ACTE III, SCÈNE VII
RAYMOND
Vous m'accusez d'une infamie, Suzanne.
SUZANNE
De quoi m'accusez-vous donc?
RAYMOND
Monsieur de Jalin va venir, nous nous expliquerons devant lui.
SUZANNE
Comment, il vous faut l'autorisation de monsieur de Jalin pour croire à mon honneur ? Je vais vous faire dire par monsieur de Jalin qu'il n'a pas été mon amant, et vous ne me croirez qu'à cette condition. Pour qui me prenez-vous donc? Je vous aimais, Raymond, mais, je vous l'avoue, votre caractère soupçonneux et jaloux m'effrayait, de là mes hésitations à devenir votre femme. Cependant je croyais au moins que vous m'estimiez. Je ne veux pas rechercher les raisons ni les causes de ce qui vient d'avoir lieu ; vous m'avez soumise à une épreuve humiliante pour mon amour et pour ma dignité,, vous avez douté de moi, tout est fini entre nous.
Mais ma jalousie est une preuve de mon amour. Je vous aime tant Suzanne!
SUZANNE
Je ne veux pas être aimée ainsi.
RAYMOND
Je vous jure...
SUZANNE
Assez !
RAYMOND
Suzanne !
SOPHIE, entrant.
Mademoiselle de Sancenaux demande si madame est visible.
SUZANNE
Oui, faites entrer.
RAYMOND
Je ne vous quitte pas.
(Marcelle entre,)