LE TRAITEMENT
Prophylaxie :
/La maladie étant difficile à guérir, pour ne pas dire impossible, le traitement sera avant tout d'ordre prophylactique ii faut modifier le sol puisque la cause est en lui. Le chaulage et les engrais nous semblent tout indiqués pour cela.
Le chaulage est une nécessité pour toutes les raisons que nous avons exposées. Il faudra chauler à forte dose et souvent : 1.000 à 1.200 kilos par hectare tous les deux ou trois ans disent les spécialistes. Mais au point de vue économique, le paysan retrouvera-t-il dans ses récoltes les frais qu’il entreprend par ce travail ? Certes, la végétation sera très améliorée, les animaux seront moins rapidement atteints, maïs cela reviendra très cher. Aussi nous demandons-nous s’il ne serait pas plus indiqué d’agir de la manière suivante :
Chaulage de base à 500 kilos l’hectare, puis préparation de fumiers où l’on mettrait une couche de fumier, une couche de . chaux, une couche de terre et ainsi de suite. En laissant cela en tas pendant 10 mois à un an, la nitrification des matières organiques se ferait et l’on porterait à la terre de l’azote direc- - tement assimilable par la plante.
Ce procédé était autrefois très en honneur dans toutes ces régions. Le manque de main-d'œuvre l'a fait peu à peu disparaître. Dans les rares endroits où nous avons pu l’observer, les résultats heureux étaient évidents.
Les engrais : comme nous l'avons dit, il faut éviter les engrais salins. Les nitrates de chaux, phosphates de chaux, scories, nous paraissent parfaitement indiqués. Ils permettent en effet, sur les terres ayant déjà recu fumier et chaux, de doubler ou tripler le rendement. Les doses favorables sur ces terrains seront de 500 kilos à l’hectare.
Tels sont les deux principaux remèdes qu’il nous paraît à essentiel d'apporter au sol.
Nous pouvons aussi agir en modifiant le mode d'élevage et les cultures :
La vache landaise reçoit en effet matin et soir, soit un peu de foin ou de trêfle incarnat, sec, soit de la paille de seigle hachée avec du seigle vert. Ensuite, elle’ vagabonde toute la journée dans les pins, sur un sol pauvre s'il en est.
Ainsi, à la valeur nutritive déjà réduite de l'alimentation reçue à l’étable, s'ajoutent des herbes de valeur alimentaire encore moindre. Il serait donc heureux de supprimer ces séjours prolongés dans la forêt et de conduire les animaux dans des prairies ayant reçu les assolements nécessaires. Aïnsi serait supprimée l’action néfaste des bruyères, fougères, molinie et autres plantes acides. Mais ceci est une véritable révolution : porter de la chaux et des engrais aux prairies, ne pas envoyer les bovins dans les pinèdes, c’est trop pour le paysan qui est routinier.
Modifier les cultures consiste surtout dans les deux faits suivants : saler les fourrages, intensifier la culture du topinambour.
Le foin et le trèfle, coupés trop tard, au moment où les graines sont déjà formées, perdent par ce fait une partie de leur valeur alimentaire. De plus, ils sont séchés longuement et les feuilles, en particulier celles du trèfle, tombent sur le sol. Or, la feuille est l'élément nutritif et du rapport feuille sur tige dépend la valeur alimentaire du fourrage. Ainsi, par ce procédé ancien, nous :n’avons qu’un foin ligneux, grossier, poussiéreux, alors que nous pourrions par le salage, en particulier, obtenir une alimentation de choix.
Le foin de trèfle incarnat, coupé dès le début de la floraison, serait légèrement séché, conservant ainsi toute ses feuilles, puis salé. À la valeur alimentaire acctrüe par le moment de la fauchaison et la présence de feuilles, s’ajouterait le rôle heureux du sel. Il est constaté en effet que les animaux atteints de dépérissement auxquels on donne à lécher des blocs de sel gemme, ne voient pas leur état s'aggraver. Le Na CI ne peut qu'’augmenter l'acidité du tube digestif diront certains. Mais sans doute ce sel, plus ou moins impur,
ja a-t-il pas ses autres éléments une influence semblable à celle de l’eau de mer. On voit ainsi l'avantage qui pourrait être tiré de la salaison des fourrages.
