‹ Le département de Vosges: description, histoire, statistiqueChapitre 30 sur 101 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

HuTEAU (Louis-Marie). — Né à Senones, Je 4er juin 1834, il entra à l'Ecole polytechnique en 1853, en sortit sous-lieutenant d'artillerie le 4er mai 1855, passa deux ans à l'Ecole d’application de Metz, devint lieutenant d'artillerie le Îer mai 1857 et fut placé au 17e régiment à cheval. Capitaine d'artillerie le 11 mars 18653, il fut placé au 2e régiment à pied, puis détaché à la poudrerie de Constantine; 1l passa ensuite à la 4e batterie du régiment d'artillerie à cheval de la garde impériale et fut déesré da la Légion d'hanneur, le 43 mars 1868. Il fit la guerre contre l'Allemagne à l’armée de Mets et fut placé, en 4871, à la 8e batterie du 41° régiment. Le 9 juin 4874, il fut promu major du 2% régiment, puis chef d’escadron au même régiment. Lieutenant- colanel d'artillerie le 6 décembre 1889, il a été placé au 33° régiment, puis nommé sous-directeur et directeur au Hävre. Promu colonel d'artillerie, le 6 mai 1887, il fut directeur de l’artillerie à Reims, puis à Belfort.

Il a été nommé offeier de la Légion d'honneur, le 16 juin 1888.

JACQUEMIN (Jacques-Alexis). — Né à Nancy, en 1750, il était professeur de philosophie au collège de Nancy lorsque survint la Révolution ; il émigra en 1791. En 1814, il devint secrétaire de la grande aumônerie de France et fut nommé, le 12 août 4893, évèque de Saint- Dié, lors du rétablissement de ce siège épiscopal. En mai 1830, l’état de sa santé le contraignit à donner sa démission et il se retira à Nancy. Il y est mort le 15 juin 1832.

Me' Jacquemin était chevalier de la Légion d’honneur.

JACQUEMINOT (Jean-François, vicomte). — Le général Jacqueminet est né à Nancy, le 23 mai 1787. Sous-lieutenant de cavalerie au 16° dragons, fort jeune, il prit part à toutes les guerres de l'Empire, soit aveo le 16° dragons, soit comme aido de camp du maréchal Oudinot, et il était déjà, le 90 avril 4815, colonel du 5° lanciers, baron et officier de la Légion d'honneur. Après la Restauration, mis en demi-solde, il se voua à l’industrie et se fixa dans les Vosges et la Meuse. En avril 18938, il fut élu député des Vosges et siégea parmi les libéraux ; il fut l’un des 221 qui blâmèrent Charles X et amenèrent la dissolution de la Chambre. Réélu député des Vosges en juin 1830, il fut après la Révolution de Juillet, le %7 décembre 1830, nommé colonel chef d'état-major général des gardes nationales de la Seine, puis promu

maréchal de camp (général de brigade), le 20 mars 1831, et commandeur de la Légion d'honneur, Il fut encore réélu député des Vosges en juillet 1831 par l'arrondissement d’Epinal. Mais en juin 1834, nommé général commandant supérieur des gardes nationales de la Seine, il se présenta aux suffrages des électeurs de Paris et fut éla député par le 47 arrondissement de la capitale. Le 20 août 1838, il fut promu lieutenant - général. Il fut réélu député de Paris en novembre 1837, en mars 1839 et en juillet 1842, et fut vice-président de la Chambre des députés.

Nommé pair de France en 1845, il resta à la tête de la garde nalionale parisienne jusqu'en 1848, et fut nommé grand officier de la Légion d’honneur.

Fils d’un sénateur du premier Empire, créé comte de Ham, son frère, Jean-Baptiste-François, né à Nancy, le 3 octobre 1781, fut conseiller d'Etat et aussi pair de France ; il est mort le 10 juin 1861.

Le lieutenant-général Jacqueminot est mort le 3 mars 1865.

Jacques (Jean-François). — Le colonel Jacques est un Spinalien, né le {1 octobre 18% à Epinal ; au collège d’Epinal, aussi, il fit toutes ses études. Élève à l'Ecole de Saint-Cyr, le 5 décembre 1845, il recevait, le {er octobre 1847, les épaulettes de sous-lieutenant au % chasseurs d'Afrique et allait compléter son instruction militaire à l'Ecole d’application de cavalerie à Saumur. Lieutenant au 192€ dragons, le 6 décembre 1850, il devenait, moins de trois ans après, éapitaine au même 12° dragons, le 4° octobre 1853. C'est dans ce régiment qu’il fut décoré de la Légion d’honneur, le 29 décembre 1806, et qu’il devint capitaine-instructeur. Puis, le 12 août 1866, il passa au 4° chasseurs d'Afrique. Mais, lorsqu'il fut nommé chef d’essadrons, le 18 décembre 1867, il revint au 12° dragons. À la déclaration de guerre, son régiment fit partie du 2° corps (général Frossard). Le soir de Ja bataille de Spickeren (6 août 1870), trois escadrons du 4% dragons empéchèrent un mouvement tournant des Prussiens qui voulaient couper la retraite aux troupes du 2° corps en train d’évacuer Forbach, Ces cavaliers mirent pied à terre, coupèrent la route, eonstruisirent à la hâte une barricade, et derrière ces retranchements improvisés, dirigèrent, avec leurs mousquelons, un feu violent sur l'ennemi qu’ils continrent assez avant dans la nuit, par leur intrépide attitude. Le commandant Jacques était de cette poignée da braves gt combattit au premier rang; il fut récompensé de sa valeur par la croix d'officier de la Légion d'honneur le 19 août 1870,

