LE PUR SANG ARABE
vaux offrent une conformation, une énergie et des aptitudes spéciales et le sang afllue dans leurs veines sous-cutanées qu'il distend au moindre exercice. Ces chevaux sont légers, secs et nerveux: leur tête est fine, distinguée, expressive; leurs membres sont grêles, leur peau fine et peu velue, leurs sabots petits et étroits.
Ce sont les chevaux à sang chaud des Allemands; c'est Yequus orientalis ou parvus formant contraste avec les chevaux à sangfroid, avec le type occidentalis, norique ou belge, au tempérament plus lymphatique, à la tête charnue et lourde, ayant beaucoup plus de taille et de volume, des os incomparablement plus gros, plus creux et plus mous, la peau plus épaisse, les sabots grands et gros.
De l'union de ces deux types sont nés les chevaux croisés à différents degrés de sang, dont nous nous occuperons plus loin.
Le pur sang arabe (aryen, assyrien, oriental). — Jadis, l'Arabie ne possédait pas de chevaux; les Arabes n'avaient d'autre monture que le chameau.
Les Turcs d'Asie vivant dans les plaines de la Mésopotamie (entre l'Euphrate et le Tigre), les Mèdes et les Arméniens étaient seuls en possession des superbes petits chevaux qui furent transplantés plus tard en Arabie. Les Arabes tirent des razzias de ces chevaux, en eurent le plus grand soin et les améliorèrent en vue d'en faire des instruments rapides de conquête et de domination, la religion de Mahomet aidant. La souche de l'arabe actuel, c'est donc le cheval assyrien que possédait le peuple mongol et qui passa aux mains des Aryas lorsque ceux-ci vinrent supplanter les Mongols, pour passer ensuite, en partie, aux mains des Arabes. De fortes bandes de ces chevaux vivaient à l'état sauvage en Mésopotamie et les bas-reliefs du palais de Koyoundjick montrent Sardanapale V se livrant à la chasse de ces chevaux à l'arc, aidé de féroces bouledogues.
Une autre race chevaline, à tête busquée celle-ci, analogue à celle que possèdent encore les Kirghises, vivait dans la même contrée.
Le cheval arabe fut l'objet d'une sorte de vénération de la part des disciples de Mahomet (né 570 ans après J.-C.j. Des préceptes du Coran ordonnent aux musulmans d'accorder la plus grande attention à « la bête du prophète ».
Les Arabes connaissent la généalogie de leurs chevaux et il fut
12i TUÉ0R1ES GÉNÉRALES
un temps où ils n'eussent cédé aucun cheval, aucune jument surtout pour l'exportation.
Les temps sont changés. Les principaux marchés sont en Syrie : Alep, Damas, Mésarih, Souk-el-Khan; puis viennent les marchés secondaires de Bagdad, de Baalbeck, de Hama, etc.
L'éleveur arabe donne la préférence au petit cheval de lm,40 à lm,45, bien musclé, sobre et dur à la fatigue, qui se voit principalement dans le Nedjed.
Il le trouve supérieur au cheval de plus grande taille (lm,50 à lm,60) qu'on rencontre dans le nord de l'Arabie, en Mésopotamie; quoique plus volumineux, ce dernier est de constitution plus faible que le premier.
Le prix moyen d'un bon étalon tracé, au marché de Damas est de 800 à 2.000 francs; une jument vaut de 400 à L 000 francs. Un étalon reconnu impropre à faire de bons produits n'a pas de valeur. Le cheval pur (Asil, c'est-à-dire pur sang) est rare sur les marchés, à moins qu'il ne provienne de razzia ou de vol. L'Arabe attache beaucoup d'importance à la généalogie des reproducteurs auxquels il s'adresse, mais il considère surtout l'ascendance du côté maternel comme la plus importante. Pour l'Arabe, la jument est douée de la faculté de transmettre les qualités principales du cheval arabe, c'est-à-dire l'énergie et la résistance; tandis que l'étalon ne lègue à son produit que le tempérament et la vitesse. Lorsqu'une jument a été saillie sans témoins, son produit fût-il pur, est qualifié Bendou ou Kedisch (bâtard et il ne peut obtenir de Hadjet (pedigree). Tout cheval qui n'est pas gras a peu de valeur pour l'Arabe. Habitué à vivre sous la tente, au contact de l'homme, le cheval arabe paraît calme, même mou et paresseux. Mais, dès qu'il est monté, son aspect change, il devient fier et noble. On dirait que l'animal a conscience de sa valeur. Tous les chevaux de l'Arabie sont loin d'avoir la même valeur; celle-ci varie avec la contrée d'élevage. 11 y a donc des sous-races et des variétés; l'une des meilleures est celle des plateaux de Nedjed. Les Bédouins du désert, reconnaissent, eux, cinq races nobles primitives, qui ne seraient autres que la descendance directe des cinq juments favorites de Mahomet : Kohel, Taneiffé, Manékeié, Saklouié et Djulfé, lesquelles seraient sorties des haras de Salomon (lOOOans avant J.-C, 1500 ans avant Mahomet).
La jument en gestation est entourée de soins parles Arabes; mais, en ce qui concerne le travail, elle n'est ménagée que durant les dernières semaines. Au moment de la parturition, des témoins sont