LE MILIEU
Situation géographique :
La région qui nous intéresse est formée essentiellement des Landes de Gascogne, vaste étendue qui couvre environ 1.200.000 hectares répartis sur les départements de la Gironde : 500.000, des Landes : 600.000, et du Lot-et-Garonne 100.000. C’est une zone naturelle allongée du Nord au Sud et bien individualisée par la composition de son sol, la nature de son relief et l’uniformité de sa végétation. Elle affecte une forme triangulaire dont la base est la côte rectiligne, les sommets : la Pointe de Grave, Nérac et Bayonne.
Au sud de ce triangle s'étend la riche Chalosse dont les lignes de côteaux, parallèles aux Pyrénées, viennent mourir sur les rives de l’Adour. Celui-ci, au cours irrégulier, sépare ces deux régions bien différentes tant par la nature du sol que par les cultures,
La formation du $ol :
Dés facteurs multiples ont contribué à donner au sol sa tonstitution ét sa physionomie : voisinage de l'Océan Atlantique, proximité des Pyrénées, vents marins et invasion des sables.
L'ère secondaire intéresse plus particulièrement la Chalosse : néanmoins, le calcaire du crétacé supérieur offre quelques pointements à Créon, Roquefort et Landiras.
A l'ère tertiaire appartient le substratum du plateau gascon ;: le miocène forme des îlots de mollasses marines, de faluns, de marnes, à Gabarret, Arengosse, Ousse, Ygos, Labrit et Salles. Au milieu des pins, cette assise argileuse constitue de: véritables oasis de fraîcheur, centres de population assez denses avec des cultures variées : vignes, bois de chênes.
L'ère quaternaire se caractèrise par l'alluvionnement fluvial et l'accumulation de sable.
On peut donc considérer la région des Landes de Gascogne comme présentant un sous-sol constitué par une plate-forme tertiaire et argileuse, nivelée par l'érosion torrentielle et recouverte d’un placage de sable.
Le sable et l’alios :
Le sable constitue le grand manteau superficiel qui recouvre les terrains tertiaires et les alluvions quaternaires.
Son origine fait encore l’objet de nombreuses controverses et les théories de DUBALEN, de FABRE et de BLAYAC, impliquant à l’action éolienne son accumulation, semblent les plus conformes à la réalité : les violents vents d'Ouest auraient poussé vers l’intérieur le sable déposé sur le littoral par les courants marins.
La couche de sable est d'épaisseur variable, 2 à 40 mètres, et peut même disparaître au niveau des points d’affleurement des marnes tertiaires. ;
La composition est simple et uniforme. Le sable est formé, sur toute l'étendue des Landes, de petits grains siliceux, de auartz, blancs et arrondis, associés à des minéraux lourds. noirs (surtout des hydroxydes de fer). A l'analyse chimique, il donne 72% de sable siliceux, 10 % d'argile et 8 % d’humus. Il est facile à creuser, indissoluble, inattaquable par les réactifs chimiques ordinaires, inaltérable par le soleil et la gelée.
Dans la masse des sables, il se produit « des phénomènes de diagénèse ou de transformation du sable par les eaux d’infiltration qui exercent une répercussion sur l’économie du pays, sur la perméabilité et la fertilité du sol ». (1).
Quand le sol est plat et la couverture de sable peu épaisse, il se forme une roche compacte et imperméable : l’alios : à 0 m. 50 à 1 m. de profondeur, on trouve des bancs d’une épaisseur de 0 m. 60 à 0 m. 80 en moyenne.
L’alios est analogue aux poddzols (Russe, Roumain, ou Polonais). C’est un grès, c’est-à-dire un assemblage de grains de sable agglutinés et cimentés par des matières organiques et de l’oxyde de fer hydraté. Dans les sables des Landes ont poussé, sous Napoléon, les premières forêts. Ces forêts et surtout leur sous-bois, donnent un humus dont la décomposition
(1) BLAYAC. Contribution à l'étude du sol des Landes de Gascogne. Annales de Géographie t. XXVI, 1916,
produit un ensemble de matières azotées que les géologues appellent « acides humiques », c'est-à-dire des acides organiques résultant de l'oxydation de l’humus. Cet acide humique agit sur l’oxyde de fer qui est présent dans les micas noirs associés à la silice dans le sable. D’où la partie superficielle est privée de fer qui se concentre un peu plus bas et forme, avec le sable, un ciment qui donne l’alios.