Enfermé dans Metz, il suivit le sort de toute l’armée après la capitulation. Lieutenant-colonel du 22° dragons, le 31 décembre 1874, il fut nommé, le 11 mars 1879, colonel du 9° dragons ; il y reçut, le 7 juillet 1884, le cordon de commandeur de la Légion d'honneur. I? était au tableau d'avancement pour obtenir les étoiles de général de brigade, lorsqu’atteint par la limite d’âge, le 11 octobre 1885, il fut admis à la retraite et se retira à Versailles.

JAcQuIN (Nicolas Jaquin ou). — Le sculpteur Jacquin, dit Le grand Jacquin, est né à Neufchâteau, le 24 novembre 1695. Il a orné plusieurs églises de Paris de ses ouvrages, notamment une statue de la Vierge pour l’église des Augustins en 1656, et le maïitre-autel de l’église des Carmes sur ses dessins en 1683. Il était membre de l’académie des Beaux-Arts.

Jacquin mourut à Paris, le 3 janvier 1683.

JAcQuoT (Joseph-Léon). — Né à Saint-Dié, où son père était un médecin estimé, le 31 octobre 1891, le général Jacquot est un ancien élève de l'Ecole polytechnique, où il entra le 1e" novembre 1841 et d’où il sortit sous-lieutenant élève d’artillerie, le 4er octobre 184. Lieutenant le 4er octobre 1845, au sortir de l'Ecole d'application de Metz, dans la même promotion que M. de Blignières, futur préfet des Vosges, et que les généraux Tricoche, Minot et de Lajaille, Jacquot fut placé à la 16° batterie du 8° régiment d'artillerie et participa à l’expédition de Rome, du général Oudinot, où il fut cité à l’ordre du jour. Capitaine d’artillerie, le 42 juillet 1849, au siège de Rome, il commanda la 5° batterie du 16€ régiment à cheval; puis la 4° batterie du 12° régiment monté, et en Crimée la batterie des fuséens ; il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, le 13 août 1857, en Kabylie. Il fit aussi l'expédition du Maroc et la guerre d'Italie. Chef d’escadron d'artillerie, le 27 décembre 1861, il fut attaché à l’école d'application de l'artillerie et du génie à Metz, puis passa au 11° régiment-monté, et reçut le 17 avril 1869 la croix d’officier de la Légion d’honneür. A l’armée du Rhin, il commanda l'artillerie de la réserve du 3° corps (11° et 12° batteries du 11° régiment) et combattit avec ses pièces à Borny, à Gravelotte, à Saint-Privat, à Noisseville. Dans les derniers temps du siège de Metz, il commanda le fort des Bordes, puis partit en captivité.

Lieutenant-colonel le 20 avril 1872, il fut chef d'état-major de lartillerie de la 22e division militaire à Grenoble. Colonel d'artillerie, le 44 mai 1875, il commanda le (Ce régiment à Valence jusqu'à sa

nomination de général de brigade, le 30 mars 1881 ; le 12 juillet précédent, il avait été nommé commandeur de la Légion d’honneur. Il commanda à Rennes l'artillerie du 40° corps d’armée, et le 31 octobre 1883, par suite de limite d’âge, il fut placé au cadre de réserve, puis admis à la retraite, le 44 novembre suivant.

Le général Jacquot, commandeur de la Légion d’honneur, est, en outre, chevalier de l’ordre de Pie IX et officier du Medjidié de Turquie. |

Jacquor (Charles-Auguste). — Né à Rambervillers, le 4 août 1835, élève du collège de Saint-Dié, puis du lycée de Metz, Jacquot entra à l'Ecole de Saint-Cyr en 1854. Sous-lieutenant au 1° bataillon de chasseurs à pied, le 1er octobre 1855, il arriva trop tard en Crimée pour prendre part à la guerre. Lieutenant au 3° zouaves, le 8 septembre 1861, il alla d’abord en Afrique, puis en septembre 1862 s'embarqua pour le Mexique. Il se distingua dans plusieurs affaires de la campagne, notamment au passage du col de la Candehria et fut mis à l’ordre du jour de l’armée. Capitaine au 3° zouaves, le 9 mars 1867, il combattit héroïquement, à la bataille de Frœschviller, eut son cheval tué sous lui et fut lui-même blessé au cou par une balle. A Sedan, il donna de nouvelles preuves de valeur et réussit à s'échapper avec 300 zouaves pour prendre part à la défense de Paris. Chef de bataillon, le 19 septembre 1870, il fut placé, le 28 septembre, au 4 régiment de zouaves que l’on organisait avec les débris des autres. Officier supérieur à 35 ans, le plus bel avenir militaire fouvrait devant lui. Mais le 21 octobre 1870, au combat de la Jonchère, il fut cerné dans le parc de la Malmaison où il était entré par k brèche, par des forces prussiennes considérables. En voulant les percer il tomba frappé mortellement de deux balles, à la poitrine et au ventre. Fait prisonnier, on le transporta à l’ambulance 'de Verailes; il y expira dans la nuit.

