st vnii ; je te demande pardon... Monsieur <le Thonnerins ajant refusé de s^-rvir de témoin, j'ai été clu'icher mouï^icurde Maucroix, cl nous avons «'lé trouver les témoins de monsieur de Nanjac. (l'est ]h>\ïv trois heures... Nous avons trois quart? d'heure devant nou!».

OLIVIER

Le lieu du combat?

HIPPOLYTE

Les terrains qui sont derrière ta maison; ils sont vastes et toujours déserts. Personne ne viendra nous chercher là... et puis c'est à deux pas de chez toi... en cas d'accident, nous aurons une maison sûre où transporter le blessé.

OLIVIER

Maintenant, quelles sont les armes?

HIPPOLYTE

Les témoins nous en avaient laissé le choix...

OLIVIER

Vous avez refusé?

HIPPOLYTE

Oui, puisque tu nous avais dit de n'accepter aucune concession; on a tiré au sort, et le sort nous a donné l'avantage que ces messieurs nous oflraient.

OLIVIER

Et vous avez choisi?

L'épée. A Tépée on défend sa vie. Au pistolet on peut être tué par Lhomme le plus maladroit de la terre, par un poltron, par un enfant. Quant au sabre, nous n'y avons même pas pensé ; on ne se fait pas tuer comme un homme, au sabre, on se fait découper comme un poulet... Voilà toutes tes petites affaires arrangées ; si tu as besoin de moi pour autre chose, je suis à tes ordres.

OLIVIER

S'il m'arrive malheur, tu trouveras une lettre dans ce tiroir, et tu la remettras à mademoiselle de Sancenaux tout de suite, car elle doit partir ce soir, et cette lettre l'empêchera certainement de partir.

HIPPOLYTE

Voilà tout?

Oui.

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