La transformation du sable en alios à des: répercussions géographiques et économiques amppréciables. S'il retient les. - eaux d'infiltration et les renvoie aux sources abondantes qui - alimentent les ruisseaux landais, il se prête aussi, sur un sol à pente sensible, à la formation de marécages au’il faut drainer et assécher. Il a été, ainsi, le principal obstacle à l’assainissement de la région.
Peu résistant, il l’est assez pour s'opposer à la pénétration des racines des végétaux. Il maintient à la surface du sol une couche peu épaisse de sable, vite évuisée bar les plantes.
C’est ainsi que la profondeur de la couche aliotique donne à la lande un aspect varié : là, où il y a peu de sable, l’eau stagne, les bruyères et la molinie abondent, tandis aue les pins sont rachitiques : là où au contraire l’alios est orofond, le pin et les fougères poussent avec vigueur.
Les nappes aquifères :
La nappe sous aliotique, de profondeur variable est de mauvaise qualité parce que toujours trop raporochée de la surface. Elle est bactériologiquement très impure, car les sables sont de mauvais filtres. La population landaise, tant humain: au’animale, était jadis décimée par les maladies dues, en partie, à l’eau. Les puits, rares et peu profonds, donnent une eau chargée de matières organiques. Les bêtes se contentent encore âes eaux stagnantes et des eaux vives des ruisseaux. La zône côtière possède seule deux nappes artésiennes, eu profondes, situées au niveau des glaises bigarrées. L'intérieur de la lande, au contraire, est très mal alimenté en eau notable, l’épaisseur du manteau sableux ne permet pas d'atteindre la couche aquifère. D'autre part, HARLE prétend que la plantation du pin a fait baisser le niveau de la nappe d’eau. (1)
(1) HARLE. Mémoire sur les dunes de Gascogne. Bulletin géographique £t, I, p. 138. 1919.
pre
L'analyse de l’eau sous aliotique, la seule qui nous intéresse puisque les animaux ne consomment qu'elle, révèle un pH acide, 5 en moyenne, pouvant atteindre 4 Les ions Ca et Mg n'y existant qu’à l’état de traces.
D'ores et déjà nous pouvons apprécier l’avantage incontestable qu'il y aurait à creuser des puits profonds pour obtenir une bonne eau potable à l’usage de l’homme et du bétail.
Le relief Ê
L’altitude moyenne des Landes est de 100 mètres. Réserve faite de la zône côtiere, dunaire et tourmentée, on constate une progression sensible de l’altitude du Nord-Ouest au Sud- Est. | — Du Nord au Sud : LESPARRE : 22 mètres; CROIX D'HINS : 67 mètres: HOSTENS : 89 mètres ; LABRIT : 102 mètres; St-SEVER : 110 mètres.
— De l'Ouest à l'Est : LEON : 6 mètres ; CASTETS : 60 mètres; LALUQUE : 91 mètres; St-SEVER : 110 mètres. ie
Le relief landais se caractérise par les formations dunaires, vastes amoncellements de sable transporté par le vent. De l'Ouest à l'Est, se succèdent sur plus de 100 kilomètres, les dunes modernes parallèles au littoral, les dunes primaires et continentales, dispersées à l’intérieur et perpendiculaires aux précédentes
L'ensemble de ces dunes donne au relief landais un aspect moutonné.
Le littoral :
La côte, rectiligne, s'étend aujourd’hui sur 220 kilomètres. Autrefois sinueuse et découvée, elle offrait de nombreux ports à la navigation : CAPBRETON, où s’embarauaient les pélerins de St-JACQUES de COMPOSTELLE, VIEUX-BOUCAU, MIMIZAN. L'action éolienne, génératrice des formations dunaires, a arrêté toute vie maritime.
