I^^^^^^^^S'IH
^^B^ce qui sépare les circonférences devrait ^^^Rale à la trois-cGntième partie environ d& ^^^Ës rayons. Mais l'épaisseur qu'il faut né-
i08 CAUSE DES MOUVEMENTS SÉCULAmES.
cessairement donner au trait d*une des circonférences, pour que ce trait soit visible, est déjà sensiblement égale à la trois-centième partie du rayon; ainsi, les deux circonférences se confondraient en une seule de trait plus large, et l'ellipse que je veux tracer entre les deux ne serait pas aperçue. La différence des rayons a été considérablement exagérée.
Le diamètre EE' du cercle extérieur représente l'équateur, le diamètre P P du cercle intérieur représente Taxe de rotation. Ces lignes sont le grand axe et le petit axe de Tellipse que je trace entre les deux circonférences,
,L'ellipse représente la forme du globe en rotation, forme déterminée par le niveau marin.
Si Taxe change de position et vient en P' P, Téquateur se place suivant la ligne G G'. Une seconde ellipse est déterminée par ces deux nouveaux axes ; ellipse que je ne trace pas pour ne pas corn* pliquer la figure, et parce qu'on la conçoit sans qu'elle soit tracée. La seconde ellipse représente la nouvelle situation du niveau des mers.
Dans ce déplacement, tous les continents qui affleuraient la première ellipse ont éprouvé des dénivellations. Il y a eu émergence pour les terres de la portion P' E' de Tellipse, et pour celles de la portion opposée ou antipodale P'E. Il y a eu im*mersion dans les portions G' P et G P, Les terres
iluées aux différents poinls de l'un quelconque e ces arcs ont éprouvé des dénivellations d'amliludes inégales, car nulle part les tracés des deux llipsesne sont parallèles. Un peu plus loin, nous ludierons ces différences d'amplitudes.
Considérons l'axe P P en voie de déplacement J il lendant à la situation P'P'. Les points situésl iroohe des pôles et au-devant d'eux sont en voiflu l'émergence; — les points situés immédiatement! lenière les pôles sont en voie d'immersion. Aufl voisinage de l'équateur, il y a immersion pour les.» wints desquels l'équateur se rapproche, et émer-3 [ence pour ceux desquels il s'éloigne, Ainsi, out l'arc P E' compris entre le pôle et l'équa-J eur est en voie d'émergence , de même que touH 'afc antipodal P E. Les deux autres quarts de^ fellipse, E' P et E P, sont en voie d' immersion. iB
Soit un j)oint situé au pôle du globe, au point P. et affleurant le niveau marin. Le pôle s'en •Mrte de 180 degrés; à ce moment, le point ar- Ive à l'autre pôle. L'ellipse a tourné d'une demifcwnférence, ou, si l'on veut, le cercle intérieur llournéen sens inverse de la même quantité. Du- 'Witson déplacement, le point que nous considé- Wns a été recouvert d'une couche d'eau dont 'épaisseur a constamment augmenté jusqu'à l'é- [uateur, où elle égalait la dislance entre les deux jrconférences , et constamment diminué di
m ' CAUSE DES «OUVfMENIS
riLour jusqu'à l'autre pùle. II s'agit de liékrminer à quels degrés de latitude la couche lihide .1 gagné ou perdu le plus rapidement et lo teins rapidement en épaisseur, [La courbe de la figure 3 répond compléteirient cette question. Elle montre les hauteurs sucfesives du niveau marin sur tout le trajet par-
Les chiCfres inscrits au bas du tablerm sont ceux is degrés de latitude; l'équaleur est au milieu,
pôles aux deux bouts.
La ligne horizontale la plus inférieure repréble le cercle intérieur; Ja ligne supérieure, le rcle extérieur. L'espace intermédiaire a été dîié en dix parties égales; chacune des divisions iiivaut environ à 2 kilomètres dans l'hjpoise actuelle.
