‹ Le déplacement polaire: preuves des variations de l'axe terrestreChapitre 18 sur 33 · DÉNIVELLATIONS PRODUITES · texte numérisé non relu

DÉNIVELLATIONS PRODUITES

Si je puis montrer que les grands glaciers descendaient notablement plus bas que le niveau actuel de la mer, — j'aurai montré que le niveau de la mer était inférieur au niveau actuel à l'époque la plus froide de la période glaciaire.

Si Ton pouvait scruter le fond de la mer afin d'y trouver les moraines frontales des glaciers, la démonstration serait facile. Ces moraines, probablement, ne dessinent même pas des saillies sur le sol immergé : la mer égalise ses dépôts. Quand les mouvements séculaires futurs feront émerger les vieux terrains glaciaires, ils ressembleront à ceux de la Superga ou aux conglomél'ats des périodes plus reculées.

I La démonstration ne peut guère être faite qu'à ; l'aide de ce qu'on voit au-dessus du niveau de la mer.

Je tire ma première preuve de Lyell (1) ; je copie : a Nous savons du docteur Torell, qu'il existe sur les côtes du Groenland de vastes étendues, dépourvues aujourd'hui de glaciers ou de neiges permanentes, qui montrent à leur surface des ^^gnes incontestables de l'ancienne action de la g'âce ; ce qui fait supposer que le pouvoir de la glace dans le Groenland, pour si grand qu'il soit ^"jourd'hui, doit s'être exercé autrefois sur une

^^^ -^Hments de Géologie, Paris, 6« édit., t. I, page 233.

172 LES PÉRIODES X5LAGIAIRES.

bien plus grande échelle. Le continent, quoiq aujourd'hui fort élevé, doit avoir eu sans do anciennement une hauteur beaucoup plus con dérable. Cette opinion est même plus qu'une si pie probabilité, car, depuis que les Danois c( naissent le pays, c'est-à-dire depuis les qua derniers siècles, toute la côte comprise entre 60° et 70** de latitude nord a baissé à raison plusieurs décimètres dans un siècle, de te sorte qu'une surface rocheuse, parfaitement- pc et sillonnée par la glace, se trouve maintenu dans la mer, et recouverte, à la suite de la foi des bancs de glace, par un limon impalpable et { des pierres lisses et sillonnées. »

Ainsi, pour la côte sud-ouest du Groénlai dont il s'agit ci-dessus, un froid plus intense coïncidé avec une émergence plus grande.

On a observé également en Europe des trac marquées sur les rocs par les glaciers, qui pl< gent au-dessous du niveau de la mer. Je c encore Lyell (1) : « On a vu qu'en Ecosse, Suède et ailleurs, les roches ' polies et stri' n'existent pas seulement sur la terre ferme, nci encore sous les eaux do la mer, où les mér sillons se continuent, de manière à faire suppo que les glaces continentales ou glaciers ont «

(1) Eléments de Géologie^ Paris, 6® édit., t. I, page 24Î) *

fm^^S^

Irefois exercé leur aciion sur une surface actuellemeat submergée. »

Il devient extrêmement probable (jue les terres étaient alors plus émei^ées qu'aujourd'hui. Cela n'est pas complètement certain : on peut répondre que peut-èli'e lo niveau était le même, et que, les glaciers plongeant dans la mer, comme font IiabituelleiTient les grands glaciers, ont pu polir et strier les roches jusqu'à une certaine profondeur. Il ne suffit pas de montrer que les glaciers descendaient plus bas que le niveau actuel, il faul montrer qu'ils descendaient notablement plus bas,

Les fjords sont la preuve que les glaciers des- (î^ndaient considérablement plus bas que le niveau actuel de la mer.

M. Elisée Reclus, le premier, je crois, a dit que "^ vallées à pentes abruptes étaient dues à la Pf'êsence récente des grands glaciers (1). On trouve des fjords non comblés, seulement au voi- S'iiage des pôles. Ceux de la côle de Norvège, 'bs plus nets peut-être, tendent depuis longtemps * Se remplir de débris. Ceux du Groenland sont fiOcore en majeure partie masqués par les gla- '^iQi's. Ceux du golfe de Gènes sont à peine re- **ïïoaissables. Ceux de l'Asie Mineure, de la côte