Rivières et étangs :
Le réseau hydrographique manque d’unité. La Garonne et l’Adour, qui encadrent à peu près le domaine du pin maritime, attirent à elles la plus grande partie des eaux du vays landais,
Les cours d’eau forment un réseau flexueux, branché et de longueur médiocre. Leur tracé d'apparence sénile, est cependant jeune. Les vallées reposent sur des fonds imperméables ui supportent la couverture des sables. L'allure indécise trahit la pente insensible du sol et la faiblesse du relief provoque la formation de lagunes. Le débit des ruisseaux est assez régulier et abondant et leurs vallées, souvent bordées de prairies, contrastent par leur fraîcheur et leur verdure avec la richesse de la zône voisine.
La Leyre, qui se jette dans le Bassin d'Arcachon, représente le type de la rivière landaise : débit abondant et régulier, eaux claires et rapides. Elle draîne les eaux de la Grande Lande, tandis que la Midouze, constituée var la réunion à Mont-de-Marsan, du Midou et de la Douze, avec ses petits affluents l’Estrigon et le Bez, entraîne vers l’Adour les eaux du pays d'Albret. Les ruisseaux côtiers se jettent dans les nombreux étangs, les plus grands de France, aui s’alignent le long de la côte du Golfe de Gascogne. Ces étangs, de profondeur, de forme et de dimensions différentes, sont dûs au refoulement des eaux de l’intérieur par les dunes. Ils n'ont, pour lä plupart, qu'une communication indirecte avec la mer. Les déversoirs, appelés courants, ont souvent leurs fosses obstruées et comblées par les sables marins. Le chenal est engorgé, les eaux refluent vers l’intérieur et les inondations se produisent.
D'importants travaux ont été entrepris pour fixer l’embouchure des courants et assurer un écoulement permanent des eaux dans la mer. En Gironde, l'étang de Hourtin-Carcans, d’une superficie de 5.923 hectares, et celui de Lacanau, avec 1.767 hectares, sont reliés au Bassin d'Arcachon par des petits canaux. Le Bassin d'Arcachon est la seule nappe aui possède une communication directe avec ia mer. Son accès reste difficile par l’ensablement des « passes » et la violence des cou- rants.
| Dans les Landes, la chaîne des étangs est presque continue. Ceux de Cazaux et Sanguinet, de Biscarosse, de Parentis en Born, de Léon et de Soustons sont les plus importants. N’omettons pas celui d'Hossegor, que la mer remplit à chaque marée et qui fait le charme de cette station balnéaire.
Le climat :
La région landaise, située entre 43°30 et 44°30 de latitude Nord, appartient, au point de vue climatique, au Midi océani-
que, caractérisé par la chaleur et l'humidité. Le climat est conditionné par sa latitude (44°) au Sud de la France, le voisinage de l'Océan Atlantique et la proximité des Pyrénées. Le jeu combiné de ces trois éléments, joint à la grande étendue du plateau landais, amène, dans la température et le régime des pluies, des variations plus sensibles qu’il ne le semblerait au premier abord.
Les vents dominants soufflent en hiver, du Sud-Ouest, adoucissant la température, et en été du Nord-Ouest modérant légèrement la chaleur.
La température moyenne annuelle, suvérieure à celle de a France (qui est de 11°), présente quelques écarts sensibles de l'Ouest à l'Est, par suite de la proximité de la chaîne des Pyrénées’ La moyenne pour le département des Landes est de a
Les hivers sont généralement doux et tièdes : 6° dans les Landes, 10° à Arcachon, 6° à Bordeaux, 8° à Capbreton et 9° à Biarritz. Les jours de gelée sont relativement peu nombreux : 20 à Arcachon, 40 à Bordeaux et seulement 12 à Biarritz. à
Les étés sont lumineux et chauds. La moyenne de la température est plus élevée à l’intérieur oue sur la côte : 20° à Arcachon, 19° à Biarritz, 22° à Mont-de-Marsan.
Les écarts de température relevés entre les mois les plus chauds et les plus froids ont été : Pointe de Grave : + 35°. — 7° ; Biarritz : + 35°, — 4°,
Les pluies augmentent du Nord au Sud, de l’intérieur vers le littoral, mais il y a lieu de tenir compte des différences d'altitude et du voisinage des Pyrénées. D’une façon générale, Ja hauteur des précipitations dans le Sud-Ouest est supérieure à la hauteur moyenne pour la France (qui est de 750 mm.)