A,ux pôles, le niveau marin est à la hauteur zéro. s'élève avec lenteur, jusque vers le 70* degré. aciiuiert la rapidité moyenne de croissance vers 68° degré; en ce point, la tangente à la courbe parallèle à la ligne qui joint le minimum avec Il aximum de la hauteur. La raiiidité la plus inde est atteinte vers le 45' degré. Puis la vise d'élévation décroit, redevient moyeimo vers 22' degré, passe au dessous de la moyenne, et It par être nulle â l'équaleur, ort, comme aux les, la tangente est horizontale.
i" ÏT'
\i'2 CAUSE DES MOUVEMENTS SÉCÙLAÏftES.
La branche ascendante et la branche descen dante de la courbe sont symétriques.
La courbe des niveaux a la forme d'une vague ayant son sommet à ré([uateur. Le point situé ai pôle, et duquel le pôle s'écarte de 180 degn passe sous les hauteurs successives de la va gue. Le milieu de la hauteur totale de la t est atteint vers le 45'' degré; plus exactemori^ .i4°o5'42". ■ --^
Les dénivellations des points de la surfai restrc qui ne sont pas situés sur le grand de déplacement de Taxe, suivent la môme che. Elles ont seulement des amplitudes moi
Le cercle extérieur, dans la figure 4, rep:
le grand cercle de déplacement de Taxe.
est la ligne P P'. La ligne EE' représenter teur.
La ligne P P' qui figure Taxe, figure égi un grand cercle de la sphère, — grand dont le plan est perpendiculaire au plan âô^*é' quateur et au plan du grand cercle de d cernent de Taxe. Afin de n'élre pas obligé, chaque fois que je voudrai le désigner, de répét cette longue suite de mots, je rappellerai — grand cercle polaire. Je lui donne ce nom pa qu'il passe par les pôles et parce qu'il joue 1< même rôle que les pôles. r.
Le point est un point de la surface lerresti
squel se Irouve à l'intersection de l'équaleur et lu grand cercle polaire.
' Soit un point A situé en un lieu quelconque de I surface du s^lohe. Autour du point pris
î centre, je trace sur lo globe une circoifi renca passant par le point A.
[ Si- l'axe se déplace dans le sens indiqué par k flèche, les dénivellations s'opéreront au lieu A Stflcteiitenl comme si le point A se mouvait dans
le sens inverse, décrivant la petite circonférence. Les émergences les plus grandes se produiront ■' aux endroits où la petite circonférence coupe le grand cercle polaire ; les immersions maximum, •■ aux intersections de la petite circonférence avec = l'équaleur. La différence entre le niveau le phs •bas et le niveau le plus élevé sera mesurée par 2 le nombre de degrés de latitude qui. sépare le point — de la petite circonférence. Si celle ,^ dernière coupe le grand cercle polaire vers le»' 45® degré, Tamplitude totale (}es dénivellations du point A égalera environ la moitié des déni- ^ vellalions propres à un point situé sur le grand cercle de déplacement de Taxe. Le niveau maximum est le même pour tous les points du globe. Le niveau minimum seul varie ; il est indiqué par le tableau de la figure 3. Cette courbe des i niveaux est applicable aux dénivellations d'un^j point quelconque de la surface terrestre, en con-..venant que la hauteur divisée en dix parties égales représente l'amplitude totale des dénivellations du point considéré.
L'équateur et le grand cercle polaire partagent la surface de la terre en quatre parties égales» anlipodales deux à deux ; desquelles les unes son* 3 en voie d'émergence et les autres en voie d'iin- ^ mersion.
Deux points quelconques du globe, situés aux |
inlipodcs l'un de l'aulre, subissent des dénivellions de mcme sens et d'égale rapidilé.
Deux points silués sur un parallèle quelconque, il80 degrés l'un de l'autre, éprouvent des déniïellalîons d'égale rapidité et de sens inverses.
Seconde hypothèse, — Continuons à supposer
ijue l'axe se déplace suivant un grand cercle de
U sphère, et faisons intervenir la déformation de
la partie terrestre du globe.
Durant le déplacement de l'axe, la masse ter-
islre s'aplntit aux pôles et se renfle à l'éqiia-
lup. J'ai dit plus haut (1) les raisons de cette
âéfonnation. La surface des mers prend immé-
lement et complètement la forme exigée par
litions successives de l'équateur et des
■a masse terrestre est lente à obéir; ses
itions retardent relativement aux oscilla-
du niveau des mers.
