‹ Le Dépérissement de la Vache LandaiseChapitre 7 sur 9 · RS PIE · texte numérisé non relu

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méables pour les eaux de pluie. Celles-ci les traversent en quelques instants entraînant avec elles tout ce aui peut être précipité ou dissous. Aïnsi dans une région à climat marin, où les précipitations atmosphériaues sont assez importantes pendant l’automne et à la fin du printemps, nous avons un terrain lavé où les quelques matières qui pourraient être assimilées par la volante sont rapidement entraînées dans les couches profondes jusqu’à l’alios.

2° La carence en sels minéraux :

La chaux n'existe qu’à l’état de traces. Or, chacun connaît l'importance du Ca pour la végétation et la vie des animaux. Les bonnes terres fertiles possèdent pour la plupart, une réaction légèrement alcaline dûe à la présence de calcaire ou

carbonate de chaux. Celui-ci a un triple rôle : ÿ E

— Une action physique : il se dissout dans l'eau chargée d’acide carbonique et avec l'argile et l’humus forme des agrégats plus ou moins faciles à émietter, ce aui rend la terre meuble.

— Une action chimique : il joue un rôle d’intermédiaire entre les engrais et le sol en leur faisant prendre la forme la plus favorable à leur utilisation par les plantes.

— Une action physiologique : par suite de l’alcalinité qu’il communique au sol, il engendre un milieu favorable au développement des actions microbiennes dont la terre arable est le siège, en varticulier à la nitrification des matières organiques azotées et à la fixation de l’azote atmosohérique par Îles bactéries spéciales (azotobacter)

Les causes de la décalcification :

La principale cause de la décalcification est la solubilité du carbonate de chaux dans l’eau chargée d’acide carbonique. Il se trouve alors entraîné dans les couches profondes par les eaux d'infiltration. Plus un sol sera fumé, plus il renfermera d’acide carboniques provenant de la combustion des matières organiques et plus les eaux de pluie dissolveront le

calcaire sous forme de bicarbonate de chaux. On voit combien

rapide sera, dans nos régions, la décalcification avec un sol très riche en matières organiques, et le régime des pluies. D'après les experts, dans la région sableuse de la Lande, il faudrait répandre tous les 3 ou 4 ans, 1.000 à 1.200 kilos de chaux vive ou de marne par hectare.

Une deuxième cause, c’est l'application d'engrais salins sulfate d’amoniaque, sels de potasse, nitrate de soude, qui par suite de doubles décompositions mobilisent environ leur propre poids de calcaire.

D'après M. BRIOUX, Directeur de la station agronomique de la Seine-Inférieure, en totalisant ces diverses causes de déperdition de carbonate de chaux, on a trouvé aw’il s’en perd en moyenne annuellement, par les eaux d'infiltration, de ‘0ù à 800 kgs par hectare. En culture intensive, cette perte peut atteindre 1.000 kgs par hectare. A combien l’évaluer alors dans Ie sol qui nous intéresse ?

Mais la chaux n’est pas le seul élément indispensable à Ja végétation et donc aux animaux. Il est d’autres sels : Ms, K I, P20s, Na Cr Fe, Mn, etc. qui, quoiqu’en quantité infinitesimale, jouent un rôle de premier plan. Or, ils n'existent pes dans ces terrains, même à l’état de traces. La vreuve de leur action heureuse nous vient des animaux aui vivent en bordure de la mer. Soit qu'il s'agisse de vaches bretonnes élevées sur le littoral, soit qu'il s'agisse de troupeaux à demi sauvages qui vagabondent entre la mer et l'étang de Biscarosse, aucun de ces animaux ne dépérit. Seulement, nous les vovons se désaltérer dans les courants où les marées se font sentir, nous les voyons aussi boire de l’eau de mer. Ils trouvent donc dans cette eau les éléments qui leur manquent et leur effet est salutaire. Or, l’eau de mer est riche en I, CI, Na et tous les sels y existent en plus ou moins grandes quantités.

Aussi, la carence en sels minéraux nous semi cause majeure du dépérissement.

sie-t-elle la

3° L’acidité des terres :

Comme nous l’avons vu, le sol est acide. Et cette acidité a un double rôle. Elle influe sur la végétation et sur l’eau qui n’est que le reflet du sol avec un pH variant de 5 à 6.

La végétation, faite presque uniquement de plantes acides : oseille, molinie, spergule, bruyère, jointe à une eau acide, n’aurait-elle pas une action irritante sur le tube digestif ? CHABERT ne dit-il pas en effet aue « l’action du ronger » est un symptôme d'irritation chronique de l'intestin et de l’estomac ?

Il est certain que si l'acidité des plantes et de l’eau n’est pas

la seule cause du principal symptôme, le pica, son rôle est cependant incontestable.

4° Par la pauvreté des fourrages qu’il nourrit :

Déjà DUPONT, en 1859, remarquait « aue sur le sol imperméable constamment baigné par les eaux en hiver, les aliments récoltés sont de qualité très inférieure, peu nourrissants ei qu'ils concourent par conséquent à affaiblir l’économie, vu leur double caractère d'insuffisance nutritive et de mauvaise qualité » .

Il est évident aue les plantes acides poussant dans la forêt jointes à la paille de seigle, au fourrage de maïs sec et au foin des prairies que nous avons déjà examiné, constituent une alimentation des plus pauvres. Seul le trêfle incarnat vert permet-il au printemps de revigorer les animaux. Mais il est administré en faible quantité, la maïeure partie étant réservée pour l'hiver après dessication.

L'eau :

En plus de son acidité, l’eau peut agir par ses impuretés. Nous avons signalé, dans l'étude des nappes aauifères, qu’elle était bactériologiquement très imoure en raison de la richesse en humus à la surface du sol et la filtration facile à travers les sables grossiers. Le paysan, très observateur, donne pour raison de la maladie « les eaux ». Il a même constaté parfois que l’abreuvement à telle mare ou tel muits était favorable à la santé de l’animal. =

Nous ne ferons pas de l’eau le seul élément susceptible de déclencher les symptômes, mais nous conviendrons, qu’absorbée par un organisme déià déficient, elle contribue à leur évolution tant par son acidité que par ses impuretés.

Le climat :

Comme nous l'avons vu, la maladie sévit surtout aux périodes sèches : février-mars et en été. Cela veut s'exvliquer par l'absence d’herbes tendres et fraîches, riches en vitamines, par une alimentation ligneuse et nullement nutritive.

Le rôle des fourrages verts est prouvé par les deux faits suivants :

— On ne trouve pas de malades au printemps, au moment où pousse le trêfle incarnat, ni à l'automne, quand les premières pluies favorisent à nouveau la végétation.

— Les animaux malades, mis dans des champs de trêfle incarnat, guérissent s'ils ne sont pas trop atteints.

Telles sont les principales causes du dépérissement de la vache landaise. Ces causes sont graves puisque intimement liées au sol. Nous allons essayer cependant d'indiquer les

remèdes à apporter.

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