ZONE BORÉALE
tés de géographie- de MM. Malte-Brun et (îrégoire.
Beaucoup d'observations , malheureusement , sont données et répétées sans preuves à Tappui, ou accompagnées de preuves insuffisantes. Il ' n'est pas rare que les preuves alléguées soient au-dessous de Tinsuffisance. Ainsi, des auteurs disent : « La preuve que telle région est en voie de soulèvement, c'est qu'il y a des fossiles au sommet de ses montagnes. » On comprend que les pays en voie d'affaissement possèdent généralement aussi des fossiles au sommet de leurs montagnes .
ZONE BORÉALE. — L'Écosse ost OU voic d'émergence. Ce fait est prouvé par la muraille d'Antonin, dont chaque extrémité est à 8 mètres environ audessus du niveau de la mer ; — par la situation reculée dans les terres des anciens ports romains d'Inveresk et de Cramond (Alaterva) ; — par des plages à coquilles marines d'espèces littorales vivantes, élevées au-dessus des flots ; — par les canots, les ancres, les squelettes de baleines, etc., retrouvés loin des rivages actuels. Quelques auteurs donnent comme preuve de l'émergence présente du pays de Galles les coquilles d'espèces septentrionales découvertes à plus de quatre cents mètres de hauteur proche de Snow^don. Ce dépôt doit être rapporté aux temps glaciaires \ une telle
preuve n*est donc pas recevable. D'après M. Robert Chambers, les lignes des plages soulevées en Ecosse seraient toutes sensiblement parallèles au niveau de la mer. En somme, il est certain que rÉcosse émerge, mais il n'est pas certain que l'ile de la Grande-Bretagne tout entière soit en voie d'émergence.
La péninsule Scandinave est peut-être le lieu du globe le mieux étudié au point de vue du sens actuel des mouvements séculaires. Les dénivellations y ont été notamment observées à l'aide de marques de niveau inscrites sur les rochers. Prise dans son ensemble, [la péninsule émerge, mais d'un mouvement d'autant plus irrégulier qu'on s'écarte davantage de la principale chaîne de montagnes. Des travaux du professeur Keilhau, de Christiania, il résulte que la côte de Norvège, du cap Lindeness jusqu'à la forteresse de Wardhuus, plus loin que le cap Nord, émerge avec lenteur et uniformité; les terrasses soulevées gardent une hauteur uniforme au-dessus de la mer sur toute la longueur du rivage. Les terrasses seraient un peu plus hautes à la côte sud-est, dans le golfe de Christiania. Les bords du golfe de Bothnie se soulèvent inégalement. Au nord du golfe, les apports des rivières limoneuses masquent le mouvement réel des terrains. C'est ^ur la côte de Suède, vers Gèfle, qu'on aurait observé le soulè-
vemonl le plus rapide ; il sernil compris entre 60 el 90 cenlimélres par siècle. A Stockholm l'émergence ne serait que de 15 millimétrés par siècle; àSndertelje, situé très-près de Stockholm, el au sud, le rivage est depuis très-longtemps immobile. La côte de Finlande, â l'est du golfe, émerge avec une grande lenteur, comme le prouvent de gros pins et des chênes dont quelquesuns, âgés de quatre cents ans, croissaient assez prés du bord de l'eau. Enfin, la partie la plus méridionale de la péninsule, la Scanie, a plusieurs de ses points en voie d'immersion.
Le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble ont jnequ'à la hauteur de 45 métrés au-dessus de la mer des plages à coquilles d'espèces littorales vivantes.
L'émergence de toute la côte de l'océan Glacial, qui s'étend tie la péninsule Scandinave jusqu'aux environs de l'archipel de la Nouvelle-Sibérie, est Irès-admissible. Jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres à l'intérieur des terres, on trouve des coquilles d'espèces littorales vivantes et des débris de bois que la mer jette à la côte. L'ile Diomida, reconnue en IIGO par Chalaourof, n'était déjà plus qu'une presqu'île lors du voyage de Wrangell ; mais il se peut que l'isthme soit un produit des limons de la Lena.
M. Bourlot admet que le reste des côtes de
l'océan Glacial est en voie d'immersion. Il es certain qu'une partie de la côte sud-ouest d Groenland s'imnierge; les pieux d'attache de embarcations disparaissent sous l'eau ; on recul les cabanes. Partout ailleurs les observations fon défaut. Un voyageur arrivant sur une côte désert y trouve facilement des signes de l'émergence mais dans le cas d'immersion, où trouver de
signes? L'absence des signes d'émergence ren' l'immersion plausible.
Je dois cependant dire qu'en certains point de la côte nord-ouest du Groenland, de la Terr de Grinnel et d'autres îles, on a cru voir dan l'existence de terrasses superposées la preuv d'un mouvement actuel d'émergence. Ces ter rasses, anciens rivages, existent aussi bien ei plusieurs lieux qui sont en voie d'immersion.
RÉGION MOYENNE DE l'hÉMISPHÈRE NORD. — Lc
côtes occidentales de la France obéissent à u mouvement général d'émergence. D'après M. d Quatrefages, l'anse de l'Aiguillon s'étendait, il a deux mille ans, jusqu'à Niort. La péninsul d'Arvert, le pays de Marennes, furent des archi pels. Brouage fut un port et La Rochelle . étai située sur une presqu'île. Les cales dea vais seaux creusées à Rochefort au temps d Louis XIV se sont, d'après M. Babinet, élevée de plus d'un mètre.
■ ^COtES DE FRANCE. 53
La côte du Portugal émerge probablement aussi. On a cessé de construire des vaisseaux de ligne à Seixal, parce que Teau n'est plus assez profonde.
Sur les bords de la Manche, plusieurs points du rivage français s'immergent. Le monastère du Mont Saint-Michel, bâti en 709, en terre ferme, est aujourd'hui situé sur une presqu'île qui menace de devenir une île. D'après M. Bonissent, la mer gagne dans la baie de la Hougue et le havre de Carteret. A l'embouchure de la Somme, quelques tourbières ont baissé jusqu'audessous du niveau marin. Mais d'autres points du ^ème rivage sont en voie d'émergence, comme fe montrent des plages à coquilles récentes situées notablement au-dessus des plus hautes marées.
Plus loin, sur les côtes des Flandres et de la Hollande, les signes de l'immersion sont nombreux et célèbres ; il me suffira de citer l'enva- Wssement du pays de Dordrecht par la mer et la transformation successive des marais du Zuyder- 2éeen lac, puis en golfe. Les digues élevées sur les côtes sont les preuves de l'affaissement du ^1- Mais, chose digne de remarque, les lieux qui s'affaissent le plus sont voisins des embouchures ^es fleuves. Le terrain d'alluvion tasse. Aussi, ^vec Staring, plusieurs savants pensent-ils que la dépression des terrains est produite par le poids
- . ■ • '■■:''''.V'i'i3l 54 LES MOUVEMENTS SéCULÂtRBB.
des digues et des édifices, le passage des chariots, des hommes et du bétail.
Presque tous les auteurs veulent que le Holstein, le Sleswig et le Danemark soient en voie d'immersion. Le principal argument consiste en ce qu'en divers points on a découvert les restes d'une forêt qu'aujourd'hui la mer recouvre.
L'existence de forêts sous-marines ne prouve pas nécessairement une immersion récente. Ainsi, la forêt de Cromer (Norfolk) végétait à une époque extrêmement ancienne, antérieure très-probablement à la dernière époque glaciaire. Il y a des ossements de Yelephas meridionalis, de l'e/ephns antiquus, du mammouth^ du rhinocéros etruscus, de Yhippopotamus major, etc. Que sur le rivage occidental du Sleswig, au fond du port de Husum, on ait trouvé dans la forêt sousmarine un tombeau de l'âge de la pierre, — ne prouve pas mieux que l'immersion soit récente. L'homme existait bien antérieurement à la dernière période glaciaire ; et, durant ce qu'on appelle l'époque humaine, il s'est produit des mouvements séculaires du sol de sens opposés ; — à preuve la hutte de bois do Sodertelje, proche Stockholm, dont le foyer, maintenant au-dessus du niveau do la mer, fut cependant recouvert d'une épaisseur de 18 mètres de couches marines.
Au demeurant, les Kjôkkenmôddings démon-
trent que depuis très-longtemps le Danemark n'a pu éprouver un abaissement sensible (1), Ces s de coquilles, restes des repas d'hommes antérieurs à l'âge des métaux, se retrouvent presque tous encore à une hauteur de quelques pieds au-dessus du niveau de la mer,
es côtes méridionales de la Baltique présentent, comme les côtes méridionales de la mer du Nord, divers points qui s'affaissent. A l'embouchure de la Schlei sont les ruines d'un vieux château que la mer recouvre. Dans le détroit de Fehmarn on voit les débris d'une muraille anûienne. A l'embouchure de l'Oder, une ancienne péninsule n'est plus qu'une barre devant le port de Swinemunde. L'église de Sainl-Adalbert, eonstruile vers la On du xv' siècle, assez loin du nvage, monire maintenant ses ruines à la pointe de Samland, au milieu des vagues, 1) est bon d'ajouter que M. Vogt et d'autres savants expliejuent ces différents faits par des aciions de tassements et d'érosions.
Les rivages de la Méditerranée, pris dans leur ensemljle, présentent le mouvement d'émergence.