Si la Éurface solide s'élevait et* s'abaissait en
loème temps que la surface liquide et avec une
Ittiplilude moindre, évidemment les dénivellations
séculaires se produiraient comme si les mors
seules obéissaient au déplacement de l'axe ; mais
Slea seraient plus faibles. L'amplitude totale des
dénivellations serait égale à la différence entre
^ mouvements totaux du liquide et du solide.
La sphère serait encore divisée en quatre parliei égales, dont deux en voie d'émergence et deui en voie d*immersion. Cette loi ne subirait qoi les exceptions relatives aux plissements des cou ches des terrains, aux actions volcaniques et au: actions de même ordre.
Les couches supérieures des terrains sont sol licitées à former des plis lorsque la surface à re couvrir diminue d'étendue; c'est-à-dire lorsqu les masses solides s'affaissent. Les plis se for meront dans les deux quarts de sphère qui son en voie d'émergence, et principalement dans le régions voisines du grand cercle de déplacemen de l'axe. Leur direction sera généralement pei pendiculaire à ce cercle.
Dans les deux autres quarts de la sphère le plis tendront à s'effacer.
Lorsque les plis se creusent, il peut y avoi immersion dans une région en voie d'émergence Lorsqu'ils s' effacent, il peut se produire de émergences dans une contrée en voie d'immei sion.
Assurément la nature des terrains joue u grand rôle dans la production des mouvemen exceptionnels.
D'autres exceptions peuvent se produire par retard des déformations de la masse terrestre.
Considérons en effet le pôle, ou le grand cei
le polaire, s'avançanl vora un rivage quelconque.
Lorsque le pôle est proche, le niveau liquide ne
baisse presque plus ; la masse terrestre baisse au
'contraire avec rapidité, elle est loin peul-élre de
ïson affaissement maximum. Il se peut donc que
le fixage soit en voie d'immersion.
Si l'axe se déplaçait suivant un grand cercle
) la sphère , le globe aurait une physionomie
parlicuhère. Les pôles creusant toujours un même
sillon, les mers s'étendraient sur le grand cercle
cIb déplacement, partout, excepté peut-être aux
points actuels des pôles. Les continents seraient
placés sur chaque côté de cette ligne, et possé-
ilepaient une structure symétrique . Plusieurs
faisoas encore prouvent que le pôle suit un che-
fiin différent du grand cercle; on les trouvera
plus loin.
Troisième hypothèse, sans restrictions. — Adinellotis que le pôle se déplace suivant une courbe ■flljelconque P' P^ P^, indiquée dans la figure 5. Le TGV est l'équa leur. Le point P' est le se trouve actuellement le pôle. La ligne irésente le grand cercle de la sphère lani courbe au point P\ La ligne CC rele grand cercle polaire dans la position inée par le point P''et le cercle perpentire TT'.
^'ensemble est une calotte hémisphérique.
G re- )sîtion I jrpen-
le. La j
de réquateur se trouvaient sur le cercle cPc', aux intersections de ce cercle et de Téqualeur relatif au pôle P*. L'équateur relatif au pôle P et réquateur relatif au pôle P^ sont situés dans deux plans différents , et leur intersection se trouve dans le plan du cercle tt'. L'ancien équateur était placé, dans Thémisphère qui nous occupe, au-dessus des points T' et G.
L'équateur a donc passé récemment sur une zone située au voisinage de G', dans la portion T C de réquateur actuel. Il s'en est éloigné, et tend à Tenvahir une seconde fois. Cette zone fait partie de la portion de calotte qui s'immerge. Le mouvement rétrograde de l'équateur est nul au poinfr G' qui sert de pivot, faible jusqu'à une certaine distance. Là, il y aura émergence, parce que le niveau des mers tend à peine à remonter, tandis que les terrains continuent à s'élever. Vers le point T r émergence ne se montrera probableme^^^ pas, parce que le niveau liquide s'élève avee plus de rapidité , et parce que les terrains ox^^ depuis plus longtemps obéi au mouvement d'él^" vatjon.
