‹ Le Demi-monde; comédie en cinq actes, en proseChapitre 105 sur 111 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, OLIVIER.

OLIVIER

Vous ici, Suzanne ?

SUZANNE

Ne comptiez-vous pas me voir ?

OLIVIER

En effet.

Vous êtes blessé?

Oh! ce n'est rien!

Et Raymond?...

SUZANNE

OLIVIER

SUZANNE

OLIVIER

Voyons, Suzanne, étais-je dans mon droit? Lui avais-je menu, à cet homme?

SUZANNE

Non.

Avais-je fait ce qu'un honnête homme doit faire?...

SUZANNE

Oui.

OLIVIER

En nous mettant l'épée à la main à tous deux, dans votre conscience, à qui donniez-vous raison?

SUZANNE

A vous

OLIVIER

Alors, n'est-ce pas, sa mort est un malheur et non un crime ?

SUZANNE

Sa mort!...

OLIVIER

Oui. Écoutez- moi, Suzanne. Depuis le jour où vous êtes venue me dire ici que vous ne m'aimiez plus, la jalousie s'est emparée de moi. J'ai voulu faire le cœur fort, j'ai souri; mais je vous aimais de cet amour étrange, fatal, que vous avez inspiré à tous ceux qui vous ont aimée : à monsieur de Thonnerins, à ce vieillard qui a un instant oublié sa fille pour vous; à Raymond, que rien n'a pu convaincre, qui ne croyait qu'en vous, qui ne voulait rien savoir, qui aimait mieux tuer un homme que d'être

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