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LE CHEVAL ET L AUTOMOBILE

Ce n'est pas seulement sur le cheval que l'automobilisme aura une influence néfaste, mais encore sur le cavalier. Tout d'abord, les recrues seront bien plus nombreuses encore, qui, avant leur arrivée au corps, n'auront jamais été en contact avec le cheval, même pas pour le soigner; de telle sorte que si actuellement le service de deux ans est à peine suffisant pour faire un cavalier, il ne le sera plus pour apprendre ce que c'est qu'un cheval aux véritables fantassins que recevront alors les régiments de cavalerie et d'artillerie. Mais le préjudice causé à l'armée active n'est rien, si on le compare à l'atteinte portée à la valeur des réserves.

En effet, si actuellement les nombreux emplois de cochers, palefreniers, piqueurs, etc.. permettent à beaucoup de cavaliers libérés de rester en contact avec le cheval au régiment en qualité de réservistes ou de territoriaux, la suppression do ces mêmes emplois et leur remplacement par des places de chauffeurs ne donneront plus à ces mêmes hommes la possibilité de rester cavaliers dans la vie civile; l'armée de seconde ligne ne comptera plus, le jour de la mobilisation, ni cavaliers, ni artilleurs. Et le plus triste, c'est qu'il n'y aura pas, dans ce cas transformation d'hommes nécessaires en hommes utiles, comme a fait, par exemple, la bicyclette qui a supprimé quelques cavaliers médiocres, et qui, en revanche, a produit de robustes bicyclistes et de solides fantassins; non l'automobilisme aura pris des cavaliers pour en faire des êtres inaptes à la guerre, parce que l'automobilisme est absolument l'inverse d'un sport.

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