ARGUMENTS CONTRAIRES
chaleur (1) et le degré réel de rigidité de la croûte (2), on trouverait que l'épaisseur de la croûte terrestre doit s'étendre jusqu'au centre du globe.
M. W. Thomson, de Glascow, a étudié l'influence de la rigidité du globe sur les grandeurs des marées. On comprend que, si la croûte terrestre se déformait autant que la surface des mers, et en même temps, par le fait des attractions lunaire et solaire, nous n'apercevrions plus les marées. Si la partie rigide du globe n'avait que la rigidité du fer ou de l'acier, elle se déformerait encore assez , suivant les calculs de M. Thomson, pour que l'ampleur des marées fût réduite de deux cinquièmes. Ainsi, durant les attractions qui produisent le flux et le reflux des mers , notre globe se défoime très-peu.
M. Liais fait le raisonnement suivant : — Le fer et l'acier sont plus rigides que les matériaux connus de la surface du globe ; — il faut que l'intérieur du globe 8oit plus rigide que la surface ; — « il est donc clair, dit-il (3), que la partie centrale du globe ne peut pas être liquide , cas où sa rigidité serait nulle , tandis qu'elle doit être plus grande que celle de son enveloppe. »
Les calculs de MM. Hopkins et Thomson sont trèsinstructifs, mais je ne pense pas qu'ils arrivent éprouver la solidité intérieure du globe. Je diffère d'avis
(1) L'Espace céleste, page 442.
(2) LEspace céleste, page 444.
(3) L* Espace, céleste y page 443.
avec M. Liais, et lui en demande pardon; car je professe une vive admiration pour son talent.
Entendons-nous sur la signification du mot rigidité. Si Tocéan avait la consistance du miel, il ne serait pas rigide, — cependant il est douteux qu'il offrît des marées sensibles.
Une masse visqueuse obéit complètement à une force, même petite, qui agit pendant une longue durée. Elle cède mal à une force, même puissante, qui ne s'exerce que durant un temps très-court.
La rigidité du fer et de l'acier, dit M. Lisais , « dépasse de beaucoup celle de tous les matériaux de l'écorce du globe. » Je le veux; mais je pense que le fer et l'acier, plus homogènes, plus élastiques que nos roches, obéiraient plus amplement qu'elles à des forces telles que celles qui produisent les marées. Un pont de fer el un pont de pierre se comportent d'une manière très-différente alors que dessus passe une voiture.
M. Liais dit encore : Si la partie centrale du globe était liquide, sa rigidité serait nulle. Il entend probablement exprimer ainsi que la mobilité de la pyrosphère serait absolue. La pyrosphère peut présenter un état visqueux, et résister très -efficacement aux forces qui tendraient à lui communiquer le mouvement des marées.
La solidité du globe, plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur, ne me paraît donc pas pouvoir être légitimement déduite du calcul de M. Thomson.
Le calcul de M. Hopkins repousse évidemment la pyrosphère à une profondeur assez grande pour qu'on