‹ Le déplacement polaire, preuves des variations de l'axe terrestre: preuvesChapitre 15 sur 53 · MÉDITERRANÉE · texte numérisé non relu

MÉDITERRANÉE

Au delta du Nil, diverses constructions sont submergées dans le lac de Menzaleh, diverses autres dans le lac d'Aboukir ; aux environs d'Alexandrie des excavations que Ton croit avoir été pratiquées pour des sépultures, sont aujourd'hui visitées par les vagues. Relativement à Tile de Crète, on ne possède, je crois, d'autre document que l'affirmation du capitaine Spratt rapportée par Lyell (1) ; l'île se serait soulevée par sa partie occidentale de façon à mettre à sec d'anciens ports, et affaissée par sa partie orientale « au point qu'on voit maintenant sous l'eau les ruines d'anciennes villes ». L'action de tassement expliquera plusieurs, au moins, de ces subsidences. Peut-être, pour les autres faudra-t-il admettre que les terrains dans leurs mouvements séculaires forment des plis et les effacent. Et le phénomène du plissement s'accorde très-bien avec la théorie du déplacement, de l'axe, puisque les courbures terrestres augmentent et diminuent et qu'ainsi les couches superficielles du sol deviennent trop grandes ou trop petites pour la surface à recouvrir. •

Les* signes de l'émergence de la côte africaine de la Méditerranée abondent aux environs de

Tunis. Les ports de 'Bizerte, d'Utique, de Car-

(1) AttCîenneU de i'homme) Paris, 1870, page 197.

thage, de Méhadiia sont comblés. Le lac Tritonis, qui formait le prolongement du golfe de Gabès ou petite Syrte, n*est plus qu'un marais séparé de la mer.

La Sicile et la Sardaigne ont des plages à coquilles d'espèces littorales vivantes, soulevées à des hauteurs diverses.

Le midi de la France, très-probablement, émerge. La voie romaine de Beaucaire à Béziers, s'écartant de la mer par une grande courbe, semble avoir dû éviter un littoral bas et inondé. Les lieux voisins de la côte portent tous des noms d'origine romaine ; les lieux aux noms gaulois sont plus reculés.

L'ancienne île de Gircé n'est plus qu'un promontoire de la côte de Toscane. Jusqu'à une certaine hauteur, les rochers de la côte sont percés par les pholades, exactement comme les colonnes du temple de Sérapis.

Que l'émergence soit continue du midi de la France jusqu'à la Toscane, cela est acceptable. Mais les grottes dé Menton, Ventimiglia et Noli n'indiquent en aucune manière un soulèvement récent. Quelques auteurs s'appuient sur ce qu'elles auraient été creusées il y a peu de temps par la mer. G'est une erreur. Elles furent habitées par l'homme à une époque extrêmement ancienne, et depuis la mer n'y est pas entrée. Il n'est même

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