‹ Le département de Vosges: description, histoire, statistiqueChapitre 31 sur 101 · TOME IV FE · texte numérisé non relu

TOME IV FE

Saint-Dié, le 1ermars 1834, dans les Vosges, comme l’un deses aïeux, le fameux capitaine de Charles IV. Sous-lieutenant au 14° de ligne le 4er octobre 1850, à sa sortie de l'Ecole de Saint-Cyr, il fut nommé

lieutenant le 21 octobre 1854. Il fit, avec le 14, la guerre de Crimée,

y fut décoré de la Légion d’honneur et promu capitaine au 14° de ligne, le 14 avril 1856. I fit la campagne d'Italie, fut ensuite officier d'ordonnance de l’empereur Napoléon III. Chef de bataillon dans un régiment de ligne, le 12 août 1866, il passa ensuite au 2° grenadiers de la garde impériale et fut nommé aide-de-camp du jeune prince impérial ; il reçut la rosette d’officier de la Légion d’honneur, le 24 décembre 1869. Il combattit le 16 août 1870, à Gravelotte, prit en septembre 1870 le commandement du bataillon de chasseurs à pied de la garde impériale et fut fait prisonnier avec l’armée de Metz. Au retour de captivité, il commanda le 9% bataillon de chasseurs à pied de marche, puis le 5° bataillon, devint, le 17 septembre 1873, lieutenant-colonel du 94: de ligne, puis se fit, bien avant l’âge, admettre à la retraite. Le 28 juillet 1875 on le nomma lieutenant-colonel commandant le 42e régiment territorial d’infanterie, à Toul, et il conserva ce poste jusqu’au 30 mars 1880.

LomonrT (Célestin). — A rédigé pour le présent ouvrage, avec M. Mougel, le catalogue de l’Ornithologte vosgienne; il habite Saulxures-les-Buignéville.

LoRRAIN (Claude-Gelée, dit Claude le). — Në à Chamagne en 1600, c’est le plus grand nom artistique des Vosges. Le peintre Claude Lorrain débuta par être pâtissier, puis valet du peintre romain Agostino Tassi. C’est avec son maître qu’il apprit les premiers principes de son art. Après bien des efforts, il atteignit à la perfection. C’est un paysagiste de premier ordre qui peut rivaliser avec les plus grands maîtres de la nature. Il a consacré son pinceau plutôt à la reproduction de sites d'Italie que de paysages vosgiens. Ses œuvres, très nombreuses, se distinguent par un sens vrai de la nature et une grande science de la lumière; le manque d’études solides y apparaît quelquefois, mais le génie s’y trouve.

Claude Lorrain est mort, le 23 novembre 1682, à Rome, où il a un monument élevé en 1836, par Lemoine, à l’église propriété de la France; il est enterré à l’église Santa Trinita dei Monti.

Nancy peut lui élever une statue, mais sa vraie place est dans les Vosges, sur les bords de la Moselle,

Lours (Léon-Marie). — Né à Epinal, le 45 août 1847, il entra à la préfecture des Vosges en décembre 1863 et fut choisi, après la promulgation de la nouvelle loi départementale, en 4871, comme chef du secrétariat du Conseil général et de la Commission de permanence, dont il organisa Îles services. Relevé de ces fonctions par le gouvernement du 24 mai, en novembre 1875, il y fut réinstallé en août 1876, par un vote de l’Assemblée départementale. Le 15 juin 1878, il a été nommé chef de division à la préfecture des Vosges.

Ï est l’un des fondateurs et a été le premier président, — élu le 20 février 1887 par 458 voix sur 491 votants, — d’une œuvre utile entre toutes : La société de prévoyance et de secours mutuels des employés des administrations départementales et communales de France, dont le siège est à Paris; il est le fondateur et le président, depuis 1880, de la Confraternité des employés de la préfecture et des sous-préfectures; il a présidé plusieurs autres sociétés spinaliennes, notamment l'orphéon (1882), la musique municipale et ses cours (4887), ainsi que le grand concours musical de 1888.