L'émergence la plus rapide parait se produire liane les régions orientales de ce bassin, notam-
^p'ri 'i'j S-v^f-^ N'-vs , ::r Milec ^:^es de PaIâ'.sL&i.
for- :'•';-. -. -•* -er rîv^^-e, se îr^.*nvest mainte^^ant for*. ,'.,';: 'Ih:.'. ]'.'::Vrrie'ar des terres. Ephèsee&t à 2 J^r-.o-. 0^: ]^ rrjer. D^jà &n îenîps de Sîrabon Vn'::i': <-*A,'l r^rcul'^r de 7 kiloniêîres- Le lac de C^j/ri'j, pf';.-: de Salalie, ne forme plus qu'on îuhmh; j] était anciennement fort grand et-s'ouvrii^ - "jr ];> M^-diterranée. Les terres gagnent vîsi- \,hiîfif:ui rjir Yf:hu dans le golfe d'Iskanderoon (\Ur/.stu'lrf:Uf:), L'ile de Tjt s'est soudée au continfrfil. Kfi oulre, les plages soulevées, à coquilles réc^îfiUj.;, Koril fréquentes sur les bords de la Svric', do TAsio Mineure, de la Thrace et des îloîi /r/oir:in;inle:-;. Certaines iles de la mer Egée fco ?.ont unios ontro elles ; les deux moitiés de I/!:iho?',, Iki;« ot Anlissa, ne font plus qu'une seule it'.rvt'.. l>'/Hjln;H ilos se sont réunies à la terre Inr/d'î.
^Mpondrint, on a signalé des affaissements en fU'wy, points drî la ('ôto de Syrie, sur presque l,oul,n la tiutf^i) du dolla du Nil et à Textrémité onniil/drî iU) l'iln d(j flrùlo. Sur la côte de Syrie, nu vniL a IJnyroulh une tour qui va s'enfonçant d/iiH'. l'n/iii, ni |)rÙH dn flnsnroo (Kaïsarieh) des rnt.iMfi dn lurLillcalinnH rocouvorls par les vagues.
Au délia du Nil, diverses constructions sont suhmergées dans le lac de Menzaleh, diverses autres (îans le lac d'Aboukir ; aux environs d'Alexandrie (les excavations que l'on croit avoir été pratiquées pour des sépultures, sont aujourd'hui visitées par les vagues. Relativement à l'île de Crète, on ne possède, je crois, d'autre document que l'affirmalion du capitaine Spratt rapportée par Lyell (1) ; Vile se serait soulevée par sa partie occidentale de façon à mettre à sec d'anciens ports, et affuis- 6ée par sa partie orientale « au point qu'on voit maintenant soug l'eau les ruines d'anciennes ïBIês ». L'action de tassement expliquera plu- BÎeiira, au moins, de ces subsidences. Peut-être, ■ponr les autres faudra-t-il admeîlre que les terrains dans leurs mouvements séculaires forment des plis et les effacent. Et le phénomène du plissement s'accorde très-bien avec la théorie du décernent de l'axe, puisque les courbures terreslres augmentent et diminuent et qu'ainsi les Couches superficielles du sol deviennent trop ^ndes ou trop petites pour la surface à recouvrir.
Les signes de l'émergence de la côte africaine de la Méditerranée abondent aux environs de 'aniB, Lea ports de Bizerte, d'Utique, de Car-
(i| AMieanfl.- rfe l'homme, Pnvis, 1870, page 197,
hi
de j iar- j
thage, de Méhadiia sont comblés. Le lac Tritonis, qui formait le prolongement du golfe de Gabès ou petite Syrte, n'est plus qu'un marais séparé de la mer.
La Sicile et la Sardaigne ont des plages à coquilles d'espèces littorales vivantes, soulevées à des hauteurs diverses.
Le midi de la France, très-probablement, émerge. La voie romaine de Beaucaire à Béziers, s' écartant de la mer par une grande courbe, semble avoir dû éviter un littoral bas et inondé. Les lieux voisins de la côte portent tous des noms d'origine romaine; les lieux aux noms gaulois sont plus reculés.
L'ancienne île de Gircé n'est plus qu'un promontoire de la côte de Toscane. Jusqu'à une certaine hauteur, les rochers de la côte sont percés par les pholades, exactement comme les colonnes du temple de Sérapis.
Que l'émergence soit continue du midi de la France jusqu'à la Toscane, cela est acceptable. Mais les grottes de Menton, Ventimiglîa et Noli n'indiquent en aucune manière un soulèvement récent. Quelques auteurs s'appuient sur ce qu'elles auraient été creusées il y a peu de temps par la mer. G'est une erreur. Elles furent habitées par l'homme à une époque extrêmement ancienne, et depuis la mer n'y est pas entrée. Il n'est même
pas certain qu'elles doivent leur origine à l'aclion des vagues. Si on les tenait comme preuve d'une émergence actuelle, ii faudrait admettre que presque tous les pays à grottes sont également en voie d'émergence.
Je ne parlerai pas du temple de Sérapis. On a tout lieu de croire qu'il a été abaissé et relevé par des actions autres que les mouvements séculaires.
Quelques points du littoral de l'Adriatique sont en voie d'affaissement. Ils se trouvent presque tous sur les terrains d'alluvions du Pô ; il s'agirait donc encore d'une action de tassement. Trois points sont sur la côte orientale de l'Adriatique : à Trieste, à Zara et dans l'île de Poragnitza ; — on y voit au-dessous de la mer des fragments de constructions ou de roules.
Les pays qui entourent la mer Noire sont en voie d'émergence. En nomlire de lieux sont d'anciennes plages soulevées avec coquilles d'espèces littorales vivantes. En nombre de lieux, d'anciens golfes se sont fermés, séparés de la mer et transformés en lacs salés ou en marais putrides ; — ces anciens bras de la mer Noire se voient, notamment : dans TÂnatolie au voisinage d'Isnik- Mid (Nicomédie), dans la steppe du Dnieper, en Crimée, sur tout le pourtour de la mer d'Âzof et dans les steppes du Don et du Volga jusqu'à la
mer Caspienne. De même que les habitants du golfe de Bothnie montrent les rochers qui émergent et les terres qui grandissent, — de même aussi les Tatars montrent les promontoires qui gagnent sur la mer et ont la tradition que celle-ci recule.
Mêmes signes d'émergence pour les pays voisins de la mer Caspienne et de la mer d'Aral. Les plaines sont encore imprégnées de sel. Les nombreux bassins fermés de cette région ont conservé la faune marine.
Les travaux de Humboldt et les explorations plus récentes font même admettre que toute la région qui s'étend du pays des Kirghises à la mer Glaciale est en voie d'émergence. La mer Glaciale et la mer Noire auraient été en communication à une époque géologique très-récente.
Les signes de l'émergence se retrouveraient encore à l'extrémité du continent d'Asie. Le» côtes de l'île de Saghalien présenteraient dea lacs et des marais saumâtres, vestiges de golfes. L'Amour a, dit-on, profondément creusé son Ut et a laissé sur les plateaux riverains des restes d'anciens méandres. ^
Ces derniers faits ne me paraissent pas consti-", tuer une preuve. On peut aussi bien trouver des fleuves à berges creusées et à méandres aban^ donnés sur des terres qui s'affaissent. Un fleuvô-
quelconque a tendance à devenir une ligne droite et de pente unilbrme depuis sa source jusqu'à son embouchure. II creuse toujours au moins dans une partie de son cours. Et il suffit que les mouvements séculaires le laissent longtemps agir à la place, pour que les phénomènes présentés par l'Amour se produisent.
Il est possible aussi que les signes du soulèvement de Saghatien soient anciens et que l'ile ait cessé d'émerger.
D'après MM, Swinhoe et de Richthofen, l'archipel de Liou-Kieou et l'ile Formose seraient ea voie d'émergence. J'ignore sur quelles preuves ces auteurs se basent.
Continuant le tour de l'iiémisphère Nord, nous rencontrons, plus loin que le milieu du Pacilîqui l'arohipel Hawaii, lequel, d'après M. Girard, esl BU voie d'immersion. Gomme à la côte sud-ouesl ^ Groenland, on voit aux îles Hawaii la mer, smpiétant sur les rivages, forcer les habitants à i l'Muler leurs habitations.
N Les côtes occidentales de l'Amérique du Nord p «raient en voie d'immersion. M. Bourlot (I) en k tonne deux raisons : les mesures des hauteurs p ■ prises par M. BoussingauU seraient toutes infé- "^ aux résultats obtenus par Humboldt ; —
'') M, Uourlat, si mes souvenirs soni Bïncls, a rlù puiser ces **"< tiisoas dans lo Trail'i de liéoh'iii: de Geudanl:.
et la limite des neiges persistantes semble i ter les pentes. Je crois peu valable la pr raison ; il y a plutôt lieu d'admettre une diff dans les baromètres et les procédés dej observateurs, qu'un affaissement mesurai montagnes effectué dans un temps si coi deuxième raison, si elle était établie si preuves, serait plus convaincante ; cepend pourrait invoquer un changement de D'autres auteurs, se basant sur Texhauss de quelques points du golfe du Mexique, p que l'Amérique du Nord bascule, prena montagnes Rocheuses comme axe, et de manière émerge sa portion orientale et irr sa portion occidentale. Le soulèvement portion orientale du continent est loin d'éti bli ; et la théorie des mouvements sécula bascule l'est moins encore. La meilleure i peut-être, pour croire que la côte occic s'immerge, serait qu'on n'y a constaté e émergence.
