‹ Le déplacement polaire: preuves des variations de l'axe terrestreChapitre 17 sur 33 · I.KS PÉRIODES GLACUmBS · texte numérisé non relu

I.KS PÉRIODES GLACUmBS

de glaces, comme le sont aujourd'hui les terre» voisines du pôle. Des traces de vastes glacieti ont cgalenienl été observées dans les PyrénéW) i dans les montagnes de l' Auvergne, hs Vosges, les l monlagnes Ju Pays de Galles et de l'Irlande, les ' montagnes de l'Allemagne, les Carpatlies. Les ,' traces glaciaires de l'Asie ont été moins étudiées i les auteurs ne sont p;is d'accord sui" le point de savoir si l'Altaï el les monts de la GInne en reo- ' ferment, Hooker a vu, à la base de l'ilimalaya, ' d'anciennes moraines former des barrages à Ira- ' vers les vailo(?s; et il a constaté la présence de j. terrains morainiques en Syrie : les cèdres du r Liban croissent sur des terrains de cette espèce' ' Les tracL^s glaciaires se montrent dans la parlie orientale de l'Amérique du Nord, au Canada dans les Ktats-Unis, jusque vers le 38° degré de , latitude; — et jusque vers le 4G' dans la partie occidentale.

Les débris accumulés par les grands glacière ne sont pas rares dans les régions équatorialesde l'Amérique, M. Elisée Reclus en a constaté In présence sur le littoral de la Colombie, au pied de la Sierra de S.^nta-Marla M. Acosla les a vus sur l'autre versant de la même cliaine, au bas ciMé soumis actuellement à la sécheresse, M. A»* clzar a signalé des moraines dans la Sierra de Cocni ; Agassiz, dans la vallée de l'Amazone.

rion Pèdpo II a observé, aux environs de Rio do Jafieiro, un terrain morainique de grande épais- .ïeur , renfermant des blocs caraclérisliques. 'MM. Liais, Hartt, etc., ont vu des accumulations pareilles dans diverses parties du Brésil.

- Faisant l'ascension du Gorcovado, montagne voisine de Rio, j'ai constaté à Larangeiras un terrain dont la structure est la même que celle des lerrains glaciaires de Saînl-Ombre ; il n'en diffère que par une teinte rougeâtre due à des inflltralions ferrugineuses.

Des traces d'anciens glaciers existent encore '^3 la portion méridionale de l'Amérique du Sud, depuis le cap Horn jusqu'à Montevideo et au Chili; — dans les îles Malouines ; dans la Nouvelle-Zélande ; dans les Nouvelles-Galles du Sud, en Australie.

D'après M. de Tchihatchef (1) , on n'aurait point trouvé de marques d'anciens pliénomèiies glaciaires dans la plus grande partie de la Tur- (|uie d'Europe, la Grèce, l'Asie Mineure, le Cau- Mse, la Sibérie, l'Himalaya , le Thibet, la Cbine septentrionale. 11 y a, comme je l'ai dit, conleslalion relativement à quelques-uns de ces lieux. "■ de Tchihatchef a cependant raison d'aflirmer pe les phénomènes glaciaires se sont produits

166 LES PÉRIODES GLACÏAIRJBS- " *

« d'une façon parfaitement indépendante des la tudes (1). »

Périodes glaciaires distinctes. — A Utznach , Durnten, et en d'autres lieux voisins du lac Zurich, on exploite depuis longtemps une couo de lignite située sous les terrains morainiques l'ancien glacier de la Linth. En 1862 on pratiq; un forage à travers toute l'épaisseur du ligni Au-dessous, on trouva une autre moraine. ^ constatait deux périodes d'extensions glaciaire Dans le temps intermédiaire avait prospéré végétation d'où résultait le lignite.