Depuis 1874, M. Léon Louis publie l'Annuaire général des Vosges et s’y est assuré le concours d'écrivains vosgiens. Il a publié aussi diverses brochures et collaboré, depuis 1869, sous des pseudonymes, à plusieurs journaux du département et de la région.

Enfin M. Léon Louis a été chargé par le Conseil général de la publication du grand ouvrage en sept volumes : Le Département des Vosges, descriplton, histoire, statistique, et il s’est entouré pour cette œuvre, dont il est le promoteur, des publicistes, vosgiens œ non, qui pouvaient lui donner de l’attrait.

Ï a lui-même composé pour cet ouvrage le chapitre des Services publics, el, en collaboration avec M. Paul Chevreux, le Dictionnaire hslorique el slalislique des communes, hameaux el fermes des Vosges, qui forme les tomes VI et VII,

M: Léon Louis est officier d’Académie depuis 1881, membre et lauréat de la Société d'Emulation des Vosges.

LoyE (Jean-Baptiste). — Né à Bruyères, le 47 septembre 1777, il fut, dès l’âge de 42 ans, commis au greffe du tribunal du district de Bruyères, puis clerc de notaire et employé à la mairie. Conscrit en 1799, il fut incorporé au 1er bataillon auxiliaire des Vosges, puis versé dans le 29e de ligne, il passa par tous les grades jusqu’à celui de capitaine et fut mis en non-activité jusqu’en 1815.

Rappelé au service, en 1816, comme capitaine-trésorier de la légion

d'infanterie de la Haute-Saône, plus tard 16e léger, il fut retraité en 1820. Il était chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Louis. À peine rentré dans ses foyers, le 2 octobre 1820, il fut nommé maire de Bruyères et resta en fonctions jusqu’à la Révolution de juillet 14830. Il fut alors nommé, le 22 août 1830, sous-préfet de Saint-Dié et conserva ce poste jusqu'en juillet 1837. Du 28 août 1841 à juin 1847, il fut de nouveau maire de Bruyères.

Loye est mort à Bruyères, en 1860.

Lup (Gauthier). — Chanoine de Saint-Dié, il introduisit l’imprimerie dans cette ville en 1494. Il mourut à Saint-Dié, en 1527, àgé de 79 aus. |

LuLLIER (Charles-Ernest). — Né à Mirecourt, le 27 avril 1838, il fut élève à l’école navale de Brest en 1855, fut nommé aspirant de marine le {‘r juillet 1856 ; enseigne de vaisseau, lieutenant de vaisseau, et mis en disponibilité en 1863. Il fut rappelé à l’activité en septembre 1864, puis mis en réforme le 6 juin 4868.

M. Lullier se lança alors dans le journalisme politique et collabora aux journaux les plus ardemment hostiles à l'empire.

En septembre 1870, il fut élu chef du 74° bataillon de la garde nationale de Paris, mais ayant combattu le gouvernement de la Défense nationale, il fut révoqué le mois suivant, puis envoyé en mission à Copenhague et aux Etats-Unis. Lorsqu’éclata l’insurrection du 18 mars 1871, M. Lullier était colonel d'artillerie de la garde nationale, nommé depuis quelques jours par le Comité central. Il fit partie de ce Comité, qui prépara la Commune, et fut nommé commandant en chef de la garde nationale de la place de Paris; mais il fut destitué presqu’aussitôt après la grande sortie des fédérés qui échoua œntre le Mont-Valérien et n’exerça plus d'autre commandement que celui de la flottille de la Seine pendant le reste de la période insurrectionnelle. Arrêté à la suite de ces évènements, il fut condamné à mort le 4 septembre 1871, mais vit sa peine commuée, le {2 décembre, en celle des travaux forcés à perpétuité. Il fut alors interné à Clairvaux, puis libéré lors de l’amnistie. Il rentra dans la presse radicale à Marseille et en Corse.

