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Les mouvements séculaires. — En nombre de heux on a observé que le niveau marin varie lentement sur les rivages. Des ports, autrefois profonds, Mnt aujourd'hui loin do In mer. Ailleurs, des "ifîces, construits certainement Jiors de la por- ^ des vagnes, sonl maintenant submergés. Ces l^ouvements lents sont appelés mouvements sécu- •sires du sol. On pense que c'est le sol qui s'élève ^' s'affaisse, et non la surface océanique, parce T^ on admet la fixité de l'axe du globe.
Depuis que Constant Prévost et Lyell ont mon- ^6 la réalité et l'importance des actions lentes en géologie, quelques géologues français, à peine, ^nl restés fidèles à la Ihéorie des eatacl^staes.
On admet généralement que les oscillations lentes du sol ont permis Taccumulation des sédiments au fond des mers, et ont relevé les roches d'origine marine jusqu'aux hauteurs, parfois considérables, où on peut les observer. On a vu (1) des couches à fossiles marins à des élévations de plus de 2,400 mètres dans les Pyrénées, de 3,000 mètres dans les Alpes, de 3,900 mètres dans les Andes, de 5,400 et même d'après le colonel Strachey de 5,600 mètres dans T Himalaya. Les mouvements lents du sol sont l'une des bases de la géologie ; ils expliquent la formation des roches, leur superposition dans Tordre naturel, la conservation de l'horizontahté dçs couches, et même leur obliquité ou leur renversement. On a tendance à admettre qu'ils durent, incessants, depuis les époques les plus anciennes et qu'ils s'exercent sur tous les points de ce qu'on nomme la croûte terrestre. Enfin, quand on se trouve en présence d'une multiplicité de couches distinctes, marines, lacustres, à faunes et à flores diverses, intercalées, on ne recule pas devant la conception des immersions et des émersions répétées.
Tout ceci ne manque pas de logique. Il s*agit simplement de savoir quelle force plongerait lentement les continents sous les eaux, et les relè-
(1) Lyell, Eléments de Géologie^ 6« édît., i'p vol , page 6.
verail pour les plonger encore. Sur ce point, la plupart de géologues se taisent.
Quelques-uns, à la suite de Berzelîus, disent que les oscillations lentes du sol sont causées par des accidents de ruptures dans les couches intérieures du globe, ou des tassements, ou parlent de phénomènes de nature volcanique. Qu'à la suite d'une rupture, ou d'un tassement, ou de l'omission d'une fonte quantité de lave, un point déterminé de la surface du globe puisse s'abaisser au-dessous du niveau de la mer, qu'à la rigueur ce mouvement eoit lent, et dure quelques milliers d'années, ceci est concevable. Mais coniment le terrain immergé se relèvera-t-il ? Et comnient le double mouvement d'immersion et d'émersion pourra-t-il se reproduire le nombre de fois nécessaire pour donner l'explication du nombre des couches superposées? Notons encore qu'il ne s'agit pas d'un point exceptionnel, mais de presque toute la surface des terres, — sans compter ce que la mer nous cache.
Lyell (1) voyait la cause des variations du niveau du sol dans des modifications hydro-thermiques ou des liquéfactions et des solidifications de roches qui s'accompliraient dans les profondeurs du globe. De telles forces sont aussi hypothétiques
48 LES MOUVEMENTS SÉQULAIRES.
que les précédentes, et les mêmes objections leur sont applicables. Lyell lui-même ne paraissait pas croire beaucoup à leur efficacité.
En somme la science est restée impuissante à dire la cause des variations lentçs du nivoau du sol, — parce qu'elle est entrée dans une impasse, parce que admettant la fixité de Taxe, il faut faire osciller uniquement les assises solides du globe.
Je crois pouvoir, par l'étude de Tensemble^des mouvements séculaires et par l'étude de quelques particularités présentées par ces mêmes mouvements, montrer que les océans ont la plus grande part dans les oscillations, et que les dénivellations lentes sont dues au déplacement de Taxe terrestre.
Lieux et sens des mouvements séculaires. —
Dans rénumération qui va suivre, j'ai pris pour guide principal le remarquable travail de M. Elisée Reclus (1) ; j'ai pris accessoirement des renseignomcnls dans les ouvrages de Lyell, Ancienneté do l'homme el Principes de Géologie; de M. Dar\vin, Voy/iffo d'un naturaliste ; dans les tiullotins de la Société de Géographie ; dans les ijuuvros (lo MM. Delesse, Le Gras, Gifard, Bourlot, luMiU^ji'au, Maury et Sonrel ; enfin, dans les trai-
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