SCÈNE V
Les .Mêmes, OLIVIER.
OLIVIER
Vous ici, Suzdmie,?
100 u: di:mi-m()M)k.
Ne comptiez-vous pas me voii- ?
OLIVIER
En L-ffet.
SUZANNE
Vous êtes blessé ?
OLIVIER
Oh ! ce n'est rien !
SUZANNE
Et Raymond?...
Voyons, Suzanne, étais-je dans mon di'oil? Lui avais-Je uiciili, à cet homme?
SUZANNE
Non.
OLIVIER
Avais-je fait ce qu'un honnête homme doit faire?...
SUZANNE
Oui.
OLIVIER
En nous mettant l'épée à la main à tous deux, dans volic conscience, à qui donniez- vous raison?
SUZANNE
Avons,
OLIVIER
Alors, n'est-ce pas, sa mort est un malheur et non un crime ?
SUZANNE
Sa mort !...
OLIV 1ER
Oui. Écoutez-moi, Suzanne. Dt-puis le jour où vous êtes venue me dire ici que vous ne m'aimiez plus, la jalousie s'est emparée de moi. J'ai voulu faire le cœur fort, j'ai souri; mais je vous aimais de cet amour étrange, fatal, que vous avez inspiié à tous ceux qui vous ont aimée : à monsieur de Thonnc-rins, à ce vieillard qui a un instant oublié sa fi. le pour vous; à Raymond, que rien na pu comaincre, qui ne croyait qu'en vous, qui ne voulait rien savoir, qui aimait mieux tuer un homme que d'être
AC'I I - M KJl
.nvaiiKU, ft qui. sil mVùt Itu', s'il eût ferme la si'ulo houclic qui tôt ou tard |v)uvait l l'clairor, vous eût époustv. Kh h'vu î si j'ai voulu ciiipôtIuM- Vdliv ni.iriag»*, si j'ai dit à Raymond tout ce qtJc jf lui ai dit, si, enlin, sur le terrain, j'ai oublié qu'il était mou ami, si j'ai tué l'homme dont je pressais la main il y a huit jours encore, ce n'est pas pour l'oHense que j avais reçue, c'est pour que vous ne soyex pas à lui ; parce que je vous aimais, p;irce que je vous aime. En une minute, je vous ai tout fait peidie. Je ne puis être qu'à vous, vous ne iKuivez être qu'à moi. Ne me quittez plus. Partons.
Partons.
OLIVIER, la prenant dau* ses brat.
Enfm!... (Euriâmaui édau.) Oh!... j'ai eu de la peine.
SUZANNE
Oue dite<^\ous?
OLIVIER
Vous avez perdu , chère amie, vous de\ez un gage, regardez!...
SrZANNE, tojanl paraître Rarmond, suivi d'Hip{K)lyie.
Raymond!
MAKCELLF, se jetant dan» les Lras d'Olincr. .\h!. .
OLIVIER
Pardonne- moi, ma femme, il fallait sauver un ami.
RAYMOND, a Olifi. r.
Merci, Olivier. En vérité j'étais fou. Vous avez pris soin de mon honneur jusqu'à la fin. Rien ne vous a rebuté pour me convaincre, ni mon aveuglement, ni mon injuste haine, ni cette blessuif qui heureusemrnt esl sans ^'lavité. Il n^- a plus rien entre madame et moi, qu'une que>lion d'inlérèls que je vous prie de réu'Ier [.i lui rrmi.i on papier), afin que je n'aie même plus à lui adresser la parole.
Marcelle «'approclie dr Raymond, qui lui |>ri-n<l amicalement !•■« main«. Olirkr # t'approche de Sntinno .
SL'ZANNE
Von*; «'tes un misérable!
OLIVIER
Oh! pas de grands mots. Quand on a engagé dans une («aitie
1(32 LE J)EMl-.MO>sDi:.
la vie et rhonneur de duiiv hommes, il laut [K-idie en beau joueur. Je me suis bien lait donner un coup depée, moi, pour avoir le droit de prouver la vérité. Ce n'e>t pas moi qui eujpècbe volic mariage, c'est la raison, c'est la justice, c'e.4 la loi sociaie qui veut qu'un honnête homme n'épou>e qu'une honnête femme. Vous avez perdu la partie, mais vous sauvez votie mise.
SLZAN>L.
Comment cela?
OLIVIER
Par cet acte, Raymond vous restitue la fortune qu'il vous a fait jterdre.
SUZANNE
Donnez, (ziie déchire le papier.) Ce que je voulais de lui, c'était son nom et non sa fortune. . Dans une heure j'aurai quitté Paris. Demain je serai hors de France.
OLIVIER
Cependant, vous n'avez plus rien. Vous avez tout l'cndu au marquis.
SUZANNE
Je ne sais pas comment cela se fait; mais j'étais si troublée en remettant ces papiers à monsieur de Nanjac, qu'après son départ j'en ai retrouvé la moitié sur ma table. Adieu, Olivier.
(Elle soit.)
OLIVIER
Quand on pense qu'il n^aurait fallu à cette femme, pour faire le bien , qu'un peu de lïntelhgencc qu'elle a dépensée pour faire le mal !
RAYMOND, à Marcelle.
Vous serez heureuse, mademoiselle; vous épousez le plus honnête homme que je connaisse.
Paris. — linprimene Morris et Coinp., rue Ainelot, 64.
La Bibliothèque Université d'Ottawa
Echéance Celai qui rapporte nn volume après la dernière date timbrée ci-dessous devra payer une ameode de cinq sous, plus un sou pour chaque jour de retard.
The Library UDiversity of Ottawa
Date due
For failure to retnrn a ImoIi on or before the last date stamped below there will be a fine of five cents, and an extra charge of one cent for each addilional day.
r^- -fe--
ce