LunG (Albert).— Né à Saint-Dié, le 16 juin 1835, il est conseiller général des Vosges pour le canton de Senones depuis le 19 août 4883; il est manufacturier à Moussey où il a succédé à son frère aîné, Louis- Emile, né en 1828, mort à Moussey, le 44 mai 1883, conseiller général depuis novembre 1877.

— Al —

Luror (Jean-François). — Sculpteur célèbre, né à Mirecourt, le % juillet 1684. Artiste sans éducation, d’un talent tout spontané, il a surtout sculpté des christs et aussi des figures grotesques, spécialement pour les manches de violons; il fut également fabricant de lutherie.

Lupot est mort à Mirecourt, le {er mars 1749.

LuxEr (Claude-Eloi-Alphonse).— N6 à Charmes, le 26 octobre 1813, k colonel Luxer est sorti de l’Ecole polytechnique ; il fut nommé, le 4e octobre 1835, sous-lieutenant d'artillerie, et après deux ans à l'Ecole de Metz, devint lieutenant d’artillerie le 4e° octobre 1837 et placé au 11° régiment. Capitaine d'artillerie le 14 avril 1844, il fut maintenu au 11° régiment, puis détaché à la direction de Metz. Il passa ensuite au 8° régiment et fit partie de l’expédition de Rome en 4849 ; ïl reçut alors la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Chef d’escadron d'artillerie le 48 novembre 1855, il fut choisi pour aide-de-camp par le général de division Larchey. Il passa ensuite au régiment des pontonniers (6° d'artillerie), à Strasbourg, et fut nommé beutenant-colonel le 12 août 1861. Il resta à Strasbourg, d’abord comme adjoint au commandant de l’artillerie de la 6° division militaire ; puis comme chef d'état-major de l'artillerie de cette division. Il y reçut la rosette d’officier de la Légion d’honneur. Colonel d’artilkrie le 3 août 1867, il devint commandant en second de l'école d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Après la guerre, on le nomma directeur de l’artillerie à Besançon et commandeur de la Légion d'honneur, le 114 octobre 1873. Il a été admis à la retraite le 26 octobre 1873.

Le colonel Luxer est mort à Livry (Seine-et-Oise), le 5 novembre 1887.

Son frère, Auguste Luxer, est depuis de longues années maire de Charmes et conseiller d'arrondissement pour le canton de Charmes.

Il a un fils, Prosper-Adolphe Luxer, né à Charmes, le 4 novembre 1838, avocat-général près la Cour d'appel de Nancy, qui a écrit des travaux historiques et juridiques estimés.

MAarrioLi (Jean-Pierre). — Né à Raon-l'Etape, en 1752, il fut un jurisconsulte estimé, avocat au Parlement de Nancy, et devint juge de paix, puis greffier en chef de la cour d’appel de Nancy, puis conseiller à la cour royale. Il mourut à Passy, le 4 juillet 1833.

I eut un frère, Jean-—Nicolas, curé de Plombières, qui émigra en Suisse, comme lui, en 1792. L’abbé Maffoli était né à Raon-l’Etape, le 45 décembre 1757.

MaccioLo (Louis-Edmond-Henry).— Né à Nancy, le 25 mai (811, M. Maggiolo, docteur ès-lettres, est un érudit de haute valeur qui a occupé dans l’enseignement des situations élevées et a publié de nombreux et remarquables travaux. I] a été successivement inspecteur d'académie à Poitiers, puis à Nancy, et est devenu recteur de académie de Nancy, dont il est aujourd’hui recteur honoraire. Lauréat de l’Académie française, en 1889, il est depuis 1837 membre de l’Académie de Stanislas, chevalier de la Légion d'honneur et officier de l’instruction publique.