Dans la portion orientale de l'Amériq Nord, on voit s'immerger les côtes qui s'éti du cap God au cap Hatteras, ainsi que cei côles de la Caroline du Sud et de la Ge c'est-à-dire presque tout le littoral des Élat bordé par l'Atlantique. Les îles situées à 1' des rades paraissent s'enfoncer; des terraii
mmm
ciennement cadastrés diminuent et disparaissent. On a calculé que le rivage du Delaware perdait 'environ 2 métrés et demi chaque année.
D'après M. Jules Girard (1), il y aurait encore des signes d'immersion sur les côtes du haut Canada et du Labrador. Ces signes ne sont pas foncés.
Région de l'Equateur. — On admet que la pBBte de la Floride émerge, parce qu'elle montre des coraux côliers au-dessus du niveau marin. Je m'expliquerai tout à l'heure sur la sifçnificalion des coraux des différentes espèces.
Une portion de la côte du Texas émerge. Le porl d'indianola a dû être remplacé par celui de Powder-Horn, situé à 7 kilomètres plus près de l'entrée de la baie de Matagorda. Les lieux sbandonnés par la mer offrent des coquillages ■tarins ; il ne s'y agit donc pas uniquement de 'envasement produit par les fleuves.
La région de l'isthme de Panama est très-prooablement en voie d'immersion. On n'y a signalé aucune marque d'émergence. En outre, les faunes l'flrines du littoral baigné par le Pacifique diffèrent extrêmement des faunes de l'autre rivage, '^erlaina cols de l'isthme s'élèvent de moins de "0 niélres au-dessus des océans. Si l'i&thmo
''1 in Soiilèvmenl.<i ot Jp.s Oppressions tlii snl el dr-x côtes, '^*''». 187(1, page Tm.
était en voie d'émergence, il aurait été pi qu'aujourd'hui ; si alors les océans avaieni leurs flots, les faunes des deux rivages i raient point si dissemblables. Le niveau de Nicaragua n'est élevé que de ST^^O ; se^ ne sont pas saumàtres et il n'a pas une marine.
Certaines îles parmi les Antilles s'imme ainsi la Guadeloupe (1). Quelques-unes pei émergent. On dit avoir trouvé récemment, loin dans les terres, une ancre de forme an que même on pense avoir appartenu à Ghri Colomb .
L'archipel du Cap-Vert émerge probabL Le port de Ribeira-Grande , dan* l'Ile de lago, n'est plus assez profond pour recevc navires.
La portion de l'Afrique située au ne l'équateur est peut-être tout entière en d'émergence.
J'ai dit quels signes d'une émergence a se voient sur le rivage de Tunis et au fo golfe de Gabès. M. Eugène Robert aurait o des signes équivalents sur les côtes du Se Le plus vaste delta du globe, le delta de I ou Niger, qui s'étale vers le fond du gi
{i) Gaspari, Revue maritime et coloniale, octobre il
Guinée, à cinq degrés au nord de l'équaleur, me
semble êlre également un signe d'émergence, sinon actuelle, au moins récente. Je ne prétends pas que les deltas se forment uniquement dans les régions qui émergent. Mais on conçoit que l'émergence est une condition favorable à l'agrandissement des deltas. Vraisemblablement elle a âÙBoncourip à la formation du plus important de •cm. Sur le rivage occidental et sur le rivage oriental de la mer Rouge, les signes de l'émergence sont fréquents : récifs émergés, anciennes l^es transformées en marais, plages exhaussées '''anches de sel. Et ce qui montre que le mouve- "lent continue, c'est que le port de Djeddah, situé ïur la côte d'Arabie proche de la Mecque, lequel 'Wevail, il y a peu de temps, les navires de faible •"Onage, n'est plus, d'après M. Lejean, qu'une "■are complètement fermée. Les affaissements de iQelques points du delta du Nil avaient fait croire ?ie l'isthme de Suez était en voie d'immersion ; "S contraire est démontré. Les lacs Amers étaient autrefois un prolongement du golfe de Suez.
«ïiBqne vers la fin des travaux du percement de 'isthme, on pouvait attribuer leur séparation de W fflep Rùuge à l'action des sables transportés par les vents. Mais, en creusant, on a découvert ai sud des lacs le roc solide soulevé au-dessus ■^u niveau marin ; en sorte que, même sans les
Afl^^^^É
snhles. les lacs Amers eussent été séparés de la mer Rouge, Une seconde preuve est celle-ci : Le canal, creusé récemment i>oar amener à Suez l'eau douce du Nil, a suivi vers Chalouf, sur uue longueur de quatre kilomètres, l'ancien canal de Plolémée, lequel foncliojinaîl encore au vm' siècle. L'ancien canal conduisait également l'eau du Nil u la mer Rouge; il n'avait pas d'écluses. Le canal moderne débouche avec une écluse jiaute de 3'"ij') au-dessus du niveau de la mer Rouge.
M. de Lesseps (1) en conclu! à une émergence de '■i"'-')0 effectuée dans un espace de temps minimum de onze siècles.
L'émergence de la portion nord de l'Afrique est encore établie par des signes propres à l'inlérieur de ce continent, l,e Sahara fut une meré une è|ioque géologique récente. Depuis les travaux de MM. Charles Laurent, Escher de la Linth et< Deiop, on juge que la mer Saharienne s'ouvrait; d'une part sur l'Atlantique en face des Canaries; — d'autre part sur la Méditerranée dans le golfe de Gabès. Les sables du Sahara sont identiqut à ceux des rivages africains; ils contiennent des coquilles marines d'espèces qui vivent sur les eûtes. On trouve notamment le cardiuin eduk jusqu'à 275 mètres sur les collines sablonneuset*
IXDE. «7
Ainsi s'expliquent la faune el la flore des régions de l'Atlas , si distinctes de celles du reste de TAfrique.
Les traditions des Hindous remontent plus haut et sont plus sûres cjue celles des peuples de l'Europe. D'après elles, la côte sud-ouest de Tlnde serait en voie d'émergence. Verouna, le dieu de
la mer, aurait, il y a 2300 ans, ordonné aux flots d'abandonner la plaine de Malayala , laquelle s'étend entre Mangalore et le cap Comorin. Les mêmes traditions affirment l'émergence de la portion méridionale de l'île de Ceylan.
Ceylan est presque reliée à l'Inde par un chapelet d'îlots, d'écueils et de langues de sable qu'on appelle le Pont d'Adam, ou le Pont de Rama.
C'est par cette voie, en partie submergée aujourd'hui, qu'Adhima, TAdam de la légende hindoue, serait sorti de l'Ile de Lakan ou Ceylan, le paradis terrestre. A l'époque où Rama fit la conquéle de Ceylan, l'isthme aurait servi au pagsage de l'armée du singe Hanouman. Un fait plus sérieux est celui-ci : l'ile de Rameseram, la plus considérable des îles intermédiaires, lieu d'un pèlerinage célèbre, était encore il y a trois siècles une péninsule de rinde. Les érosions marines suffiraient à expliquer les disjonctions produites. Il se peut qu'il s'agisse d'une immersion réelle, mais cerlainemeut l'immersion n'est pas imporlanle, car Ceylan
a une flore et une faune assez différentes de la llore et de la faune de l'Inde pour qu'on puisse affirmer que depuis très-longtemps les deux terres n'ont pas été véritablemenl réunies,
La partie inférieure du bassin du Gange émerge; elle émerge peut-être avec plus de rapidité que la partie supérieure du même bassin. Le Cooay, le Mahanady, le Soane, aftluents du Gange, déplacent constamment leurs embouchures vers l'amont. La bouche du Soane a reculé de 7 kilomètres en quatre-vingts ans. Le delta du Gange est l'un des plus grands du globe; et il se trouve en un point où les marées ont une forte amplitude, circonstance défavorable à l'agrandissement des deltas. Si j'interprète bien ce que rapporte Lyell d'après le major Golebrooke (1), on aurait une preuve directe de l'émergence du delta du Ganga. Les canaux de ce fleuve se déplacent souvent ti travers les terres mobiles du délia, creusant de nouveaux lits, comblant les anciens, se rejoignant entre eux ou s'écartant de manière à créer det îles nouvelles et à en détruire d'anciennes. Qud* ques-unes de ces îles ont un niveau assez élevéî le major Golebrooke cite un terrain haut de 34 mètres. Les couches les plus élevées de ce terrainétaient, à une certaine époque, encore plus basai
que le niveau du fleuve, puisqu'elles ont été formées par le dépôt du limon. A cette même époque, le niveau relatif de la mer devait donc être plus élevé qu'aujourd'hui. Si la partie inférieure du bassin était seule en voie d'émergence, des lacs se formeraient à la jonction do la partie soulevée et de la partie immobile. Puisqu'il n'y a pas de lacs, l'émergence est générale, au moins, ne cesse l>nisquement nulle part.
Les îles Andaman, disent la plupart des auteurs, sont en voie d'émergence. M. J. Girard (1) rappwle un signe d'immersion relatif à quelques points des rivages. Le conservateur des forêts de l'Inde aurait constaté que des rangées de palava, Èilués proche des bords dans les détroits du cen- Ife. périssaient parce que l'eau de la mer alteignail leurs racines. Mais si ce fait ne se produit Çiesurles rivages des détroits, il est très-possible îo'il ne s'agisse pas d'un mouvement séculaire. Etaconçoit que les courants, plus rapides dans les détroits, puissent enlever la terre sous les arbres, et qu'alors ceux-ci descendent. Celte explication Mt d'autant plus acceptable que les calculs du conservateur des forêts attribueraient au mouvement séculaire d'immersion la rapidité tout à fait inusitée de 3 mètres par siècle.
