‹ Le déplacement polaire, preuves des variations de l'axe terrestre: preuvesChapitre 14 sur 53 · COTES DU DANEMARK · texte numérisé non relu

COTES DU DANEMARK

trent que depuis très-longtemps le Danemark n'a pas pu éprouver un abaissement sensible (1). Ces amas de coquilles, restes des repas d'hommes antérieurs à l'âge des métaux, se retrouvent presque tous encore à une hauteur de quelques pieds au-dessus du niveau de la mer.

Les côtes méridionales de la Baltique présentent, comme les côtes méridionales de la mer du Nord, divers points qui s'affaissent. A l'embouchure de la Schlei sont les ruines d'un vieux château que la mer recouvre. Dans le détroit de Fehmarn on voit les débris d'une muraille ancienne. A l'embouchure de l'Oder, une ancienne péninsule n'est plus qu'une barre devant le port de Swinemunde. L'église de Saint-Adalbert, construite vers la fin du xv* siècle, assez loin du rivage, montre maintenant ses ruines à la pointe de Samland, au milieu des vagues. Il est bon d'ajouter que M. Vogt et d'autres savants expliquent ces différents faits par des actions de tassements et d'érosions.

Les rivages de la Méditerranée, pri§ dans leur ensemble, présentent le mouvement d'émergence.

L'émergence la plus rapide paraît se produire dans les régions orientales de ce bassin, notam-

(1) LuBBOCK, V Homme préhistorique, Paris, 1876, p. 210.

ment pour les côtes de TAnatolie et de la Garamanie. Les ruines de Troie, de Smyrne, d'Ephèse (près de Scala Nova), de Milet (près de Palatsha), de Priène (Samsoun), villes qui toutes furent fondées sur le rivage, se trouvent maintenant fort loin dans l'intérieur des terres. Ephèse est à 2 lieues de la mer. Déjà au temps de Strabon Priène était reculée de 7 kilomètres. Le lac de Gapria, près de Satalie, ne forme plus qu'un marais ; il était anciennement fort grand et s'ouvrait sur la Méditerranée. Les terres gagnent visiblement sur l'eau dans le golfe d'Iskanderoun (Alexandrette) . L'île de Tyr s'est soudée au continent. En outre, les plages soulevées, à coquilles récentes, sont fréquentes sur les bords de la Syrie, de l'Asie Mineure, de la Thrace et des îles avoisinântes. Certaines îles de la mer Egée se sont unies entre elles : les deux moitiés de Lesbos, Issa et Antissa, ne font plus qu'une seule terre. D'autres îles se sont réunies à la terre ferme.

Cependant, on a signalé des affaissements en deux points de la côte de Syrie, sur presque toute la marge du delta du Nil et à l'extrémité orientale de l'île de Crète. Sur la côte de Syrie, on voit à Beyrouth une tour qui va s'enfonçant dans l'eau, et près de Césarée (Kaïsarieh) des restes de fortifications recouverts par les vagues.

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