La moyenne des précipitations est la suivante :
Sur la côte : POINTE-DE-GRAVE : 750 mm.; ARCA- CHON : 860 mm.; CAPBRETON : 1.200 mm.
À l'intérieur : ROQUEFORT : 600 mm: MONT-DE-MAR- SAN : 800 mm. ; TARTAS : 760 mm. ; DAX : 1.100 mm.
Les pluies tombent principalement à l’automne et à la fin du printemps, de telle sorte que les hivers et les étés sont généralement très secs, annulant toute végétation dans la Lande. La fin de l'hiver et le milieu de l’été sont des périodes
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critiques pour la forêt, en raison des risques et des dangers d'incendie bien! plus considérables.
Le nombre des jours de pluie, qui est de 164 à BIARRITZ, nest plus que de 109 à MONT-DE-MARSAN, et 95 à DAX.
Le climat des Landes a certainement été modifié paï lé boisement entrepris au XIX:* siècle. La condensation forestière a accru à l’intérieur la chute des pluies et augmenté le nombre de jours pluvieux. La forêt a surtout exercé dans le Sud- Ouest une influence adoucissante qui s'est ajoutée à celle de la mer en régularisant la température et en prévenant les écarts trop brusques entre les saisons.
L’air de la forêt landaise est particulièrement riche en ozone. La teneur moyenne est de 8 milligrammes par 100 m3 d'air, soit quatre fois plus qu’au parc Montsouris, avec un maximum au Printemps, concomitant du début du gemmage et de la dispersion des pollens.
La saturation de l'air en essence de térébenthine serait, pour certains auteurs, une des causes essentielles de la « Bouhite », affection spécifique au mouton landais. (1)
La flore :
Peu variée, la fiore landaise offre une rusticité remarquable. Ayant pour substratum le sable, elle se développe peu. Sa végétation est rapide, de courte durée et coïncide avec les périodes de pluies. Elle est dominée toute entière par la présence d’un arbre, le pin, qui a toujours trouvé, à la surface du plateau des Landes de Gascogne, des conditions géologiques et climatiques favorables à sa croissance.
Le pin maritime a toujours existé dans nos terres Il constituait, avec le chêne, d'immenses forêts, qui servaient de refuge aux tribus gauloises des Boiens, des Tarusates, des Aturins. Au IV* siècle, les ravages des invasions germaniques ne laissèrent que quelques îlots isolés de la vieille forêt. Le sable, continuellement poussé par le vent, eut beau jeu d’envahir le pays.
« En Médoc, le long de la mer, mon frère, sieur d’Arsac, vesid une sienne terre ensepvelie souls les sables que la mer
(1) Affection pulmonaire à caractère dyspnéique, presque toujours mortelle et d’étiologie mal connue.
RO
vomit devant elle; le faiste d’aulcuns bastiments paroïst encore; ces rentes et domaines ne sont échangez en pascages bien maigres. Les habitants disent que depuis quelques temps la mer repousse si fort vers eux qu’ils ont verdu quatre lieues de terre. Ces sables sont ses fourriers et veoyons de grandes montoyes d'arène mouvante qui marchent d’une demi-lieue devant elles et gaignent pais ».
(MonTaIGrE, Essais IT, chap. XXX).
Pour fixer les sables, les plantations commencèrent au début du XIX* siècle, s’accrurent sous le Second Empire et gagnèrent toute la région.
Le pin maritime, Pinus pinaster ou Pinus maritima, est par excellence l'arbre des climats tempérés et marins. Les sols sableux lui conviennent le mieux. Il ne réussit pas dans les terres humides et compactes de la Chalosse. Grâce à son feuillage léger, à son tronc dénudé, à son enracinement solide et profond, il résiste aussi bien à l’action dés vents qu’à la sécheresse. Sa croissance est rapide et il possède une grande force végétative. Sa tige, qui atteint en moyenne 20 à 25 mètres, peut s'élever jusqu’à 30 mètres. Sa cîme, légère, laisse filtrer la lumière jusqu’au sol.