Jacouor (Charles). — Né à Bains, le 42 janvier 4865, sculpteur, élève des écoles des Beaux-Arts de Nancy et de Paris. Ses principales œuvres, La prière aux champs, Nymphe et salyre, ont été médaillées en 1887 et 1888, et achetées par l'Etat. Il exécute en ce moment une statue de Jeanne Darc pour l’arc de triomphe de la ville de

Nancy.

JAN-MONCHABLON (Ferdinand). - Né le 6 septembre 1854, à Chi- Ullon-sur-Saône, où son père était médecin, c'est un peintre paysa- .

giste de grand avenir et de grand talent. Professeur de dessin dans un collège, il devint ensuite élève de Cabanel, puis de J.-P. Laurens, et débuta au Salon de 1881 par un portrait d'homme. Mais ce n’était pas sa voie. Il voulut peindre d'après ses propres sensations et, au Salon de 1885, il exposa deux paysages dont un, La Roche verle, fut très remarqué et acheté par l’Etat et lui valut une mention honorable. Son tableau Les Avoines, au Salon de 1886, fut également acquis par l'Etat et se trouve au musée de Nantes.

Un voyage qu'il fit en Hollande, en 1886, l'impressionna profondément et l’attacha davantage encore à l’observation exacte et minutieuse de la nature.

Les deux toiles qu’il exposa au Salon de 1887, Les Champs et Les Regaïns, attirèrent vivement l'attention. Jamais personne n'avait compris le paysage de cette façon, avec cette largeur d’horizon et ce fini de détails qui donnent tout à fait l’idée vraie de la nature.

À partir de cette époque, il catalogua tous ses tableaux, les numérotant avec soin et perfectionnant toujours sa manière. Le Salon de 1888 a montré deux nouvelles œuvres, La vallée de Jonvelle, en Franche-Comté, et Les Paluraux, qui ont été justement admirés des connaisseurs.

Il n'est pas parent de M. Alphonse Monchablon, un autre grand artiste vosgien.

Janny (Nicolas). — L'abbé Janny, le créateur, le premier principal du collège de Remiremont, est né à Metz, le19 mars 1749. Vicaire et curé dans la Moselle, il devint, en 1788, par la protection de la famille de Raigecourt, chanoine-chapelain de l’insigne chapitre de Remiremont. Après la fermeture du noble chapitre, il se voua à l’enseignement de la jeunesse, pour lequel il avait toujours eu beaucoup d'attraction. De 1794 à 1809, il fut professeur de belles-lettres à l'Ecole centrale d’'Epinal, puis il reviñt à Remiremont créer une école secondaire qui s’ouvrit le 1er octobre 1809, à laquelle il donna un grand développement, et où son excellente méthode attira de nombreux et brillants élèves. Cependant, en 1819, il fut remplacé à la suite de différends universitaires. Il vécut dès lors dans la retraite, se livrant à la poésie. Il mourut à Remiremont, le 6 février 1822.

M. Alfred Puton a prononcé son éloge dans son discours de réception à l’Académie de Stanislas en 1887.

JARRY DE BOUFFÉMONT (Henri-Camille de).— Né à Nancy, le 3 juin 1842, M. de Jarry a consacré sa vie à l’enseignement du tir, dela

gymnastique, de la géographie. Il a fait partie des francs-tireurs des Vosges en 1870; il a été sous-lieutenant, puis capitaine au 4er bataillon (% compagnie) de la garde mobile des Vosges pendant la guerre de 1870-1871. Sous-inspecteur de gymnastique des écoles de la ville de Paris et capitaine au 43° territorial d'infanterie, il était en outre, président d'honneur de la Société de tir des Vosges et des gymnastes vosgiens; de l’Union des Sociétés de gymnastique de France et du tir national français, et honoré de nombreuses médailles de gymnastique, tir, géographie et topographie. Il a publié plusieurs ouvrages sur ces divers sujets, notamment un grand ouvrage sur la gymnastique, en 1870; un Catéchisme gymnastique, en 1876; un ouvrage sur le Lir et les lireurs, en 1871, et Les armées en campagne, en 1874. |

M. de Jarry, chevalier de la Légion d'honneur depuis septembre 1884, officier d’Académie et chevalier de l’ordre de Léopold de Belgique, est mort à Neuilly-sur-Seine, le 16 septembre 1888, et enterré le surlendemain à Epinal. C'était un homme de cœur et de dévouement.

JEANMAIRE (Eugène). — Né à Epinal, le 17 janvier 1808, il y exerça la profession d'avocat, fit les fonctions de maire d’Epinal en 1848 et fut conseiller d’arrondissement pour le canton d’Epinal.

Le 20 février 1876, il fut élu député des Vosges pour l’arrondissement d’'Epinal, par 12,809 voix contre 8,514 à M. Charles de Ravinel; il siégea à gauche et fut l’un des 363 députés qui protestèrent contre l’acte du 16 mai. Le 14 octobre 1877, il fut réélu député des Vosges par l’arrondissemen: d’Epinal, avec 13,208 voix contre 9,650 à M. Victor de Pruines. L'état de sa santé l’empêcha de se représenter aux élections d'août 1881, et il fut remplacé par son gendre, M. Brugnot.

Eugène Jeanmaire est mort à Epinal, le 10 mars 1886.