Parmi ses œuvres, il faut citer : L’Universtié de Pont-à-Mousson, pièces d’archives et documents inédits en 4 volumes dé 1863 à 1867; ta Vie et les œuvres de l'abbé Grégotre de 1750 à 1789, en 1873; l'Instruction publique en Lorraine, en 1814; l'Instruction publique dans le district de Lunéville, en 1875; tes Archives scolatres de la Beauce et du Gdlinais, en 1876; en 1878, l'Etat comparatif des conjoints qui ont stgné leur acte de martage aux XVII, XVIII et XIX* stècle, travail qui valut

à l’auteur une médaille d'or à l’exposition universelle de 4878 ; Le Pouillé du diocèse de Toul, de celui de Verdun et de celui de Metz, en 1880, 82 et 83 ; la Vie et les œuvres de l'abbé Grégotre de 1789 à 1881, en 1884, et des Notes pour Phistoire de Francots de Neufchâteau, et en 1887, les Fêtes nationales durant la Révolution, etc., etc.

M. Maggiolo a bien voulu FÉdiger, P pour le présent ouvrage, l'article : Instruction publique.

MALGAIGNE (Joseph-François). — N6 à Charmes, le 14 février 1806, l’éminent docteur Malgaigne était petit-fils et fils d'officiers de santé ; il fit ses études à Charmes et à Nancy. Officier de santé en 1895, il se livrait à la poésie en même temps qu’à l’étude de la médecine et eut un poème sur la mort de Charles-le-Téméraire couronné par l’Académie de Stanislas; il collabora aussi au journal le Spectateur de Lorraine. Il alla ensuite à Paris poursuivre ses études médicales. Reçu docteur en médecine en 1829 et nommé chirurgien militaire, il donna sa démission et alla soigner en Pologne les blessés de l'insurrection.

Professeur agrégé à la Faculté de médecine en 1835, il publia un Manuel de médecine opératoire très renommé ; puis fut nommé chirurgien des hôpitaux. Il se signala par de nombreux et incessants travaux et une rare habileté de chirurgien. Membre de l’Académie de médecine, il en fut le président.

En août 1846, il fit une courte incursion dans la politique et tut élu, par l'opposition, député de Paris, par le 5° arrondissement, avec 200 voix de majorité. A la Révolution de 1848, il se confina dans ses études médicales. Le savant docteur Malgaigne est mort à Paris, le 19 octobre 1865.

MaLGRas (Marin). — Né à Valhey (Meurthe), le 18 avril 1809, directeur du collège et de l'Ecole normale de Mirecourt, de 1840 à 1854, inspecteur d’Académie pour le département des Vosges le 24 août 4854, chargé d’une inspection générale d’enseignement primaire dans les academies de Bordeaux, Toulouse et Montpellier depuis le 42 octobre 1868, chevalier de la Légion d'honneur, officier de l’instruction publique.

Son médaillon en bronze, œuvre de Ponscarme et produit d’une souscription entre les instituteurs, se trouve à l'Ecole normale de Mirecourt. M. Malgras, dont le nom est resté populaire dans les Vosges, ést mort à Pau (Basses-Pyrénées), le 20 mai 1869. Il avait épousé Mile Puton.

Un de ses fils est procureur de la République; l’autre, inspecteur des forêts à Neufchâteau et officier d’Académie,

MANDEVILLE (Eugène-Charles-Auguste-David, baron de). — Né à Avesnes (Nord), le 41 juin 1780, il fut, sous le premier Empire, colonel du 449° de ligne, général de brigade, le 29 août 1813, et commanda dans ce grade la subdivision des Vosges. En retraite à Epinal, il fut, après juillet 1830, colonel de la légion de garde nationale d'Epinal et nommé commandeur de la Légion d'honneur. Il est mort à Saverne, le 28 janvier 1850.