,s-marincs. Paria, 1874, paga aSS. - ( Dépressionn, l'aris. ia76,çaç,e U.
On admet que les côtes de lâ Cochinchiné et di Tonquin sont en voie d'immersion. Je n'ai pas pi découvrir sur quels signes on s'appuie pour Tad mettre.
OcÉANiE, Amérique du Sud, etc. — Nous arri vons à rOcéanie, Les indications fournies par le coraux y sont nombreuses; je les exposerai aprè les avoir discutées. Les autres indications son rares.
Sumatra serait en voie d'émergence. La côt orientale est frangée de presqu'îles que les indi gènes appellent poulo, mot qui signifie île. '. semblerait ainsi que ces presqu'îles étaient de îles à une époque récente. Une telle raison ne m paraît pas concluante. Le mot presqu'île existe-tdans la langue du pays? Si nous ne possédior pas ce terme, il est certainement des presqu'île que nous appellerions îles.
La région sud - est de l'Australie émerg< M. Becker estime très-rapide l'émergence d district d'Hobson's-Bay, près de Melbourni M. Darwin a trouvé « la preuve d'un petit seule vement du sol, de date récente », près de Hc bart-Town, dans la Tasmanie (1). M. Grégoire d que le détroit de Bass tend à se supprimer.
L'émergence de la Nouvelle-Calédonie, aftîrn
(1) Voyage d'un naturaliste, Paris, 1875, page 479.
M. Balansa (1) « est manifeste parloul où les v;tgues ont pu laisser leur empreinte sur les roches calcaires. » M. Balansa a fait une étude très-approfoQdie des cùles de l'île.
En plusieurs poinls de la Nouvelle-Zélande on a constaté le mouvement actuel d'émergence. Les colons anglais voient les rivages grandir, Des roches semblent naître au voisinage des ports. La plage de Litlleton, particulièrement, émerge d'un mouvement rapide.
L'Amérique du Sud présente sur une vaste élendue de côtes des signes évidents d'une émergence peu ancienne.' Ce mouvement comprenait dans son aire tout le rivage de l'océan Pacifique, depuis le Pérou jusqu'à la Terre de Feu, — elle rivage de rAllanlique depuis la Terre de Feu jusqu'à l'estuaire de La Plala. Il n'esl pas impos-* sible que de nouvelles observations reculent encore 068 limites. L'émergence s'est produite avec un ensemble remarquable, on en a les preuves; et le iBouvement, très-lent, semble avoir été divisé par des époques d'une lenteur plus grande. Ce mouiFflmenl général a pris fin. A peine peut-on montrer sur quelques points une émergence actuelle; — le mouvement d'immersion affecte déjà peutélre de plus grandes longueurs de côtes.
72 LES MOUVEMENTS SÉicULAIRES.
M. Darwin a reconnu le premier, sur la côte de la Patagonie baignée par TÂtlantique, des terrasses formant des plaines étagées, dont la plus voisine de la mer est haute de 25 à 30 mètres, — et dont la plus éloignée, qui se trouve au pied des Andes, est élevée d'environ. 900 mètres. Jusqu'à la hauteur d'environ 100 mètres, on trouve des coquilles d'espèces qui vivent dans la mer adjacente. Les marches de ce gradin gigantesque s'étendent sur toute la côte de Patagonie et sont parallèles entre elles.
Sur la côte de l'océan Pacifique, on voit des terrasses semblables, mais souvent interrompues, et principalement reconnaissables aux embouchures des vallées. Les coquillages d'espèces modernes s'y montrent à diverses hauteurs. M. Darwin en a vu jusqu'à 395 mètres proche de Valparaiso (33* degré de latitude). C'est, jusqu'ici, le point le plus haut où ils aient été observés. Le plus grand nombre des auteurs pensent que les anciennes plages où l'on trouve les coquilles récentes ont leur plus grande élévation aux environs de Valparaiso.
Les lacs salés, les lagunes à fond sec et tapissé de sels, ne sont point rares sur la côte du Pacifique ; ils abondent en Patagonie et dans les plaines de la Plala.
Les vallées intérieures du Chili sont des bassins
à fond plat, entourés de mcftitagiies irréguliéres. La mer, dit M. Darwin, en a égalisé le sol. Les détroits de la Terre de Feu, s'ils émergeaient, formeraient des vallées pareilles.
Dans les plus hautes vallées des Andes, vers la limite des neiges persistantes, sont a en très-grand nombre » (1) des ruines d'antiques maisons indiennes. Leur état prouve qu'elles étaient habitées toute l'année. Beaucoup de ces endroits sont privés d'eau et absolument stériles. Ce ne sont pas des passages. On doit admettre qu'à l'époque où ces lieux étaient habités, la limite des neiges était plus élevée et le climat différent. Les ruines de cette espèce sont particulièrement nombreuses dans le nord du Chili; quoique construites en terre, elles se conservent bien parce qu'il n'y pleut pas une fois par année.
L'émergence est donc relativement moderne.
Elle s'est produite avec uniformité sur un grand .espace. M. Darwin montre qu'avant l'émergence un mouvement séculaire d'immersion s'est exécuté avec la même régularité. Au-dessous du terrain où sont- sculptées les terrasses s'étend une couche à coquilles d'espèces httorales en partie éteintes ; elle apparaît sur les rivages des deux océans. Le terrain aux lignes parallèles a
(1) Dahivi^, Voyage d'un naturalisle, Pai-iâ, )S7ô, page 38i
jusqu'à 900 mètres d'épaisseur; il a fallu qu'une immersion d'au moins 900 mètres précodât une émergence d'amplitude égale ; et les deux mouvements ont été réguliers, puisque la couche à coquilles anciennes n'a pas été déformée.
Actuellement le mouvement d'émergence ne parait continuer qu'en trois endroits de cette longue étendue de côtes : à Arica, à Valparaiso et au sud du Chili.
A Arica (18* degré de latitude), on a dû prolonger le débarcadère de 150 mètres, parce que depuis quarante ans la mer a reculé dans la mémo proportion.
A Valparaiso, le sol, dit M. Darwin, s'est j élevé de près de 3 mètres dans les 220 dernières années. Plus de la moitié de celte élévation s'est produite depuis l'année 1817.
Sur les côtes du sud du Chili M. Pissis a vu des rochers perforés par les mollusques, dans une zone qui s'étale ininterrompue depuis le ni- . veau de la mer jusqu'à une hauteur de 8 ou-l^ mètres. Les perforations sont particulièremei*' nombreuses dans le bas de la zone. Une tellô disposition indique peut-être le ralentissement du mouvement d'émergence. Il faudrait cependant' j constater si la roche n'est pas plus usée vers lô ^ haut de la zone que vers le bas ; il se pourrait i également que les mollusques saxicaves eussent ,
é plus abondants à une époque récente qu'ausq loques antérieures ; ou que le bas de la zone
U subi une double immersion. Mais M. Pissis îlun excellent observateur, l'usure de la roche lie redoublement des perforations sur une poi Ion de la zone ne lui auraient pas échappé.
I Uq mouvement actuel d'immersion se fait senirsurles côtes du Pérou. Une partie du sol de ffliiMenne ville du Callao est recouvorle par la per, M. Tschudi (1), ayant comparé d'anciennes, artes avec les cartes modernes, affirme que la^ argeur de la côte a diminué au nord el au sud de -ima.
On ne sait rien des mouvements des rivages |Qi s'étendent du Pérou à l'isthme do Panama.
Rio-Hacha, située sur le bord de l'Amérique lu Sud que baigne la mer des Antilles, est enlour 6e, dit M. Elisée Reclus (2), d'une plaine quelei »ls semblent avoir récemment abandonnée Bndant il y a actuellement immersion, car la mer î envahi et ruiné la calle de lu Marina, rue la N rapprochée de la plage et jadis la plus riche |k ville.
[L'Amazone, io plus grand fleuve du globe, I< JBB important surtout par le volume de ses eaux,
âsis ]
che ^^]
jor:^^^
en- ^^^
le ,:
ue
lea^H :e-^^^| Ler ^^3
j(l) Darwin, Voyagn d'un iisiursiialc, Paris, 1876, pefo 395. 1 A Voyage i la Siorra-Nevada de Siintc-Martlif, Paria, i'"
ii*a point de delta. La région de rembouchure de rÂmazone s'immerge. Les preuves directes sont nombreuses, elles ont été signalées par Âgassiz : — les golfes s'étendent dans les forêts, — les phares, les mâts à signaux, élevés en terre ferme, sont en peu d'années entourés par les vagues. La baie de Bragança n'avait que 2 kilomètres de longueur, elle pénètre aujourd'hui à 9 kilomètre» dans les terres.
Aux environs de Bahia (13* degré de latitude sud), l'Atlantique gagne également sur les rivages;
Dans la baie de Rio de Janeiro, et même dans son port, on voit un grand nombre d'îles. Leurs pentes sous la mer sont très-rapides, au point que de grands navires s'npprochent de leurs borda autant qu'ils s'approcheraient d'un quai bien construit. La baie n'est pas extrêmement profonde; plusieurs torrents s'y jettent et tendent à la combler avec leurs sédiments. Étant à Rio, en 1872, je fus frappé par cette idée que, si le terrain éfail en voie d'émergence, ou demeurait immobile, les rivages des îles seraient moins rapides : les sédiments leur formeraient des pentes douces. Pro' bablement un mouvement d'immersion lutte contre l'exhaussement des dépôts.