JERPHANION (Jean-Joseph-Marie-Eugène de).— Né au Puy (Haute- Loire), le 8 mars 1796, il devint vicaire-général du diocèse de Bourges, fut nommé évêque de Saint-Dié. le G septembre 1835; puis archevêque d'Albi, le 45 juillet 1842; il mourut le 20 novembre 1864.

KAmPpMANN (Alfred-Léon). — Né à Strasbourg (Bas-Rhin), le 4 juin 1838, M. Kampmann est venu établir son industrie à Epinal

et mn mm -

— 48 — après l’annexion de l’Alsace. Il fut élu juge au tribunal de commerce à Epinal et membre de la commission du musée départemenial des Vosges. Le 22 octobre 1878, à la suite de l'Exposition universelle, il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur.

M. Kampmann a écrit pour le présent ouvrage, l’article : Minéralogte.

KIENER (Christian-Henri). — Né à Uhnawirth (Haut-Rhin), le 16 novembre 4807, il vint fort jeune dans les Vosges et entra dans la carrière industrielle. Il devint chef d’une importante filature à Monthureux-sur-Saône, puis manufacturier à Eloyes, et créa une maison à Epinal. Adjoint au maire de Monthureux jusqu'en 1858, il fut maire d'Eloyes de 1861 à 1866, et devint, en janvier 1867, maire d’Epinal ; il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, le 12 août 1868. Il était encore maire d’Epinal pendant l'invasion prussienne de 4870 et présida à l’administration municipale de la ville avec une fermeté et une prévoyance rares; il sut tenir tête aux exigences des Allemands avec une noblesse, une résolution et une vigueur à laquelle chacun rendit hommage. Aussi, le 12 février 1871, 12,955 voix se portèrent sur son nom pour l’élire député. Aux élections du 8 octobre 4871, M. Kiener fut élu conseiller général des Vosges pour le canton de Monthureux,; il échoua au renouvellement partiel de 1874, mais l'élection de son concurrent ayant été annulée, il fut réélu conseiller général en 1875 et devint président de la commission départementale, poste qu’il conserva pendant plusieurs années et où il fit preuve de qualités d'énergie et de travail. Il a été réélu conseiller général en août 1880, mais en 1886 il ne se représenta pas et céda son siège à son petit-fils, M. André Bresson.

Le 8 janvier 1882, il fut élu sénateur des Vosges, le 3° sur 3, par 309 voix contre M. Adrien Tanant. M. Kiener vota au Sénat avec le parti républicain. |

Il a un fils, associé à ses entreprises, et deux gendres, M. Edouard Bresson, député, et M. le général de brigade Martin.

KoEHLER (Gustave). — Né à Saint-Dié, le 18 octobre 1839, il est conseiller général du canton de Saint-Dié depuis 1883 ; il est industriel à Saint-Dié.

KRANTz (Sébastien-Jean-Baptiste). — Né à Dinozé (alors commune d’Arches, aujourd’hui commune de Saint-Laurent), il appartient à une ancienne famille industrielle du département qui compte des

membres marquants dans diverses carrières. L'un d’eux, Nicolas Krantz, fabricant de papier à Docelles, fut, en novembre 1792, administrateur du département des Vosges: la plupart se sont voués à l'industrie dans le département.

Stbastien Krantz, né le 17 janvier 1817, fut élève de l'Ecole polytechnique en 1836, élève de l'Ecole des ponts et chaussées en 1838, et en sortit ingénieur ordinaire de % classe en 1840; élevé à la ire classe en 1843. Ingénieur en chef des ponts et chaussées en 1864, il fut employé dans le département de l’Ardèche et nommé chevalier de la Légion d'honneur. A l'Exposition universelle de Paris, en 1867, M. Krantz fut chargé, par le commissaire-vénéral Le Play, de construire le palais de l'Exposition et mérita à cette occasion des éloges pour l’aménagement intérieur; il fut en récompense nommé officier de la Légion d'honneur, le 30 juin 1867. Il fut ensuite attaché au œærvice de la navigation fluviale du département de la Seine, et inventa en 1868 un barrage mobile pour élever le niveau des eaux et faciliter le cabotage. Pendant le siège de Paris, en 1870, M. Krantz fut nommé colonel du génie auxiliaire et mit en état de défense une partie de l'enceinte de la capitale et la plaine Saint-Denis. Le jour de k bataille de Champigny, 30 novembre 1870, il fit jeter des ponts sur la Marne et rendit de grands services qui lui valurent, le 8 décembre 1870, le cordon de commandeur de la Légion d'honneur. Il fit aussi construire des moulins à vapeur qui permirent d'utiliser, pour l'alimentation de la ville assiégée, toutes les céréales qui s’y trouvaient emmagasinées.

Aux élections générales du 8 février 1871, M. Krantz obtint, dans le département de la Seine, 61,081 voix sans être élu. Mais aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il fut élu député de la Seine, le 14° sur 21, par 108,319 voix; à l'Assemblée nationale, il vota avec le parti républicain modéré et prit une grande part aux discussions techniques : chemins de fer, routes, navigation, etc.

Le 10 décembre 1875, il fut élu, par l’Assemblée, sénateur inamovible, par 367 voix sur 690 votants. Au Sénat, M. Krantz siégea au centre gauche et vota parfois avec le centre gauche dissident qui se sépare de la fraction républicaine du Sénat.