MANGIN (Anatole). — Le général Mangin n’est pas, il est vrai, né dans les Vosges, mais il était Vosgien par sa famille, et c’est dans les Vosges qu'il est venu mourir. Né à Xermaménil (Meurthe), le 7 mars 1788, il partit soldat à vingt ans et fit, comme officier d'infanterie, toutes les campagnes de l’Empire, où il gagna la croix de la Légion d'honneur et le grade de chef de bataillon. 1] fit la guerre d’Espagne et y obtint le grade de lieutenant-colonel du 58° de ligne, le 43 août

— 4Gé — 4893. Il fit en 1827 l’expédition de Morée et reçut la rosette d'officier de la Légion d’honneur. Colonel du 15° de ligne, en juin 1830, il y fut nommé commandeur de la Légion d’honneur ; passé maréchal-decamp (général de brigade), le 31 décembre 1835, il commanda en cette qualité la subdivision du Bas-Rhin à Strasbourg, puis une brigade d’infanterie à Paris. Lieutenant-général (général de division), le 22 avril 1846, il fut peu après nommé grand-officier de la Légion d'honneur, fut quelque temps disponible, puis fut admis au cadre de réserve en 1853. Il se retira alors à Bruyères, dans la famille du docteur Mougeot à laquelle il était allié; c’est à Bruyères qu’il est mort, le 18 février 1855, et qu’il est enterré.

Le général Léon Mangin, né à Xermamnénil, le 17 février 1822, était son neveu; il fut successivement chef du {°° bataillon de chasseurs à pied; lieutenant-colonel du 4 voltigeurs de la garde impériale, en 1863 ; colonel du 67e de ligne en décembre 1867, et général de brigade, le 12 août 1870. Il est mort à Paris, le 7 août 1882.

Le commandant Léon Georgé, né à Rambervillers, le 3 septembre 1847, était son petit-neveu. C'était un officier de grand avenir, très distingué, très instruit; une mort terrible l’enleva à 38 ans, à Toul, où il était major du 26: de ligne, le 27 avril 1885.

MANGIN (Alphonse-François-Eugène). — Le colonel du génie Mangin est un enfant de Mirecourt, où il naquit, le 14 juin 1825. A sa sortie de l’Ecole polytechnique, où il avait été reçu en 1844, il fut nommé sous-lieutenant du génie, le 4er octobre 1846, passa deux ans à l'Ecole d'application de Metz et devint lieutenant au 19 régiment, le 4cr octobre 1848, puis servit en Algérie et en Kabylie. Capitaine du génie, le 6 février 1853, il fut placé à Briançon, ensuite à Bastia, à Verdun, puis au 3° régiment, fit la campagne d’Italie; de là il alla à Nantes, à Lille, puis chef du génie à Quimper, où il fut décoré de la Légion d’honneur, le 6 mars 1867. Chef de bataillon du génie, le 24 décembre 4869, il devint chef du génie à Boulogne-sur-Mer, puis entra au Dépôt des fortifications où il révéla ses aptitudes spéciales de savant et reçut la croix d’officier de la Légion d’honneur, en 1870. Il commanda alors le génie de la 3° division du 15° corps à l’armée de la Loire et à celle de l’Est. Chef du génie à Péronne, puis lieutenantcolonel, le 47 novembre 1876, il fut maintenu au dépôt des fortifications, où il continua ses belles inventions d'appareils de télégraphie optique; un nouveau système de pont-levis, le périgraphe instantané, etc. Colonel du génie, le 29 décembre 1880, il dut prendre pré-

maturément sa retraite, le 11 janvier 1885, par suite de l’altération de sa santé. Il mourut peu de temps après, à Paris, le 7 novembre 1885. Son dévouement à la science était tel qu’il s’y sacrifia complètement et y épuisa sa vie; à la suite d’expériences, de fatigues ou d'accidents, d’une terrible chute en ballon, il avait perdu un œil et l'usage d’une jambe. On peut dire du colonel Mangin que ce fut un martyr de la science. Il était commandeur de la Légion d’honneur, depuis 4884, commandeur de l’ordre de Sainte-Anne de Russie et officier de l'instruction publique.

