INDE
Ainsi s'expliquent la faune et la flore des régions de TAtlas , si distinctes de celles du reste de TAfrique.
Les traditions des Hindous remontent plus haut et sont plus sûres que celles des peuples de l'Europe. D'après elles, la côte sud-ouest de l'Inde serait en voie d'émergence. Verouna, le dieu de la mer, aurait, il y a 2300 ans, ordonné aux flots d'abandonner la plaine de Malayala , laquelle s'étend entre Mangalore et le cap Comorin. Les mêmes traditions affirment l'émergence de la portion méridionale de l'île de Geylan.
Geylan est presque reliée à l'Inde par un chapelet d'îlots, d'écueils et de langues de sable qu'on appelle le Pont d'Adam, ou le Pont de Rama.
C'est par cette voie, en partie submergée aujourd'hui, qu'Adhima, F Adam de la légende hindoue, serait sorti de l'île de Lakan ou Geylan, le paradis terrestre. A l'époque où Rama fit la conquéle de Geylan, l'isthme aurait servi au passage de l'armée du singe Hanouman. Un fait plus sérieux est oelui-ci : l'ile de Rameseram, la plus considérable des lies intermédiaires, lieu d'un pèlerinage célèbre, était encore il y a trois siècles une péninsule de l'Inde. Les érosions marines suffiraient à expliquer les disjonctions produites. Il se peut qu'il s'agisse d'une immersion réelle, mais cerlainement l'immersion n'est pas imporlante, car Geylan
a une flore et une faune assez difTérentes de la flore et de la faune de Tlnde pour qu'on puisse affirmer que depuis très-longtemps les deux terres n'ont pas été véritablement réunies.
La partie inférieure du bassin du Gange émerge ; elle émerge peut-être avec plus de rapidité que la partie supérieure du même bassin. Le Coosy, le Mahanady, le Soane, affluents du Gange, déplacent constamment leurs embouchures vers Tamont. La bouche du Soane a reculé de 7 kilomètres en quatre-vingts ans. Le delta du Gange est l'un des plus grands du globe; et il se trouve en un point où les marées ont une forte amplitude, circonstance défavorable à Tagrandissement des deltas. Si j'interprète bien ce que rapporte Lyell d'après le major Colebrooke (1), on aurait une preuve directe de Témergence du delta du Gange. Les canaux de ce fleuve se déplacent souvent à travers les terres mobiles du delta, creusant de nouveaux lits, comblant les anciens, se rejoignant entre eux où s' écartant de manière à créer des îles nouvelles et à en détruire d'anciennes. Quelques-unes de ces îles ont un niveau assez élevé ; le major Colebrooke cite un terrain haut de 34 mètres. Les couches les plus élevées de ce terrain étaient, à une certaine époque, encore plus basses
(1) Principes de Géologie, Paris, 1873, t. I, page 619.