Le lignite d'Utznach renferme des ossemei d*elephas antiquus, d!ursus spelœus, d'un rhir céros voisin du rhinocéros tichorinus , du L priscus, d'un cerf et d'un écureuil. M. Oswi Heer a pu reconnaître des fruits du pin d'Écoî et des sapinettes du Canada, des feuilles de frê et d'yeuse, des graines de certaines plantes ma cageuses, des insectes, des coquilles d'eau dou^ L'époque inlerglaciaire, comme l'appelle M. He* a dû avoir une très-longue durée, et présenter c climats divers , lesquels ont dû passer du frc intense à une chaleur marquée, et revenir froid. On ne possède pas les spécimens qui dél«

(1) Grisebach (A.), La Végétation du Globe^ page 269.

mineraienl ces dilTérenls climats : !a faune el la Bore des ligntles inlerglacîaircs sont pauvres.

Quelques années après, MM. Julien et Laval trouvèrent en Auvergne, dans le bassin d'Issoire, d'amres preuves d'une double extension glaciaire. La montagne de Perrier présente des couches superposées dans l'ordre suivant : à la base, un gi'anite rougeàtre, puis des calcaires lacustres miocènes, et un banc de cailloux roulés, semblables à ceux d'un torrent : — immédiatement ^u-dessus des cailloux est une couche de sable, épaisse d'un mètre, laquelle est célèbre par les ossements de nombreux mammifères qu'elle renferme ; — au-dessus de la couche de sable est un terrain d'origine glaciaire . épais de 150 mètres; ^nfinj au-dessus du terrain glaciiiire est une nouvelle couche à fossiles, laquelle contient à peu près les mêmes mammifères que le lignile inler- Klaoiaire de Suisse.

La dernière formation glaciaire manque aux •^uches de Perrier; mais on y voit toute l'énorme épaisseur des terrains dus à l'avant- dernière période glaciaire; et on y trouve, séparées, les *aux\es antérieure et postérieure à t'nvant-dernière extension des glaces; Les traces de la dernière période glaciaire existent en d'-autres lieux peu *iistants, M. Julien a pu comparer les intensités ^^ chacune des deux périodes ; les glaciers de

l'avanl-dernière rr.inchissaient des lignes de faite que les glaciers de la dernière n'ont Jamais atteintes. L'avant- demi ère période semble avoir été, en Auvergne, beaucoup plus intense que la dernière.

La l'aune interglaciaire de Perrier comprend (1): l'elephas meridionalis , le rhinocéros leptorbi' nus, Yhippopotimiiis major, Vursus spelceas, le bas priscus, un cheval, une chèvre, deux cerfe , un lapir , une hyène, un chien et un hérisson. Quelques-uns de ces animaux indiquent avec de grandes probabilités un climat tropical; tels sont : l'éléphant méridional, le grand hippopotame , le rhinocéros à narines non cloisonnées, 1g tapir et l'hyène.

L'existence des deux dernières périodes glaciaires a élé constatée aux Pyrénées, dans la Brosse, dans]es>'osges. Deslignilesinterglaciairos semblables à ceux d'ULznach ont élé trouvés sur les bords du lac Léman et dans la vallée de Chambèry. Le lit forestier de Cronier (2), situé sur la côte de Norfolk, est interglaciaire : il contient la plupart des espèces du lignite suisse, — il eet iHicouvert par un terrain glaciaire et recouvre deJ Duttohes à coquilles arctiques.

^1 tltHV {P..-T-). Palénatotogie liuamioe. Paris, 1870, p. 4t, t,&LvRl.l,. Pniiripi-s ./p r,Anli.-,ip, Poris . 1B73. 1" v

AIREP DISTINCTES. ir>!)

a eii pTûs de deux périodes gKiciaires, pr-oiablement un Irés-grand nombre. Il est dilficile d'en trouver les preuves : les mouvements séculaires du sol, les érosions, la végétation, los usures du temps n'en ont Inîasé que de rares li'aces. Ces preuves, on ne les cherche que depuis peu d'années, et on ne les a rechercliées que dans l'Europe occidentale. Ce que je vais en dire, je le lire de Lyell (1), auteur qu'on ne , soupçonnera pas d'accepter trop facilement des itiées aventureuses.