En résumé, les mouvements de sens exo^lP' tionnel (1) dus au retard des terrains seront ^-*" tués :
(1) Voyez la note F, page 259.
Dans les quarts de sphère en voie d'émergence, — au-devant de la grande portion du demi-grand cercle polaire ;
Dans les quarts de sphère en voie d'immersion, — au-devant de la courte portion du demi-grand cercle polaire, et au-devant de la partie de l'équaleur voisine de la longue portion du demigrand cercle polaire.
Vérification. — La carte des antipodes nous servira utilement à contrôler si réellement les dénivellations séculaires sont dues au déplacement de l'axe terrestre. Nous avons vu que, dans cette hypothèse, deux points quelconques situés Six antipodes l'un de l'autre, éprouvent des dé- ■^vellations de même sens, — et j'ajouterais d'é- Bfile amplitude s'il ne convenait faire des réserves '" sujet de la nature variable des terrains et du ^^faut de coïncidence du centre de ligure du Slobe avec son centre de gravité. Si la trajectoire I ^^ pôle nord était marquée sur la carte, ce tracé lierait également la trajectoire du pôle sud, puis- |f^*ie les pôles ont toujours élé aux antipodes l'un i.*'e l'autre. Les longues et les courtes portions des .■^^nai-grands cercles polaires sont antipodales, l^'lsi que les centres de courbure.
L ï~*a observations des dénivellations séculaires Bj^^bit ni assez nombreuses , ni assez précises
pour que je me hasarde à tracer sur la cj courbe décrite par le pôle.
Je place, approximativement, le grand polaire sur le méridien qui coupe réqual( 38* degré ouest et au 142* degré est, longit Paris. Le grand cercle polaire traverse Tar de. r Australie, le Groenland, la Sibérie, 1 d'Okhostk, et divise Tantipode du Brésil ] du cap Saint-Roque.
Le grand cercle langent à la courbe p au point du pôle actuel, est le méridien pi diculaire au grand cercle polaire ; ce me coupe Téquateur au 52* degré est et au 12 gré ouest.
J'estime que le centre actuel de courbi trouve à Tinlerseclion du grand cercle pol du 70* degré de latitude.
Le grand cercle polaire partage la.ca deux mohiés. Le côté où se trouve TEurc la moitié en voie d'émergence. Le côlé trouve l'Amérique du Nord est la moitié e d'immersion.
Pour que ma théorie soit vérifiée, il faut
1® Que nous rencontrions le plus grand n des points en voie d'émergence — dans h mière moitié ; — le plus grand nombre dcà en voie d'immersion, dans la seconde ;
2** Que les exceptions relatives à la première moitié soient en partie groupées à Touest du 142* degré de longitude ;
S*" Que les exceptions relatives à la seconde
moitié soient, pour une certaine part, groupées à
Vouest du 38* degré de longitude ; pour une autre
part, le long de Téquateur, à Test du 142* degré;
4° Enfin, que les exceptions placées en dehors des régions ci-dessus indiquées ne soient point très-nombreuses.
Ces dernières exceptions, si elles restent en P^^it nombre, pourront être attribuées avec vraisemblance aux plissements du sol, au tassement "^s terrains d'alluvions, aux actions volcaniques, ^^x érosions des mers et des eaux courantes, ^'îfin, à des erreurs des observateurs, car, sans Qucui^ doute, plusieurs des observations des mouvenients séculaires , tenues aujourd'hui pour ^^^îes, seront plus tard reconnues mal fondées. ^ *eur nombre était considérable, si surtout il agissait nettement de mouvements séculaires P^Qprement dits, tels que ceux qui s'affirment ^^s les espaces peuplés d'attoUs, — on serait ®^ droit de conclure que les dénivellations lentes ^^ produisent indifféremment sur tous les points ^ globe. Examinons.