Aucun mouvement d'émergence actuelle n'a ét< signalé sur la côte orientale de l'Amérique di Sud*
On ne sait n'en des mouvements séculaîrea di porlion de l'Afrique située au sud de l'i
ur, non plus que des îles de cette région
Wantique. Les îles situées à l'orient de l'Afrique
ont pas, jusqu'ici, fourni d'autres signes qu&
lux donnés par leurs coraux.
On ne sait rien des terres très-peu connues qaï'i
fflt au voisinage du pôle austral.
Avant de compléter celte élude, il est bon de
entendre sur les indications que peuvent présen^
Br les roches coralliennes.
■ Les constructions des coraux. -~ Les coraux ou (olypiers constructeurs vivent presque uniqueliant dans la zone tropicale; ils ont élevé des Wiflces étonnants de grandeur qui abondent en Jcéatiie, dans la mer des Indes, dans la mer des ^milles.
' On corail vivant se présente sous l'aspHct d'une pierre spongieuse, enveloppée d'une matière Mie, albumineuse, diversement colorée quand SUe flotte dans l'eau, noirâtre hors de l'eau, — Miére rétractile et qui rentre presque enlicre- Nntdans la masse pierreuse quand l'animal est ppayé, Un corail mort est celle même pierre Noins l'enveloppe visqueuse.
Les polypiers ne conslruisent pas ou presque ps à une profondeur qui dépasse 30 ou 40 mè-
très. Us meurent rapidement quand on les de Teau. Déjà on en connaît un grand noi d'espèces, lesquelles n*ont point exactemen mêmes habitudes. Certaines recherchent les agitées et se plaisent parmi les vagues qui ferlent ; d'autres aiment les milieux plus quilles. Aucune espèce ne prospère dans eaux troublées par des sables ou des limons eaux vaseuses ne paraissent cependant pas lement funestes à toutes les espèces. Sur cer points découverts à mer basse, mais presque jours mouillés d*écumes, quelques espèces vi encore. D'après Ehrenberg, jamais un pol; vivant ne s'établit sur un autre polypier vr qu'il appartienne ou non à la même espèce ont d'autres parasites : les balanes, les serp les mollusques saxicaves, les holothuries, poissons, etc. Sur les bancs de coraux m peut-être aussi sur les vivants , s'établissen huîtres, les moules, et d'autres coquillage grand nombre, dont les débris s'empâtent la roche corallienne.
Celte roche ne semble pas très-résistante moins quand elle est récente. Elle se fend à se délaye dans l'eau, et les parties délayées, fois séchées, ressemblent exactement à de la c On a même de bonnes raisons pour croire qi véritable craie est d'origine coralliennOi Le^
verses espèces de polypiers constructeurs fournissent des roches diverses d'aspect et de consistance. Probablement la matière la plus résistante provient des polypiers qui vivent dans l'eau la plus agitée. Certaines circonstances peuvent donner plus de résistance à ces roches ; telles seraient des cimentatîons de grain à grain, comme dans les grès, — ou des pressions consirtérables. On wasoit quelle énorme pression subissent les couiférieures d'une montagne de coraux haute
mètres.
Elisabeth ou d'Henderson est une ile d'oiranienne, plate, émergée d'un peu plus lèlres, et dont les bords sont taillés à même surplombent. Sa roche, par sa dureté el sa cassure, rappelle les calcaires secondaires. Cet exemple n'est point le seul. Aussi, beaucoup ^ savants pensent que bon nombre de roches •slcaires ont été formées par les polypierg.
La rapidité de la croissance des coraux doit va- ■^ËT d'après les espèces et suivant la situation ocmesures obtenues sont peu nombreu- *8 et très-incertaines. Elles ont généralement été prises à l'aide de sondages; le niveau ée la mer *rt de repère; supposant même que le niveau ^toyen soit constant, le vent qui souffle ou ne **ffle pati, les pressions barométriques, et d'au- ^ circonstances encore, font varier la hauteur
b^^Qiiitfl
marine dans des limites qui peuvent dépasser de beaucoup les grandeurs à évaluer. Presque jamais une basse mer ou une haute mer ne s'arrête au point indiqué par le calcul. Le procédé du Commodore Wilkes évite cette cause d'erreurs. Il consiste à comparer les niveaux successifs des coraux avec un repère placé â poste fixe sur le rivage. L'expérience fut faite à Taïti, sur le banc du Dauphin, dans des conditions, il est vrai, quelque peu défavorables. Le banc a semblé gagner 0*555 en trente ans, soit 18 millimètres par année. MM. F. Le Clerc et Duhil de Bénazé (1), les opérateurs, conviennent qu'il ne s'agit que d'une approximation et que le chiffre pourrait être trop fort. Les chiffres obtenus par M. Hunt à Key-West (pointe de la Floride), en mesurant simplemeixt une méandrine et une oculine, sont presque égau^ au chiffre de MM. Le Clerc et Duhil de Bénazé. A Taaopoto, île de la Polynésie, on a retiré d'un^ profondeur de 7 brasses une ancre perdue d^' puis environ cinquante ans, laquelle n'était vO' couverte que d'une couche de corail assez mince pour lui laisser entièrement sa forme. L'accroissement dit banc de corail est moins rapide q^® l'accroissement des polypiers, car ceux-ci n'occ^' pent pas la totalité de la surface du banc, ils y
(1) Recherche de la rapidité de croissance des bancs de coraux dans r océan Pacifique. Paris, 1872.
sont plus ou moins clair-semés. La banc s'accroît de leurs débris et des débris de coquillages. M, Dana évalue à un tiers de centimètre par anla croissance des bancs de coraux. Cette esliôiation, vraie peut-être pour quelque points, ne Jeut pas être acceptée comme une règle générale.
Un exemple d'une croissance plus rapide est ïilot des Maldives , que le lieutenant Prenlice trouva € entièrement revêtu de coraux et de raa- * drépores vivants, très-peu d'années » après qu'il avait été rasé par des courants de nouvelle direction. Les expériences du docteur Allan, faites .<W la côte orientale de Madagascar, citées par M. Darwin et Lyell, montreraient qu'un polypier I*îJt gagner 90 centimètres dana l'espace de six Élois.
Des récirs étudiés souvent et pendant long- Ifiiiips ont semblé, quoique vivaces, demeurer â ^i profondeur constante. Il se peut, comme le '^t Beechey, que les- récifs en réalité s'accroissent, "lais que la profondeur de la mer croisse dans la ilêfne mesure. Il se peut aussi que, la profondeur ^ la mer ne variant pas, les polypiers construc- 'surs soient d'espèces qui craignent une plus P'ande proximité de l'air et de la lumière. Le fait salivant, donné par M. Gaspari parmi les preuves '''une immersion du littoral de la Guadeloupe.
vient à l'appui de cette seconde interprétation. XJ îlot nommé Filot des Caraïbes existait à Tentn du port de la Pointe-à-Pitre ; on le voit figuré si une carte dressée en 1760. L'ilot des Caraïbe est actuellement un banc de coraux couvert d'u mèlre* d'eau à marée basse. Tout porte a croii que renfoncement a été graduel. Un îlot voisii l'ile à Chasse, qui n'était jamais inondé il y a treal ans, s'est immergé graduellement. Même immei sion lente et continue pour l'ilot à F^gou, auti île voisine. Les récifs environnants ont dû foui nir des colonies de polypiers dès que la surfac immergée leur était propice. Si leurs construc tiens ne s'élèvent qu'à un mètre de la marée basse il faut bien conclure qu'ils redoutent une éleva tion plus grande.
Le grand banc de Chagos (mer des Indes, ai sud des Maldives), paraît avoir conservé, depuî qu'on le connaît, une même profondeur uniform de 6 à 8 brasses. Ses coraux, dit M. Darwin [i] sont presque tous des coraux; morts.
On divise communément les récifs dé corau en trois classes : récifs côliers, récifs-barrières atlolls. Cette division est basée, non sur la natii de la roche, mais sur sa forme extérieure et s
W Voyage <fun naturaliste, Paris, 1875, page 510.
. LES œNSTRUCTlONS DES CORAUX. 83
la place occupée relativement aux autres terres.
On donne le nom de récifs côliers à des récifs de coraux situés près de la côte , à laquelle ils forment une ceinture de largeur variable ; parfois ils sont plaqués contre les roches du rivage.
On donne le nom de récifs-barrières à des lignes coralliennes situées à plus grande distance des bords. Ils laissent entre eux et la terre un chenal souvent navigable, plus ou moins gêné par d'autres constructions des polypiers.
Les attoUs sont des récifs de coraux situés loin des terres, lesquels offrent généralement la figure d'une circonférence, peu saillante au-dessus de l'océan, ayant à son intérieur une lagune marine.
Je m'occuperai en premier lieu des altoUs, parce que ce sont les productions coralliennes les plus signiQcalives.
Les pentes extérieures de ces iles circulaires sont rapides, et plo*hgent jusqu'à des profondeurs souvent considérables, telles qu'on n'a pas trouvé le fond avec des lignes de 800 mètres. Du côté du centre, les pentes sont douces, et la lagune n'est jamais très-profonde.