La colline de la Supevga, située près de Turin, sur la rive droite du Pô, est formée de couches superposées comme suit : — dans le bas, des terrains à coquilles caractéristiques du miocène inférieur; — puis des couches de conglomérats "^ntenant de gros blocs de diorite, de calcaire, ''s porphyre, etc., blocs parfois faiblement striés "'^ polis sur une de leurs faces ; ces couches ont Une épaisseur qui varie de 30 à 45 mètres, et sont «épourvues de fossiles; — enQn, au-dessus des 'Conglomérats, sont des couches que leurs fossiles "^Sssenl dans le miocène supérieur. Le professeur yaslaldi avait annoncé que les conglomérats ^'^ient d'origine glaciaire. Lyell visita la colline, ^' accepta l'hypothèse du transport par l'action

*') Principes .U Gcoingif. Paris, 1873, 1" vol., ilc la pag.'

S la pïge 304. j|

glaciaire, « hypothèse, écrit-il (1), admise par les géologues les moins avancés, et qui, du reste, me paraît être aujourd'hui la seule soutenable ». On voit les couches de la Superga s'enfoncer sous Jes couches pliocènes dans lesquelles est creusé le lit du Pô. Les couches pliocènes sont ellesmêmes surmontées de différents terrains d'alluvions, et finalement, des grandes moraines descendues des Alpes dans la dernière période glaciaire.

Sur le versant septentrional des Alpes, vers le milieu des terrains éocènes, sont des conglomérats d'une épaisseur souvent très-grande. Ils sont compris dans ce groupe de couches qu'on appelle le ûysch. Le flysch est à peu près privé de fossiles : il ne contient que quelques fucoïdes, et seulement « en quelques endroits bien rares.» Dans les conglomérats on trouve parfois des blocs énormes , égaux au moins aux plus gros qu'on ait observés dans les moraines proprement dites. Ils sont dénatures très-diverses : tantôt anguleux, tantôt arrondis ; on n'y a pas encore trouvé des traces de stries ou de polissage. Ils diffèrent par leur composition minéralogique de tous les autres erratiques des Alpes. On ignore de quelles roches

(1) Principes de Géologie, Paris, 1873, t. I, page 272.

ils proviennent. Les blocs de calcaires contiennent des ammonites et d'autres fossiles qui datent des. formations oolithique et liasique. Quelle force fl pu transporter et gccurauler ces masses? — I-'aclion glaciaire est la seule hypothèse vraisemblable.

La craie, on le sait aujourd'hui, se forme dans les profondeurs des mers. On comprend qu'elle se pi^sente avec un caractère homogèno. On ne s'étonne pas d'y trouver quelques couches de sable, de galets, ou des bois qui, flottant à la surface de l'océan , se sont imprégnés d'eau , sont devenus lourds et sont tombés au fond. Mais on y 3 parfois découvert « des pierres particulières et complètement isolées , consistant ordinairement en quartz et schiste vert (1); » ce fait est reiiarquable. i Comment, dit Lyell, ces pierres ontelles pu être transportées si loin en pleine mer et tomber au fond des eaux, en se conservant pures de toute matière étrangère? » A la rigueur, les petites pierres ont pu être portées dans les racines a arbres entraînés par les couranis. A Purley, près (Je Croydon, au sud de Londres, on a trouvé oans Iq craie des pierres assez volumineuses pour ^tie leur transport ne soit plus explicable de cette

manière. Le plus grand bloc était en syénite, entouré de sable granitique et de galets de diorite. M. Godwin - Austen et Lyell en attribuent, le transport aux glaces flottantes qui se détachent des côtes.