Le 5 août 1876, il fut nommé commissaire général pour l’Exposition universelle de 1878 et éleva en dix-huit mois les bâtiments du Champ-de-Mars et du Trocadéro ; il mérita pour ces travaux et obtint, le 20 octobre 1878, la dignité de grand-officier de la Légion d’honneur.

Admis à la retraite, le 49 février 1877, il a reçu le titre d’inspecteur général honoraire des Ponts et Chaussées.

M. Krantz a publié plusieurs brochures sur des sujets techniques.

Outre son grade dans la Légion d’honneur, il est officier de l'instruction publique et dignitaire d’un grand nombre de décorations étrangères.

Son fils Camille, ingénieur des arts et manufactures, est maitre des requêtes au Conseil d'Etat et chevalier de la Légion d’honneur.

KRANTZ (Marie-Auguste). — Manufacturier à Ranfaing, commune de Saint-Nabord; né le 5 mai 1821; il fut conseiller général des Vosges pour le canton de Remiremont, de 4874 à 1877, et maire de Saint-Nabord. Candidat à la députation, le 44 octobre 1877, dans l'arrondissement de Remiremont, il échoua, avec 5,369 voix contre M. Méline qui en obtient 9,332.

KRANTZ (Jules-François-Emile). -- L’amiral Krantz, cousin germain du précédent, est né à Givet (Ardennes), le 29 décembre 1821. Reçu troisième à l'Ecole navale en 1837, il en sortit le premier. Aspirant de marine, le 4er septembre 1839, il fut embarqué sur la frégate l’Atalante, puis sur la goëlette l’Alouette, et prit part au blocus des côtes de la République argentine. Enseigne de vaisseau, le 46 novembre 1843, il navigua près de cinq ans aux Antilles, puis repartit presque aussitôt sur la côte occidentale ‘d'Afrique pour la répression de la traite des noirs. Lieutenant de vaisseau, le 18 décembre 1848, il fut choisi comme officier d'ordonnance par le viceamiral Dubourdieu. En 1859, il fut attaché à la personne du grand duc de Russie, Constantin, pendant son séjour à Paris. Il fut ensuite professeur à l’Ecole navale à Brest, et y publia les Eléments de la théorie du navire; le 12 août 1854, il était nommé chevalier de la Légion d'honneur. Survient la guerre de Crimée, il commande l’aviso le Ténare, fait toute la campagne de la mer Noire, coopère au bombardement de Sébastopol, à l’expédition de Kertch, à la prise de Kinburn ; il reçut en récompense, le 4er décembre 1855, la rosette d'officier de la Légion d'honneur. Capitaine de frégate, le 4 mars 1861, il exerça divers commandements à la mer et fut promu capitaine de vaisseau, le 6 avril 1867. On le chargea en 1869 de commander l’école de canonnage, à bord du Louts XIV. Avec ses marins, il fut appelé, le 45 septembre 1870, à participer à la défense de Paris et commanda le fort d'Ivry ; il fut nommé commandeur de la Légion d'honneur, le 8 décembre 1870, par le même décret que son

— LA — cousin l’ingénieur, pour avoir pris part aux combats de Choisy-le- Roi et de la Gare-aux-Bœufs.

Le 149 février 1871, il devint chef du cabinet et chef d'état-major du vice-amiral Pothuau, ministre de la marine et des colonies et fut promu, le 4 juin 4871, au grade de contre-amiral. A la chute de Thiers, en mai 1873, il quitta le ministère et passa major de la flotte à Toulon, puis commanda la division navale des mers de Chine et du Japon ; il fut gouverneur par intérim de la Cochinchine et y fit fermer toutes les maisons de jeu. Il devint alors membre du Conseil des travaux de la marine en 1876, et fut nommé vice-amiral, le 4er décembre 1877. L’amiral Pothuau étant redevenu ministre, le viceamiral Krantz redevint son chef d'état-major général, et fut nommé, le 44 janvier 1879, grand-officier de la Légion d’honneur.

Préfet maritime à Toulon, puis commandant l’escadre d’évolutions, amiral Krantz eut à lutter contre l’épidémie de choléra qui désola Toulon en 1884 et montra une très digne attitude. Il fut alors nommé, le 8 juillet 1884, grand-croix de la Légion d’honneur.

Atteint par la limite d’âge, le 29 décembre 1886, il passa au cadre de réserve, puis fut admis à la retraite.

Le 5 janvier 1888, il devint, dans le cabinet Tirard, ministre de Ja Marine et des Colonies, poste pour lequel il semblait depuis longtemps désigné. Il eut à refaire promptement notre matériel naval négligé par un de ses prédécesseurs pour des expériences inutilement coûteuses, et témoigna d'une remarquable activité. Aussi fut-1l conservé, le 3 avril 1888, comme ministre de la Marine, dans le ministère Floquet.

Il a un fils, Jules-François-Joseph Krantz, né le 4er août 1849, qui s’est distingué au Tonkin, sous les ordres de l’amiral Courbet, et est capitaine de frégate.

Le vice-amiral Krantz est, outre son haut grade dans la Légion d'honneur, grand-croix de Sainte-Anne de Russie, du Sauveur de Grèce, du Nicham, du Cambodge, de l'Ordre du Mérite naval d'Espagne, du Medjidié ; grand-officier de l'Ordre de la Tour et de l’Épée de Suède, et officier de l’Instruction publique.

