M MIL ELLE
Oui...
SUZANNE
Kl qui' s'il >o liatlait, vous ne le quitteriez pas...
MAUCELLE.
Comment le savez- vous?...
SI Z AN NE
Je sais ce que dit en pareil cas une femme qui aime. Alors il a promis d'arranger l'aiïaiie?
MARCELLE
Oui.
SUZANNE
Et il VOUS a dit qu'il vous aimait peut-être?
MARCELLE
Je l'ai bien vu.
SUZANNE
Il vous a trompée, il voulait gagner du temps, il est allé se battre.
Non,cai il Q6[ là.
SUZANNE
Vous en êtes sûre?
MARCELLE
Je n'ai qu'à l'appeler [Kjur qu'il vienne.
SUZANNE
Appelez-le.
MARCELLE
Olivier! Olivier!...
SUZANNE, ouvrjfil le foutl.
Personne! êtes-vous convaincue, mainleuaut?
MARCELLE
C'est impossible.
SUZANNE, sonnant.
Vous doutez encore? (au Domestique qui entre.) Votre maître est sorti?...
LE DOMESTIQUE
Ouij madame.
SUZANNE
Seul?
LE DOMESTIQUE
Avec monsieur Richond et monsiem- de Maucroix^, qui est venu le prendre.
SUZANNE
Il n'a rien dit ni pour mademoiselle ni pour moi?
LE DOMESTIQUE
Rien.
SUZANNE
C'est bien, (a Marcelle.) Où allez-vous?
MARCELLE
11 faut que je le trouve, il faut que je le sauve!
SUZANNE
OÙ le trouverez-vous?.'.. savez-vous où il est?... et le sauver, comment? Attendons, c'est tout ce que nous pouvons faire, c'est le hasard qui joue pour nous. Olivier et Raymond se battent en ce moment, ce n'est plus douteux... ces deux hommes sont braves ; ils se détestent, Tun des deux tuera l'autre.
MARCELLE
Mon Dieu !
SUZANNE
Maintenant, écoutez bien. Olivier a menti à vous ou à moi... car, à moi aussi, il a dit qu'il m'aimait.
MARCELLE
A vous...quandj'...
SUZANNE
Il y a deux heures. En une minute, je puis perdre amour, fortune, avenir. Si Raymond survit, je suis sauvée; mais s'il succombe, l'amour d'Olivier est ma seule ressource; il faut
\C1K V, SCENE V. IjO
qu'il m anno mi je toniho sous le ridictiU' el l.'i honte. Vous au<si, vous (U'Ncz lenirà savoir la vcrilô. Lf nièint' honnuc nous a dit àtiuiti's K'sdiMix qu'il nous aimait. Col nnliv droit à toutes les deux df saxoir s'il nous aime. Si c'est lui qui rexieni, il faut qu'il netrouNeici qu'uneseule de nous, vous compnne/bicn cela? IVvaul nous dtux, il ne s'i^xpliquerait pas. L'autre sera cachée dtniere celte porte, elle enteiulra tout; ce sera moi, si vous voulez. S'il vous i «^petc qu'il vous aime, je me sacrifierai, je partirai sans rien dire... répondez-moi donc !...
MARCELLE
Je ne vous comprends plus, madame, je ne sais plus ce que V0U5 dites. Où prenez-vous ce sang-froid et ce calme effrayant?
SUZANNE
MARCELLE
SUZANNE
MARCELLE
Écoutez !
Quoi?
Une voiture !
C'est lui !
SUZANNE
Il y a un malheur. Entrez là.
MARCELLE
Je veiL\ le voir.
Entrez là, vous dis-je... C'est lui!... Olivier!...
MARCELLE
Sauvé!... 11 vit!... Maintenant, mon Dieu, faites-moi souflrir si vous voulez !
SUZANFINE, lapootMDl daoi la chambre (Im (porhe.
Mais, entrez donc I