ALENTINE, LA VICOMTESSE, MARCELLE, OLIVIER, HIPPOLYTE
LA VICOMTESSE
Vous arrivez encore la dernière.
VALENTINE
Monsieur de Latour ne voulait pas me laisser partir ; j'ai eu toutes les peines du monde à m'échapper; il ne sait pas que je suis ici. Monsieur Richond est-il là?
LA VICOMTESSE
Il cause là-bas avec Olivier.
VALENTINE
Ah ! j'ai le cœur qui me bat.
SUZANNE
Du courage !
OLIVIER, s'approchant de Valentiie*
Comment vous portez- vous?
VALENTINE
Très-bien, merci.
OLIVIER
Vous voilà mise aujourd'hui comme une petite bourgeoise. £ela vous va très-bien. Je vais vous présenter mon ami Richond. Puisque vous l'avez fait inviter, c'est pour le connaître, sans doute?
VALENTINE
Présentez-le-moi.
OLIVIER, présentant Hippoiyte.
Monsieur Hippolyte Richond, madame de sa*iti*
HIPPOLYTE
Madame.
VALENTINE, saluant.
Il y a bien longtemps, monsieur, que je désirais me rencontrer avec vous.
HIPPOLYTE
Vous êtes bien bonne, madame. J'ai peu habité la France depuis dix ans.
VALENTINE, après s être assurée qu'on ne peut l'eu tendre.
Voyons, Hippolyte, que comptez-vous faire de moi ?
De vous, madame?
VALENTINE
Oui!
HIPPOLYTE
Mais je compte faire de vous ce que j'en ai fait jusqu'à présent.
VALENTINE
Cependant ma position n'est plus tolérable.
HIPPOLYTE
Pourquoi ?
VALENTINE
Vous le demandez! Il y a dix ans que nous ne nous sommes parlé, pourtant je suis votre femme.
HIPPOLYTE
Légalement, oui.
VALENTINE
Vous m'avez aimée.
HIPPOLYTE
Beaucoup. J'ai failli en mourir; heureusement je n'en suis cas mort.
VALENTINE
Et maintenant?
tHIPPOLYTE.
Maintenant, je ne me souviens pas plus de vou? et vous m'êtes aussi indifférent^ cuie. si vous n'existiez pas.
Mais vous êles venu ici sachant m'y voir. Si je vous avais été si indifférente, vous n'y seriez pas venu.