LAFOSsE (Isidore). — Né à Lignéville, le 18 avril 1899, il est conseiller général du canton de Vittel depuis 1874, contre M. A Bouloumié; il est médecin-inspecteur des eaux de Vals.

LAcorceE (Etienne). — Né aux Voivres, alors commune de Bains, en 1718 ou 1720. Il partit au service militaire à 20 ans et le quitta après 44 années, comme fourrier de dragons, et décoré de la croix de Saint-Louis. Il se retira à Trémonzey où il cultiva ses champs. En 1789, il fut nommé commandant de la garde nationale de Trémonzey, et à la grande Fédération des Vosges, le 7 mars 1790, il fut acclamé comme commandant-général des gardes nationales des Vosges, dont il était le doyen d’âge, et président de la Fédération. Une médaille civique en or lui fut donnée en souvenir de cette belle fète.

Le commandant-général Lagorce, redevenu humble cultivateur, est mort à Trémonzey, le 25 janvier 1795.

LAHALLE (Jean-Baptiste). — Le docteur Lahalle est né à Vomécourt en 1776; il fut d’abord élève de l’Ecole de Mars, puis de l’Ecole polytechnique, mais il préféra aller étudier la médecine à la faculté de Strasbourg et à celle de Paris. Docteur en médecine, il fut chirurgien d’un régiment de dragons avec lequel il fit la campagne d'Italie, en 1800. Au retour, il termina ses études sous la direction de Bichat et s'établit médecin à Vomécourt, puis à Blâmont, dans la Meurthe; il s’y signala par sa bienfaisance, son courage dans les épidémies, et fut nommé conseiller d’arrondissement. Il est mort à Blämont, le 6 mai 1845.

LALLEMAND (François). — Né à Mirecourt en 1798, ce fut un sculpteur et orfèvre habile qui travailla pour Louis XV et pour Stanislas, dont il fit un médaillon en cuivre. 11 mourut à Nancy, le 17 mars 1771.

LALLEMAND (Alexis). — Né le 11 novembre 1771, à Plombières, où son père élait maire, il entra, en 1787, commis aux forges de Blanc-Murger, dont un de ses oncles était régisseur. Il fut ensuite commis aux forges de Mortagne appartenant à Colombier et dirigea les forges de La Hutte. En 18083, il rétablit la forge d’Uzemain, qu’il acheta en 1816, et lui donna un grand développement. Il fut nommé maire d'Uzemain et le resta pendant treize ans. Conseiller général des Vosges pour le canton de Xertigny, en 1833, il y siégea jusqu’à sa mort.

Alexis Lallemand est mort à Epinal, le 45 décembre 1845.

LAMARCHE (Guillaume de). — Né à Lamarche en 1533, il devint prètre, fut curé de Rosières-aux-Salines, et alla à Paris, où avec son frère Jean, il restaura l’ancien collège de Constantinople, qui désor-

— à53 — mais prit son nom, et qu’il installa peu après dans de nouveaux bâtiments. Îl est mort à Paris en 1420.

LAMBERT (Jean-François-Ernest). — Né à Châtenois, le 20 février 1820, conseiller général du canton de Châtenois depuis 1876; il est inspecteur des forêts en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et officier d'Académie. M. Lambert a présidé la commission départementale.

LARDENOIS (Joseph-Félix). — Né à Charmes, le 17 avril 1838, il est conseiller à la cour de cassation, après avoir été procureur-général près la cour de Toulouse, et officier de la Légion d’honnneur depuis le 12 juillet 4885.

LARDIER (Piérre-Antoine-Jean-Jacques).-— Né à Massevaux (Haut- Rhin), le 10 avril 1859, est membre du conseil supérieur de l'Assistance publique depuis la création de ce conseil, le 14 avril 1888, et médecin à Rambervillers.

LAURENT (Jean-Antoine).— Né à Baccarat (Meurthe), le 31 octobre 1763, il se fit peintre; parmi ses tableaux, on signale : L'homme au masque de fer, Galilée, L'enfance de Duguesclin au Salon de peinture de 4819; Clotilde de Surville, La reine Bathilde et Jacques Callot. Il fut nommé conservateur du musée des Vosges. Il est mort à Epinal, le 11 février 1832.

Son fils, Jules Laurent, sculpteur, fut aussi directeur du musée départemental des Vosges. Né à Paris, il est mort à Epinal en 1877.

LAURENT (Pierre-Jules). — Né à Remiremont, le 31 décembre 1825, le colonel Laurent est parti soldat le 2 janvier 1844, engagé volontaire, à 18 ans, au 7° cuirassiers, et y conquit tous ses galons de sousofficier. En cinq ans de services, il devenait officier, comme sous-lieutenant, le 48 avril 4849. Lieutenant au 7° cuirassiers, le 1er mai 1854, avec le futur général Dombrat, un autre Vosgien, il était promu capitaine à ce mème 7e cuirassiers, le 2 août 1858.

