‹ Le département du Mont-TerribleChapitre 22 sur 42 · LE JACOBINISME RENAISSANT SE HEURTE A LA · texte numérisé non relu

LE JACOBINISME RENAISSANT SE HEURTE A LA

RÉSISTANCE PASSIVE DE l'oPINION.

(septembre 1797-novembre 1799).

Le Dix-Huit Fructidor fut le Thermidor des modérés, un Thermidor à rebours. Il mit fin au « calme profond ))(1), qui régnait en septembre 1797 dans le Mont-Terrible, et permit aux partisans de Rengguer de se faire de nouveau les bourreaux de l'opinion conservatrice, au nom du gouvernement central.

Le régime A l'annonce du coup d'Etat, trente-deux Jacobins du

friictidorien

département écrivirent au Directoire pour l'en féliciter, et réclamer la destitution des fonctionnaires indépendants : « Les cœurs des républicains soussignés, —disait leur adresse du 27 septembre, — sont autant d'autels consacrés à la reconnaissance... Merci de nous avoir garanti du régime abhorré de la tyrannie sacerdotale,

(1) Roussel écrivait le 3 septembre, veille du Dix-Huit Fructidor, au ministre de l'intérieur : « Le Département jouit du calme le plus profond ; les acquéreurs de domaines nationaux n'ont point été inquiétés » {Corresp., III).

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elTroyahh^ cnl.'miih'' ( 1 ). » Ils fiiroiil (miIciuIus, .'unsi (juo le commissaire Moussel, (Icvciiu friiclidorien (2). Le '?l novembre, un arrrlr (iiiceloi'iai, exôenh'' à Poi'renlruy le 1*^'" (Ircemhre, destitua tous les memhres de 1 Administration départementale et les remplaça par des citoyens à hauteur des circonstances : Dubois, de Montbéliard, remplacé le 1() par Tex-abbé Lémane ; L. (3iry, Kautîniann et Neguelin, de Porrentruy; Lassue,de Courgenay. (les derniers se mirent aussitôt à « restaurer l'esprit public ». Cinquante-sept agents nationaux et cinquantetrois adjoints furent changés pour cause de « tiédeur »(3) ; la plupart des professeurs de l'Ecole centrale furent dénoncés comme u royalistes, émigrés, ignorants et incapables » ; les municipalités furent modifiées une fois de plus par l'absorption complète des petites communes par les grandes, ce qui ranima d'âpres rivalités et souleva de nombreuses protestations (4) ; le Département, enfin, s'assimila cette partie helvétique qui avait si longtemps méprisé les bienfaits delà régénération.

(1) Arch. Nat., AF III, 249. — Les 32 signataires étaient d'ailleurs presque tous fonctionnni)es . Les principaux renggueriens étaient Priqueler, Biry, Voisard, Laville et Moser.

(2) Lettre du 10 novembre 1797 au ministre de la police à qui Roussel dénonce les administrateurs {/bid., F'b II, 1).

(3) Tableau envoyé au ministre de l'intérieur, Arch. Nat., F^^ 11,2.

(4) Cela complétait la formation des 13 municipalités de cantons Dix-neuf communes disparurent dans le seul canton de Porrentruy. On fusionna par exemple Courtemaîche, Courchavon et Mormont ; Cœuve, Buix et Montigny ; Damphreux, Lugnez et Beurnevésain ; Fregiécourt, Pleujouse et Asuel.

un neuti

'extension du Noiis examinerons, nu chapitre suivant, quelles furent

\ territoires les circonstances diplomaliques tle la réunion du \'al de leutralises. ' '■

Saint-Imier, des bords du lac de Bieniie cl de la Prévôté de Moutiers-Grand-Val ; nous verrons que la violence faite alors soit aux indigènes, soit aux cantons suisses, ne le cédera point à celles qui accompagnèrent en 1793 l'annexion de la Rauracie. Bornons-nons ici à indiqueiles cliangements qui se produisirent dans la composition du Mont-Terrible.

Après l'occupation militaire du général Gouvion-Saint- Cjyr, opérée le 15 décembre en vertu d'un arrêté du Directoire exécutif du 19 novembre 1797, l'administrateur Hengguer, le commissaire Antoine Mengaud et son substitut l'avocat erguéliste Liomin organisèrent d'office la conquête (1). Ils publièrent des listes de fonctionnaires, — comme Bernard jadis pour le Montbéliard, — étouffèrent les dernières aspirations d'indépendance et formèrent cinq nouveaux cantons : iMoutiers, Mallerez, Courtelary, Bienne etNeuveville (2), comprenant au total 22 communes 21.740 habitants. Le Département aurait désormais plus de 77.000 habitants, groupés en 21 cantons et 210 communes.

(1) Arch. Nnt., AF III, 8C, lettres de Mengaud à Gouvion, 8 janvier, et de Liomin à ^Mengaud, 12 février 1898.

(2) Le canton de Moutiers avait 16 communes et 3.236 habitants ; celui de Malleray, 14 communes et 3.200 liabitants ; celui de Bienne, 13 communes et b.OOO habitants ; celui de Neuvcviile, 5 communes et 2.683 habitants ; celui de (Courtelary, 14 communes et 7.620 habitants (Cf. notre tableau des communes).

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