"t la Terre,

) Dalmatie, du nord-ouest de la péninsule ibérije, de la Bretagne, des îles anglaises, du Daneaark, etc., sont comblés à divers degrés. Les ,orrents qui s'y jettent, les dégradations de leurs parois, les cordons littoraux poussés par la mer, tout travaille à effacer ces défilés où cheminaient les glaces. En dehors des actions glaciaires, les Qords sont impossibles. Sur les parois des Qords de Norvège, on voit les stries des glaciers; dans la mer, au large, sont les moraines : ce seraient les bas-fonds de débris « que Ton trouve à l'entrée de tous les fjords Scandinaves (1). »

M. Elisée Reclus a mis tous ces faits en lumière; cependant il n'attribue aux glaciers qu'une simple action de conservation, — et non de creusement. Les fjords, dit-il, « ont été maintenus dans leur état primitif par le séjour prolongé des glaciers. » Ils auraient alors préexisté à l'époque glaciaire: mais comment n'auraient-ils pas élé comblés avan l'extension des glaces? — I.es glaciers creusent 1 roc; à preuve, les torrents boueux qui s'écha peut, même en hiver, de dessous les glaces Groenland ; — à preuve encore Ténorme quan de lœss, boue provenue de Férosien des Alf qui s'est accumulée dans les vallées du Rhin, Danube, du Rhône, et formait un volume '

(1) Reclus (Elisée), La Tf^rro, Paris, 1809, 2« vol., p.

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égal peut-être^ ce qui reste des Alpes. Les glaciers passaient dans les fjords, y passant ils devaient les creuser, cela est certain. Quelle puissance aurait pu les creuser, sinon les glaciers ?

Les Qords sont toujours au pied d'un versant montagneux; jamais en contrée de plaine, — parce que les glaciers ne se forment et ne coulent qu'à Taide d'une pente. On le§ trouve mieux marqués sur les côtes occidentales que sur les côtes orientales de la Scandinavie, de TÉcosse, de VAmérique du Nord, de la Patagonie, de la péninsule des Balkans,— parce que dans chacun de ces pays les chaînes de montagnes sont situées proche de la côte occidentale.

Les fjords sont d'anciens lits de glaciers. Or, dans quelques-uns des ijords de Norvège, la mer est profonde de 500 ou 600 mètres. Si Ton considère que probablement leur sol est couvert d'une couche de débris, que probablement aussi les glac^6rs descendaient plus loin que les points des flords auxquels ces profondeurs appartiennent, ^^ conviendra qu'au moment de l'extension des ê^'^ânds glaciers, Ja mer, sur les côtes de Norvège, ^^^it un niveau inférieur de 500 ou 600 mètres ^^ ^oins au niveau marin actuel.

-^onc, au moment de la plus grande intensité

^ fï'oid, le sol était plus émergé qu'aujourd'hui.

"^^I. Jamieson, Geikie, Ramsay, Kjerulf sont

tlo cot avis. Lyell égnlement, mais il fait enlm la liinH intepglaciaire de Cromer dans ses calcat!i relatifs à la dernière période glaciaire; il se base principalement sur les coquilles marines; el, sa fin de compte, il arrive à admettre deux émwgcnccs et deux immersions durant la période do froid.

Certains indices des oscillations des glamers portent quelques aulears â admettre que la lentpérature s'est abaissée à plusieurs reprises durant une même période glaciaire. Mais nous voyons quelques années, les petits glaciers actuels des Alpes avancer ou rétrograder de plus d'un kilomètre; — on peut bien admettre que pendant Ik milliers d'années du froid le plus intense, les grands glaciers ont pa osciller au moins de la même quanlité. En réalité, les terrains de la dernière période glaciaire ne montrent qu'un seu maximum rie froid, et une seule grande émergence.; celle-ci et le maximum du froid paraissent coïncider.

Postérieurement au maximum du froid, les terres se sont immergées, et, à une certaine époque, le niveau de la mer a été plus élevé qu'il ae l'est actuellement. Ce lail est prouvé par les terrains â coquilles qui reposent sur des rocs striés par les glaciers. Les terrains à coquilles récentes

