SUZANNE, LE MARQUIS
UN DOMESTIQUE, annonçant.
Monsieur le marquis de Thonnerins...
LE MARQUIS
Bonjour, baronne.
A quoi dois-je votre bonne visite, mon cher marquis?...
LE MARQUIS
Je viens voir, ma chère Suzanne, si mon notaire vous a remis tout ce qu'il devait vous remettre ?
SUZANNE
Tout... je vous remercie...
LE MARQUIS
Et puis, je désirais prendre de vos propres nouvelles,
SUZANNE
Je vais bien.
LE MARQUIS
Et votre mariage?...
SUZANNE
Mon mariage !...
LE MARQUIS
Oui, se fait-il ?
SUZANNE
C'est vrai... je ne vous ai pas vu depuis longtemps... vous ne ivez rien.
LE MARQUIS
Rien!.,,
Vous aviez raison, monsieur le marquis.., j'étais trop ambitieuse... Il y a des choses impossibles.
LE MARQUIS
Vous l'avouez ?
H le faut bien.
Contez-moi cela...
On a parlé!...
Qui?
SUZANNE
LE MARQUIS
SUZANNE
LE MARQUIS
SUZANNE
Quelqu'un en qui j'avais eu trop de confiance, monsieur de Jalin.
LE MARQUIS
Et il a dit à monsieur de Nanjac?...
SUZANNE
Vous connaissez donc le nom, maintenant?
LE MARQUIS
Oui... Et monsieur de Nanjac, qu'a-t-il fait?
SUZANNE
11 a cru monsieur de Jalin; puis, comme il m'aimait, il m'a crue à mon tour...
LE MARQUIS
Et maintenant?...
SUZANNE
Maintenant il m'aime encore, non plus avec confiance, mais avec jalousie; ce sont des questions, des soupçons, des surveillances perpétuelles; et moi, vous le dirai-je, je ne me sens plus la force d'accepter cette vie, qui faisait toute mon ambition. Trembler incessamment que le passé ne s'écroule tout à coup sur notre tête, étayer tant bien que mal tous les matins sa vie d'un nouveau mensonge, qu'il faudra démentir le soir, et au milieu de tout cela^ aimer sincèrement et purement. Je vous le