MANGLARD (Daniel-Victor).— Né à Paris, le 41 février 1792, l’abbé Manglard y fut curé de Saint-Leu, puis curé de Saint-Eustache. Le M avril 1844, il fut nommé évêque de Saint-Dié et sacré le 25 juillet suivant.

Mer Manglard est mort à Saint-Dié, le 17 février 1849.

MaRaANT (Joseph). — Né à Bulgnéville, le 47 juin 1755, il s’y établit comme négociant et fut nommé en 1790 officier municipal. En juin 1790, il fut élu administrateur du district de Neufchâteau. Le 2 septembre 4791, Marant était élu député des Vosges à l’Assemblée Législative, le 6° sur 8, par 226 voix. Il ne fut pas réélu depuis. Maire de Bulgnéville sous l’Empire et la Restauration, il fut décoré de la Légion d’honneur et représenta le canton de Bulgnéville au conseil général des Vosges jusqu’en 1842. Il était aussi membre du conseil supérieur de l’agriculture et obtint une médaille pour l’amélioration de ses vignobles.

Marant est mort à Bulgnéville, le 2 janvier 1848.

MARCHAL (Jean-Baptiste).— C’est cet infortuné curé de Ludres qui fut brûlé vif en 4757, comme coupable d’avoir mené une vie dissolue. Né à Dombrot-sur-Vair, il fut exécuté à Ludres le 4 août 1757, victime de haïnes privées autant que du fanatisme.

MARCHAL (Jean-Joseph). — Mgr Marchal est né à Raon-l'Etape, le 2 avril 1822. Ordonné prètre, il fut curé de Damas-devant-Dompaire, puis curé d’Epinal en 1855, devint archidiacre d’Epinal, puis vicairegénéral de l’évèché de Saint-Dié. Evèque de Belley (Ain), le 8 septembre 1875, il fut nommé archevêque de Bourges, le 30 janvier 4880.

Son frère puiné, Mir Auguste Marchal, né à Raon-l’Etape, le 46 avril 1824, devint prêtre, le 20 avril 184$, et fut nommé professeur au petit séminaire de Châtel. En 1855, il devint vicaire de Tendon, où son oncle était curé, et le 17 septembre 1861, il devint à son

tour curé de Tendon. En mars 1865, il fut nommé curé de la paroïsse St-Martin, à Saint-Dié, puis chanoine de la cathédrale en 1871. En 1875, il devint vicaire-général de son frère, à Belley, le suivit en la même qualité à Bourges, en 1880, et fut nommé évèque fn partibus et son coadjuteur en mars 1888,

MARCILLAT (Marie-Paul-Michel), — Né à Plainfaing, le 20 novembre 1849, il est conseiller général des Vosges pour le canton de Fraize depuis le 13 août 1882; auparavant, il était, depuis 1877, conseiller d'arrondissement, il est fabricant de bière à Plainfaing et maire de cette commune.

Marion (Charles-Stanislas). — Le général Marion, tué glorieusement sur le champ de bataille, est né à Charmes, le 7 mai 1757, Soldat dans le régiment d’infanterie du Roi (plus tard 28° de ligne), de 1775 à 1789, il venait de rentrer caporal dans ses foyers et d'y reprendre sa profession de vigneron, lorsque la patrie en danger réclama le concours de tous ses enfants. Il partit en août 1791 et fut aussitôt élu capitaine au 4° bataillon de volontaires des Vosges. Il combattit sur le Rhin, à l’armée du Nord, en Italie. Chef de la 93 demi-brigade d'infanterie, le 6 septembre 1798, et colonel du 24: 16ger eh août 1808, il fut fait baron de l’Empire et officier dé la Légion d'honneur. Général de brigade, le 20 août 1805, on l’incorpora dans la Grande-Armée, et il fut tuë à la bataille de la Moskova, le 7 septembre 1812. La caserne d'infanterie de Remiremont porte son nom.

