ACTE 111, SCENE XJL
OLIVIER
Non.
RAYMOND
Vous m'avez dit qu'elle n'était pas veuve, j'ai vu Fade de décès de son mari... Me direz-vous que cet acte est une invention?...
OLIVIER
Non.
RAYMOND
Je sors de chez monsieur de Thonnerins. que j'ai interrogé, et qui m'a dit ne rien savoir sur le compte de la baronne. Enfin, ces lettres que vous m'avez dites être de madame d' Ange...
OLIVIER
Ne sont pas d'elle, je le sais maintenant. C'est une de ses amies qui me les écrivait en me laissant croire qu'elles étaient de la baronne, et toutes deux se moquaient de moi. Ce n'est donc pas moi qui vous ai trompé; c'est moi qui ai été trompé. J'ai cru avoir le droit de vous avertir, je ne l'avais pas. Là où ma conscience croyait tenir des preuves contre la baronne, ma fatuité même n'en avait pas une; enfin, en voulant vous prouver que j'étais votre ami, je me suis prouvé à moi-même que je n'étais qu'un sot. J'ai été bien joué, je vous en réponds.
RAYMOND
Alors, vous rétractez tout ce que vous m'avez dit?
v OLIVIER.
Tout. Elle est de bonne famille, elle a été mariée, elle est baronne, elle est veuve, elle vous aime, elle n'a jamais été pour moi qu'une étrangère, elle est digne de vous. Quiconque dira le contraire sera un calomniateur, car c'est être un calomniateur que de dire contre une personne une chose qu'on ne peut pas prouver. Adieu, Raymond; car après ce qui s'est passé, je ne sais trop comment reparaître devant la baronne, et je ne reviendrai la voir que lorsqu'elle m'y engagera, et je ne crois pas que Fidée lui en vienne de si tôt ! Quant à vous, ne m'accusez que de maladresse. Adieu!
RAYMOND
Adieu! (olivier sort.) Il faudra bien que j'aie le dernier mot de cet homme.
LE DOMESTIQUE
Monsieur sait que madame la baronne est sortie, et qu'elle m rentrera que très-tard.
RAYMOND, s'asseyant.
C'est bien. J'attendrai.
flN DU TROISIEME ACTEf