LES SYMPTOMES
. La maladie peut être divisée en trois périodes : 1° Une période de début :
La caractéristique de cette période, c’est le pica. En effet, l'animal, dès qu'il est atteint, recherche le bois mort et en décomposition : branches de pin dans la forêt, planches pourries autour de la maison. À la prairie, les pailles nourries, ayant subi l’action de l’eau, des moisissures, des lichens. La verdure est toujours refusée, la paille de froment ou de seigle au contraire avidement ingérée. me
Si on lui présente de l’eau, il refuse de boire. Le propriétaire lui fait alors absorber de force, à la bouteille, des litres de tisane de grains de seigle dont 1e rôle serait, paraît-il, heureux.
La sensibilité est accrue au niveau du flanc droit, dans la région de l'hypochondre, le long des côtes, de la ligne des fausses côtes, vingt centimètres au-dessus du sternum. Ceci paraît correspondre à une douleur de l'estomac.
Le rumen se montre dur, tassé à la palpation. D'ailleurs l'animal rumine peu : c'est un symptôme d’indigestion chronique.
Les excréments sont très secs, feutrés, brun foncé en surface.
Extérieurement on observe un voil terne, sec, hérissé. Les muqueuses de même aue la démarche, restent normales.
A cette période, si l'animal est transporté dans une région au sol différent, par exemple les rives de l’Adour, il guérit dans un délai de un mois.
Période d’état :
Après le bois et la paille du début, l’animal recherche les morceaux de tuile, de brique, de mortier, de plâtre, les os: surtout. D'où fréquemment on assiste à des complications de péricardite traumatique.
k POS, E 282
Nous rapportons ici le cas d’une vache bretonne âgée dé 12 ans que nous avons observée et dont nous avons fait l’autopsie. A la période d'état du dépérissement, appelé dans le pays « Ensec », c’est-à-dire que l’animal « se sèche », « se dessèche », cette vache pleine de 8 mois a manifesté des signes de péricardite : gonflement des jugulaires, œdème du fanon, alternatives de constipation et diarrhée, exsudation péricardique avec accélération du cœur, plaintes, etc. L'animal a mis bas en temps voulu, mais dès ce moment son état a rapidement empiré, La quantité de lait était faible et auinze jours après la naissance du veau, la vache est morte dans un état extrême de cachexie.
L'’autopsie nous a permis de découvrir dans le rumen une tête de fémur et de nombreuses esauilles osseuses dant l’une était à la base de la péricardite.
S'il ne se produit pas de complication comme celle dont nous venons de parler, la maladie suit son cours : l’animal ne boit toujours pas, l’amaigrissement s’accentue, les excréments sont rejetés en pelotes, souvent recouvertes de mucus. Mis au pacage au printemps,.dans des pâturages d’herbe tendre: foin ou trêfle incarnat, il n’accente nas volontiers l'alimentation ge choix qui lui est offerte. Quatre à cina jours, il reste sans rien brouter. Puis étant en troupeau, peut-être par esprit d’imitation, il arrive parfois qu’il prenne quelques brins d'herbes. S’ii en est ainsi on constate alors une amélioration. Hélas, le plus souvent, l'appétit reste nul..
La peau manque de souplesse, le tissu conjonctif ayant complètement disparu. L'œil est enfoncé, mais les muqueuse restent normales. Le poil hérissé, sec, long, mort, fait pense en toute saison au poil d'hiver : on dirait que l'animal ne change pas de poil. La muqueuse du museau a perdu son humidité : « Le nez ne sue pas » disent les paysans. À cc moment l'animal est condamné et ne pourra être récupéré.
Parfois, chez les animaux de travail, on observe des vertices, des chutes brutales vendant l'effort et l'impossibilité de se relever pendant deux ou trois heures. Pourtant, il n’est pas observé de lésions cardiaques.
3° Période terminale :
La diarrhée apparaît, la maïgreur s'accentue. En quelques jours, ne mangeant ni buvant, épuisé, squelettique, l’anirnal ,
meurt.