MATHILDE, CAROLINE
CAROLINE. Et lui aussi !... il est singulier , M. Oscar.. é. à peine s’il me regarde en me parlaut.
B1AT11II.de , en fiant à droite, au has de faterrasse y à part. Ali ! la voici... elle a son ccharpe...
Caroline. 11 n’est pas mal... Mathilde est bien heureuse !... ( L’apercevant .) Ah ! c’est vous!...
MATHILDE, oc cupee de V écharpe de Caroline. A quoi pensiez-vous donc, Caroline?..
Caroline. Je pensais que ce malin encore...
Air du Piège.
Moi , jVspcrais la premirre , entre non*
Me marier .. Mais h ce oui se passe , *
Je le voia trop , j’avais tort, cl c’est vous,
Mathilde , qui pienci ma place.
■ATBlLDI.
Ça vous chagrine !
CAROLIM.
Oui , j’en conviens total Isa*. . .
Le plut terrible... et la chose est comme...
C’est qu’à la cour on ne retrouve pas Sa place quand on l’a perdue ,
Et la mienne je l’ai perdue.
MATHILDE. C’est à cause de mon cousin Oscar que vous dites cela ?...
CAnoLlNE. Ce sera un charmant mari...
MATHILDE , prenant l’extiémité de l’écharpe de Caroline. Pis pour moi.!...
CAROLINE , lui retirant l’écharpe. Ah !
mon Dieu!... vous aussi , vous avez l'air triste... inquiète... comme M"' de Grommer qui parait irrtée contre nous...pourquoi ? je vous le demande ?...
Mathilde. Caroline... je vous le dirai si vous voulez me rendre un service... un grand service -
Caroline. Et lequel?... parlez!.,.
Mathilde. Vous me le rendrez...
Caroline. Je vousle promets. Maisquel air mystérieux !.. vous me faites peur...
c’est donc un grand secret?... •
mathii.de. Enorme...
Caroline. Vrai !...’ oli ! ma petite...
dites-moi donc cela...
Mathilde. Carotine... vous êtes mon amie... ma seule amie dans ce palais...
et si mon honneur dépendait du service que je vous demande...
Caroline. Oh! parlez!... j’écoute...
matiiii.de. Et ce secret... vous me le garderez ?..
Caroline. Je vous le jure... je n’en ai jamais trahi... il est vrai qu’on ne m’en a pas encore confié...
LE MAGASIN THÉÂTRAL
■ATnn.DK. Je ne sais si je puis... (Mouvementée Caroline.) Eh bien ! oui... je tous crois... et la preure... je vais tout vous dire...
CAROLINE , Z’ écoutant. Mathilde se toit.
Eh bien?
Mathilde. C'est que , voyez-vous.,, il j a des choses bien étranges â raconter.
CAROLINE. Je vous aiderai.
MATHILDE. J'aime mieux ça... Vous vous rappeler , Caroline , notre conversation dans les bosquets du parr?...
CAROLINE. Oui... quand nous parlions du démon de la nuit... des plaisirs de la cour. . . et surtout du prince que vous trouviez si bien!'...
Mathilde. Je me retirai de bonne heure dans mou appartement... car vos regards me faisaient rougir.,. vous me supposiez des idées que je n’avais pas...
J e me couchai. .. et je ne tardai pas à m’endormir... pas toutà fait pourtant... j’étais dans cet état si doux , vous savez., quand on ne dort pas encore... et que déjà l’on ne veille plus...
Caroline. Quand on sc sent dormir ?...
MATHILDE. Juste!...
CAROLINE. J'adore ça...
Mathilde. El moi aussi... Je ne sais quels lèves s’emparaient de mon esprit...
c’était un mélange de plaisir et d’effroi...
devant moi... j'apercevais une figure charmante que je ne pouvais atteindre.. . et je sentais en même teins une main de feu qui me serrait le cteitr à étouffer... je ne respirais plus... je voulais fuir... et je ne pouvais pas... c’était...
Caroline. Oui,., ce que nous appelons un cauchemar...
matuilde. Oh ! bien mieux.., tout-àcoup je fus réveillée en sursaut comme par un bruit qui avait cessé... mais je sentis une main qui pressait la mienne...
je voulus pousser un cri., elle se plaça sur mes lèvres...
CAROLINE. Ali t mais ça devient trèsgentil...
Mathilde. Je De criai pas... et j’entendis une voix douce, douce... à faire battre le cœur... qui me disait : Tais-toi ! taistoi ! .. c’est moi qui t’écoutais ce soir dans le feuillage quand tudisaistessccrctsàtcscompagnes... Àh ! démon de la nuit, lui dis-je!., grâce ! grâce !..et il se prit à sourire doucement... et il me dit : Oui , c’est moi !.. ne
crains rien!... je t’aime... et il se pencha vers moi... et...
(Elle baisse les y en* , )
CAROLINE. Je devine... il vous embrassa...
MATHILDE. Oui...
CAROLINE. Il n'y a pas de mal... continuez donc!., c’est fort intéressant..
MATHILDE. I.e lendemain. ..
Caroline. Ali!., nous sommes au lendemain ?..
m atuilde. C’était hier, il revint encore., toujours le soir... bien tard... à la même heure... . *.
Caroline. Il parait qu’il est très-
exact... •
■Avouai.
A tu de T u renne.
Le premier jour il ▼criait par mirprise i
Je m'endormait. . . jupes ac ma terreur,
Quant) (out-.Woop une vitre ae bri*c !
D'effroi je M’ai battre mon cœur.
Le lendemain j'eus bien moins de frayeur.