CAUSE DES MOUVfcM^...-
Dans la moitié de la carte propre aux lieu
émergence, émergent :
L'Ecosse,
La péninsule Scandinave, presque en tolalit(
Le Spitzberg,
La Nouvelle-Zemble,
La côte de l'océan Glacial arctique, depuis 1 péninsule Scandinave, jusqu'aux environs de l'ai chipel de la Nouvelle-Sibérie,
La Tasmanie,
La partie de l'Australie voisine du détroit d Bass,
Certains points de la Nouvelle-Zélande,
Divers points des côtes de la péninsule ibé rique et de la France baignées par FAtlantiquf et quelques-uns de la côte de la Manche,
Des points Iros-nombreux des côtes de la V.
diterranée et de la mer Noire,
Les régions qui séparent la mer Noire d mer Caspienne, la mer Caspienne de la d'Aral, et le pays qui s'étend entre ces m/ régions et la mer Glaciale,
Peut-être l'île de Saghalien, l'archipel de Kieou, l'île de Formose,
Divers points de la côte .du Chili et du
La. côte nord-csl de l'Australie,
L'archipel de la Louisiade,
Les îles du Cap-Vert,
Toute la partie de l'Afrique située au nord de l'équateuF, La côte d'Arabie,
Toute la région de la Polynésie qui s'étend, sur 75 degrés de longitude, entre la Nouvelle- Calédonie, les dernières îles des Touamotou et iteur, Laquedives et les Maldives, côte sud-ouest de l'Inde, Ceylan, le fond du golfe du Bengale,
Les altolls de la mer de la Chine, les iles Pé- "Ou et quelques iles voisines, ■ Dans cette même moitié de la carte, les excep- ^ona groupées à l'ouest du 142" degré de longi- 'ude sont :
I^a région de l'embouchure de TAmazono, Les environs de Bahia, L-a baie de Rio de Janeiro, F*eut-être certains points des rivat^esdu Japon. Les exceptions éparses sont les suivantes :
Les nombreux points en voie d'immersion si- ^alés sur les rivages qui bordent au sud la Bal- "^ue^ lf^ j„gp fiu isjocd gt, la mer de la Manche, Les deltas du Pô et du Nil, ^""ois points de la portion nord-est de l'Adria-
que
'-*®Ux points de la côte de Syrie,
La
pointe orientale de l'île de Crète,
Enfin, les environs du Callao, sur la côledu Pérou.
Dans la moitié de la carte propre aux lieux en voie d'immersion, s'immergent :
La côte sud-ouest du Groenland,
La côle orientale des États-Unis,
Peut-être les rivages du Labrador et du Canada,
La région des îles Bahama et des grandes Antilles,
Les Bermudes,
La Guadeloupe,
Le fond du golfe du Mexique, les côtes du Yucalan, la côle des Mosquîtos, ainsi que la portion de la mer des Antilles comprise entre le Guatemala et les grandes Antilles, •
L'isthme de Panama,
Le rivage de Rio-Hacha, sur la côte de la Nouvelle-Grenade,
Peut-être les rivages occidentaux de l'Amérique du Nord,
La région de la mer des Indes qui s'étend de Téquateur — à Madagascar, à l'île Maurice et au grand banc de Chagos,
L'archipel Hawaii.
Les exceptions régulières sont les suivantes :
1" A Touest du 38'^ degré de longitude :
La région à coraux émergés qui s'élcnd eiilre l'équalcur et le nord de TAuslralie,
Peut-être quelques-unes des petites Antilles ;
2° Le long de l'équaleur, A l'est du 1-42" degré :
La côte de Pernambouc,
L'archipel des Carolines, l'archipel de Marshall el la portion nord de l'archipel de Gilbert.
Les exceptions irrégulières sont celles-ci :
La pointe de la Floride et ses Keys,
Le rivage d'itidianola,
Le pelit atloll isolé de Keeling.
Cette simple énuméralion suffit, je pense, à démontrer la bonlé do ma théorie. Certaines parijcularités présentées par les mouvements séculaires de quelques lieux du glohe vont la confirmer encore.
Autres vérifications. — La côte orientale do l'Australie s'est immergée pendant longtemps; elle émerge depuis peu de temps. Les preuves sont : le grand récif-bar ri ère de l'Australie, trèséloigné du rivage; le petit soulèvement récent observé par M. Darwin dans la Tasmanie ; les récifs de coraux qui, au nord de l'Australie, commencent à faire saillie au-dessus de la mer.