Îl permuta dans la gendarmerie, le 12 août 1861, et fut placé à la 49e légion, au Puy. Il passa ensuite, en 1865, à la 22° légion, à Lunéville, devenue en 1869, 5° légion ; il y reçut la croix de la Légion d'honneur en 4867. Chef d'escadron de gendarmerie, le 2 juin 1871, il commanda la compagnie de Meurthe-et-Moselle à Nancy, 5° légion devenue 8° ter en 1878. Lieutenant-colonel, le 16 avril 1878, il commanda la 24° légion de gendarmerie (devenue 15° ter), en Corse.

— E54 — Colonel, le 15 avril 4881, il fut mis à la tète de la 18e légion de gendarmerie, à Bordeaux. Il allait prendre sa retraite, lorsqu'il mourut subitement, le 15 décemhre 1885.

Le colonel Laurent était beau-frère du sénateur Claudot.

LEBRUNT (François-Charles-Philippe). — Né à Epinal, le 1° mars 1826, il fut professeur de mathématiques au collège d’Epinal de 4847 à 1877. Il a été à plusieurs reprises président de la Société d’Emulation et a inséré dans 868 Annales de nombreux travaux. Président de la Société d’hortieulture et de viticulture des Vosges, il a été nommé, le 31 octobre 1879, officier de l'instruction publique. Il a été, de 1884 à 1888, adjoint au maire d’'Epinal.

M. Lebrunt a écrit, pour le présent ouvrage, l’article : Horticulture el vilicullure.

LecLerc (Nicolas-Lucien), — Médecin militaire, officier de la Légion d'honneur, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Algérie; il achève une histoire des sciences en Orient. M. Leclerc habite Ville-sur-Illon, où il est né, le 13 septembre 1816.

LeerÈère (Alix-Leclerc, ou), — Née à Hymont, le 2 février 1576, elle fut la première supérieure de la Congrégation de Notre-Dame, fondée par le B. P. Fourier, Ses parents étant venus habiter Hymont, elle connut le saint pasteur de Mattaincourt et l'ajda dans sa tâche. Aussi, en 4617, quand le P, Fourier institua à Nancy l’ordre de religieuses connu sous la nom de Congrégation de Noire-Dame, elle en fut élue supérieure. Elle y déploya un zèle et un esprit de bienfaisance parfaits ; aussi était-elle vénérée partout.

Elle mourut à Nancy, le 9 janvier 1622.

LeceuTE (Paul-Henri), — Né à Saint-Nabord, au hameau de Sous-le-Tertre, le 8 janvier 1856, M, Lecomte est un botaniste des plus distingués ; i] est profoesseur-agrégé de sciences naturelles au lycée Saint-Louis.

LEFEBVRE (Nicolas-Joseph). — Né à Epinal, le 26 février ou le 11 juillet 1663, il étudia à l’Université de Pont-à-Mousson et alla s'établir avocat à Metz. Il devint en 1698 juge à la Cour souveraine de Lorraine, et le duc Léopold le nomma premier-président de la Chambre des requêtes ; procureur général, puis premier président de la Chambre des Comptes. En 1706, il l’anoblit et le désigna comme membre de son conseil privé et lui confia des missions diplomatiques

difficiles dont il s'acquitta toujours avec honneur. Ïl était chevalier et seigneur de Montjoie. C'était un jurisconsulte de premier ordre, un négociateur habile, et un éerivain érudit. Il a éorit entre autres ouvrages une Xtsiotre abrégée de Lorraine, un Discours sur le

Barrots et une 4nologie du duc Léopold. Lefebvre est mort à Nancy, le 26 octobre 1736.

Lerreevre (Simon).— C'est un enfant d'Epinal qui est devenu général de brigade. Le général Lefebvre est né, en effet, dans le chef-lieu du département des Vosges, le 48 novembre 1768. Il partit dans les rangs des volontaires vosgiens en 1792, et conquit bravement ses galons dans les guerres de la Révolution. On le retrouve, le 140 mai 1799, au siège de Saint-Jean d’Acre, où il est nommé, ce jour-là, par le général Bonaparte, chef de la 25° demi-brigade d'infanterie, à la place du colonel Venoux, qui avait été tué sur la brèche. Le 14 décembre 4801, il est nommé général de brigade, à son retour d'Égypte. Le général Lefebvre est mort à Charleville (Ardennes), le 9 avril 1822.

LeGROING-LAMAISONNEUVE (Françoise-Thérèse-Antoinette). — Née à Bruyères, le 11 juin 1764, elle a écrit plusieurs ouvrages littéraires, spécialement des romans moraux, destinés à l’éducation de la jeunesse. Elle mourut à Paris vers 1830.

Lecros (Charles-André). — Le lieutenant-colonel Legros est né à

Darney, le 7 décembre 1789. Volontaire au 4° bataillon des Vosges en 4791, il y fut élu sous-lieutenant presque aussitôt et devint lieutepant en 4798. Il combattit à l'armée du Rhin et échappa au désastre de Francfort où le bataillon fut presque entièrement détruit. Passé à la 45° demi-brigade légère, 11 y fut nommé capitaine en 1797; devenue 27e légère, il fit avec elle la campagne d'Egypte et se distingua à Aboukir. Il fit partie de Ja Grande-Armée en 1805, assista à Austerlitz, fut blessé à Friedland en 1807 et décoré de la Légion d’honneur. L'année suivante, 4808, il fut nommé chef de bataillon, créé chevalier de l'Empire le 6 octobre 1810, et reçut la rosette d’officier de la Légion d'honneur en 1812. Lieutenant-colonel en 1813, il fut mis à la retraite en 1820 et devint maire de Darney. Le colonel Legros est mort à Darney, le 14 décembre 1842.