Sur ce sol ne pousse qu’une bien maigre végétation, plantes herbacées, à racines profondes, traçantes, mais peu feuillées. Leur végétation est rapide, Nous n’en signalerons que quelques-unes :
Aira Canescens, Avena Thorei ou longifolia, agropyrum repens, Sténotaohrum americanum, Plantago coronopus, Lotus tenuis, Festica ovina, Trifolium scabrum, T. glomeratum.
Ces graminées et légumineuses sont malheureusement trop rares pour constituer un pacage sérieux et ce sont surtout les bruyères, les ajoncs et la molinie qui constituent la base du pâturage des bovins.
Les bruyères et les ajoncs, là où ils végètent librement prennent des proportions inusitées et forment des taïllis impénétrables. Seules leurs cîmes restent vertes, tandis que les feuilles inférieures se dessèchent. Après un hiver sans pluie ou un été sec, ils constituent d'excellents milieux de propagation pour le feu.
Les cultures :.
Les prairies naturelles, d’ailleurs rares, fournissent un foin maigre et ligneux. Avec le regain, fauché en septembre, il constitue la principale réserve pour l'hiver.
Les champs, exploités par les métayers, produisent du seigle, du maïs, parfois un peu de blé et accessoirement du millet et du raifort. Le seigle, semé à la fin de l’automne, en sillons pour l'écoulement des eaux donne, dès le mois de juin, des rendements appréciables. Après la moisson, le métayer répand du fumier, laboure et sème du maïs. La cîme du maïs, coupée au dessus de l’épi, est séchée par petits paauets et engrangée pour l'hiver. Enfin, en septembre, des graines de trêfles incarnat sont jetées dans les champs de maïs. Elles donneront au printemps un fourrage d’assez bonne aualité, mais le olus so:1vent bien mal récolté car coupé trop tard et séché. On obtient ainsi quatre récoltes dans une seule année sur un terrain qui déjà maigre est bien vite évuisé. Il lui faut donc beaucoup de fumier qui « reschauffe et resjouit la terre », ce fumier où la paille est remplacée par.la végétation rencontrée au pied des . pins. Le paysan le demande à ses brebis, le plus souvent aujourd'hui aux quelques vaches qu’il élève.
Nous ne saurions passer sous silence le topinambour qui depuis 1940 est de plus en plus cultivé. Il aoporte un élément appréciable à une nourriture qui, comme on le voit, n’est que trop réduite.
L’élevage :
La forêt landaise n’est nullement propice à l'élevage et le .métayer n’a pour tout bétail que celui qui lui est nécessaire pour son travail et pour l'obtention du fumier. Aux mules et aux vaches bazadaises, il demande le travail, aux brebis et aux vaches bretonnes, le fumier et le lait.
Le cheptel bovin peut être évalué à 25.000 animaux dont 9.000 de race bazadaise et 15.000 « bretonnes ». Dans le département des Landes, la dénomination de « Bretonne » est donnée à toutes les vaches destinées exclusivement à la production du lait: la plupart sont le résultat de croisements plus ou moins compliqués. A
C’est ainsi que ça et là on trouve des animaux « breton normand ». Dans toute la Grande Lande, ce sont des « bretons bazadais »; en Armagnec, les « bretons limousin » dominent,
En Chalosse, le « breton pyrénéen ». Dans le nord du département le « breton hollandais » et sur le littoral le « breton marine », ete...
Les animaux de race pure « breton-pie-noire » se rencontrent surtout dans les cantons de Parentis-en-Born, Sore et Pissos où ils sont souvent élevés concurremment avec les animaux de race bordelaise et hollandaise.
Mais ces bovins, quelle aue soit leur race, sont frappés du même mal. Aussi, avant de passer à l'étude de la maladie, voulons-nous résumer ce qui caractérise ce milieu :
— Un sol très pauvre et acide ;
— Un sol sablonneux et marécageux à la fois ;
— Un climat humide avec des étés chauds et secs ;
— Et conséquence de tout cela une alimentation pauvre pour les animaux.
Ces points nous paraissent essentiels car ils expliquent à eux seuls toute la maladie. Nous ne les perdrons pas de vue tout au long de ce travail.