SCENE IX
Les Mêmes, MATHILDE, CAROLINE.
CAROLINE. Nous voici, madame...
LE BARON, à mi-voix. Oh!., celle-ci a l'air d'une candeur...
LA BARONNE. Et que faites-vous là?..
MATHILDE. Mon Dieu, madame... je me promenais avec ma bonne amie, mademoiselle Caroline de Lisbur... C'est alors que nous avons aperçu monsieur le ministre de la police sur la terrasse du château... et nous nous rapprochions un peu...
LE BARON, à mi-voix. Du moment que c'est pour voir le ministre. .. c'est bien innocent... avec ça qu'il n'est pas beau...
.B MAGASIN THEATBAL.
LA BARONNE, las Qu baron. IMals, U; ministre .. entendez-vous, le niiuisire ?.. S'il va faire un éclat... ( Comme frappée (Vune idée subite. } Ah!..
MATIIILDG. Pardon, madame...
LA BARONNE. Mesdemoiselles... la princesse Clémentine désire que vous lui soyez toutes présentées dans un instant... parées des écharpes...
MATHILDE. Ciel I
LA BARONNE. Qu'elle vous a données à ses armes...
CAROLINE. Nos écharpes...
LE BARON, à pari ^ en n gardant Mtiihiide. Ca n'a pas l'air d'arranger la petite... là lias...
LA BARONNE , les obsen^aiti en passant entre Caroline et Maihi/de. Sans doute, vos écharpes... Est-ce que cela vous contrarie?
CAROLINE. Moi, madame !..
MAïillLDE, iwemeni. Pas du tout... certainement... (A part. ) Je suis perdue... Je ne la mettrai pas...
LA BARONNE. Rejoi(^nez vos compagnes
SCÈiNE X.
CAROLIINE, LEBARON,LA BARONNE, LE COMTE, MATIÏILDE.
LE COMTE , dans le plus grand irouhlr. Madame la baronne... je viens... je... Ah I c'est vous, Mathilde...
SIATUILDE. Ah ! mon Dieu î mon cousin... quelle émotion!... Qu'avez-vous ?..
LE BARON. En effet, monsieur le conite. . .
LE COMTE. Si vous saviez avec quelle fierté... avec quel dédain, le prince vient de me traiter...
LA BARONNE. Le prince!..
MATHILDE. A''ous ? moncousin...
LE COMTE. Oui, moi... et vous, aussi, Mathilde, vous, pauvre enfant qu'il semble poursuivre de cette haine que son père avait pour le votre. . .
MATHILDE. Ohl cela est vrai! car il se détourne avec humeur dès qu'il m'aperçoit... Il ne m'adresse jamais la parole...
CAROLINE. Il me parle toujours à moi..
LE BARON. Mais que s'est-il donc passé ?.
LE COMTE. Il a voulu savoir quels projets j'avais sur ma cousine... quelle noble alliance j'avais trouvée pour elle à la cour... Alors, je hii ai dit que Mathilde, sans protection, sans fortune, m'avait été confiée par son père expirant... J'ai ajouté que c'était à moi d'assurer son bonheur... et que mon cœur et ma main ne seraient jamais À une autre.
MATHILDE, effrayée.^ Oscar... et le prince, qu'a-t-il répondu?*..
m: comte. Il a traité cette idée de folie... il a parlé de vous... de toi, Mathilde , avec un air de dédain qui m'a irrité..
MATHILDE. Yoyez-vous.. . il ne peut pas me souffrir...
Li: COMTE. La princesse , toujours si bonne , m'a offert alors, un mariajjc j)lus brillant... (jui devait flatter mon ambition...
LE BARON. La sœur de l'envoyé de Hanovre...
LE COMTE. J'ai répondu que je n'y avais jamais pensé... que je n'étais pas libre...
MATHILDE. Oh !.. si fait!..
LE COMTE. Alors, il a éclaté... il m'a dit d'une voix dont ;p Iremble encoeç, (pu; jamais la lille du comte de Pirner ne serait la fcinn)e d'un ami qu'il LStimait..^ll m'a menacé d'une di.«gràce que j'ai bravée..."Uenreusenjmt la princesse m'a fait signe de m'éloigm r. .. sans doute pourcalmer son frère... L'iugrat!.. moi qui lui aurais tout sacrifié !..
