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ALIMENTATION DE L ÉTALON

origine : la tradition, lorsque celle-ci a résisté au temps et aux théories; la connaissance physiologique du fonctionnement normal des organes; la statistique chimique, qui lie leur composition et leurs dépenses journalières à la composition et au bilan des aliments. Ces trois ordres de considérations doivent s'appuyer et s'expliquer l'une l'autre et seules sont valables pour établir les règles d'un bon régime alimentaire.

A mesure qu'on pénètre dans le monde du cheval, on reste plus convaincu qu'un long empirisme est parvenu à faire pénétrer peu à peu dans les usages alimentaires de fâcheuses habitudes. Il est certain que, chez un grand nombre de sujets, les états diathésiques, qu'on est convenu d'attribuer vaguement à des tempéraments délicats, à des constitutions vicieuses, tiennent le plus souvent à des modes défectueux de les nourrir.

La mauvaise constitution, l'inaptitude musculaire et le défaut de qualité qui empêchent les poulains de paraître sur l'hippodrome» se rattachent immédiatement ou médiatement à une alimentation exagérée ou irrationnelle.

Il serait donc utile que les problèmes nombreux et délicats qui se rattachent à l'étude de l'alimentation du cheval de course fussent examinés à la lumière si pénétrante et si claire que nos connaissances modernes projettent sur ces importantes questions. C'est ce que nous ferons dans un ouvrage en ce moment en préparation.

Nous allons simplement passer ici en revue d'une manière succincte les différents régimes du cheval suivant son âge et sa fonction.

Alimentation de l'étalon. — L'étalon, entretenu spécialement pour le service de la monte, exige une nourriture abondante : l'élaboration du sperme réclame beaucoup de matières azotées et phosphatées; les graines des céréales ou des légumineuses doivent entrer, pour une large part, dans les rations. Certes, il ne faut pas tomber dans l'excès, car des farineux, distribués en trop grande quantité, provoqueraient le dépôt de graisse et tous les éleveurs savent, par expérience, que les animaux trop gras voient baisser leurs facultés prolifiques dans une grande proportion.

Mais l'étalonnier possède dans la promenade ou le travail modéré un heureux correctif aux prédispositions à l'embonpoint. D'autant plus qu'un exercice bien ordonné ne peut qu'augmenter la fécondité du mâle.

Il est bien évident que le régime sera d'autant plus substantiel

qu'on exigera de la part de l'étalon un service plus ou moins pénible. Pour obtenir une bonne fécondation on ne doit guère demander à l'étalon plus de cent saillies par an. L'administration des haras en a fixé le chiffre à soixante, mais il est ordinairement quelque peu dépassé dans la pratique. Dans ces conditions, les chevaux des haras reçoivent par jour, environ :

Gros 12 litres d'avoine

Moyens 10 — —

Petits 8 — -

A cette avoine, on adjoint de bons foins, un peu de paille et des mashes d'avoine additionnées d'un peu de farine de lin. Ces mashes sont très nutritives et rafraîchissantes. Cependant nous ne voyons pas pourquoi l'on ne donne pas aux étalons, pendant la saison de la monte, des aliments d'épargne, des luzernes, etc.

Alimentation de la jument poulinière. — Les juments pleines ou nourrices réclament des soins particuliers et un supplément d'alimentation, sous peine de les voir s'épuiser à la lâche, de ne pas produire ou de donner des produits mal conformés.

La jument peut être nourrie comme les autres chevaux et prendre sa nourriture soit au pâturage soit à l'écurie. Dans le second cas, on peut lui donner de bons soins, des fourrages sains, auxquels on ajoutera toujours, avec profit, des aliments concentrés.

L'alimentation minérale chez les poulinières. — Toutes les conditions indiquées par la science comme étant les plus favorables pour l'accomplissement de la fonction maternelle chez les poulinières convergent vers des pratiques dont l'existence est aujourd'hui bien connue de tous les éleveurs. Aussi n'entreprendrons-nous pas ici l'étude du régime alimentaire ordinaire des gestantes. Nous allons insister sur l'alimentation minérale qui constitue une nécessité physiologique de la plus haute importance dans la diététique des poulinières.

C'est pendant les deux derniers mois de la gestation que l'organisme fœtal élabore et constitue les deux tiers de sa masse totale, qu'il s'agisse de matières albuminoïdes ou minérales. C'est donc à cette période qu'il est intéressant d'obtenirla suralimentation minérale, qui jouera un rôle prépondérant dans le dernier stade de la vie utérine. Au moment de la naissance, le poulain de poids normal a

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soustrait à l'organisme maternel un poids de 300 grammes environ de sels minéraux. Dans ce chiffre le fer n'est représenté que par 0ffr,921 de peroxyde (Fe-03) soitOgl",794 de fer métallique.

