‹ Le déplacement polaire, preuves des variations de l'axe terrestre: preuvesChapitre 19 sur 53 · NORD DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

NORD DE L'AFRIQUE

Guinée, à cinq degrés au nord de Téqualeur, me semble être également un signe d'émergence, sinon actuelle, au moins récente. Je ne prétends pas que les deltas se forment uniquement dans les régions qui émergent. Mais on congoit que l'émergence est une condition favorable à Tagrandissement des deltas. Vraisemblablement elle a dû concourir à la formation du plus important de tous. Sur le rivage occidental et sur le rivage oriental de la mer Rouge, les signes de Témergence sont fréquents : récifs émergés, anciennes baies transformées en marais, plages exhaussées blanches de sel. Et ce qui montré que le mouve* ment continue, c'est que le port de Djeddah, situé sur la côte d'Arabie proche de la Mecque, lequel recevait, il y a peu de temps, les navires de faible tonnage, n'est plus, d'après M. Lejean, qu'une mare complètement fermée. Les affaissements de quelques points du delta du Nil avaient fait croire que l'isthme de Suez était en voie d'immersion ; le contraire est démontré. Les lacs Amers étaient autrefois un prolongement du golfe de Suez.

Jusque vers la fin des travaux du percement de l'isthme, on pouvait attribuer leur séparation de la mer Rouge à l'action des sables transportés par les vents. Mais, en creusant, on a découvert au sud des lacs le roc solide soulevé au-dessus du niveau marin ; en sorte que, même sans les

sables, les lacs Amers eussent éié séparés de la mer Rouge. Une seconde preuve est celle-ci : Le canal, creusé récemment pour amener à Suez Teau douce du Nil, a suivi vers Ghalouf,^sur une longueur de quatre kilomètres, l'ancien canal de Ptolémée, lequel fonctionnait encore au viii* siècle. L'ancien canal conduisait également l'eau du Nil à la mer Rouge; il n'avait pas d'écluses. Le canal moderne débouche avec une écluse haute de 3"50 au-dessus du niveau de la mer Rouge.

M. de Lesseps (1) en conclut à. une émergence de 3°*o0 effectuée dans un espace de temps minimum de onze siècles.

L'émergence de la portion nord de l'Afrique est encore établie par des signes propres à l'intérieur de ce continent. Le Sahara fut une mer à une époque géologique récente. Depuis les travaux de MM. Charles Laurent, Escher de la Linth et Desor, on j^uge que la mer Saharienne s'ouvrait : d'une part sur l'Atlantique en face des Canaries ; — d'autre part sur la Méditerranée dans le golfe de Gabès. Les sables du Sahara sont identiques à ceux des rivages africains ; ils contiennent des coquilles marines d'espèces qui vivent sur les côtes. On trouve notamment le cardium edule jusque 275 mètres sur les collines sablonneuses.

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(4) Séance de l'Acadérnie des sciences dil 22 juin 4874.

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