CAILLOU P(JH DE LA DORIA.. 'J7G
oa forme d'entonnoir très-évasé. Cinq ouvriers en moyenne y travaillèrent pendant quatorze jours avant de pai'venir à la profondeur de 6 mètres.
Le caillou pur ne nous a fourni que de très-rares ossements, dont les plus petits seuls étaient parfois complets. Je les ai portés, ainsi que d'autres, h M. Paul Gervais , membre de l'Institut , qui a eu l'obligeance de les examiner. Ceux du caillou pur 'Iii'il a pu déterminer, se rapportent à deux variétés de lagopède et à la marmotte.
Ce terrain s'est formé aux dépens du plafond de la grotte; et il s'est formé à une époque où le sol, près de l'ouverture, n'avait aucune végétation. Ces deux points sont certains.
Je crois qu'il s'est formé pendant la dernière période irlaeiaire, parce qu'alors le gel et le dégel devaient puissamment dégrader la voûle près de l'entrée; et que l'absence do végétation indique naturellement cette époque.
On s'explique les indices de stralirication si l'oa admet que le sol, à l'enlrée de la grotte, présentait une couche de neige et de glace, sur laquelle tombaient les débris du plafond. On sait que, sous l'inûuence des rayons du soleil, les petites pierres se creusent des trous dans les glaciers, que les grosses, au contraire, protègent la glace sous-jacenle et n'enfoncent pas. La couche glacée a dû varier souvent en épaisseur, soit par les différences de température des Bsisons, soit parce ([ue les vents qui amassaient la neige étaient rares ou fréquents.
Dans le foml de la grotlo, où les variations de leœpérature ne se font pas s«nlir, il n'y a pas de caillou pur. C'est une vérification. Les travaux exécutés de 2ô à iO mètres de l'entrée n'ont montré que des couclies argilo-sableuses où les cailloux abondent.
Il est très-possible qu'à la Doria on trouve deux lits pierreux distincts, indiquant chacun une période glaciaire différente.
Si le caillou pur est réellement un signe de raction glaciaire, il servira, à la g-rotte de la Doria et dans les grottes où on pourra te fencontrer, à séparer, à dater les couches pré-glaciaires et les couches postglaciaires.
En creusant le puits du fond nous avons âéoouvêrl quelques ossements humains : un cubitus gauche renia"quabiement petit, un tibia dont l'apparence est celle des ossements du lœss, deux fragments de ( tes. Si nous avions pu dépasser en profondeur caillou pur, et creuser une tranchée allant jusqu'au puits du fond, nous aurions pu, en suivant les ligne" des couches, connaître si ces os sont antérieurs ol postérieurs à la dernière période glaciab-e. J'estime qu'un tel travail nécessiterait le déplacement d'au moins 5,000 mètres cubée de matériaux , et ni mes finances personnelles ni les ressources propres à la Société s*ivoisienne d'histoire et d'archéologie, ne permettent présentement de l'entreprendre.
La grotte de la Doria me paraît estrêraement importante, — moins parce qu'elle doit renfermer un