Qu'aujourd'hui des glaces flottantes, tenant des blocs enchâssés, viennent fondre au dessus des régions de l'Atlantique où se forme la craie , tous les auteurs l'admettront. Mais que dans le temps où se déposait ce qu'on appelle le terrain crétacé, il y ait eu des glaces, beaucoup d'auteurs ne l'accepteront qu'avec bien de la peine, car ils se sont fait une théorie d'après laquelle un climat tropical régnait alors sur toute la surface du globe.

M. Godwin-Austen a trouvé dans le nouveau grès rouge du Devonshire des blocs dont il a attribué le transport à l'action glaciaire. Cette opinion a élé contestée par M. Pengelly ; Lyell l'estime également mal fondée.

Le professeur Ramsay a fourni de bonnes preuves d'une période glaciaire survenue en Angleterre durant l'âge permien. Dans le Shropshire, le Worcestershire et d'autres parties de l'Angleterre, il a découvert, parmi les couches permiennes, un conglomérat dont les matériaux sont accumulés à la manière de matériaux des terrains glaciaires. Ils sont cimentés par une

marne pouge, nonslraliflée, el forment ainsi ce quo l'on nomme une brèche. Celle marne est dépourvue de fossiles. Quelques-uns des Iilocs pcsenl 500 kilogrammes. Ils sont souvent anguleux; fréquemment ils sont polis et slriés sur une ou plusieurs de leurs faces. M. Ramf.ay ii déposé au . musée de Jermyn Street, à Londres, quelques échantillons striés, tirés du conglomérat permien. "O les y ai vus. L'un d'eux , un grés noir, présente, sur une face polie, deux séries de stries P^i'allèies; les deux séries se coupent, et l'on P^ut distinguer la dernière tracée de l'antérieure. *''^. l'action glaciaire est évidente. Notons que le 'errain perraien appartient à l'époque primaire, ^' fait partie des terrains paléozoiques.

ï^armi les couches du Devonien, ou vieux grès '^'^îîe, est un conglomérat comparable sous plusieupg rapports au conglomérat du terrain per- ""^^a. Déjà, en 1848, M. Cumming avait écrit *1*^G le conglomérat du vieux grès rouge ressemât à un terrain glaciaire consolidé. Eu 1860, . Pi'ofesseur Ramsay y découvrit a des pierres *ies blocs marqués de raies distinctes et de '"les longitudinales et croisées, tout à fait iden- '^i'^es à celles que produit l'action glaciaire (1). »

^'i Ï-YELL, Prin'^ipfs de GùologiP, PjHs, 1873, t. I, p. 301..

LfcB «nana U cvathf, H se ron%-ain4iuit de la • enire ces blocs ei i las fias ràoHit& C^>endant le prof et I41II avisèreat une objection :

I et Sedlier;^, les lieux où fut ; dans un district des s et de fieûlles ; — la coache ftp> aiààt des ■ w u wo iB Pte (fivets, des pressions ■nkîpfes: — lesUocs ont pu se polir el se rayer entre eus. L'actioa glaciaire reste problable. Lyell dîl (1>: < Oaelques-aiies des pierres ensevelies dsns )e cooglamérat panùssenl provenir des montagnes du Cuinberiand. et il est probable qu'elles avaieal élê polies, unies el sillonnées par l'actioR glaciaire, avant d'avoir été transportées à leurs fAaaes actnelles. ■

On a donc constaté, dans les terrnïns de la partie occidentale de l'Europe, les traces d'un oertaîn nombre de périodes glaciaires. Quatre d'entre elles peuvent être regardées comme certaines : — les deux les plus récentes dont on -voit les marques superposées (lignite d'Utznach); — celle du milieu des temps miocènes (blocs de la Superga) ; — et celle des terrains permiens (conglomérais du Shropshire). Trois autres sont

probables à un haut degré : — celle de la période éocèrie (flysch) ; — celle des lorrains crétacés (pierres de Purley) ; — et celle du vieux grés rouge (conglomérats de Kirkby-Lonsdale, etc.)- IJne, enfin, demeure douteuse, — celle qui se rapporte â l'ëpoque du triag. De nouvelles observations, il n'y a pas à en douter, viendront bientôt augmenter le nombre des périodes glaciaires connues.

