‹ Le démon de la nuit, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 5 sur 30 · LE BARON, LE PRINCE, LE COMTE · texte numérisé non relu

LE BARON, LE PRINCE, LE COMTE

LE PRINCE, au baron. Quels beaux yeux!., quelles tailles élép,antes I. .. Croyez-vous , moucher conseiller... qu'il y eût , à \^ cour de mon père, d'aussi jolies personnes que celles-là ?... -

LE BARON. Eh î ehl... prince... elles avaient bien leur mérite... et j*en ai connu particulièrement quelques-unes qui ne le cédaient en rien à ces dames.

LE PRINCE. C'est impossible...

le: baron. Prince... je serais de voti-e avis si j'étais jeune comme vous, mais à cinquante-quatre ans et demi , on n'a plu*^ pour soi que les souvenirs.

Air de l'Jùu de six francs.

Je le sens trop, et c'est dommage !... Dans mon cœur l'amour est glace; On vit d'avenir à votre Age , Mais au mien on vit du passe,

LE PRINCE

Pauvre baronne! on pourrait croire , GrAcc à ce diMCOurs peu calant , Qi'.e ses attraits en ce moment.

N'existant plus que pour mémoire.

LE BARON. INIonseigneur î...

LE PRINCE , éclatant de rire,k\\ !...ah!... ah î... ce serait de l'injustice... la baronne a encore une taille... mie fraîcheur... avec un peu de rouge... ( le comte rit) n'estce pas ?

LE BARON. Prince!...

LE PRiNCi:. Heureux baron î... on dit même que votre passion n'est pas éteinte, et qu'il y des feux sous la cendre.

LE BA.RON. IVI""' de Grommer mérite des égards...

LE PRINCE. C'est juste !... c'est juste !... diable!... ménageons la gouvernante des demoiselles d'honneur de ma sœur Clémentine!... Si ces petites filles nous entendaient!... Quand on ne croit plus à la vertu des autres...

LE COMTE. On fait bon marché de la sienne.

LE BAtToN. J'espère que la princesse , la reine que votre altesse doit nous donner, croira à la vertu de tout le monde... à la vôtre surtout...

LE PRINCE , souriant. Eh î je n'en répondrais pas!... ( Virement. ) Et à propos, Oscar, cette grande négociation pour rompre mon mariage avec la princesse de Hanovre... où en sommes-nous?...

LE COMTE. Prince , il y a quelques difficultés...

LE PRINCE. Pour vous?., laissez donc!., c'est impossible... l'aflfaire ne peut être en de meilleures mains que les vôtres... et, au besoin , la sœur de l'envoyé du Hanovre vous aiderait un peu...

LE BARON, riant. Beaucoup...

LE COMTE. Prince!...

LE PRINCE. Oh!... pourquoi rougir?...

C'est un amour dont je vous félicite!... elle est fort jolie!... et vous n'êtes pas mal non phis. . . si elle s'intéresse. .. comme on le dit... à votre fortune, à votre avancement... elle doit décider son frère à rompre ce traité...

LE COMTE. Cela dépend-il de Tambassadeur?... et croyez-vous que la princesse de Hanovre tienne si peu à vous...

LE BARON. Oh!., ce n'est pas probable... et votre altesse...

LE PRINCE. N'achevez pas, baron, vous allez me flatter... gardez cela pour M"»^ de Grommer I... Que diable la princesse Dorothée aimerait-elle en moi, qu'elle n'a jamais vu ?... Si vous me parliez de quelqu'une de ces dames , à la bonne heure... et puis , un mariage par un trait»* a quelque chose d'humiliant... je n'en veux pas...

LE COMTE. En tout cas, c'est une rupture qui coûtera quelques millions...

LE PRINCE. Des millions I... eh bien I on en donnera...

LE BARON. Le peuple aimerait peut être mieux im mariage... '' t v

LE PRINCE. Le peuple... je ne dis pas...

mais qu'il fasse quelque chose pour mon bonheur... je lui rendrai cela plus tard... Quant à vous, mon cher comte, je ne saurais payer trop cher le service que j'attends de vous. ^

LE COMTE. Si je réussis, prince...

LE PRINCE. Oui, oui... demandez-moi ce qui vous plaira... un titre à la cour , un grade à l'armée... une récompense., et quelle qu'elbe soit..

LE BARON. Un million de plus...

LE COMTE. De l'argent!... ah I fi ! monsieur le baron...

LE BARON. Oui!... on dit fi.... mais on prend toujours...

LE PRINCE. Ppur mon ami té , vous Pavez déjà...

LE COMTE. Et je ne veux rien de plus , prince !... vous avez appelé, à la cour de votre sœur Clémentine , Mathilde de Pirner, ma parente, dont le père fut si cruellement traité sous le dernier règne.

LE PRINCE. Oui, oui... c'était une injustice à réparer... Cette jeune fille paraît assez simple. . . assez naïve. . .

LE BARON. Elle est fort jolie , monseigneur. . .

LE PRINCE. Ahl... c'est possible... j'ai à peine remarqué. .. mais je veux dubien... beaucoup de bien aux jeunes filles quand elles sont jolies... j'en parlerai à ma sœur, à ma mère...

LE BARON. Je croyais que monseigneur s'occupait de cela lui-même...

LE PRINCE. Quelquefois... nous lui trouverons un mari...

LE COMTE. Il est trouvé, prince...

LE PRINCE. Ah!...

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