La lagune communique avec la mer par une o\i plusieurs coupures de la circonférence. Ces U)upure& sont presque toujours sous lèvent ; c'est-
* ' ' " "3 ^4 LES MOUVEMENTS SÉCULAtRES. , '
à-dire que, si le vent souffle habituellement de Test, les passages sont ouverts a la partie ouest de la circonférence. Jamais, parmi les milliers d'attolls qui existent, on n'a vu les passages être ouverts exactement au vent .
Les attolls sont ordinairement plus émergés au vent que sous le vent; le bord du vent est aussi plus large.
Les polypiers qui vivent dans les lagunes soat d'espèces différentes de ceux qui vivent à Texte-rieur des attolls. Il est bien entendu que toute la partie émergée des attolls, ainsi quedesautros' classes de récifs, se compose de coraux morts -
Certains attolls, généralement plus émerg^^ que les autres, n'ont plus de lagune. C'est le ^^^ de l'île Elisabeth. Souvent alors , l'ile porte "^^^ bourrelet circulaire extérieur,* plus élevé qua -*^ plaine centrale. L'île française de Lifou, voig*î^® de la Nouvelle-Calédonie, a un bourrelet ex'^" rieur haut de 70 mètres, et une plaine intérieu^^ haute de 40 mètres. Le bourrelet circulaire ^*® Mare serait, d'après M. Balansa, plus marq»^^ encore que celui de Lifou. La saillie extérieU**^ d'Ouvéa serait moins marquée.
Il est impossible d'expliquer la formation do^ attolls sans l'intervention des mouvements sécu"^ laires. Considérons en effet un alloU dont la ba3^
. à 500 mètres au-dessous du niveau marin.
la raer avait toujours eu cette profondeur, 1 polypiers n'eussent jamais pu commencer la nstniction, car ils ne construisent pas plus 13 que 40 mètres ; — les coraux ramenés par
sonde d'une profondeur de plus de 40 mètres Ht tous des coraux morts, ou n'appartiennent 8 aux espèces qui bâtissent. Los polypiers t donc commencé leur travail à un moment
la mer était peu profonde.
(.'édifice n'a pu s'élever que parce que le nilu de la mer s'élevait; il a grandi, se mainteit à petite distance de la surface marine, — lement et régulièrement, parce que la profonit s'accroissait lente et régulière, ^insi, la liauteur des constructions coralliennes pque l'amplitude d'un mouvement séculaire ssant dans le sens de l'immersion. Ceci a
établi par M. Darwin, et c'est l'une de ses ires.
tfais les polypiers ne bâtissent pas hors de Xu. Comment se fait-il que la presque totalité 1 attolls connus aient dépassé le niveau de la 'V, au point qu'ils se sont couronnés de végéion et sont devenus habitables?
3e réponds qu'un mouvement séculaire "erse a commencé , que le niveau de la mi lisse; je disque l'émergence générale des atloll?
est inexplicable si Ton veut que la profondeur des mers continue à s'accroître.
En ceci, j'ai le malheur d'avoir une opinion exactement contraire à la croyance générale. Il sufût qu'une région présente des altoUs émergés pour qu'immédiatement, et sans autres preuves, les auteurs affirment l'immersion <5ontinue de la région.
Examinons. Prenons les données les plus simples, et, je crois, les moins défavorables. Supposons une mer sans marées, et dont la profondeur demeure constante. Nous apporterons les complications tout à l'heure. Imaginons un attoU parvenu au niveau de cette mer. Gomment arriverai t-il à émerger?
La mer ne pourra pas porter ses sables ni se ^ galets sur l'attoU ; les galets ni les sables ne remonteraient la roide pente extérieure de l'édifice < de corail, et le fond de l'océan n'est pas agit< comme la surface. Si les masses coralliennes poL:*" vaient être exhaussées par des matériaux pi-er*' reux étrangers, on retrouverait ces matériad-^ dans la roche du corail. Le sol émergé des MaXdives, attentivement étudié, — à part des moi**" ceaux de bois et des coques de noix de coco, ^— ^ n'offre que des coraux et des coquillages divers^' ment pulvérisés et mêlés. C'est la substance xcAvct^ de l'édifice.
Les polypiers ne pousseront pas leurs constructions plus haut que le niveau marin; ils ne construisent pas là où ils ne peuvent pas vivre.
A la vérité, d'autres organismes, certains coquillages pourront vivre sur la crête ; et, y mouranl, pourront y laisser leurs débris ; — des parties de coraux morls seront détachées par les vagues, et, mêlées aux fragments de coquilles et aux bois flottés, formeront de petites accumulations, peu stables, car les vagues balayeront constamment la crête de l'altoll. Mais quand même on entasserait artificiellement des matériaux à la surface du corail, ces matériaux n'y demeureraient pas indéfiniment; les flots arriveraient toujours à faire table rase.
Supposons qu'aucun des débris roulés par les Vogues à la surface de la crête n'en tombe ja- '^ais, que tout y reste. Admettons encore que les polypiers continuent à vivre, malgré la masse '*Jperposée, à vivre et à mourir pour fournir touiours de nouveaux matériaux à l'accumulation. ^Ws la crête de l'atloll dépassera le niveau de ^ mer, mais ne dépassera par le sommet des ^^gues. Aucune vague ne peut porter aucun débris «Un point plus élevé que celui auquel elle-même ^'■''ive, L'atloll baigné par les vagues ne pourra Paa se revêtir d'une végétation terrestre. Il ne 6era pas habitable à l'homme.
88 LES MOirV'EMENTS SÉCULAIRES:
Dans rhypothèse d'un océan sans marées et de profondeur invariable, l'émergence des altolk est donc inadmisible.
Maintenant, faisons intervenir les marées.
Elles agissent comme des vagues plus rares et J plus hautes. D'après M. Dana, des polypiers, d'espèces probablement spéciales aux lieux où le& flots déferlent, élèvent leurs constructions au-des- -j sus de la basse mer, jusqu'à une hauteur égalé au tiers de la marée. Ils n'atteignent même pa& la mer moyenne. D'après Ghamisso, aucun polypier des espèces propres à Tintérieur des lagun©« n'atteint le niveau des basses mers. Les mare n'apportent aucune condition favorable à Téme gence.
Nous avons supposé la profondeur de l'océa^^^ invariable ; — admettons que la profondeur s'a^^ ^ croisse, soit, comme le veulent Içs auteurs, p l'affaissement du fond de la mer, — soit par l'él vation du niveau marin. L'accroissement de • profondeur est évidemment défavorable à Téme gence des attoUs.
Notons bien qu'il ne s'agit pas de considér^^^ comment, par des circonstances exceptionnelle^^^ actions volcaniques ou autres, quelques rares îlo^^ coralliens pourraient être temporairement habi* tables — parmi des milliers d'attoUs submergéi^-^ L'émergence des attoUs est le fait général, incoa-'
teslé, vrai pour de vastes régions du globe. Ce fait reste inexpliqué dans la théorie de l'accroissement actuel de la profondeur marine — aux régions où abondent les atlolls habitables.
Au contraire, admettons que la profondeur soit j' ai voie de décroître, — nous concevrons facile- { ment l'émergence des altoUs et diverses autres ' particularités.
La profondeur devenant moindre, l'attoll tond évidemment à émerger. Il faut examiner si sa portion émergée pourra résister à l'action dénudante des vagues et des agents atmosphériques, s* elle peut saillir jusqu'à des hauteurs quelconques au-dessus du niveau de la mer, enfin si la **i*nie du sommet de l'édifice de corail ne signale >as tout ensemble l'importance des érosions et importance du mouvement d'émersion.
Retenons que les coraux vivants résistent très- Men aux secousses des vagues, que certaines es- (*èces, les porites, par exemple, prospèrent dans les eaux agitées, — et que les coraux morts, sur- Wul ceux du haut de l'attoll, ceux qui n'ont pas subi Uae pression consolidante, forment une roche assez ^ile à désagréger. Retenons encore que l'attoll * U forme d'un cône tronqué, dont la base large repose sur le fond de la mer; — que, pendant "*'i' le temps que le niveau marin descendra les
côtés du cône, une zone protectrice de coraux vivants entourera la portion supérieure du Ironc de cône, depuis environ la limite de la basse mer, jusqu'à une profondeur qui dépasse la couche des eaux les plus agitées.
Que se passera-t-il durant Témersion?
Les premiers coraux morts apparus à la surface seront rasés par les vagues; les débris en seront précipités partie dans la lagune, partie à l'extérieur. Successivement, la crête morte deviendra plus épaisse, plus résistante ; elle aura gagné de l'épaisseur en dehors et en dedans : parce que l'édifice a la forme d'un tronc de cône, et parce que la lagune tend à se remplir de débris roulés. La marge extérieure de la crête supporte le plus grand effort des vagues, elle s'émiette plus que la marge intérieure; la crête se dessine en talus, talus dont la pente plonge vers l'extérieur de rattoll. Sur le talus, les portions anciennes et mal liées de l'édifice corallien sont emportées et laissent des creux où viennent habiter certaines espèces de polypiers. Ceux-ci meurent à leur tour quand le niveau de la mer a suffisamment baissé, mais leurs débris font la surface du talus plus solide. Plus tard, la pente du talus sera assez longue pour que les vagues aient épuisé leur force avant de l'avoir toute remontée. Alors la marge intérieure de la crête émergera; elle
plusieurs fois enlevée, tolalement ou en pardans les grandes marées ou les tempéles.
le lalus protecteur grandissant toujours, il 5ra que les Ilots ne jetteront pas même leursi es sur le bord émergé. Ce bord pourra se 'ir de végétation, et n'aura plus à subir que rosions des vents et de la pluie, actions qui it facilement dépassées par la rapidité de irgence.
rsque l'attoU est immergé, et que sa portion rieure est recouverte de polypiers vivants, les piers dont la croissance est la plus active so /eai sur les bords. La circonférence s'accroît vite que le centre. On admet que telle est dne de la lagune.