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sont rares au-dessus de 180 mèlres. Les coquillages du Moel Tryfaen, trouvés à une élévation de 420 métrés, datent-ils d'avant on d'après la période des grands glaciers? — 11 est difficile de décider; — d'autant plus diflicile, que les coquillages antérieurs à la dernière période glaciaire ne paraissent pas différer sensiblement des coquillages postérieurs, à cette dernière période. Il est possible qu'à une date relativement récente le niveau de la iner se soit élevé a plus de 420 métrés au-dessus du niveau actuel. L'absence de coquilles n'est qu'une preuve négative. Il est probable, dans une certaine mesure, que la dénivellation s'est arrêtée à l'altitude de 180 ou 200 mètres, altitude au-dessous de laquelle se trouve la presque totalité des terrains à coquilles récentes. M. Geikie a fait une observation de laquelle il semble résulter : — que l'immersion qui suivit le iDaxinium du froid, et l'émergence actuelle, — se sont succédé sans intercalation d'autres mouveînenls séculaires. Les stries glaciaires qui, tracées sur les cèles occidentales d'Ecosse, se prolongent au-dessous du niveau de la mer, sont ii^îehes d'aspect près et au-dessous du niveau de leau; — à quelques mètres au-dessus, elles se montrent détériorées et effacées (1). On doit croire

H] I.VELL, Éléiii«/iis '?(■ Oênlagie, Phi-Lb, Cl» (■dit., pog" SSO.

que, si les mêmes roches avaient émergé une fois déjà dci)uis le maximum du froid, elles ne présenlcraient plus de stries à leur émergence actuelle.

Les géologues admettent qu'avant la grande oxlension des glaciers, des terrains glaciaires (Torigino marine avaient été déposés jusqu à une l'ortainc hauteur au-dessus du niveau actuel de h\ mer. Ces terrains auraient été refoulés, pressés cl s ries par les glaciers. Ainsi, antérieurement comnio postérieurement au maximum du froid, h»s terres auraient été plus immergées qu'aujourd'hui. Mais on confond trop facilement les terrains glaciaires d'origine terrestre avec ceux d'origine inarino vl on y mole trop facilement ce qui apparlitMil à rîivant-deriiiàro période glaciaire, pour que je veuille ne ni'appuyer que sur cette seule dénuée.

Les césars de Scandinavie sont une bonne prouve ([uc les mouvements du sol, d'avant et d'après le maximum du froid, ont été symétriques, si j'ose ainsi m'exprimor.

Les eaux de la mer iJalliquc sont saumâlres.

l.es mollusques qui y vivcnl sont de mêmes es- \hVcs ([uc ceux de la mer du Nord, mais les individus S'^ï^t ^^^ petite taille; celte particularité foît .^^,^.]^ien (lislinguer les coquilles de la Baltique Àe^ coquilles des mers où la quantité de sels est

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normale. Les œsars sont des collines de sables, de marnes et de graviers dans lesquelles on trouve des coquilles semblables à celles qui vivent aujourd'hui dans la Baltique ; — le terrain qui les constitue a été déposé sous les eaux de la Baltique à une époque où cette mer était également saumâtre. A leur face supérieure les œsars portent des blocs erratiques, attribués par tous les géologues à la dernière période glaciaire.

Avant la dernière période glaciaire, comme aujourd'hui, la Baltique était une méditerranée, Recevant plus d'eau par ses fleuves qu'elle n en perdait par l'évaporation ; — comme aujourd'hui, ^e degré d'émergence de ses rivages ne lui perïïiettait qu'une communication restreinte avec les ^ers voisines ; — et ce degré d'émergence correspondait à une température sensiblement égale à la température actuelle.

Il est possible que les blocs qui couronnent Jes œsars aient été déposés en même temps que les erratiques des plaines de la Russie et de la Pologne, — et aient dû leur transport aux mêmes inoyens. Mais il n'est pas admissible que les terrains des œsars soient de formation post-glaciaire. On trouve des coquilles dans les œsars jusqu'à plus de 30 mètres au-dessus du niveau de la mer. Or, dans certains kjôkkenmôddings, situés à quelques mètres à peine au-dessus de

Teati, — et qui onl été formés hors de l'eau, puisqu'ils sont dus à l'action humaiae, — 1»

coquilles ont la grandeur normale. Si la mer Baltique s'êlevail de quelques mètres, elle redeviendrait salée. Plus haute d'au moins 30 métrés, elle était saumAtre. Les rivages n'avaient drae pas la coniigu ration actuelle au moment où 1^ terrains des œsars se sont déposés, LesglaciiM n'avaient pas encore érodé les roches et élargi les passages. Quand même les erratiques d( œsars seraient posl--glaciaires, les terrains di œsars sont pré-glaciaires.

