‹ Le demi-sangChapitre 54 sur 101 · ACHATS DÉTALONS · texte numérisé non relu

ACHATS DÉTALONS

Des catégories sont également ouvertes aux « chargers » chevaux d'armes pour officiers et aux chevaux de troupe. On exige d'eux, d'être intelligents et courageux, on les essaye aux trois allures et on les pèse! Leur poids ne doit pas être inférieur à 950 livres anglaises et supérieur à 1.150.

Enfin les « jumping Class », épreuves d'obstacles, apportent dans le concours la note destinée à attirer le badaud.

Achats d'étalons. — En France, les achats d'étalons sont faits tous les ans, en octobre et novembre, par quatre grandes commissions: la première se réunit en novembre à Paris et à Chantilly et n'achète que des pur sang; la deuxième se réunit en octobre, à Caen ; la troisième, à la Roche-sur- Yon, Lamballe et Landerneau ; la quatrième, en septembre ou octobre, à Limoges et à Toulouse. Cette dernière achète des demi-sang, des pur sang arabes et des angloarabes.

C'est à Caen, Toulouse et Chantilly que les opérations sont le plus importantes.

Les commissions d'achats achètent les animaux qui, dans chaque catégorie de chevaux, présentent les caractères qu'on doit rechercher pour continuer l'amélioration des races : les performances, le modèle, l'origine. En ces dernières années, le monde de l'élevage s'est ému d'une nouvelle orientation. L'arrivée d'un nouveau directeur avait coïncidé avec une méthode nouvelle en opposition avec la ligne de conduite suivie jusqu'alors par les haras. Tandis que ceux-ci s'étaient efforcés de donner de la qualité à nos races locales, sans cependant se désintéresser du modèle, le nouveau directeur s'était montré sévère pour les demi-sang d'hippodrome, réduisant dans des proportions considérables les crédits qui leur étaient ordinairement affectés. On sait l'émotion profonde causée, non pas tant par cette diminution de crédits que par le trouble jeté ainsi dans l'élevage.

Les transactions se ralentirent entre les naisseurs et leurs clients habituels, au point de devenir presque nulles; quelques jumenteries furent liquidées à bas prix, et le petit éleveur commençait à se défaire, au profit des marchands et de la remonte, de ses poulinières de sang.

On voulait du gros, on encouragea le gros. On craignait que le trotteur qui s'affine, il est vrai, à chaque génération nouvelle, ne compromit la réservedegrandscarrossiersquidiminueen.Xormandie.

Il y a un remède bien simple à ce mal... C'est d'opérer dans les concours et dans les achats une scission radicale entre le trotteur et le demi-sang. Il faut mettre les éleveurs en mesure de se prononcer pour l'un ou l'autre de ces genres de production.

Actuellement on s'efforce de faire des chevaux de course capables de gagner leur vie sur l'hippodrome, et assez carrossiers pour plaire à l'Administration et à sa clientèle, les fabricants de bourdons qui alimentent tous les coupés et les victorias de la capitale.

Or il y a, depuis que les courses ont progressé, impossibilité de réunir dans le môme individu les qualités requises.

Le rapport sur les haras. — Lorsqu'un profane ouvre, pour la première fois, le rapport annuel adressé par l'inspecteur général, directeur des haras, au Ministre de l'Agriculture Sur la gestion de son Administration, il peut se figurer que cette brochure va l'éclairer sur les desiderata des bureaux de la rue de Varenne, sur leurs projets; qu'il va y trouver quelques considérations d'ordre général sur la production chevaline en France; et s'il est éleveur il espérera y puiser des indications sur la ligne de conduite qu'il doit suivre pour satisfaire aux exigences administratives.

Son erreur lui apparaîtra au premier regard. Le rapport contient des tableaux synoptiques garnis de chiffres. Ces chiffres varient légèrement chaque année; la disposition des tableaux, celles des chapitres où ils prennent place ne varient jamais. Mais ce qui est plus immuable encore, c'est le parti pris de ne soutenir ces chiffres par aucun commentaire.

Toujours le document qui nous occupe commence par une phrase stéréotypée : « Conformément aux dispositions qui régissent le service des haras nationaux, j'ai l'honneur, comme chaque année, à cette date, de vous adresser un exposé d'ensemble sur la gestion de l'administration des haras au cours de l'année et sur les résultats obtenus par son action directe, aussi bien que par les encouragements qu'elle distribue et par l'industrie chevaline particulière. »

Or, quels enseignements le Ministre de l'Agriculture, qui est rarement versé dans les questions d'élevage et le Parlement auquel s'adresse d'une façon indirecte ce travail, quels enseignements peuvent-ils en tirer?

Ils y apprennent quel est l'effectif général des reproducteurs entretenus par l'Etat; cet effectif varie bien peu d'une année à

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