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ALIMENTATION DU POULAIN

Or, on a pu établir que la vitesse de croissance du nourrisson est en relation très étroite avec la teneur en albumine du lait. Plus le lait est riche en albumine, plus la vitesse de croissance est grande. La loi s'applique aussi à la teneur du lait en chaux et en acide phosphorique.

Le développement, dans les premiers jours qui suivent la naissance, le prouve surabondamment, puisqu'à ce moment, le lait est beaucoup plus riche en substances solides qu'au bout d'un certain temps. Or, on sait que la croissance est d'autant plus active que le poulain est plus jeune.

Le développement plus rapide du foal, pendant les premiers jours qui suivent la naissance, pourrait être dû uniquement à l'étendue plus considérable de la surface d'absorption de son tube digestif par rapport à la masse totale, car on sait que lorsque les dimensions d'un être s'accroissent, sa masse augmente comme le cube des dimensions, sa surface comme le carré. Néanmoins, l'expérience montre que la teneur plus élevée du lait en albumine est aussi un facteur de cette croissance d'autant plus rapide que l'être est plus jeune.

Nous avons demandé l'analyse du lait d'un très grand nombre de juments vivant sous tous les climats, ainsi que des renseignements précis sur le développement des produits qu'elles allaitaient. De la comparaison de toutes ces données, il ressort que le lait des juments habitant les pays chauds est riche en sucre et pauvre en graisse, et que la croissance des poulains est beaucoup plus active. C'est le contraire pour les poulinières vivant dans les contrées septentrionales. Du reste, la composition moyenne du lait de jument, envisagé à ce point de vue, fait bien du cheval une race primitivement méridionale.

Si on compare enfin la nourriture du nourrisson et celle de l'adulte, on voit que le premier a besoin relativement de plus d'albumine que le second pour former ses tissus et de plus de graisse, car sa surface de refroidissement est plus considérable par rapport à sa masse. L'adulte absorbe au contraire plus d'hydrates de carbone, à cause du travail qu'il doit fournir.

Alimentation du poulain. — Le poulain, dans les trois premiers mois de son existence, peut prendre de 6 à 12 litres de lait, selon que la jument est plus ou moins bonne nourrice. Sans avoir des •données bien précises, on peut admettre qu'une jument, peu après

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la mise bas, donne aulour de 10 litres de lait par jour. Ce lait offre la composition moyenne suivante :

Matières azotées 15 grammes par litre

— grasses 10 — —

Sucre de lait CO —

Matières minérales 2 à 3 —

Le lait maternel suffit parfaitement à l'alimentation du poulain dans les trois premiers mois. Mais, à partir de cet âge, le jeune animal peut commencer à brouter l'herbe tendre des pâturages et grignoter un peu d'avoine Aucune autre nourriture n'est mieux appropriée à son jeune estomac. Donc, à partir de l'époque où le poulain peut trouver un supplément dans l'herbe verte on peut varier l'alimentation de la poulinière graduellement à celle des autres chevaux, en supprimant peu à peu les barbotages.

A six mois, le poulain peut être sevré, mais jamais avant, à moins que la mère ne soit mauvaise nourriee. A ce moment, on diminue la ration de la mère, on substitue des fourrages secs aux fourrages verts, on réduit la proportion des farineux. Si l'on a eu soin de graduer le sevrage, d'espacer les tétées, à la fin de l'allaitement, la succion diminuant, la sécrétion du lait cesse tout naturellement. En principe, la ration doit toujours être élevée au sevrage, quitte à la diminuer peu après.

Lors du premier hiver le jeune cheval doit recevoir de bons foins tendres, tels que des regains de légumineuses bien rentrés et des graines suivant la constitution et l'appétit de l'animal.

La deuxième année celui-ci trouvera sa nourriture d'été dans la prairie et il faudra administrer un supplément, sous forme de grains.

Dans les deux cas, la prairie devrait être largement phosphatée, si elle était pauvre en acide phosphorique. C'est le seul moyen d'obtenir des animaux précoces, aux belles et larges formes à la charpente bien ossifiée

Pour les régimes des chevaux qui travaillent, trotteurs, galopeurs, hunters, poney de polo, le lecteur voudra bien se reporter aux chapitres où nous avons étudié le régime de ces différentes catégories d'animaux.

L'abreuvement du cheval. — Le docteur F. Tangal, chef de la station expérimentale de physiologie animale de Buda-Pesth, a entrepris

L ABREUVEMENT DU CHEVAL 335

récemment une série d'expériences, afin de rechercher les relations existant entre l'assimilation des aliments et l'abreuvement des animaux.

De ces essais, il résulte que chez le cheval le moment d'absorption de la boisson (avant, pendant ou après le repas), n'a aucune influence sur l'assimilation des substances alimentaires; quand on fait boire le cheval après le repas une plus grande quantité de crains est entraînée de l'estomac dans l'intestin, il en est de même lorsqu'on fait boire l'animal entre l'avoine et le foin.

Tous les chevaux soumis à ces expériences ont bu plus d'eau quand on les a fait boire après le repas ; la quantité minimum d'eau absorbée a élé observée chaque fois que les animaux ont bu avant la nourriture.

Lorsqu'on change de régime, à partir du jour où le mode d'absorption après la nourriture fait place au mode d'absorption avant la nourriture, le poids de l'animal diminue; il se maintient au contraire lorsqu'on fait l'expérience inverse. Le poids minimum reste constant pendant toute la période de l'administration de la boisson avant la nourriture ; il en est de môme du poids maximum pendant le temps où l'on fait boire les animaux après le repas.

Quand les chevaux commencent à boire avant la nourriture, ils mangent avec moins d'avidité pendant les premiers jours; au contraire, on ne remarque aucun changement quand on commence à faire boire les animaux après le repas.

Les résultats du DrTangal sont en contradiction avec la théorie actuellement admise d'après laquelle il vaudrait mieux faire boire les animaux avant de leur donner toute nourriture, les avantages étant les suivants : assimilation plus grande par suite d'une plus grande production de sucs digestifs, suppression de l'entraînement des grains dans l'intestin par l'eau de boisson.

D'après l'auteur, il semble résulter que l'administration de la boisson après le repas est préférable; en tout cas, lorsqu'on voudra augmenter chez un cheval le fonctionnement des voies urinaires, il faudra toujours le faire boire après qu'il aura mangé.

Papes.

Préface VII

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