La portion méridionale de l'Amérique du Sud a émerge pendant longtemps; ses terrasses régu-
lières le prouvent. Aujourd'hui, plus de mouve ments réguliers, et déjà plusieurs points sont ei voie d'immersion.
L'Australie et l'Amérique du Sud sont situçe environ sur les mêmes méridiens ; le pôle est entr les deux régions. Immédiatement avant Tépoqu actuelle, le pôle devait s'écarter de l'Australi et se rapprocher de l'Amérique du Sud. Il doi actuellement se diriger dans un sens à peu pré perpendiculaire aux méridiens qui traversent le deux pays. Cette trajectoire s'accorde avec le che min polaire indiqué par l'ensemble des mouve ments séculaires modernes.
Les récifs de la Nouvelle-Calédonie et des île Loyalty marquent une émergence qui date d plus longtemps que celle de la côte oriental d'Australie. Le grand cercle polaire a donc pass sur la Nouvelle-Calédonie avant d'arriver su l'Australie.
Les bords des terrasses de la Patagonie oi paru à M. Darwin être sensiblement parallèle au niveau marin. Si la mer seule obéissait au d^ placement polaire, les terrasses seraient plus éU vées au nord qu'au sud de la Patagonie. Mais 1^ terrains ont dû, comme la mer, s'affaisser plus et nord qu'au sud ; il y a eu ainsi tendance au réta blissement du parallélisme.
i [errasses de la Norvège paraissent plus élevées au sud qu'au nord. Les affaissements simultanés des terres et du niveau de la mer ont leur plus grande amplitude au sud de la Norvège. Le retard des terrains cause le défaut du parallélisme.
Si les terrasses de la Patagonie sont parallèles au niveau de la mer, et si celles de Norvège ne le sont pas, on doit en voir la raison dans ce que la Norvège émerge depuis peu de temps, et n'est pas même parvenue à la rapidité maximum d'é- DiergencB, — tandis que la Patagonie n'émerge probablement plus ; qu'ainsi le retard des terrains S son influence en Norvège et s'est comblé en Patagonie.
La longue cote à lambeaux de terrasses, qui
* étend de la Terre de Feu jusqu'au Pérou, est plus distante que la Patagonie de la limite du de- "**"eercle d'émergence; les terres doivent s'y affais- ^^ avec environ la même rapidité que la mer; •^ où l'immobilité apparente. Le retard des terrains ^ ^st pas encore comblé. Les lieux où le retard ^^t le plus grand sont ceux où l'émergence
* eu sa plus grande amplitude. Ainsi s'explique lUe les terrasses à coquilles récentes soient plus levées à Valparaiso qu'au Pérou.
Les ruines des maisons indiennes qu'on re-
131) CAUSE DES MOUVEMENTS SÉCULArUES.
trouve groupées dans les hautes vallées des Andes, en des lieux stériles, et proche de la limite des neiges persistantes, impliquent, nous Tavons vu, un changement de climat. Un simple mouvement séculaire d'élévation, sans déplacement du pôle, n'expliquerait pas que le climat eût changé rapidement, au point de rendre déserts des lieux jadis populeux. L'élévation du sol qui a pu se produire depuis l'époque où les maisons furent bâties, est nécessairement petite. Une chaîne de montagnes du nord de la République Argentine porte le nom de Sierra Despoblada^ c'est-à-dire dépeuplée. La tradition remonte peut-être jusqu'au temps où le climat permettait de vivre dans les vallées élevées. Mais si l'approche du pôle coïncide avec l'élévation du sol, on comprend que la température et le climat aient varié sur les hauteurs dans une mesure plus large et avec une rapidité plus grande.
La même remarque est applicable aux plateaux de l'Auvergne qui, selon plusieurs auteurs, jouissaient d'une température meilleure à une époque récente.
D'après M. Keilhau (1), les forêts de la Norvège sont bordées, à leur limite supérieure, de larges lisières d'arbres morts et restés debout.
(ï) Cité par Elisée Reclus, La Tcrro, 1838, 1" vol., p. 739.