En somme ;

Il est certain qu'au moment le plua froid de la dernière période glaciaire, le nord-ouest de l'Eui l'ope était notablement plus émergé qu'il ne l'esi actuoUemenI ;

Il est probable que le maximum du froid a coïncidé avec le maximum de l'émergence ;

Il est certain que, postérieurement au maximi du froid, le nord-ouest de l'Europe s'est ImmCTJ et, qu'à la lin do ce mouvement, le niveau de la jner était notablemenl plus élevé qu'acluellemeot;

U est probable que ce mouvement d'imniersioû ■figtio sans discontinuité le maximum de l'émer- Mjtitfi "" nouveau mouvement d'émergence qu'< ^l^^\« aujourd'hui.

il est probable que les mouvements séculaires anlérieur et postérieur au maximum du froid ont élé sensiblement symétriques ;

U est très-probable que ce qui vient d'être dit des mouvements séculaires produits dans le nordouesl de l'Europe pendant la dernière période glaciaire, est également applicable aux autres lieux et aux périodes j^iaciaires plus anciennes. Cause des périodes glaciaires. — Ce qui précède peut être résumé dans les cinq propositions suivantes :

1° Les régions polaires sont les lieux des plus grands glaciers et des manifestations les plus re- Diarquables du froid ;

2* Divers lieux du globe, dont quelques-uns 'ont situés vers l'équateur, — ont subi un froid 'embiable à celui qui sévit actuellement aux pôles;

3° On trouve dos traces du froid jusque dans «8 temps géologiques les plus anciens ;

4° A. aucun moment, durant les époques géolo-^ Pques récentes (probablement aussi durant les époques géologiques anciennes), les glaces n'ont pu occuper sur le globe des régions notablement mi vastes que celles qu'elles occupent aujourd'hui ;

5° Autant qu'on peut le connaître dans l'état ftcluel de la science, les mouvements séculaires

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été 6miw<« alln d'expliquer pro)*r«ft aux périnde* gïaeiaâres. Je i iJiui rcjviic rfi[iirte. Monlrant 1 foftii nii<5ux rcsftortir encore la TênlédK i ninni iiolflire. |

Allii il'uliri'ji^or, je tliviee ces hypothèses quiitro ^fToujtQ», * |i

1^ Iiromiur grou|>e comprend les iiypolba (|iil reuJierrhenl des modificalions gêopBphiqi do notliro li (iiiKiiifinler l'exlension des glacica — oIloM nu vculoiil ni «Icindre le soleil, ni gla U'nii M.'ul œii|i toute la surface lerreslre. Ce s lot liypiitliÙBoH les plus en vogue. Elles se basi »ur lu jirùsence cl l'absence successives de lan du Saliai'a, — uue déviation du Gulf-Stream,

la Iraiisfonnalion de l'Europe en un archipel traversé par des courants froids.

Ces [rois causes additionnées grandiraient certainement los glaciers des Alpes, mais seraient inhabiles à leur donner les dimensions anciennenient atteintes. Nulle part sur le globe on ne voit à 45 degrés do distance du pôle des glaciers longs de 240 kilomètres.

Elles ne produiront jamais de glaciers sous l'équaleur. Les lies Galapagos forment un archipel, situé loin des terres et baigné par un courant d'eau froide. Elles semblent réunir les conditions désirées ; — cependant il n'y a pas de glaciers ; — la température y est même encore très-élevée.

Dans le premier groupe rentre l'hypothèse due à M. Rozet (I), laquelle consiste dans le soulèvement à une grande altitude des pays où ont' été ^sepvées des traces d'actions glaciaires. Les logions équatoriales de l'Amérique auraient dû être exhaussées à une hauteur énorme pour trouver la Icmpératurc froide nécessaire au déve- Vpenient des glaciers. Il faut supposer un sou- 'évement d'au moins 4000 mètres ; soulèvement iiiNTaisemblable si on le compare à ce qu'on voit aujourd'hui sur le globe, et si on considère la

'JAiininu, Hl-iloivc lies profjv'cs de In Géolngie, Puris, 1 ^ ». p«eu 430.

grandeur qu'aurait acquise le continent américain.

Encore, les soulèvements gigantesques et successifs de tant de lieux du globe ne peuvent pas expliquer les terrains glaciaires d'origine marine, car les glaciers ne seraient pas descendus jusqu'à la mer dans les zones tempérées ou chaudes, et la température de la mer n'aurait pas été sensiblement modifiée.