MaRiON (Jean-Baptiste-Victor). — Le commandant Marion est né à Gérardmer, le 4er août 4829. Il promettait d'arriver aux plus hauts grades de l’armée, si üne mort glorieuse n'avait interrompu sa courte et brillante carrière. Elève à l’Ecole de Saint-Cyr, le'7 décembre 1848, il sortit sous-lieutenant au 26° de ligne, le 4er octobre 4850. Avec son régiment, il fit toute la campagne de Crimée, où il participa à toutes les affaires, devint lieutenant au 26° le 31 décembre 1854, capitaine an 26°, le 30 décembre 1857, et passa capitaine au 2° régiment de la légion étrangère, le 12 juin 1858. En Italie, en 1859, à Magenta, notamment, où son colonel fut tué, le capitaine Marion se distingua et gagna la croix de la Légion d'honneur aux côtés du capitaine Saussier, le futur général en chef. Passé capitaine au régiment étranger, lors de la dissolution de la légion, le 14 décembre 1861, il partit pour le Mexique, prit part au siège de Puebla, à tous les combats de l'expédition; fut commandant supérieur de Zacatecas, et fut enfin

promu chef de bataillon au 95° de ligne, le 5 novembre 1864, à 35 ans. Le 11 avril 4870, il permutait et passait chef de bataillon au 4er zouaves. Trois mois après, il venait en Alsace, à la tête de son bataïllon, et le 6 août 1870, à la bataille de Frœschwiller, il tombait, tué glorieusement, l'épée à la main, en menant une charge à la baïonnette contre les masses bavaroises qui cherchaient à nous dé« border par Langensulzbach. Noté par ses supérieurs comnie un homme d'avenir, le commandant Marion était un grand et bel officier, robuste, instruit, ferme et bienveillant, d’une excellente éducation. Sa perte est une des plus cruelles de la terrible guerre de 1870. Son frère aîné, Joseph-Benjamin-Constant Marion, notaire à Gérardmer, a été pendant tout l’Empire, conseiller général du canton de Gérardmer; né en 1824, il est mort en 1874.

MARMIER (Philippe-Gabriel, comte, puis marquis, puis duc de). Né à Ray (Haute-Saône), le 20 juin1783, il fut colonel de cohorte dé gardes nationales; il défendit Huningue et Belfort en 1814, fut député de la Haute-Saône à la Chambre des Représentants en mai 1815, puis pair de France quelques jours après, le 2 juin 1815. Gendre du lieutenant-général duc de Choîiseul, en 1804, c’est en 1818 que le titre de duc de la maïson de Choiseul-Stainville passa sur sa tête. T1 succéda également à son beau-père, le 14 février 1819, comme colonel de la 1re légion de la garde nationale parisienne, qu’il commanda jusqu’en 4822.

Conseiller général de la Haute-Saône, il fut élu député des Vosges en avril 1828, fut l’un des 221, et réélu député en juin 1830. Le 13 août 1830, il redevint colonel de la {re légion de la garde nationale de Paris, conserva ces fonctions jusqu’en 1844, et fut alors nommé général de brigade de la garde nationale de la Seine. Il était commandeur de la Légion d’honneur. Il a été en outre député de la Haute- Saône (pour la circonscription de Jussey), en juillet 1831, et réélu en juin 1834, en novembre 1837, en mars 1839 et en août 1842. Il est mort, le8 juillet 1845.

Son fils, Etienne-Joseph-Henri de Marmier, officier d’artillerie, a remplacé, le 11 septembre 1836, jusqu’en 1841, le duc de Choiseul comme conseiller général des Vosges pour le canton de Châtenois. Un autre fils, Alfred-Etienne-Philippe-Ferdinand, né le 7 mai 1805, fut député de la Haute-Saône de 1845 à 1848 et de 1863 à 1873; il avait été, de 1845 à 1848, chef de bataillon de la 4re légion de garde nationale de Paris. Il est mort le 9 août 1873.

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