LE HACK
presque toujours, à l'homme le plus gros et le plus lourd, ils olïriront une assiette convenable. Mais la substance ne suffit pas ; il faut une charpente osseuse assez dense, une puissance musculaire assez grande, un influx assez puissant pour porter ce poids, pour imprimer le mouvement à la masse et pour assurer à l'allure une vitesse et surtout une durée assez grandes. Presque tous les hunters qui ont pour père ou pour mère un cheval ou une jument de trait, sont, en effet, incapables de galoper pendant plus de 800 à 1.000 mètres à un train un peu soutenu, alors même que leurs auteurs possèdent une certaine dose de sang. Avec eux, on est donc certain de rester « en panne », surtout dans les terrains ouverts, où on peut faire de longs temps de galop ; rien n'est plus vexant, sous tous les rapports, pour le cavalier, rien n'est plus concluant contre l'emploi du reproducteur de trait.
En résumé, le pur sang et l'ancien hunter sont, des deux côtés, les reproducteurs qui conviennent; avec eux, on possède tous les atouts dans une partie bien difficile à jouer, mais fort intéressante en môme temps ; en cas de succès, on est, en effet, largement récompensé de ses peines. Mais ce serait une utopie de vouloir généraliser un élevage aussi incertain et de prétendre établir des règles fixes, permettant de compter sur des résultats déterminés : « On peut toujours faire un carrossier avec un hunter, a dit jadis un éleveur, mais toutes les lois du monde ne réussiront jamais à faire à volonté un hunter avec un carrossier... » C'est pour cela que les hunters réussis seront toujours très recherchés, se vendront toujours fort cher et ne pourront jamais, par suite, satisfaire à toutes les demandes, quels que puissent être l'attention des éleveurs et les encouragements à leur production.
En France le hunier est moins bien défini qu'en Angleterre. On emploie comme tels des steeple-chasers plus ou moins fatigués ou de peu de classe et des demi-sang de toute provenance.
Le Hack. — On désigne sous ce nom le cheval de selle de promenade. On le trouve parmi tous les types ayant plus de brillant, de genre, d'élégance que de qualités d'endurance. 11 est pur sang, demi-sang, anglais, hongrois, etc.. En somme tout cheval de selle peut être considéré comme un hack.
Le Cheval d'attelage. — D'après les usages de la mode, qui gouverne en pareille matière, les chevaux d'attelage se divisent en deux
catégories. Il y a celle des grands carrossiers et celle des petits carrossiers, dont les fonctions se distinguent seulement par le genre de voitures qu'ils doivent traîner à l'allure du trot toujours.
La première catégorie, celle des grands carrossiers, comprend les chevaux de grands coupés, de grandes calèches. Leur taille doit être de lm,63 au moins.
La catégorie des petits carrossiers, plus nombreux, comprend ceux de petits coupés, de landaus, de phaétons, dont la taille est de lm,59 à lm,62; ceux de victorias, d'américaines, dont la taille est de im,55 à lra,5S ; et enlin, ce qu'on appelle les chevaux de parc, qui ont de lm,47 à lm,54. Les uns et les autres servent dans l'armée, quand ils n'ont pas des formes assez élégantes ou des membres assez sains pour être achetés par le commerce de luxe. En raison des prix qu'elle offre, l'armée n'obtient que les rebuts de celui-ci.
Le type du cheval d'attelage est celui du cheval anglais de course, avec des formes amplifiées et entraîné à l'allure du trot, au lieu de l'être à celle du galop spécial que nous connaissons. Quelle que soit son élégance et quelle que soit aussi la solidité de ses membres, due à leur bonne conformation, s'il n'a pas de bonne heure été entraîné à cette allure du trot, il lui reste de son ascendant paternel une disposition qui est pour lui une défectuosité. Cette disposition sur laquelle nous avons appelé déjà l'attention, est un défaut de similitude entre les angles supérieurs des membres postérieurs et ceux des membres antérieurs; ceux-ci étant droits, les autres sont obtus, ce qui a pour conséquence nécessaire une absence de synchronisme dans le mouvement des deux bipèdes, laquelle devient perceptible à l'oreille dans le trot allongé, en raison de ce que le pied postérieur ne s'élevant pas aussi haut que l'antérieur, frappe le sol avant lui; cela produit le trot désuni, toujours disgracieux et moins rapide que le trot régulier, à deux battues seulement. Dans l'examen du cheval d'attelage, il est donc bon de porter spécialement son attention sur la particularité que nous signalons et qui est très commune. Son existence a des effets d'autant plus saisissables qu'en raison de sa conformation générale et de l'énergie de son tempérament le cheval a l'allure du trot plus allongée. Il en est ainsi parce que le retard du membre antérieur sur le postérieur est proportionnel à l'étendue des mouvement de celui-ci, et qu'en conséquence le temps qui s'écoule entre les deux battues l'est aussi. L'oreille ne commence à les distinguer qu'à partir d'une certaine fraction de seconde de temps.