) fond de la lagune est un terrain peu connt, beaucoup moins que les bords de l'attoll ; t produitpar des polypiers d'espèces spéciales isulle aussi de l'accumulation des menus déprovenus de la circonférence. A mesure que rconférence émerge, la lagune reçoit une part matières arrachées aux talus et tend à se bler; elle se comble peut-être quelquefois, s elle tend de nouveau à se creuser dès que lergence de ses bords la protège assez contre apports des matériaux extérieurs. A ce mont, elle communique avec la mer par les ûta où la circonférence n'est pas encore émer-ti
gée; — el ces points, on le conçoit, se trôuveat de préférence sous le vent parce que la végéta — tion des polypiers a été plus active et a donné des produits plus résistants du côté de l'attoU arrivent le vent et les vagues. A chaque marée, X niveau s'élève et s'abaisse dans la lagune. Il s"* établit des courants et la vase entre en susperx — sion. Le flux n'apporte rien ou presque rien; T^ reflux entraîne de la vase. La circonférence devenant plus haute, les passages se limitent mieatïc: « quelques-uns se ferment ; souvent il ne reste plxx s à la mer qu'un seul passage, entretenu par 1^ violence du courant à l'entrée et à la sortie, entretenu surtout par la présence de vases, lesquelles nuisent aux polypiers.
La profondeur dans les lagunes ne peut p^^ s'accroître indéfiniment parce que les couran*^ des marées n'y remuent plus un fond trop baS* Le fond lui-même offre bientôt une plus grande résistance, soit parce qu'il a moins de boues, soi' parce que les couches profondes de l'attoU sot*' plus serrées que les supérieures. Il arrive, aprê^ un certain temps, que les matières emportées soi^*\ compensées parce que les pluies et les vents amâ", nent de la portion émergée de l'attoU. Des corau>^ croissent dans la lagune, gênent les courants 0* . consolident le fond. A mesure que diminuent te^ boues, les polypiers s'implantent à l'entrée de 1^
gune; le passage de la mer une fois fermé, lagune s'assèche si l'émergence de l'altoll ntinue.
De même que les lagunes ne peuvent pas être eusées jusqu'à des profondeurs considérables,
de même aussi les parties émergées des attoUs irrivent pas à s'élever jusqu'à des hauteurs bien andes au-dessus du niveau de la mer. Les para émergées présentent généralement deux peni : l'une qui descend vers la lagune, l'autre qui scend vers la mer. L'eau des pluies, parmi iqnelles il faut principalement considérer les lies d'orages, se réunissant en ruisseaux, érode vantage le bas des pentes que le sommet comin. Les pentes deviennent ainsi plus rapides as les lits des ruisseaux. Or, les érosions sont lutant plus importantes que les pentes sont is rapides et plus longues. Mais les pluies issent, d'une manière indirecte, plus acliveïnt encore ; — les boues qu'elles entraînent »t périr les polypiers du talus extérieur et ceux
la lagune. Alors le talus protecteur est érodé, ' vagues atteignent la portion de l'attoll qui désse la mer et la réduisent; — alors le llux et
reflux continuent à creuser la lagune. Il doit pidement arriver que les valeurs croissantes de '8 aétîons combinées compensent la valeur do î fournie par les mouvements séculair^
res. Aussi, les seuls attolls notablement élevés au-dessus de la mer ont leurs lagunes comblées sont taillés à pic à F extérieur et offrent au cho des. vagues un vaste talus où elles s'amortissen L^ • Ils ont subi des érosions énormes avant d'àttein. — dre à celte forme relativement stable. L'île Elisai. — belh a une surface plate, au contraire de Lifo et des autres Loyalty qui portent un bourrelet leur circonférence. Elle est enceinte d'un tal protecteur large d'environ 200 mètres, talus ^^xi dehors duquel la mer devient subitement It& profonde ; et, malgré cet obstacle aux vagu^ ses falaises minées par places s'éboulent, et surface du plateau diminue. Un talus beauco »-* ï plus vaste serait celui de Tile Palmira, du groiLf>^ de .Washington, lequel, d'après Rienzî (1), s tendrait jusqu'à 3 lieues au large.
Ces raisons expliquent comment le plus gra nombre des attolls ne s'élèvent que d'une pet î*-^ hauteur au-dessus du niveau de la mer. Elles po'ti^" raient faire comprendre comment les attolls ^ vastes circonférences se subdivisent en -une. se J^^^ d'attoUs plus petits, disposés en cercles et port^^ sur un plateau commun. Je n'étends pas davaï^" tage l'étude de cette espèce de constructions corB-^". lionnes. Ce que j'ai dit suffira pour faire admet*^^,
(1) Océaniey 183G, tome U, pago 80.
ue les régions où abondent les atloUs habitables >ilt en voie d'émergence. Il me reste à dire lelques mots des récifs-barrières et des récifs •tiers.
Les polypiers s'élablissent sur les rivages des
is et des continents à la distance qui leur donne
profondeur convenable : loin des bords si la
fre est plate et lo rivage peu incliné ; assez prés,
les pentes plongent rapidement. Us ne bàlisni pas aux embouchures des rivières ; il leur Ut une eau pure et un terrain solide. La ceinre de coraux d'une île importante est généra- Oient interrompue à plusieurs endroits; une lie ilite et sans cours d'eau pourra être entourée Un cercle complet.
Si l'île est en voie d'immersion, les bancs de Paux s'élèvent, se rapprochent de terre, se joîlent entre eux; et quand le sommet de l'ile est >scendu sous les Ilots, la ceinture de corail ne Ptïie plus qu'un récif unique, en forme de tronc ' cône, dont la partie supérieure continue à granï* et se maintient à petite distance de la surface * la mer. Le sommet du récif est large si l'ile était ^ste et si l'amplitude de l'immersion n'est pas és-grande; — étroite dans les cas contraires. I SB peut même que le cône finisse en pointe et
arrête si l'immersion continue.
96 LES MOUVEMENTS SECULAIHES.
Au retour du mouvement d'émergence» le r devient un altoU ou un groupe d'attoUs. La ] haute sommité de l'île apparaît de nouveau » ] d'autres sommités ; la dénudation du récif dev plus rapide, les limons entraînés sur les talus l'île font périr les polypiers, les vagues s'ouvi des passages. L'attoU est redevenu ceinture de
^M] Pendant que dure le mouvement d'émergei
^^. d^s portions au moins de la ceinture font sa:
rfc^j.. au-dessus du niveau marin, et quelques-unes s
] l; revêtues de végétation. Les îles arrivées à ce p<
sont nombreuses dans la Polynésie ; elles s en majorité dans l'archipel de Viti et dans c de Cook, et sont communes dans la plupart autres archipels.
Dans ces îles on retrouve à diverses haute des lambeaux de corail, souvent couverts d'i couche de terre végétale. On conçoit que anfractuosités du roc doivent retenir des pj du revêtement corallien. Parfois le corail écha] à la dénudation forme le long des pentes com de gigantesques marches d'escaUer. Les se ments des ruisseaux s'accumulent entre l'île sa ceinture, et protègent la surface des cow morts ; les vagues ne rongent plus que la f extérieure de la masse ainsi couverte, et la 1é sent verticale. Quand une marche est éraefg
les sédiments peuvent revenir s'accumuler au même lieu de l'île, entre la terre et la nouvelle ceinture. Ainsi prennent naissance ces degrés remarquables que l'on confond généralement avec les récifs côtiefs ; on les appelle récifs côtiers Boulevés. Ce ne sont pas précisément les restes deceintures successives, comme on est tenté de le croire, mais les restes des masses coralliennes comprises entre le rivage et les ceintures successives. Pour cette raison, les* gradins et les Bulres lambeaux ne se voient que sur des terres qui, dans une immersion préalable, ont été re- Têtues d'une roche de coraux.
Si l'amplitude du mouvement d'émergence mettait à sec le fond de l'océan, il ne resterait que inen peu do traces des édifices de corail : sur les peates, les lambeaux et les gradins dont je viens parler, — et, dans les dépressions, des banca Se craie déposée. Encore la dénudalion conlinuera- 1-fllle par le fait des agents atmosphériques. Si le mouvement d'immersion recommenceavant le fond de l'océan soit à sec, les polypiers bàtn-seulement sur les pentes de l'île, mais ^Bur les débris écroulés des constructions ;. Le récif s'élèvera plus large et plus tmplexe qu'a la première fois. Ce cas ue semble int rare.
Durant ce mouvement d'immersion, les prélen-
98 LES MOUVEMfCN rs< SÉCULAIREB*
(lus récifs côliers soulevés continuent à se montrer étages sur les pentes de Tile. Et Ton en tire argument pour dire que File est en voie d'émergence.