11 est probable que cette fixation, qui s'exerce surtout pendant les dernières semaines, n'est pas étrangère à la pathogénie des troubles de la nutrition qui compliquent fréquemment la fin de la gestation.

Ces données physiologiques montrent que les matières minérales prennent une part essentielle à la constitution et à la formation de tous les organes, qu'elles sont indispensables à l'entretien de l'activité vitale dans l'organisme.

Le rôle des principes minéraux chez les gestantes étant bien établi, examinons maintenant comment se comportent ces mêmes principes dans l'alimentation des poulinières nourrices.

L'importance des matières minérales du lait a été mise en évidence surtout par Bunge dont les remarquables travaux permettent d'entrevoir des déductions fort intéressantes en ce qui concerne l'alimentation non seulement chez les jeunes sujets, mais encore chez les juments nourrices.

Bunge a montré que les cendres du jeune animal présentent une analogie de composition très grande allant jusqu'à l'identité avec les cendres du lait de la mère. Cette composition est variable d'une race à l'autre, mais dans la même race le parallélisme existe entre la partie minérale du poulain et les cendres du lait de la poulinière. Le fait est d'autant plus frappant qu'il n'y a pas d'identité, loin de là, entre la teneur en substances minérales du sang, ou plutôt du sérum et du lait, et cependant c'est dans le sérum sanguin que le lait puise évidemment les matières minérales qui entrent dans sa composition.

Bunge fait remarquer que la concordance entre la composition des cendres du lait et celles dunourisson ne peut exister que chez les mammifères à croissance rapide. Le fait se vérifie parfaitement dans l'espèce chevaline : il est bien évident que l'on trouvera là, en effet, le rapprochement le plus saillant, le tissu osseux se constituant en grande partie pendant l'allaitement.

Nous constaterons avec Bunge que l'épitliélium mammaire a l'étonnante facilité d'extraire du milieu sanguin tous les éléments minéraux constitutifs d'un lait dont la composition est totalement différente et cela justement dans des proportions pondérables en rapport avec les besoins du foal. Cette concordance entraine le maximum d'épargne dans les dépenses de l'économie ; elle n'a

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d'autre raison d'être et l'organisme maternel n'abandonne rien qui ne puisse être utilisé complètement par le nourrisson.

Or, quelle est, dans la composition des cendres du lait de la jument, le principe essentiel? Les plus récentes analyses ont montré clairement que le phosphate de chaux est l'élément minéral prédominant; le lait lui devra en partie sa valeur alimentaire.

Nous allons pouvoir tirer de ce fait des déductions de la plus haute importance.

Un foal tette chaque jour une quantité de lait variable pour chaque sujet, et cela représente une certaine quantité de principes minéraux. Or la teneur en éléments minéraux des aliments les plus importants est beaucoup plus faible que celle du lait de jument.

Or, si la nourriture ne fait pas l'apport minéral nécessaire, la poulinière devra remprunter à son organisme. Ce fait présente, comme on peut en juger, un très grand intérêt; car, même avec une alimentation rationnelle, la quantité de principes minéraux ingérée est manifestement insuffisante.

Nous venons d'aborder là un coté important de la physiologie de la poulinière qui nourrit. Chez elle, la nutrition générale est ralentie, le coefficient azoturiquc inférieur à la normale, les phosphates éliminés en excès, l'alcalinité du sang diminuée. Ces résultats, joints à l'expérimentation et à des observations rigoureuses dans les studs, permettent d'expliquer la moindre résistance de l'organisme de la poulinière nourrice aux agents pathogènes.

En ce qui a trait à l'élimination urinaire des phosphates chez les juments qui allaitent, il est établi aujourd'hui qu'elles perdent par leurs urines au moins autant de phosphates proportionnellement que les individus normaux ; comme d'autre part elles en perdent aussi dans le lait sécrété, il faut que l'organisme en absorbe une quantité supérieure sous peine d'être déminéralisé.

Si l'on considère les modifications du système nerveux chez la poulinière, si nous voulons chercher pourquoi la lactation agit sur le système nerveux, nous voyons que probablement plusieurs facteurs entrent en jeu : l'auto-intoxication, l'hyper-alcalinité, etc., fréquentes qui constituent la déminéralisation. Ces principes semblent nécessaires au bon fonctionnement du système nerveux et l'organisme de la jument nourrice laisse filtrer dans le lait une quantité notable de ces sels. Nous ne saurions donc trop insister surdes faits communs chez les poulinières nourrices ; la déminéralisation créant un terrain moins résistant, l'élimination exagérée de sels minéraux

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semble coïncider avec une fragilité plus grande du système osseux et des troubles très nels du système nerveux.

