ACTE III, SCÈNE IL
mais pas et que je cherchais les moyens de ne lui plus être à charge, tout en n'acceptant pour moi qu'une position honorable, je me suis souvenue des propositions faites autrefois par monsieur de Thonnerins. Alors, j'ai pensé à venir vous trouver, vous si obligeante, et à vous prier de demander au marquis s'il ne voudrait pas faire pour moi aujourd'hui ce qu'il voulait faire il y a quatre ans... Mademoiselle de Thonnerins ne se mariera pas avant un an ou deux. Elle vit très-seule, je l'aimerai bien, elle m'aimera, j'en suis sûre, et une fois mariée, je ne doute pas qu'elle ne me garde auprès d'elle. Je suis certaine que si vous me protégez, ma petite combinaison réussira, et je vous devrai, sinon une existence brillante, du moins une existence telle que je la désire, indépendante et calme.
SUZANNE
Je verrai le marquis aujourd'hui même.
MARCELLE
Vraiment P.. .
Il faut que je sorte; je vais aller le voir.
MARCELLE
Oh ! que vous êtes bonne !...
SUZANNE
Donnez-moi une lettre pour lui...
MARCELLE
Je vais rentrer et vous envoyer cette lettre.
SUZANNE
Écrivez ici, c'est bien plus simple... Je vais mettre un châle et un chapeau... Préparez votre lettre, apportez-la-moi dans ma chambre... et attendez la réponse; je serai de retour dans une heure...
(Elle sonne.) MARCELLE.
Je retournerai pendant votre absence chez ma tante. Je suis sortie avec la femme de chambre, sans la prévenir, et elle pourrait être inquiète.
SUZANNE, au Domestique qui entre.
Si monsieur de Jalin vient, vous le prierez de m'attendre,
aftlSl que monsieur de NanjaC... (Le Domestique sort; à Marcelle.) Il
pourrait arriver des visites qui nous retarderaient. Je vous attends.
(Elle sort.)