Il conviendrait de réserver le nom de récifs côliers aux ceintures de coraux vivants situées proche des terres. Alors on verrait qu'entre les vrais récifs cô tiers et les récifs-barrières la différenoff^! est petite ; elle consiste entièrement dans la dit tance qui sépare le rivage de sa ceinture. Les cifs côtiers s'établissent sur des pentes plus rapides, les récifs-barrières sur des pentes moinij rapides. Les premiers sont propres aux terraîi montagneux, les seconds aux terrains de plaines.^ Il est difficile de poser une limite précise entre] ces deux espèces.
M. Darwin, et après lui Lyell, ont fait une dîi tinction capitale entre les récifs côtiers et les eifs-barrières. Pour eux, les récifs côliers sîgnh fient émergence, les récifs-barrières et les attol signifient immersion. Ce n'est pas tout. M. Di win ayant dressé la carte des lieux où sont différentes espèces de coraux, s'aperçut que le régions à atlolls et à récifs-barrières n'ont pas di volcans ; que les volcans au contraire ne sont pi rares dans les régions à récifs côliers. D'où cetU conclusion : les volcans sont Un signe d'émergenceJ
Qu'il n'y ait pas de volcans dans les régions
ilolls et â récifs-Laprières, cela est assez vrai.
l'on compare la carte des coraux de M. Darwin
;vec la carte des volcans de M. Fuchs (1), on
Touvera quelques exceptions â la règle de M. Dar-
notamment en ce qui concerne la portion
rienlale de la Nouvelle-Guinée, l'île Sanla-Cruz,
is îles do la Société, les Touamotou. On peut
■pe encore que dans les régions à attolls il peut
KÏster-des volcans sous-marins, volcans difficiles
connaître, puisqu'on ne soupçonnait pas l'exis-
mce de ceux de la Méditerranée et de l'Atlan-
çue avant qu'on eût assisté à leurs éruptions.
talgré ces exceptions, la règle est vraie dans
ensemble.
Mais voici pourquoi elle est vraie : les pays à
olcans sont des pays de montagnes. Or, les ré-
■rières appartiennent aux pays plats, et les
sont isolés dans l'océan. Il n'y a pas â
(ner que les volcans abondent dans les ré-
tns à récifs côtiers ; ce sont des régions mon-
[neuses, et les volcans acîifs se rangent, à peu
■s tous, proche des bords de la mer.
La régie relative aux volcans semblait donner
me grande force aux distinctions établies entre
J (Il FocHS (K.), Les Volcans t É*ris, 18713.
les Troiableiaenls de l
loe LES MOU vEMENTs.sÉcui Aires: '
les récifs côtiers et les récifs-barrières. Elle doit être abandonnée.
En somme il faut admettre : *
Que les régions où abondent les attoUs habitables sont en voie d'émergence ;
Que les régions à récifs-barrières émergés émergent également ;
Que les « récifs côtiers soulevés », c'est-à-dire les lambeaux de roches coralliennes épargnés par la dénudation et situés sur des roches de nature différente à diverses hauteurs au-dessus de la mer, — n'ont aucune signification au point de vue du sens actuel des mouvements séculaires;
Qu'enfin, les régions où sont de vastes bancs de coraux immergés à une petite profondeur et vivants, sont très-probablement en voie d'immersion.
Ces règles vont nous servir à déterminer encore le sens des dénivellations agissantes pour un certain nombre de lieux du globe.
Signes fournis par les coraux. — Nous allons examiner successivement les zones du nord et du sud de l'équateur, et -nous commençons par l'Atlantique. '
Dans le golfe du Mexique, la mer des Antilles, et principalement au nord de Cuba, de Saint-Do-
jnîngue, autour des îles de Bahama, sont de trêagrands bancs de coraux sous-marins en voie de croissance. Si le niveau de la mer baissait d'un petit nombre de mètres, de vastes surfaces apparaîtraient à sec. Il suffit, pour s'en convaincre, d'étudier un instant l'une des belles cartes da l'atlas de M. Delesse (1). Ces régions sont en ■voie d'immersion.
Peut-être faut-il en excepter la pointe de la Floride, dans le voisinage de laquelle de petits I îlots, les Keys, seraient des roches coralliennes émergées.
( Les Bermudes sont également entourées de ibancs de coraux submergés et vivants. Elles sont , en voie d'immersion.
' Au milieu des flots de la mer Rougo on voit un .grand nombre de bancs de coraux émergés, La «région est en voie d'émergence.
r Les archipels des Laquedives et des Maldives ';se composent d'un grand nombre d'attolls habités. Ils sont en voie d'émergence.
On voit près des côtes de Ceylan quelques rércifs-barrières émergés. L'ile émerge actuellement. i' Sur les pentes des îles Nicobar, de Sumatra "■et des îlots qui l'entourent, sont, à diverses hauleurs, des « récifs côliers soulevés ». De ceux-ci
nous n'avons pas à nous occuper, puisqu'ils ne comportent aucune indication du mouvement actuel.
Même remarque pour Bornéo, Gilolo, les Philippines, les îles Bachie, Tarchipel LioU-Kieou, le groupe de Bonin-Sima, les Mariannes et Farchipel d'Hawaii.
Un certain nombre d'attolls émergés, comme les Paracels, se montrent dans la mer delà Chine. Il y a émergence.
Les îles Péliou (ou Palaos) présentent des récifs-barrières dépassant en certains points le niveau marin. Elles émergent.
Enfin, dans lesCarolines^ les îles Marshall, les îles Gilbert, sont en grand nombre des atloUs habités. Il y a donc actuellement émergence.
L'océan Atlantique, au sud de Téquateur, n'of' fre pas de constructions coralliennes. Le célèbre récif de Pernanbouc n'est pas une roche de corail ; la direction absolument rectiligne de ses longueurs successives aurait dû de prime abord le faire distinguer des vrais récifs-barrières. Ce n'est pas non plus une moraine frontale de glacier, comme le voulait Agassiz. D'après l'examen de M. Liais (1), le récif est une roche de grès à
(1) LîAi:» (F.mm.), L'/C^pacn rôh^iA^ page SS57 ni ?ulv.
M^^^mr
slructiipe fetiillelée. Il sert de base à des polypiers, mais ce ne sont pas des polypiers constructeurs. Il dépasse le niveau dos basses mers. On a lieu de croire qu'il lutte contre l'érosion par une émergence continue.
Dans le sud do ia mer des Indes sont de grands bancs de coraux submergés, comparables à ceux des Antilles. On les voit proche des côtes de Madagascar et autour des îles voisines : les (jlnricj- Ses, Cosmoledo, Providence, Jean de Nova, autour de l'île Maurice et de l'ile Rodrigue. Les bancs de Cargado Carayos et de Saya de iMalha Ont chacun une surface plus grande que la Sicile. Le banc des Seyûhelles est plus vaste encore. Le grand banc de Ghagos a, d'après M. Darwin (1), la forme d'un immense altoll complètement submergé. Des bancs plus petits et de même espèce fondent dans les Amirantes et au sud des Sey- '^helles. Toute cette région est évidemment en "oie d'immersion.
Avant d'arriver à l'Australie, on rencontre, au !ud de.Sumatra, le petit attoll de Keeling, étudié PS"" M. Darwin, attoll habité et qui montre une émergence isolée.
Dans la mer de Java, la mer de Banda, autour ^^ Moluques, entre Timor et l'Australie, on voit
t'i S(f;if|i/w nfCoral JiKi-r^. 18iB.
un certain nombre de récifs Je coraux émergés ; un plus grand nombre se tiennent à une petite profondeur. Y a-t-il immersion après émergence, ou. émergence après immersion? Il est difficile de décider par la simple considération des récifs de chaque espèce. Assurément il y a état intenné' diaire, passage du mouvement d'un certain seixs au mouvement de sens contraire.
Le long de la côte orientale d'Australie^ depuis le cap Sandy jusqu'au milieu du détroit de Terres, s'étend le plus grand récif-barrière du glob^- II émerge par places ; et^ dans l'espace comprît entre la barrière et la terre, sont d'autres corail^ émergés. Cet espace est large ; il prouve un mou^ vement d'immersion de grande amplitude anté^ rieur à l'émergence actuelle.
Un récif-barrière presque aussi important borcL^ les côtes de la Nouvelle-Calédonie et se prolonge dans la direction du nord-ouest. Il fait également saillie au-dessus du niveau de la mer. Nous trouvons une confirmation des signes d'émergence observés par M. Balansa. Si, suivant la doctrine acceptée jusqu'ici, nous convenions que l'existence d'un récif-barrière implique un mouvement d'immersion, nous serions amenés à cette conclusion étrange : que la Nouvelle-Calédonie émerge, mais que sa ceinture de corail s'immerge.
Des récifs-barrières dépassant la mer s'obser-
:Saa»ES FOURNIS J>AR LES CORAUX, 105
vent encore dans l'archipel de la Louisîade, aux îles Viti, Tonga, de Cook, Taïtî, de Gambier. Dans ces trois derniers archipels et dans les Touamotou, dans l'archipel de Krusenstern, dans la portion de l'archipel Gilbert située au sud de l'équateur, on trouve des attoUs émergés et habités. D'autres attoUs, en grand nonibre, sont épars dans toute la portion de la Polynésie qui s'étend, au sud de l'équateur, depuis la Nouvelle-Calédonie jusqu'à l'île Ducie, la dernière de l'archipel Dangereux. Toute cette zone est en voie d^émer-^ gence.
Tels sont les signes fournis par les coraux.