‹ Le demi-sangChapitre 55 sur 101 · LE RAPPORT SUR LES HARAS · texte numérisé non relu

LE RAPPORT SUR LES HARAS

l'autre et il n'est que médiocrement intéressant de lire que de 3.187 tètes en 1902 il est passé à 3.211 tètes en 1903.

Il n'est pas non plus palpitant pour le Ministre et nos honorables de voir que les pur sang forment 18,27 0/0 de l'effectif au lieu de 19, 34, que les demi-sang ont passé de 64,99 à 05,70 0/0, etc.

Les renseignements sur le nombre des saillies effectuées par ces 3.200 serviteurs, sont moins dénués d'intérêt pour eux. Ils pourraient voir à quelle catégorie de chevaux vont les préférences de leurs électeurs, si les chiffres étaient groupés autrement.

On ne sait si la faveur des éleveurs se porte vers les demi-sang trotteurs ou les bourdons, vers les étalons anglo-arabes ayant des performances, ou vers ceux qui sont achetés sur leur apparence. Il semble cependant qu'après les discussions qui se sont repercutées l'année dernière jusque dans le Parlement, il y avait des renseignements à fournir.

Dans un autre ordre d'idées, le rapport enregistre l'achat de jeunes reproducteurs sans en donner les prix.

Ne serait-il pas extrêmement utile de faire ressortir à quel prix global reviennent les pur sang, les trotteurs, les anglo-arabes performers, les bourdons, qu'ils soient de l'Ouest ou du Midi, les chevaux de trait? Ne devrait-on pas mettre en évidence ce que chacune de ces catégories d'animaux coûte à l'Etat? Etant donné que le budget de l'Administration s'élève à une somme de, cette somme répartie sur les 3.200 étalons, représente leur entretien et leur amortissement. Quels sont donc ceux qui coûtent le plus cher? Si l'on oublie de mettre en évidence que les chevaux d'hippodrome sont ceux qui coûtent le moins cher à l'Etat, on fait apparaître, dans une crudité impressionnante, le total des encouragements qu'ils ont à se disputer. Le rapport enregistre que le développement des courses constaté chaque année, depuis longtemps, ne s'est pas ralenti en 1905, serait-ce un regret?

En effet, le total des prix distribués monte à 15.329.996 francs. Mais il semble qu'il y aurait quelque justice à insister sur ce fait qu'il faut démêler dans les tableaux synoptiques, que treize millions et demi sont distribués par les Sociétés de courses, c'est-à-dire par l'initiative privée. Un petit travail statistique qui placerait en regard des quinze millions offerts aux propriétaires les sommes que ceux-ci dépensent pour l'entretien des haras, des écuries, en déplacements, etc., etc., mettrait les choses au point et ne laisserait pas

l'impression que l'industrie de l'éleveur est la mieux protégée dans ce pays de protectionnisme à outrance.

Les mêmes réflexions peuvent s'appliquer à tous les chapitres du rapport, je dois dire, pour être juste, que ce travail a toujours été compris de la même façon et que la direction actuelle n'a fait que suivre les errements traditionnels. C'est un monument de la routine administrative, et ces monuments-là sont durables dans leur nullité.

Exportations et importations. — Il semble que l'on ne puisse mieux terminer celte deuxième partie de notre travail, qu'en considérant les résultats obtenus au point de vue du commerce général. Le relevé des importations nous donne sur ce point des indications très certaines.

Jusqu'en 1884 le chiffre des importations avait dépassé celui des exportations; à partir de cette époque la situation se modifia totalement, surtout jusqu'en 1888, année où les exportations furent le plus considérables. Bien que le total des exportations ait diminué de 1888 à 1891, les excédents constatés servirent encore aux défenseurs de la nouvelle loi qui ne manquèrent pas de faire remarquer les progrès réalisés par l'élevage dans les dix dernières années, et ces considérations pesèrent d'un très haut poids sur le vote du Parlement.

Mais, en 1895, la situation redevient absolument la même qu'en 1880 et les importations l'emportent d'autant sur les exportations : il semblerait donc, à première vue, que le vote de la loi de 1891 ait eu sur la production nationale une influence néfaste. Nous ne croyons pas, quant à nous, qu'il faille s'en rapporter aux apparences et attribuer à cette loi de 1894 des conséquences qu'elle n'a pas eues.

Tel a d'ailleurs été l'avis des promoteurs de la campagne menée en 1897 pour obtenir le relèvement des droits de douane sur les chevaux importés de l'étranger, et en particulier sur les chevaux américains et canadiens. La production annuelle des États-Unis et du Canada avait augmenté dans des proportions considérables, et on pouvait avoir, dans ces contrées, un bon cheval, d'une excellente vitesse, pour un prix relativement très minime.

11 était nécessaire de prendre des dispositions pour protéger notre élevage ; c'est à cet effet que les droits d'entrée furent augmentés et portés de 30 à 200 francs dans la plupart des cas. Les

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