Augmenter la culture du topinambour. Depuis la guerre, le topinambour s’est propagé dans nos sables. Les terres acides lui plaisent et sa valeur alimentaire étant sensiblement égale à celle de la pomme de terre, nous ne saurions trop le préconiser. Aux doses de 2 à 3 kilos par 100 kilos de poids vif, il serait un appoint appréciable.
Mais la prophylaxie n’est pas seule possible. Il faut aussi guérir les animaux atteints.
Traitement curatif :
Celui-ci n’a donné quelques résultats que sur les animaux traités aûx premiers symptômes. Une amélioration a été parfois constaté par les procédés suivants :
— Administration de poudre d'os à des bretonnes en état de gestation ou lactation. Elle apporterait le ‘Ca aui fait défaut.
: — Dissolution dans l’eau de boisson de bicarbonate de soude qui diminuerait l'acidité de l’eau et de l’anpareil digestif,
— Alimentation faite de fourrages provenant d’autres régions riches en calcium.
— Le sel gemme, à la dose de 30 gr. par jour arrête l’évolution de la maladie sans la guérir.
En fait, il n’est qu’un seul remède efficace : c’est le changement de région, le transport sur des solsf de nature tout à fait différente, en particulier sur les rives de l’Adour. Celles-ci sont un mélange, dans des proportions aui varient peu d’un point à l’autre, d'argile, de sable quartzeux assez grossier, c’hydroxyde de fer et d’une petite quantité d'oxyde de manganèse. Le limon sableux qui en résulte est de couleur jaune brunâtre, quelque fois rouge, toujours jaspé de gris et offrant par places des taches d’un noir bleuâtre, qui accusent la présence de ce dernier oxyde. Sur quelques points où il s’est concentré, il constitue de petites concrétions de forme sphéroïdale.
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L'analyse de ces sols nous a donné la composition suivante :
Analyse mécanique I ù Il
Ar Silent A ANR tee NI RENE 4,4 6,4 TAMON AMEN SEE RATES 29,2 26,8 Sa DIE LIL AT TRTAS ENREE EN RER ER 36,6 44,1 SADIC SETOST AL HENRI RARES 29,8 22 DEL S PLRANRA TARN RTE RE CREER CS 6,78 6,70 CHROMOtALARTEETS EME AAMRrESe : Traces 0,17 FUMUS MAP MOST 0,61 0,36
Ce qui diffère donc surtout de la région sableuse c’est :
— La richesse en limon. :
— La plus faible proportion de sable surtout de sable gros qui est réduite des 2/3.
— La présence de sels de Fe, de manganèse.
Le sol reste toutefois acide et ne contient que peu de chaux. Cependant un séjour de 1 mois, 2 mois au maximum suffit pour que les: animaux malades soient complètement rétablis. Quelles seraient les causes de cette guérison ?
C'est que, dans ces régions, la végétation est tout à fait différente. Plus de bruyères, plus de, fougères, plus de molinie, mais du trêfle des prés, des Luzernes, des vesces et toutes les graminées fourragères : dactyles, paturins, fétuques, avoires, etc forment la base des pâturages. Le trèfle violet, le maïs fourrage, la paille de blé sont journellement administrés à l’étable. Ainsi, l'alimentation est considérablement améliorée tout au point de vue valeur alimentaire que vitaminique.
Le sol de son côté, bien que pauvre en Ca, apporte les éléments catalytiques indispensables à sa fixation. Avec les:vitamines contenues dans les fourrages, ils favorisent l’assimilation du calcium et maintiennent ou ramènent à un taux normal le rapport Ca nécessaire à l’organisme.
Le rôle des eaux ne saurait être dédaigné. A l’eau des puits dûment filtrée par les couches argileuses et limoneuses, il faut ajouter les eaux de l’Adour dont le cours traverse des terrains bien différents du point de vue géologique.
On voit ainsi combien nous sommes loin des eaux acides et impures de la Lande.