LA BAUO.w.XE. Ah! j'ai déjà remarqué que le prince est d'une violence !..
LE BARON. Eh !.. eh !.. il faut lui céder...
LE COMTE. Eh ! monsieur, quand cela blesse l'honneur!..
LE BARON, l^honneurl eh bien!., que voulez-vous... (>i; s'arrange.
MATHiiDE. Oui, Oscar... il faut lui obéir.. . Puisqu'il refuse son consentement, renoncez à moi, moncousin... résignea-
Yons:
LE COMTE
il s'airtMc, fait lie avec Caioline
Oh! maintenant moins que jamais !..
CAr.OLi\E . Le voici . . .
TOLS. Le prince I
(Le prince paraît; il <'st rêveur...
\\\\ sii;ne à la baronne, qui s'èloi^ et Matliildc.)
MATHILDE, // pari. Oh ! n)on Dieu !. ces idées de mariage... et puis mon écharpe !.. Que faire s'il ne vient pas à mon secour.-^, lui... l'autre...
( Le |, rince lu regarde, elle baisse les \ eux et sort.)
•e«eoe6
SCEINEXI.
LE COMTE, LE PRINCE, LE BARON, r/ à /.///n CAROLINE.
(Qinnd tout le monde cbt sorti , Frédéric s'approche d*Oscar et lui tend la main. )
LE PRINCE. Votre main", Oscar. {Le comte hésite.) Ne pardonne-t-on rien à un ami?...
LE COMTE. Ah ! prince .'...
LE KARON , tirant son mouchoir» Celte noble condiiiic me louche aiixlarii)es,el...
LE TRIKCE. Taisez-vous, baron... vos flatteries m'habituent à Tégoisme... et vous voyez où cria nous mène... vous n'êtes pas ému du tout...
LE BARON , remcltani son mouchoir dans sa poche. C'est juste!...
LE PRINCE. Je n'ai qu'un ami, et j'allais le perdre... .)'ai eu des torts envers vous , Oscar... votre résistance m'avait irrité... Dans votre intérêt... refuser le parti qu'on vous oftVe... une femme qui vous aime... que vous aimez...
LE COMTE. Et croyez-vous, prince, qu'il ne m'ait pas fallu du courage, pour tenir d'autres sermons ?
LE rRi\CE. C'est bien... vous épouserez ]\[iic l>iiiiei\.. .-^i elle consent... car elle consent, dites-vous i*...
LE DARO\. Oli .... un cousin..,
rr
LE PRINCE. J'aurais voulu pour vou.s quelque chose de mieux... j'avais despré- .pp ventions... je l'avoue... {mouvement du romte) je n'en aurai plus... mais il faut que ce mariage ait lieu aujourd'liui... ce soir niênie, je le veux... il importe à votre honneur, à ma dignité... que l'envoyé de Hanovre ne cède pas en rompant le traité... à l'espoir de vous avoir pour beau-frère... ce Serait le tromper...
Li: COMTE. Ah I tant de délicatesse...
LE BARON. C'est admirable...
LE PRINCE , souriant. D'être honnête homme... vous faisiez donc bien peu de cas de moi , monsieur le baron ?.. {Au comte.) Allons î . . t'est bien... voyez M'"'= de Grom-
mer sur-le-champ qu'elle prévienne
votre cousine de jnon désir, de ma volonté... Suivez-moi , monsieur de Gillesliern , j'ai des ordres à vous donner... (// remonte la sccne, et quand il est dans le fond:) Oscar!... (// lui tend la main; le conile'sê précipite sur la main du prince.) Ce soir même... y**^^ (Il sort à gauche avec le baron, Caroline entre.)
LE COMTK. Ah I maintenant qu'il consent... j'éprouve un trouble î... (// Caroline.) Mademoiselle I... M'"« la baronne de Gromnier.^..
CAUOLiNi: , montrant la droite. La voilà d.ms le parc avec le ministre qui païaît fort a;;iié... comme elle... comme vous... comine tout le monde...
LE COWTK. Ah 1 meici, mademoiselle...
(Il fcortà (lioilc j)iu la Icn.ii'ic.)