Les géologues ont tendance à marquer les limites de quelques époques géologiques à l'aide des périodes glaciaires les plus récentes. La der- ; nière en date séparerait l'époque tertiaire de l'époque quaternaire ou actuelle ; entre l'avant-derniere et la dernière serait compris le pliocène supérieur. La période glaciaire signalée par les i^Iocs de la Superga pourrait séparer le miocène inférieur et le miocène supérieur rie la classifica- ^°n de Lyell, — ou le miocène inférieur et le "^'ocène moyen de la classification de M, le pro- ®^Seur Hébert, lequel partage le miocène en trois ^^«Upes.

, *-es termes : èocène, miocène, pliocène, — ont

^ introduits dans la science par Lyell. Ils se

reportent uniquement à la proportion de co-

*lles d'espèces éteintes et d'espèces actuelle- i

■*~*t vivantes que l'on Irouvc dans les lorrains.

Sa

Il éoeèoe sî^ifie : lOTStn doot presque loales les coqotUes soni d'espèces éteintes. Terran pliocène signifie r Icrrain dont un grand nombra de coquilles sont d'espèces existantes.

L'a lerrain d'Europe et oa terrain d'Amérique contiennent chacun, je suppose, 50 pour 100 d'espèces de coquilles éteintes ; — il se peut que l'un soit le double plus ancien que l'autre. Même si oQ admettait que les deux dernières périodes gladaJres ont sévi simullanêment sur l'Europe et sur l'Amérique, — le pliocène supérieur, ce terrain interglaciaire de France, pourrait fort bien ne pas être un lorrain inlerglaciaîre en Amérique.

Si l'Europe et l'Amérique n'ont été intéressées quû successivement par les périodes glaciaires, — 1h conlemporanéilé des terrains de même nom devient extrêmement improbable.

1] se peut encore que certaines périodes glaoiniros d'Europe manquent en Amérique, et récippiiUncment.

Conservation des espèces. — On sait que les MlK^i^es végétales et animales sont considérable- Q^)U iilus nombreuses dans les régions voisines (^i rtiqualour que dans toute autre région du

ïit, ttttWlil lu dernière ou l'nvant-dernière des pà^'i^^ut tflwitûros qui ont sévi sur l'Europe oc-

cîdentale, toute la surface terrestre avait été notu- Wemenl refroidie, — si, par exemple, les climats tropicaux n'avaient plus eu que la température des zones tempérées,— les espèces tropicales eussent été tuées, et temporairement remplacées par les espèces propres aux climats moyens. On ne trouverait aujourd'hui, — tout au plus, — qu'un petit nombre d'espèces dans la zone interlropicale.

Il est donc certain que ces deux périodes glaciaires n'ont pas coïncidé avec un refroidissement général des climats.

Od a tout lieu de croire que les périodes plus anciennes ne sont pas dues à une cause différente de celle des périodes récentes, — quelle que soit d'ailleurs cette cause ; et qu'elles n'ont pas davantage amené l'extermination des espèces pi-opres aux régions chaudes.

Mouvements séculaires. — Divers mouvements

séculaires se sont produits dans le nord-ouest de l'Europe pendant la durée de la dferniére période glaciaire. Tous les géologues en conviennent; — et le l'ait est évident si l'on considère que des terrains glaciaires contenant des coquilles marines, ont été trouvés à des altitudes notablement plus grandes que certaines traces laissées par les glaciers. '

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LK8 l'BHIOUES GLACUIHl

Les géologues ne sont pas d'accoi-d sur l'amplitude de ces mouvements séculaires, ni sur l'ordre suivant lequel ils se sont succédé.

