ACTE II, SCENE VIII
VALENTINE
Mon mari? i va entendre parler de moi.
OLIVIER
Cela va lui faire bien plaisir. 4
VALENTINE
Je vais lui faire un procès, à mon mari.
C'est une idée, ça. Reste à savoir si elle est bonne. Et pourquoi ce procès ?
VALENTINE
Vous le verrez. J'en sais de belles sur mon mari, et mon avocat l'arrangera bien. Je suis sa femme, après tout.
OLIVIER
A votre avocat?
VALENTINE
Mon cher, vous avez de l'esprit une fois par semaine. C'était hier votre jour; taisez-vous.
OLIVIER
Savez-vous que ce rrest pas mal du tout ce que vous venez de dire là?
MARCELLE
Laissez dire, ma chère Valentine. Vous êtes dans votre droit, vous gagnerez votre procès ; c'est moi qui vous le dis. Vous ne parlez plus, monsieur Olivier.
OLIVIER
Non, mademoiselle, du moment que vous parlez. Je ne parle que des choses que je connais , moi , et comme je ne me connais ni en dînettes ni en poupées, je ne cause pas avec les petites filles.
MARCELLE
C'est pour moi que vous dites cela?
OLIVIER
Oui, mademoiselle.
Je parle des choses dont vous parlez. Quand les grandes personnes parlent de certaines choses devant les petites filles, les petites filles ont le droit de se mêler à la conversation. D'ailleurs je ne suis plus une petite fille.
OLIVIER
Qu'êtes-vous donc, mademoiselle ?
MARCELLE
Je suis une femme.
OLIVIER
On me Pavait dit, mademoiselle ; mais, par respect pour vous, je ne voulais pas le croire.
MARCELLE
Monsieur!...
VALENTINK.
Cela m'aurait étonné que vous n'eussiez pas fini par une impertinence.
LA VICOMTESSE, emmenant Marcelle.
Vous allez trop loin, monsieur de Jalin, cette enfant ne vous a rien fait. Si, une autre fois, vous avez besoin de dire des choses désagréables à quelqu'un, quand vous serez chez moi, c'est à moi, mais à moi seule, qu'il faudra les dire. Viens, Marcelle. Nous accompagnez-vous, monsieur de Nanjac?
Je suis à vous tout de suite.
(Elles sortent.)