Les hypothèses du second groupe mettent en jeu des actions qui tendraient à refroidir tout le globe. Telles sont :

La diminution périodique de la chaleur propre du soleil, soit par l'obscurcissement graduel de toute sa masse, soit par l'augmentation de ses taches ;

La persistance, à de certaines époques, d'uD écran cosmique entre le soleil et la terre ;

Le passage de tout le système solaire dans des espaces à basse température.

Ces causes, très-improbables en elles-mêmes, n'arriveraient pas à produire des phénomènes ' glaciaires analogues à ceux dont on étudie les traces. Elles ne produiraient que de faibles glaciers.

Pour qu'un glacier se forme, il faut : — premièrement du froid à l'endroit du glacier; secon-

de In chaleur ailleurs. Le gliicier coule; comment se renouvellerait la glace à sa partio supérieure si de la vapeur d'eau n'y venait tomber f sous forme do neige? Si toute la surface de la lerre élait gelée, il n'y aurait pas de glaciers.

Supposons que le glohe ne se refroidisse cpie dans une mesure moindre, — que l'isothenne zéro, qui passe en Islande, vienne à passer en France, La quantilc totale d'évaporation produite dans les régions chaudes serait considérablement diminuée. Une faible quantité de neige irait se répartir sur la surface élargie de la zone glaciale. Les glaciers seraient petits. Veut-on dire que le froid serait assez intense pour que, si peu qu'il iombât de neige, elle s'accumulât en couches indéfiniment superposées? — Alors, où seraient les glaciers et comment expliquer les érosions glaciaires ?

Que l'on fasse donc avancer la zone glaciale HUssi loin, ou aussi peu loin que l'on voudra : — il n'arrivera pas que le glacier du Valais porte SM blocs do pierre jusqu'à Soleure, — ni surtout qu'on puisse trouver à l'équaleur des traces notables de l'action glaciaire.

Est-il utile d'ajouter que le refroidissement général des climats du globe aurait exterminé les espèces équaloriales?

Le Iroisième groupe comprend les hypolliôsM qui recourent aux climats exlrèmes. L'exagéralion simultanée du froid de l'hiver et du chaud de lélé serait la conséquence — de l'élongation périodique du grand axe de récliptique, ou de l'accroissemenf périodique de l'inclinaison de l'axe terrestre. Ces hypothèses sont plus impuissantes encore que les précédentes.

Durant l'élé, les rayons du soleil et les pluies abondantes et chaudes fondraient des quantités de glace proportionnelles à la chaleur de la saison. Durant l'hiver, il n'y aurait que peu d'évaporalion et peu de neige ; par conséquent peu de glncî se formerait.

Les climats extrêmes sont défavorables à l'extension des glaciers. Le Japon et la Nouvelle- Zélande ont même chaleur moyenne annuelle^mêmes montagnes élevées, environ même régima de pluies; cependant le Japon n'a presque pas de glaciers, et certains glaciers de la Nouvelle-^ Zélantle descendent jusqu'aux rivages. Mais le Japon a des températures extrêmes, et la Nouvelle-Zélande un climat remarquablement uni* forme.

L'hypothèse qui consisterait à faire décrire à Is terre un cercle exact autour du soleil pris commi centre, et à placer son axe de rotation dans unfl situation invariablemejit perpendiculaire à l'i

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cliplii^ue, serait donc préférable, au point de vue lie l'accroissement des glaciers, aux hypothèses du Iroisièrae groupe.

Je suis obligé de créer un qualrième groupe poar une hypothèse singulière, laquelle voudrait Gïpliqaer l'exlension des glaciers, non plus par QQ refroidissement général du globe, mais par un féthauffement général dû à une chaleur solaire plus grande.

L'époque glaciaire aurait pris fin parce que le soleil S9 serait refroidi (1). Il suffit de considérer lîue les grands glaciers se trouvent prés du pôle, s'' non vers l'équaleur, pour comprendre l'erreur ^^ celle théorie. Véritablement, si le soleil était plus chaud, il y aurait production d'une plus Si'ande quantité de vapeur d'eau, mais celle-ci 'fndrait à tomber sous forme de pluie plutôt que ^us forme de neige; elle fondrait les glaciers au "fiu de les augmenter.

Il est facile de montrer que le froid accompa- BUait la dernière période des glaces. Les coquillages à forme arctique dont j'ai parlé sont des '«inoins du froid. Et on a trouvé à Schussenried, ^^^ une moraine abandonnée par le grand glacier °^^ Rhin, parmi des objets travaillés de main

, ,") L'auleur de calto hypoUièsa esl M. Locoij. — D-Anr,Hi*c.

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