L'importance dos érosions, l'épaisseur des te^ rains glaciaires, raonlrenl que la période du froid a été fort longue. Lyell en estime la durée à 224,000 ans (I) ; son calcul se base préciséraent sur les mouvements séculaires du sol accomplis durant celle période. Il ne donne ce cliifîreque comme une évaluation très-imparfaite ; et je ne pense pas que les mouvements séculaires se soient produits comme il l'entend. Mais, dans son esprit, le chiffre de 224,000 ans s'accorde avec la grandeur des actions des glaces; et, admis par Lyell, ce chiffre a de la valeur. Il donne place à plusieurs mouvements séculaires de grande amplitude.

Au moment de la plus grande intensité du froid, le sol était-il plus émergé ou plus immergé qu'actuellement? La réponse ne me paraît pas douteuse : le sol était plus émergé.

Les signes du froid lo plus intense ne doivent pas être cherchés parmi les terrains glaciaires d'origine marine. On voit aujourd'hui se former ces ten-ains autour de l'ile de Terre-Neuve, jus»

(1] Aiicianiielû de rbonimc, Paris, 1870, page 817.

ftlONS PHOUUlTKt^. m

qu'à une latitude qui correspond à celle de Nice ei de Cannes. On voit les glaces apporter les boues arctiques; et dans ces boues prospère une faune absolument polaire. Les coquilles de Terre- Neuve (1) ont un caraclère plus septentrional que les coquilles qui vivent sur la c6te de Norvège à l'ouest du cap Nord. La partie de l'Amérique voisine de Terre-Neuve n'éprouve cependant pas un froid égal à celui qu'elle a subi lorsqu'elle était couverte d'un manteau de glace. Or, les terrains glaciaires à coquilles de l'Europe occidentale n'offrent que très-rarement un assemblage de coquilles aussi caractéristique du froid que celui de Terre-Neuve. A peine peut-on citer comme aussi arctiques les coquillages contenus dans les terrains étudiés par le Rev. Thomas Brown sur les bords des estuaires du Forth et du Tay, en Ecosse. Les autres terrains glaciaires contiennent des coquilles dont la réunion forme tout au plus une faune sous-arctique. Un grand nombre de terrains glaciaires n'ont pas de coquillages à leur intérieur, mais seulement à leur surface ; ceci n'a point empêché quelques géologues de les déclarer d'origine marine.

Les vrais terrains glaciaires d'origine marine so trouvent généralement à moins de 200 mètres

(1) Wuonwiiin, Manuel de concliyliolotjio, Paris, 1870, pn^-e

au-dessus du niveau de la mer. Il est cependa: possible que le terrain du Moel Tryfaen (pays ( Galles), dans lequel on a trouvé des coquilli jusqu'à la hauteur de 420 mètres, soit d'origir marine. On y a trouvé 57 espèces de coquilles (1 parmi lesquelles 11 seulement appartiennent des mers plus arctiques que celles de la Grande Bretagne.

Il ne faut pas oublier que le nord-ouest de l'Eu rope jouit actuellement d'un climat plus chaui que celui des pays situés sous la même latitude Il n'est pas étonnant qu'on trouve des coquille fossiles d'espèces récentes ayant un caractère ui peu plus boréal que la faune actuelle. Ces co quilles ne datent pas nécessairement de la périod glaciaire.

Le meilleur signe du froid le plus intense con siste dans l'extension maximum des glaciers. G signe n'est pas absolument irréprochable. On pei arguer que la quantité de neige tombée n'est pa proportionnelle à l'abaissement de la tempéra ture. Cependant si l'on remarque que les pk grands glaciers actuels sont dans les pays moi tagneux des régions les plus froides du globe, on conviendra que ce signe peut être appliqu comme une règle générale.

(l) Lyell, Ancienueté de V homme, Paris, 1870, page 205.

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