Leur (Ernest), — Né à Saint-Dié, où san père était grand industriel, le 13 mai 1835, c’est à la fois un historien, un jurisconsulte et

un numismate. Avocat à Strasbourg en 1856, il devint, en 1871, professeur de droit civil français à l’Université de Lausanne, puis, en 1874, professeur de législation comparée et d'histoire du droit. Il a publié en 1870, L’ Alsace noble, livre d’or du patriciat de Strasbourg, et, en 1887, Numismatique de l'Alsace, ainsi que beaucoup d’autres travaux historiques.

LEPAGE (Henri). — Né à Amiens (Somme), le 3 septembre 1814, il est l’auteur, avec Charles Charton, de la Séatistique des Vosges publiée en 1845 qui a précédé celle de M. Léon Louis, et de celle de la Meurthe. Il a publié en outre un grand nombre de notices historiques lorraines où se révèle une sérieuse érudition. Archiviste du département de la Meurthe et conservateur du Musée lorrain, Henri Lepage est mort à Nancy à la fin de janvier 1888.

Il était chevalier de la Légion d'honneur et décoré d’ordres étran gers. Une souscription est ouverte aujourd’hui en Lorraine pour lui élever un monument.

LEPAIGE (Joseph-Sébastien Le Paige ou). — Né à Darney, le 45 avril 1747, Lepaige était écuyer et seigneur de Dommartin-lès-Vallois. Il fut élu en 1789 commandant de la garde nationale de Darney, puis en juin 1790, devint administrateur du département des Vosges ; il fut désigné comme membre du directoire du département et y remplit les fonctions de vice-procureur général syndic. Président du tribunal criminel des Vosges, le 5 septembre 1791, il fut révoqué, en novembre 1793, par le représentant du peuple en mission, Balthazard Faure. Le 11 octobre 1795, il fut élu député des Vosges au Conseil des Cinq-Cents, par 181 voix ; il passa au Conseil des Anciens en 1797 et y siégea jusqu’en 1799.

1l est mort à Darney, le 4 février 18920.

LEPAIGE (Charles-Thomas-Joseph-Gabriel Le Paige ou). — Fils du précédent, né à Darney, le 22 janvier 1781, il fut maire de Darney, puis élu député des Vosges en mars 1824 ; il est noté, par un biographe parlementaire de l’époque, comme € pas plus connu des électeurs qui l'ont choisi que des administrés qu'il est censé gouverner. » Il siège « muet et inaperçu sur un des bancs du centre de la Chambre. » Il ne fut pas réélu en novembre 1827 ni depuis. Il est mort à Darney, le 6 août 1865.

Le Roy DE SEROCOURT (Philippe). — Né à Serocourt, le 26 mai 47814, il fut promu, le 48 avril 1788, colonel du 2: carabiniers, passa

colonel du {1° carabiniers, le 49 avril 1789, et devint maréchal-decamp, le 28 juillet 1789. Il émigra en 1791.

LaôTE (Jacques). — Né à Viménil, le 16 septembre 1780, ce fut un instituteur modèle partout où il exerça, à Fiménil, en 1795, à Dompaire, à Bruyères de 1798 à 1802, à Mirecourt où il créa la première école mutuelle en 1821. Il mourut à Mirecourt, le 3 janvier 1846.

Lrécsois (Charles-Auguste). — Né à Bainville-aux-Saules le 21 1854; il est l’auteur de nombreuses études sur la médecine qui lui ont valu plusieurs récompenses des Sociétés savantes; il est aussi membre de la Société d’'Emulation.

Lrérarp (Alexandre).— Né à Domremy-la-Pucelle, le 4 avril 1833, il fut préparateur de botanique à la faculté de médecine et interne des hôpitaux à Strasbourg, de 1855 à 1858. Il s'établit médecin à Plombières en 1859, fut nommé inspecteur-adjoint des eaux en 1869 et inspecteur en 1881, médecin de la compagnie des chemins de l'Est, et y devint gendre du docteur Türck, ancien représentant du peuple. Maire de Plombières en 1869 jusqu’à ce jour, il fut élu conseiller général des Vosges pour le canton de Plombières, le 8 octobre 1871, mais il échoua le 4 novembre 1877 avec 1363 voix contre 1501 à M. Louis Remy.

Il a écrit de nombreux ouvrages et mémoires, notamment sur la médecine dans l’Inde, des études anthropologiques et de géographie ou d’hydrologie médicales, et dans la Lorraine illustrée publiée, en 1884, sous la direction de M. Lorédan Larchey, la partie la seule vraiment sérieuse consacrée à notre département et relative à Plombières ancien et moderne.

I est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1879; membre cor= respondant de l’Académie de Stanislas et membre de la Société d'Emulation des Vosges.

Il a rédigé pour le présent ouvrage l’article : Population, démographie, linguistique, géographie médicale.

LiGniviLe (de). — Né, dit-on, à Gérardmer, le 17 octobre 1620, il fut un des principaux lieutenants du duc Charles IV et guerroya avec succès dans les Vosges.

Licnivice (Albert de). — Descendant d’une des grandes familles militaires de la Lorraine, le lieutenant-colonel de Ligniville est né à

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