‹ Le Demi-monde; comédie en cinq actes, en proseChapitre 99 sur 111 · SCÈNE IL OLIVIER, MARCELLE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL OLIVIER, MARCELLE

Personne ne m'a vue venir, et (Tailleurs, peu m'importe ce qu'on pensera de moi... Je pars ce soir, je ne reviendrai peut' être jamais, et je ne voulais pas partir sans vous avoir vu.

OLIVIER

Je serais allé vous voir avant votre départ.

MARCELLE

Peut-être cela vous eût-il été impossible, peut-être n'y auriezvous pas songé...

OLIVIER

Est-ce un reproche?...

MARCELLE

De quel droit vous ferais-je un reproche?... Que suis-je dans votre existence?... rien ! Vous avez déjà été bien bon de vous occuper de moi... Suis-je même votre amie?... Suis-je digne d'une simple confidence?... Si vous aviez un chagrin, est-ce à moi que vous le confieriez ?... Si vous couriez un danger, penseriez-vous seulement à me serrer la main avant de vous exposer?... Oh! je suis bien malheureuse !

OLIVIER

Qu'avez-vous, Marcelle?

MARCELLE

Vous allez vous battre, vous allez vous faire tuer peut-être, et vous voulez que je sois calme, et vous voulez que je ne souffre pas !

OLIVIER

Qui vous a dit que je me battais?

Ma tante, qui est venue me voir en sortant de chez madame d'Ange et qui m'a tout raconté. Elle m'a nommé la femme pour laquelle vous vous battez, madame de Lornan.

OLIVIER

Elle s'est trompée.

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