AVERTISSEMENT
11 n’est pas sur la terre un seul individu auquel les dents n’aient causé des douleurs plus ou moins vives, plus ou moins prolongées. Il en est de si cruelles , qu’on a bien pu les
Je ne m’aviserai pas d’indiquer , comme facile à pratiquer ,
la recette qui, par un hasard périlleux , délivra Henri iv d’une rage de dents ; peu de gens consentiraient à vouloir en essayer.
Voici comment on raconte qu’il en fut guéri.
L’an i6o3, et le 9 juin , Henri îv faillit se noyer dans la Seine , près de Neuilly. « Ce jour , dit Pierre de l’Étoile , le roi et la reine , passant au hac , faillirent à être noyés , principalement la reine, qui but plus qu’on 11e voulait , et sans un valet de pied et un gentilhomme, nommé Lachataigneraie, qui la prit par les cheveux, s’étant jeté à curps perdu dans l’eau pour l’en retirer , courut fortune inévitable de la vie. Cet accident guérit, le roi d’un grand mal de dents qu’il avait , dont le danger étant passé, il s’en gaussa, disant que jamais il n’avait trouvé meilleure recette: au reste, qu’ils avaient mangé trop de salé au dîner, et qu’on les avait voulu faire boire après. »
Ou peut se pre'server d’en être atteint avec les soins et les précautions que j’indique ; mais il est rare de voir quelqu’un s’en affranchir entièrement. Les dents sont soumises à tant de périodes , à tant d’influences ; les causes qui les rendent mauvaises, douloureuses, sont si multipliées ; il s’ensuit tellement d’incommodités ou de maladies diverses, comme carie , ramollissement, érosion de l’émail, absorption des racines, abcès des gencives, aphthes, engorgemens , etc. , etc. , sans compter les accidens plus multipliés encore que les maladies, que j’ai pensé qu’il ne suffisait pas de donner des préceptes , mais qu’il fallait aussi y ajouter des remèdes qui doivent nécessairement s’associer aux avis relatifs à l’entretien de la bouche. On est si souvent à la campagne, et si peu à portée de secours , qu’il est bon de savoir composer soi-méme quelques médicainens faciles , ou de pouvoir envoyer en ville une formule chez le pharmacien. Il en est de même en route, ou la nuit chez soi : n’est-on pas bien aise de trouver tout préparé le plus simple remède? .l’ai donc cru devoir mettre à la fin
de cet ouvrage un petit recueil de recettes et de compositions , qui , dans mille occasions , peuvent suppléer à l’absence d’un homme de l’art , et rendre service à beaucoup de gens qui, soit pour eux, soit pour d’autres, auront recours aux moyens qu’ils auront sous la main en possédant mon livre ; elles ont e'té recueillies dans les meilleurs formulaires , et on pourra s’en servir sans crainte d’y rencontrer les ressources souvent nuisibles du charlatanisme. C’est dans ces vues que je les donne au public.
On y trouve aussi un article sur les Cosmétiques par le célébré Cadet Gassicourt.
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