L'une des causes initiales importantes de ces modiiications : une assimilation insuffisante de phosphate de chaux, etc. Le remède à cet état de choses sera facile : il suffira de fournir à la jument en lactation, et sous une forme facilement assimilable, les principes que trop souvent elle est réduite à emprunter à son organisme.

Pour cela deux rations quotidiennes de notre aliment, de 400 grammes chacune mélangées à l'avoine suffiront amplement : le remède ne peut donc être ni plus simple, ni plus facile, ni plus agréable, les chevaux étant très friands de ce produit. Les résultats obtenus jusqu'à ce jour dans les plus grands haras, où l'albuminoïde est entré dans la diététique courante des animaux, ainsi que les faits physiologiques constatés chez les juments poulinières traitées par cet aliment hors pair tendent à établir d'une façon certaine, son efficacité dans le régime des gestantes et des nourrices.

La nécessité d'éviter de donner des aliments encombrants, forçant à diminuer le volume du bol alimentaire dans les derniers mois de la gestation, la ration journalière se trouvant diminuée, n'est plus suffisante pour apporter aux juments l'ensemble complexe des éléments minéraux nécessaires pour la formation du fœtus. Il convient donc qu'elles trouvent toutes les matières utiles dans un aliment concentré, plus riche que L'avoine et moins échauffant que cette denrée qui excite les poulinières. 11 n'y a donc pas de meilleure nourriture que celle dont nous conseillons l'emploi aux éleveurs. Nous savons que Valbuminoïde phosphore présente une relation nutritive très serrée, que sa digestibilité est très élevée et qu'il est très riche en azote et surtout en acide phosphorique : toutes conditions reconnues comme favorisant au plus haut degré la sécrétion du lait, de même que la nutrition. À ce titre donc, la supériorité de cet aliment est évidente. Cette supériorité ne lui est du reste point contestée. 11 serait par conséquent superflu d'insister. Nous sommes simplement amenés à faire quelques remarques qui ont une importance pratique considérable.

Le calcul montre que la jument qui reçoit 800 grammes d'albuminoïde phosphore absorbe ainsi plus d'acide phosphorique et de chaux qu'elle n'en élimine par son lait.

En particulier, nous avons vu précédemment combien la teneur

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en principes minéraux des aliments était insuffisante. En complétant l'alimentation comme nous venons de l'indiquer, tout sera prévu, et la proportion de sels minéraux deviendra très suffisante pour les besoins du foal et ceux de la poulinière, même eu tenant compte de l'insuffisance d'absorption. Ainsi donc, la jument qui allaite n'aura plus besoin d'avoir recours à ses éléments organiques propres pour y puiser les principes les plus actifs de son lait, elle pourra éviter la déminéralisation, la pbosphaturie et les troubles nerveux qui y sont liés, les conditions deviendront meilleures pour elle et le poulain, et la fécondation de la mère quelques jours après la mise bas sera plus certaine.

Inutile de dire que, indépendamment du phosphate de chaux, les autres substances contenues dans l'albuminoïde phosphore : lécithines, caséine, etc., tous produits présentés sous la forme la plus facilement assimilable, viendront joindre leur effet salutaire.

Jusqu'ici, l'albuminoïde phosphore était considéré comme l'aliment idéal du poulain, il devient en plus le complément nécessaire de l'alimentation de la jument qui allaite.

En effet, les principes que renferme l'albuminoïde phosphore font qu'il parait agir surtout par le surcroît d'énergie qu'il importe dans l'organisme; nous pouvons dire qu'il agit en augmentant la pression osmotique et en apportant l'électricité potentielle dont il est le substratum. Les molécules dissoutes de l'organisme se trouventêtre animées d'une force électro-motrice plus intense, qui facilite leur mouvement de translation dans les cellules. C'est ainsi que la nutrition se trouve renforcée.

Sous l'influence de cet aliment, on a constaté chez les juments que la nutrition était rapidement suractivée, ce qui s'est traduit par les effets suivants :

1° Augmentation de la sécrétion lactée;

2° Amélioration de la quantité de lait;

3° Accroissement du poids de la poulinière;

4° Accroissement plus rapide du foal.

11 est donc évident que, pour les juments pleines et les juments suitées, ce produit constitue un véritable aliment de choix, car il permet, comme nous l'avons dit plus haut, de pourvoir aux dépenses et aux pertes phosphatées qu'entraînent la gestation et l'évolution du fœtus et il favorise la sécrétion lactée.

Il est constant que le lait des poulinières qui reçoivent l'albuminoïde est plus riche en beurre et en albumine.

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